Ellipses

  • Construite de son vivant, à la fois par le savant lui-même et la société dans laquelle il déploie une activité étonnante, la légende de Pasteur a obscurci la personnalité, les enjeux de son oeuvre, et jusqu'à ses réalisations elles-mêmes. Il faut ainsi restituer le triple combat que Pasteur a mené toute sa vie:
    Combat pour la vérité, en raison des illusions inhérentes à la découverte scientifique, de la pauvreté matérielle des laboratoires et de la précarité d'une existence marquée par la maladie et l'omniprésence de la mort.
    Combat pour faire admettre ses découvertes par une communauté savante divisée, dans un contexte hautement concurrentiel, qui oblige le savant à déployer des trésors d'imagination pour imposer ses solutions.
    Combat pour se faire reconnaître comme étant celui qui apporte les preuves décisives, malgré les polémiquesincessantes, une presse longtemps sceptique et les divisions internationales.
    À l'occasion du prochain bicentenaire de sa naissance, cette enquête permet non seulement de suivre le savant dans l'enchaînement de ses découvertes et de ses luttes, mais aussi de comprendre la part exacte de ses apports personnels, grâce à une attention spéciale accordée au contexte économique, politique et intellectuel dans lequel il a su s'insérer. Le livre se double d'une réflexion sur le rôle du grand homme dans l'histoire, les causes et la signification du processus d'héroïsation.
    Présent au coeur des décisions de Pasteur, le mythe permet paradoxalement de s'approcher de l'homme, de ses tourments et de ses contradictions. La connaissance de ses faiblesses rend d'autant plus impressionnante l'ampleur de ses accomplissements.

  • L'imposante stature de Charlemagne plane sans fin sur une Europe en quête d'unité, héros de légende sorti de la sombre forêt germanique, il s'imprègne de la chaude lumière de Rome et de la légitimité sacrée pontificale. Enfermant sa mère, bousculant Aquitains et Bavarois, il rompt avec la politique traditionnelle des Francs pour réaliser la synthèse entre le nord et le sud de son immense royaume. La réalisation s'appuie sur une force armée d'intervention rapide contre les Saxons, les Slaves et les musulmans d'Al-Andalus et combine l'esprit de méthode du droit et de la gestion administrative pour asseoir un projet de paix et de sécurité pour une société chrétienne, inspiré de s. Augustin. La mise en oeuvre repose sur une solide équipe de conseillers : Fulrad, le diplomate ; Chrodegang, le liturgiste ; Alcuin, le maître d'école et Angilbert, l'éternel et fidèle compagnon. La dynamique de groupe est celle de la jeunesse et de femmes cultivées et séduisantes. Le cadre est celui du somptueux palais d'Aix-la-Chapelle avec les marbres italiens, les mosaïques de Byzance et les étonnants cadeaux d'Haroun-al-Rashid, l'art des bains et d'un savoir vivre mesuré à l'aune de la bonne bière houblonnée.
    Les embûches furent nombreuses : un état de guerre de trente ans en Saxe, les complots des aristocraties attachées au passé, y compris au sein du palais, les hérésies, les malversations et détournements de fonds publics, les famines et épidémies, enfin les dernières années sont assombries par les décès successifs des héritiers. Tout cela conduit Charlemagne à ce questionnement angoissé récurrent : « Sommes-nous vraiment chrétien ? » et laisse son entourage surpris par sa mort le 28 janvier 814.
    L'auteur se propose ici de déconstruire les mythes et les légendes pour découvrir dans ses profondeurs la réalité historique d'un personnage hors du commun.

  • Depuis des milliers d'années, l'homme développe un réel talent pour tuer son prochain. La guerre est une constante de son histoire, et l'ultime moyen qu'il a trouvé, en groupe, pour régler ses différends. Peuples et États « font la guerre », la « gagnent », ou la « perdent » comme si c'était un jeu ; quant aux individus plongés dans la guerre, c'est leur destin qu'ils engagent. Histoire de la guerre ou histoire des guerres ?
    Le but de cet ouvrage est de faire autant l'histoire des différentes guerres, dans une approche linéaire, et des formes de guerre, dans une perspective typologique, pour y chercher des enseignements, que celle de la guerre, celle de la façon de la faire et celle des armes, abordée en historien du temps long cherchant des permanences relevant de la très longue durée, et pas dans la seule civilisation occidentale. Les guerres et leurs différents types sont vues ici sous l'angle de la constante et du questionnement premier de l'art militaire : d'une part, le facteur quantitatif et la dimension humaine, les effectifs, et d'autre part, le facteur qualitatif, valeur de la troupe (courage, moral, expérience, spécialisation, compétence et efficacité du commandement, niveau d'instruction et d'entraînement, etc.) et qualité de l'outil militaire, équipement, infrastructures défensives, armement, etc.

