Gallimard

  • Le discours

    Fabrice Caro

    «Tu sais, ça ferait très plaisir à ta soeur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.» C'est le début d'un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu'il vient d'envoyer à son ex. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques.

    Un récit savamment construit où le rire le dispute à l'émotion.

  • Broadway

    Fabrice Caro

    « Du paddle à Biarritz. Si je devais établir une liste de mes vacances idéales, le paddle à Biarritz avec un couple d'amis n'apparaîtrait pas sur la feuille, ni au dos, ni dans le cahier tout entier. Le soir où il avait lancé cette idée, tout le monde était emballé, c'était l'idée du siècle, du paddle à Biarritz, youhou, champagne. Moi-même j'arborais un sourire franc pour ne pas détonner dans l'effervescence ambiante, un sourire de photo de mariage, sans même savoir ce que signifiait le mot paddle, quoique pressentant qu'il avait de bonnes raisons de ne pas faire partie de mon vocabulaire. En rentrant, j'avais tapé paddle sur Google images, et mes appréhensions s'étaient vus confirmées : on me proposait d'aller ramer debout sur une planche en caleçon de bain avec des gens, et je me suis aussitôt vu, le dos courbé sur un paddle qui n'avançait pas, voire reculait, transpirant et rougeaud, le visage grimaçant de douleur et d'effort, tentant de rattraper à vingt mètres devant moi Denis et ses pectoraux fermes et tendus sous le vent océanique. » Une femme et deux enfants, un emploi, une maison dans un lotissement où s'organisent des barbecues sympas comme tout et la perspective du paddle à Biarritz avec un couple d'amis l'été prochain... Axel pourrait être heureux, mais fait le constat, à 46 ans, que rien ne ressemble jamais à ce qu'on avait espéré. Il s'était rêvé scintillant et emporté dans une comédie musicale à la Broadway, il se retrouve dans un spectacle de fin d'année foireux. Et s'il était temps pour Axel de tout quitter, de partir dès ce soir à Buenos Aires, au lieu de rentrer du travail et malgré l'apéro chez les voisins ? Après Le Discours, Fabrice Caro confirme son talent unique pour mêler scènes désopilantes et mélancolie existentielle.

  • « Extorquer des fonds, ouvrir des bouteilles avec les dents, faire l'amour dans un motel !...
    Tu te souviens ? » Ils ont connu la gloire sous le nom de Bonnie Parker et Clyde Barrow, quand ils semaient la mort le long des routes du Texas. À présent, ils sont Éva et Claude et vivent planqués de ce côté de l'Atlantique, dans cette France où Valéry Giscard d'Estaing sera bientôt président. Ils tiennent le lavomatique d'une localité perdue des Cévennes, dissimulant ainsi un commerce illicite de poudre blanche. Mais les clients sont rares, la boutique périclite et les truands doivent revenir à leur passion de jeunesse, le hold-up. La tentative est un naufrage. Après une fuite piteuse, Éva et Claude s'égarent dans un sous-bois où ils découvrent, effarés, l'être le plus vulnérable qu'il soit donné de rencontrer.
    Pour ce premier livre de littérature générale, Nicolas de Crécy imagine un récit d'une originalité totale, une farce baroque qui met en scène une formidable galerie de personnages et où l'humour noir fait des merveilles.

  • Mike

    Emmanuel Guibert

    « SUBITEMENT, MIKE DECLARE UNE MALADIE QUI CHANGE LA DONNE. » Après plusieurs années d'une amitié complice et sereine, la nouvelle du cancer de Mike atteint Emmanuel Guibert de plein fouet. L'auteur de bandes dessinées, qui ne passe pas une journée sans crayonner, décide alors de lui rendre visite avant qu'il ne soit trop tard. De cette veille de Saint-Sylvestre et du jour suivant passés avec Mike et sa famille dans l'hiver glacé du Minnesota, il rapporte l'histoire d'une amitié profonde, sincère, imparfaite. Intimement liée à l'art du dessin d'observation, leur relation, racontée avec pudeur et tendresse, est une évocation particulièrement touchante et juste de la nature humaine. Ce premier récit sans images d'Emmanuel Guibert révèle un véritable talent d'écrivain, et une générosité inépuisable.