  • « Communique, Envoyé, ce qui est descendu sur toi de ton Seigneur » Telle est la mission extraordinaire qui, au VIIe siècle, est ordonnée à Mahomet, le futur initiateur de l'islam. Orphelin de père, marié à une riche veuve, Khadija, doté d'un statut social peu flatteur au sein de sa tribu d'Arabie, Mahomet accepte d'obéir à son Dieu, mais se heurte vite au refus des Mekkois qui refusent d'adhérer au message divin qu'il leur transmet. Banni de La Mekke, réfugié à Médine, sa démarche se fait alors plus politique. Sa personnalité exceptionnelle s'y déploie dans toute sa complexité, en ombre et en lumière. Mahomet nous apparaît comme un personnage plein de contradictions, à la fois passionné et méditatif, admiré par quelques compagnons, un sensuel sachant dans l'intimité faire preuve d'indulgence, un ambitieux autoritaire, un génie politique, toujours menacé d'être trahi, un combattant parfois impitoyable avec ceux (ou celles) qu'il a vaincus. Exténué, il meurt, en 632, dans les bras de sa préférée, Aïcha, tandis que ses Compagnons ont déjà leur regard tourné vers l'avenir, chacun d'eux prétendant lui succéder au plus vite dans un contexte tribal et religieux mal assuré.
    Pour s'approcher de la réalité historique, l'auteur de cette biographie a tenu à s'appuyer sur le Coran et la tradition musulmane, interprétés à la lumière des récents travaux issus de l'anthropologie historique. Au fil de leur lecture, certains lecteurs et lectrices se questionneront peut-être sur la légitimité du portrait sacralisé et mythifié de Mahomet que le califat abbasside a commandé au IXe siècle pour nourrir la foi de tous les musulmans.

  • Le génie d'Ampère brille sur la physique et notre monde moderne depuis qu'il a découvert les lois de l'électrodynamique en une semaine à partir de ce jour de septembre 1820, des lois qui permettent de comprendre les liens indissolubles qui lient les phénomènes électriques aux phénomènes magnétiques. Mais Ampère, incroyablement, est bien plus qu'un génie de l'électricité, un domaine qui d'ailleurs ne le passionne pas plus que ça ! Psychologie, religion, histoire naturelle, philosophie, Ampère aime toutes les disciplines même s'il se rêverait bien chimiste !

    Professeur de physique, de mathématiques, de logique, de philosophie, inspecteur des universités, en une trentaine d'années, le génial, le distrait, le maladroit bonhomme qu'est Ampère est admis dans toutes les institutions savantes remarquables de son temps : École polytechnique, Académie des Sciences, Collège de France. Alors que l'homme semble remarquable, fulgurant, il dévoile une vie personnelle aussi inattendue que proche de celle de chacun d'entre nous : endetté, marié, veuf, divorcé, victime de violence familiale, obligé de cumuler les emplois pour subvenir aux besoins de sa famille, Ampère rêve toute sa vie d'être heureux, d'être aimé et entouré ; d'avoir un jardin à cultiver...Plonger dans la vie d'Ampère c'est suivre les aventures ordinaires d'un homme extraordinaire...À moins que ce ne soit l'inverse.

  • Philippe Auguste, héritier de la politique de ses ancêtres depuis 987, est incontestablement " le premier grand Capétien ". Il opère une véritable rupture dans le fonctionnement de l'Etat dont il a une " haute conception " : une monarchie administrative, une souveraineté affirmée, une centralisation effective avec Paris comme capitale... Grâce à ses conquêtes territoriales, surtout contre les Plantagenêts, il accroît nettement les revenus de la couronne débouchant sur une politique empirique.
    Eclairé par de fidèles serviteurs dévoués, il impose progressivement sa volonté. Habile stratège, doté de nombreuses qualités, il n'en reste pas moins homme avec ses défauts, rencontrant de nombreux problèmes, entre autres sur le plan conjugal. Enfin, Philippe a bénéficié d'un contexte favorable (croissance économique, rayonnement culturel et artistique...) qui lui a permis de devenir sans conteste un homme d'Etat.
    Cependant, malgré ses mérites, il restera dans l'ombre de son petit-fils canonisé, Saint-Louis : même sa propre victoire à Bouvines en 1214 et surtout le mythe qui en a découlé, ont éclipsé sa propre gloire. L'auteur, confronté aux sources contemporaines panégyriques, a tenté de démêler le vrai du faux en s'appuyant sur la chronologie, il a pu mettre en valeur la ténacité royale durant son règne (1180-1223), l'un des plus longs de l'Histoire de France.

  • Ambroise Paré (1510-1590), chirurgien et écrivain, a traversé son siècle dans le contexte tumultueux et changeant de la France de la Renaissance. Barbier - chirurgien d'origine modeste, il entre tour à tour au service de trois grands seigneurs, avant d'être promu chirurgien ordinaire du roi Henri II. Reçu maitre en chirurgie par le Collège de Saint-Côme, il conserve ses fonctions auprès des trois souverains suivants : François II, Charles IX, qui le nomme premier chirurgien, et Henri III dont il devient l'un des conseillers.
    Ses qualités d'observation, sa curiosité, sa participation à plus de quinze batailles et sièges pendant les dernières guerres d'Italie et les guerres de religion en font un témoin privilégié des évènements marquants de son époque. Son talent et ses innovations de praticien, que la postérité a retenus à juste titre, le désignent comme un des grands chirurgiens de son temps. Trois nouveautés thérapeutiques concourent à sa gloire : la suppression de l'huile bouillante dans le traitement des plaies par armes à feu, la ligature des artères au cours des amputations, l'invention de prothèses pour les mutilés.
    Mais par-dessus tout, c'est à lui que revient le mérite d'avoir introduit la chirurgie dans le champ de la médecine. Auteur de treize ouvrages originaux rassemblés, de son vivant, dans les quatre éditions successives de ses " Ouvres complètes ", il offre au lecteur moderne une vision exhaustive des connaissances médicales à l'époque de la Renaissance. Ecrivant en français, il participe à l'émergence de la langue vernaculaire dans la culture scientifique.
    Sa stature morale, son ouverture d'esprit, son attachement indéfectible aux auteurs grecs et latins de l'antiquité et sa contribution à l'épanouissement de la langue française font d'Ambroise Paré une figure représentative de la pensée humaniste dans la France du XVIe siècle.

  • Victor Hugo naît avec son siècle, le 26 février 1802. Il connaît tous les honneurs, légion d'honneur à 23 ans, Académie française à 39 ans, pair de France à 43 ans. Admiré par Chateaubriand, il devient le chef des romantiques, et Notre-Dame de Paris, en 1831, lui apporte la célébrité. Après la révolution de 1848, il est élu représentant à l'Assemblée législative. Le spectacle des injustices sociales accélère sa métamorphose politique.
    Opposant irréductible au Second Empire, il connaît un exil de dix-neuf ans, avec Juliette Drouet, sa fidèle compagne. Les Misérables, en 1862, sont un succès planétaire et ils sont traduits dans le monde entier. De retour à Paris, ses combats l'habitent : l'amnistie des communards, l'instruction des enfants, la peine de mort, la liberté, la paix, la défense du patrimoine... Il est élu sénateur en 1876.
    Sa vie familiale est une tragédie : folie et mort de son frère Eugène, trahison d'Adèle, mort de sa fille Léopoldine et de ses deux fils. Le seul enfant qui lui survivra est Adèle, enfermée à l'asile, mais Georges et Jeanne, ses petits-enfants, sont une source de réconfort et d'inspiration infinie. Les Parisiens fêtent son 80e anniversaire. A sa mort, le 22 mai 1885, la République offre pour la première fois à un poète des funérailles nationales.
    Deux millions de personnes l'accompagnent au Panthéon. Un mythe Victor Hugo ? Oui, par la dimension colossale de son oeuvre littéraire et graphique et par sa vie, mêlée aux soubresauts violents du XIXe siècle, du Premier Empire à la IIIe République. L'étude de sa postérité éclaire le précurseur des Etats-Unis d'Europe. Commémorations et citations le célèbrent. Son nom est partout, il est donné à des établissements scolaires, rues et places.
    Dans toutes les langues, ses romans et pièces de théâtre sont adaptés au cinéma, à la télévision et dans des comédies musicales. En 2020, la cérémonie d'hommage à Samuel Paty, le professeur assassiné, s'est faite au pied de la statue de Victor Hugo, dans la cour de la Sorbonne. Le symbole est puissant.

  • Parmi les grandes civilisations préhispaniques, les Mayas jouissent d'une popularité particulière, liée notamment au défi scientifique que représente la connaissance de ces cultures plusieurs fois millénaires dont les secrets se sont dévoilés progressivement au cours des deux derniers siècles. Des " cités perdues " mises à jour dans la jungle tropicale par les explorateurs du XIXe siècle aux multiples vestiges archéologiques que la télédétection découvre encore sous l'épais manteau végétal, en passant par les débats passionnés sur le supposé "effondrement " ou le déchiffrement d'un système d'écriture complexe et unique en son genre au Nouveau Monde, l'histoire et l'archéologie des anciens Mayas n'ont cessé de fabriquer du " mystère ", suscitant l'intérêt bien au-delà des cercles savants.
    Mais, pour certains, cette fascination se nourrit aussi d'un imaginaire exubérant, dans lequel les Mayas sont mobilisés pour questionner aussi bien les origines que les fins dernières de l'humanité. Massivement investis par la pseudo-science et les croyances " new age ", la culture et le passé des Mayas sont ainsi mis à toutes les sauces d'une cuisine ésotérique capiteuse, vendue pour satisfaire les besoins ou calmer les angoisses d'Occidentaux désorientés et en quête de sens.
    Il serait pourtant regrettable de limiter la place des Mayas dans la grande geste du genre humain à l'étonnante civilisation qui a bâti Palenque, Tikal ou Chichén Itzá et qui continue de nourrir les prophéties fantasques de quelques aigrefins de la pensée. Envisagés au présent, les Mayas, ce sont aussi des peuples autochtones d'Amérique centrale qui, après avoir subi les violences de la conquête coloniale, les ravages du choc microbien, la déshumanisation par le travail forcé, endurent toujours depuis, sur les terres de leurs ancêtres, le racisme, la pauvreté et l'exclusion.
    Dans un passé récent, ces peuples ont surgi sur le devant de la scène, pour le pire comme pour le meilleur, lors de l'effroyable et trop peu connu génocide qui a décimé et traumatisé les Indiens du Guatemala au début des années 1980, mais aussi en 1994, au moment où, par la voix du sous-commandant insurgé Marcos, ceux du Chiapas délivrèrent un message d'espoir et d'émancipation à portée universelle .
    Entre créations et destructions, entre oppressions et révoltes, entre fantasmes et réalités, ce livre nous invite à parcourir 3000 ans d'histoire de luttes et de passions.

  • Marguerite d'Angoulême (1492-1549) est devenue duchesse d'Alençon par son premier mariage, puis reine de Navarre par le second. Soeur de François 1er, elle est aussi la grand-mère d'Henri IV. Elle reste connue dans l'histoire des lettres sous le nom de Marguerite de Navarre, auteure longtemps oubliée, et d'autant plus que certaines de ses oeuvres n'ont été redécouvertes qu'au début du XXe siècle. Aujourd'hui, l'ensemble de ses écrits révèle qu'elle a largement contribué à l'épanouissement de la langue française, tant en ce qui concerne la poésie que la chanson, le théâtre ou le recueil de nouvelles. Sa lecture exige sans doute quelques efforts, mais elle révèle aussi l'un des plus grands écrivains du XVIe siècle, à l'égal de ceux qu'elle a su aider et protéger : Marot, des Périers, Rabelais.
    La vie de Marguerite ne se résume toutefois pas à son oeuvre. Pendant longtemps l'aspect le plus connu de son existence a été son engagement religieux, non pas aux côtés de la Réforme mais au service de l'humanisme chrétien, illustré par ce « groupe de Meaux » qui n'a pu survivre au déchirement de l'Église. Obstinément convaincue par l'oecuménisme, Marguerite s'attire des antipathies d'autant plus profondes qu'elle joue un rôle diplomatique et politique réel, et longtemps sous-estimé. Elle cherche, au beau milieu du XVIe siècle, à transmettre des notions telles que l'importance de l'éducation ou l'égalité des sexes. Au soir de sa vie, elle décrit dans l'Heptaméron, chef-d'oeuvre d'humour et de perspicacité, la société de son temps.

  • Dressé par des biographes résolument hostiles à cet Auguste syro-africain, le portrait de Caracalla (188-217), fils aîné de l'empereur Septime-Sévère, ressemble à s'y méprendre à celui d'un Néron ou d'un Commode. L'historiographie, en effet, le dépeint comme un tyran et un soudard irascible et violent, un gnome meurtrier de son frère cadet, persuadé d'être habité par l'âme d'Alexandre le Grand. S'il est vrai que ce prince honni, fils aîné de l'empereur Septime-Sévère, est loin d'être un agneau sans taches, il promulgua pourtant une loi fondamentale, l'Edit de Caracalla, accordant à tous les hommes libres de l'Empire le droit de citoyenneté romaine.
    Comment expliquer qu'un être si détestable ait pu élaborer une loi si généreuse ? L'auteur s'emploie, dans cette biographie consacrée entièrement au bâtisseur des célèbres thermes qui portent son nom, à dresser un portrait nuancé du jeune prince devenu empereur au début du IIIe siècle après J. -C. Avec un regard original et un ton résolument épique, il présente les ressorts intimes d'une personnalité hors normes, offrant aux lecteurs le visage singulier d'un homme passionné par les arts et la guerre, attentif au sort de ses soldats et des plus humbles.
    Tout en circonvolutions, il reconstitue avec un soin minutieux les réseaux d'influence, les querelles de famille et de pouvoir, l'environnement politique, religieux et social d'un Empire menacé de toutes parts. Mais Caracalla garde heureusement une part de mystère et de noirceur sur laquelle l'auteur parvient à lever un coin du voile. De saint Augustin à Régis Debray en passant par Chateaubriand et Charles de Gaulle, il montre comment le célèbre Edit de Caracalla continue de fasciner et d'alimenter le débat public.

  • Cette histoire de la musique est un récit chronologique, une histoire qui se raconte à partir des grandes périodes historiques, repères partagés par tous, au-delà de l'histoire de l'art, mais aussi une mise en contexte de la musique, des pratiques musicales, de la sociologie de la musique, au regard des événements, dans le cours de l'histoire, mais encore un point de vue à partir d'oeuvres de référence, connues ou peu connues. Chaque oeuvre, chaque composition est prise et entendue comme un document, une expérience de son temps, comme un symbole, et la marque d'une époque.
    Mais enfin, c'est un récit qui veut donner des clés sur le contexte des oeuvres, ouvrir d'autres horizons, tisser des liens avec le présent, entre temps de l'événement et le temps long.

    Pourquoi écrire une nouvelle histoire de la musique occidentale ?

    Les réponses se trouvent parfois là où se trouvent les auteurs. Élisabeth Brisson est historienne, rompue à l'exercice de l'analyse de documents et de la contextualisation. Jérôme Thiébaux est pédagogue et médiateur de la musique, habitué à la question de la transmission. Les points de vue se mêlent avec un point commun, moteur de l'écriture et de la recherche entre les deux auteurs : celui de donner à lire l'histoire de la musique occidentale pour tenter d'entendre autrement ; découvrir les environnements de la musique ; les relations des compositrices et compositeurs avec la société et les événements marquants de notre histoire européenne. Le fil conducteur de cette entreprise est cependant toujours le même : partager l'histoire pour mieux se plonger soi-même dans l'écoute et la découverte de notre patrimoine.

  • Du Guesclin a été étroitement mêlé à l'histoire du duché de Bretagne, du royaume de France et de l'Europe. Né autour de 1320 dans une famille de la petite noblesse bretonne, il a gravi tous les échelons de la hiérarchie militaire pour accéder au grade de connétable. Il a joué un rôle de premier plan dans la guerre de succession de Bretagne puis dans celle de de Cent Ans. Il a mis un terme à la série de défaites françaises et dirigea, sous le règne de Charles V, la reconquête des territoires perdus. Il intervint aussi en Espagne pour soutenir Henri de Trastamare, prétendant au trône de Castille et conduisit outre-Pyrénées les grandes compagnies qui dévastaient la France. Alors qu'il était chargé de faire appliquer la décision royale de confiscation du duché de Bretagne, son inertie le rendit suspect dans certains milieux de la cour et il reçut pour mission de combattre les compagnies de routiers retranchés en Auvergne.
    Après sa mort en juillet 1380, devant la forteresse de Châteauneuf-de-Randon, sa mémoire a été vénérée à presque toutes les époques. Cependant nos contemporains n'en ont souvent qu'une vision réduite à quelques images d'Épinal : le dogue de la forêt de Brocéliande multipliant les coups contre les Anglais, le vainqueur de Cocherel, le prisonnier fixant sa rançon à un chiffre astronomique, le chef de l'expédition en Castille.
    Cette biographie, qui exploite des données récentes de la recherche, révèle une personnalité plus riche et plus diverse que ne le laissent entendre les récits traditionnels. Elle s'efforce de faire le départ entre la réalité historique et les légendes colportées au cours des siècles. Elle décrit les mécanismes par lesquels s'est construite l'image du héros breton. Ce dernier a incarné l'idéal chevaleresque à une époque marquée par de profondes mutations de la vie politique et de la société militaire.

  • Jeune pucelle venue des marches de Lorraine, Jeanne d'arc connaît un destin exceptionnel. Sa rencontre avec le dauphin à Chinon, ses faits d'armes qui conduisent à la libération d'Orléans, menacée par les Anglais (1429), son héroïsme et son charisme aux côtés des soldats français (1429-1430) ont eux aussi marqué les contemporains et contribué à forger les mythes à travers les siècles. Le destin de la " Pucelle d'Orléans " apparaît hors du commun dans le contexte de la fin du Moyen Age : cavalière portant des habits d'homme, à la tête de troupes d'armes, côtoyant les plus grands du royaume (dont Gilles de Rais), Jeanne d'Arc n'en demeure pas moins une jeune femme pieuse et profondément animée par la mission que les voix lui confient (rétablir l'autorité du dauphin et libérer le royaume de la présence anglaise).
    Après un procès mené à charge au début 1431, Jeanne d'Arc est brûlée vive en place publique à Rouen. Débute alors une véritable épopée, alternant des phases de repli et de renouveau, au gré des siècles. Béatifiée à la fin du XIXe siècle, Jeanne d'Arc devient sainte en 1920. Son histoire n'est pour autant pas close et continue aujourd'hui encore de fasciner avec de nombreux mystères.

  • En dehors de quelques figures célèbres comme Aliénor d'Aquitaine ou Blanche de Castille, les reines capétiennes demeurent largement inconnues. Elles sont pourtant présentes partout. Dans les enluminures, la littérature, les cérémonies, les processions, les entrées royales. C'est ce pouvoir au féminin que cet ouvrage souhaite révéler. À chaque génération, entre 987 à 1328, les reines de France ont façonné l'histoire de notre pays.

  • Lorsqu'au XVIe siècle les conquistadores débarquent pour la première fois en Amérique du Sud, ils sont éblouis par ce qu'ils rencontrent : une société extrêmement florissante et rationnelle. Celle-ci est dominée par un prestigieux souverain, l'Inca, incarnation du pouvoir et suprême gardien de l'ordre cosmologique. Contre toute attente, et au-delà de leurs rêves de gloire et de richesse, les soldats espagnols ont devant eux un authentique Etat, nommé Tahuantinsuyu, "les quatre parties réunies".
    Un Etat qui contrôle une très grande partie des Andes, et qui, en moins d'un siècle, a réussi à s'étendre sur presque deux millions de kilomètres carrés. C'est le dernier grand élan politique d'une longue histoire préhispanique, qui va bientôt s'effondrer dans le tourbillon de la colonisation. Mais qui donc étaient les Incas ? Et comment comprendre leur incroyable destin ? Depuis la conquête de Francisco Pizarro jusqu'à la création des nations sud-américaines au XIXe siècle, il faut aller en chercher l'origine dans les récits mythiques, dans l'ingéniosité des structures sociales et industrielles, et dans des réflexes culturels millénaires.
    En somme, il faut mener une minutieuse enquête pour recomposer un monde qui avait sciemment construit son identité pour parachever la mission sacrée de ses ancêtres : organiser l'espace et le temps.

  • Cet ouvrage permet ainsi de redécouvrir deux chefs-d'oeuvre fondateurs de notre littérature et de notre culture : l'Iliade et l'Odyssée d'Homère.
    La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ? Un poète appelé Homère a-t-il véritablement existé ? Dans quelles conditions l'Iliade et l'Odyssée ont-elles été composées ? Telles sont les trois grandes interrogations qui forment ce que l'on a coutume d'appeler depuis la fin du XVIIIe siècle « la question homérique ».
    Elles nous ramènent aux origines de notre culture et de notre civilisation, au fil d'une véritable enquête policière dont ce livre tâche de résumer le dossier - « le dossier H », pour paraphraser le titre du roman d'Ismaïl Kadaré.
    Au-delà de ces éléments, le coeur du présent ouvrage offre une présentation des grands enjeux esthétiques et philosophiques des poèmes d'Homère : qui sont Achille et Ulysse ? offrent-ils le même modèle de héros ? quelles sont les valeurs de la société homérique ? les dieux agissent-ils avec justice ?
    Quelle est la part de la liberté humaine et du destin ? Le poète interroge la place de l'homme dans l'univers et propose une réflexion pleine de sensibilité sur sa condition. En cela, Homère reste plus que jamais notre contemporain.
    Il l'est aussi par toutes les oeuvres littéraires et artistiques qui nous entourent, qu'il n'a cessé et qu'il ne cesse encore d'inspirer depuis l'Antiquité, des tragédies de l'Athènes du Ve siècle avant Jésus-Christ jusqu'aux oeuvres du peintre abstrait Cy Twombly dans les années 1960-1970.

  • LE MONDE DE L'ESPIONNAGE EST PROPICE A LA CONSTRUCTION DE MYTHES ET DE LEGENDES DE PAR SA NATURE : LE SECRET.
    Ses actions clandestines, inconnues du plus grand nombre, ont souvent des répercussions bien visibles et le secret qui les entoure donne lieu à la création de récits légendaires. En effet, ces opérations, menées par un petit groupe voire un seul homme, jouent avec les limites du visible et de l'invisible, du légal et de l'illégal, du dicible et de l'indicible, et de ce fait, créent un manque qui est comblé par un récit souvent glorieux.
    Dès le XV ème siècle, les monarques anglais, avides de subterfuges, mènent leur règne à grand renfort d'espions et d'informateurs. À travers les siècles, le gouvernement britannique s'inscrit dans une réelle tradition de recours à ses espions puis ses agents secrets. Mais les services secrets de sa Majesté deviennent particulièrement célèbres pendant la Seconde Guerre mondiale, grâce à Winston Churchill qui, en tant qu'adepte de procédés et de manoeuvres de contre-espionnage retentissantes, couplées avec l'infiltration massive d'agents secrets dans les réseaux de la Résistance Française, fait connaître au plus grand nombre les exploits et les sacrifices de ces hommes de l'ombre. Le renseignement britannique regorge d'histoires vraies, d'anecdotes, de ruses et d'histoires personnelles d'agents secrets qui participent aussi à la création de l'Histoire du pays et de l'Histoire du renseignement.
    Entre mythe et réalité, cet ouvrage détaille quelques opérations secrètes et les accomplissements de plusieurs espions et agents secrets face à des menaces spécifiques, afin de mettre en parallèle les faits historiques et la mythologie née du besoin d'un monde meilleur et plus sûr.

  • Akhénaton et Néfertiti... Ces deux noms évoquent un des couples les plus romantiques et dramatiques de l'Histoire de l'Égypte ancienne. Ils sont les Roméo et Juliette de leur temps. Écrire une biographie des deux souverains s'avère presque impossible et cet ouvrage s'attache à décrypter l'ensemble des traces historiques connues en les rattachant à un contexte global.

  • Auguste (27 avant notre ère/14 de notre ère) est le premier prince romain. Traditionnellement présenté comme froid, calculateur, manipulateur et hypocrite, parfois comme un caméléon, il s'avère être une personnalité infiniment plus complexe. C'est en homme providentiel, en instrument des dieux, qu'Auguste a souhaité se présenter. Celui qui accrut l'empire romain comme personne ne l'avait fait jusque-là fut par ailleurs le créateur d'un régime nouveau, le Principat, destiné à vivre jusqu'à la fin de l'Empire romain. Il est en même temps à l'origine d'une restauration destinée à répondre à une crise multiforme, tout à la fois politique, religieuse et morale. Enfin, Auguste fit de Rome une véritable capitale d'empire, capable de rivaliser, par sa splendeur, avec les cités grecques. Cette biographie suggère que, tout en ayant été le père d'un régime de nature monarchique, Auguste fut aussi et surtout un prince républicain, un homme toujours soucieux d'ancrer ses nombreuses réformes dans la tradition romaine, posture qui n'interdisait en rien l'innovation. Mieux encore, c'est le portrait d'un homme soucieux des attentes parfois contradictoires de ses contemporains qui se dessine : Auguste a su se glisser dans les plis d'un costume dont il ne fut pas seul maître du patron.

  • Depuis 180 ans, les archéologues explorent les sites archéologiques du Proche-Orient à la recherche de cités entrées depuis longtemps dans la légende, à travers la Bible ou la tradition gréco-romaine. Le temps n'est plus à une démarche naïve de confirmation de l'existence de tels cité ou épisode légendaires, car la recherche moderne sur le Proche-Orient ancien s'est nourrie d'un va et vient entre ces légendes (bibliques mais aussi mésopotamiennes), la recherche historique et les travaux des archéologues.
    Derrière chacun de ces sites archéologiques se dessine par-delà la légende toute une vision d'un monde hautement sophistiqué marqué très tôt par des épisodes catastrophiques, mais aussi par une extraordinaire capacité de régénération, celle de métropoles extraordinairement créatives, d'Uruk à Babylone. Chaque chapitre s'attache donc à évoquer à la fois une thématique issue de récits légendaires, qui est liée à des recherches archéologiques, et à des personnages historiques eux-mêmes souvent pris entre légende et histoire tels Sargon, Assurbanipal ou Nabuchodonosor.

  • Ce livre replace la vie de Simon Bolivar dans le contexte hispano-américain et européen. En effet le Libertador ne surgit pas de nulle part ; il est le fruit d'une époque travaillée par les idées du Siècle des Lumières des deux côtés de l'Atlantique, et l'expression de la frustration créole. Pas seulement toutefois. La vie de Simon Bolivar se caractérise par la fidélité ; fidélité à son amour de jeunesse - même s'il a aimé plusieurs femmes -, fidélité à son serment de libérer les territoires hispanoaméricains sous emprise espagnole, fidélité à son ambition d'instaurer un système républicain démocratique dans les territoires libérés.

    Cependant, l'homme qui meurt en 1830 à Santa Marta en Colombie, à l'âge de 47 ans, n'est plus le Héros de la Guerre d'Indépendance des territoires sud-américains, ni le Président/dictateur des Nouvelles Républiques. Il est seul, ou presque. Pourtant une monnaie portera son nom - le bolivar -, ainsi qu'un pays, - la Bolivie - et sa pensée politique sera la référence pour les révolutions du XX? siècle. Le héros est mort de son vivant ; le mythe lui survit.

    L'auteure dresse le portrait d'un homme épris de liberté, infatigable homme d'action, aimé des femmes et incompris des hommes, tel qu'il apparaît dans ses écrits politiques et sa correspondance. Par ailleurs, l'auteure montre que les utilisations politiques et les représentations artistiques transfigurent Bolívar en héros christique, en Don Quichotte sud-américain ou en Néron délirant, ou, plus prosaïquement, en modèle politique.

  • À travers cette biographie nous découvrons l'empereur Néron sous un autre jour....
    Tiberius Claudius Nero naquit en 37, et arriva au pouvoir en 54. Descendant d'Auguste, neveu de Caligula, fils d'Agrippine la Jeune et fils adoptif de Claude, il fut le dernier empereur julioclaudien.
    Bien qu'il ait reçu une éducation classique, et ait été formé par le philosophe stoïcien Sénèque, Néron fut rapidement considéré comme un prince fantasque, même s'il était apprécié de la plèbe.
    Près de deux mille ans après sa naissance, il continue de susciter tantôt la fascination tantôt l'effroi auprès du contemporain. Cette perception ambivalente s'explique surtout par le fait qu'aucun autre empereur romain n'ait été nimbé d'un tel mystère.
    Sur le plan politique, Néron n'avait rien d'un insurgé. Il préférait le plus souvent les mutations graduelles, n'excluant nullement la continuité. Bien que mégalomane et extravagant, il s'est généralement avéré conservateur du point de vue gouvernemental et institutionnel ; très souvent, il rechercha à cet égard la légitimité augustéenne. Toutefois, contrairement à ses prédécesseurs et à ses successeurs, il exprima au moins autant d'intérêt pour les arts que pour la politique.
    Il n'est donc pas surprenant que cette monographie soit intitulée : « Néron : l'empereurartiste ».

  • Le 23 mai 1618, les états protestants de Bohême, soucieux de préserver leurs libertés religieuse et politique, se rendent en armes au Hradschin et défenestrent les représentants impériaux. L'insurrection de Prague embrase alors le Saint-Empire romain germanique et plonge l'Europe dans une des guerres les plus effroyables de son histoire, la guerre de Trente Ans. Une guerre complexe aux motifs religieux et politiques enchevêtrés, aux contours mouvants, les partis confessionnels étant eux-mêmes profondément divisés et les alliances souvent improbables.
    Une guerre interminable qui se nourrit elle-même. Cependant en 1648, après moult tentatives avortées, la paix, une paix qui se veut perpétuelle, est enfin signée. Cet ouvrage se propose de retracer le conflit et d'interroger également le vécu et le ressenti des témoins de l'époque ainsi que l'imaginaire de peintres, d'écrivains et de cinéastes qui, mesurant leur présent à l'aune de cet événement historique, dénoncent l'oppression et la guerre et tentent d'esquisser un monde nouveau, loin du fracas des armes.

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