  • Fin de saison

    Thomas Vinau

    Qu'est-ce qu'un catakit ? Quelle est la différence entre un bon vivant et un bon survivant ? Peut-on s'hydrater avec de l'eau de vie ? Quelles est la valeur nutritionnelle d'un rêve ? Peut-on se sauver en se sauvant ? Les lapins sentent-ils venir la mort ? Autant de questions que Victor, père de famille et gentil looser, ne s'set jamais posées... jusqu'au jour où il se retrouve enfermé dans sa cave avec un chien et un lapin pendant que le monde s'écroule. Survivaliste pathétique, cet anti-héros ironique et incisif dit, sur un mode burlesque, quelque chose de nos aspirations et de nos échecs.

  • Wanted Louise est un avis de recherche. Celle qui le lance, Chris, est écrivaine, mère et grand-mère, dans l'ordre de ses priorités. Depuis que sa fille Louise a disparu de la circulation, quittant son foyer sans explication, Chris se retrouve flanquée de deux petits-fils et d'un gendre désemparé. Alors qu'elle se débat avec ses nouvelles obligations, Ludmila fait irruption dans sa vie. Cette vieille femme étrange est venue lui confier son histoire, celle d'une adolescente qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, est poussée dans la Résistance par sa mère. Le récit de Ludmila réveille chez Chris un irrépressible besoin d'enquêter et de raconter. Elle se lance à corps perdu dans ce travail, au détriment de sa propre famille - à moins que la clé de la disparition de Louise ne se trouve justement dans les pages qu'elle est en train d'écrire.Roman à suspense en même temps que portrait sensible de femmes fortes, Wanted Louise confirme le talent de Marion Muller-Colard pour dire la complexité du sentiment maternel et la difficulté à communiquer avec ceux qu'on aime.

  • « Tout le monde n'a pas le don des larmes. Les enfants l'ont. On le leur retire comme un jouet obsolète. Certains résistent, conservent l'art secret de pleurer. D'autres devront apprendre à nouveau, remonter les bras morts de leur vie, retrouver l'art antique des sourciers.
    Sylvia n'a pas désappris à pleurer : elle est née sèche. Cette pensée zèbre son front comme un éclair, le front qu'elle baisse sous le regard lourd du curé. Pour un peu elle ploierait, elle si menue, faite d'os autour desquels les muscles s'enroulent en lianes serrées. » Bastien est mort dimanche et Sylvia, sa mère, aimerait croire que cela ne changera pas grand-chose. Car Bastien, lourdement handicapé, n'a jamais pu parler ni adresser un regard à quiconque. Alors que passent les premiers jours sans lui, une pluie diluvienne gonfle les eaux de la Durance voisine. Chez Sylvia aussi, la part sauvage menace de déborder.

  • Au début du XIXe siècle, un peintre parisien s'égare dans les confins balkaniques de l'Empire ottoman. Il se retrouve prisonnier d'un domaine retranché dans les montagnes et de sa singulière intendante, avec laquelle il noue des conversations qui bouleversent ses certitudes tout en nourrissant ses fantasmes. Dans ce conte à l'action tendue, sensuel et poétique, Sophie Van der Linden joue avec l'esthétique orientaliste pour interroger l'art et la représentation, la place des femmes, notre relation à l'Orient...

  • La dissonante

    Clément Rossi

    « Quand le gamin a tiré le premier son du violon, j'ai cru qu'on m'enfonçait dans l'oreille la lame du pic à glace resté sur la table, à côté du seau à champagne. Je n'ai rien dit, je me suis contenté de serrer les dents car c'est ce qu'on fait dans ces cas-là, en silence et en souriant, sans montrer qu'on se mord la joue à l'intérieur. Je ne me serais pas inquiété si j'avais été le seul musicien autour de la table. J'aurais compris que comme d'habitude, mes standards n'étaient pas ceux de tout le monde et que tant pis, il fallait vivre avec et endurer, puis trouver la force à la fin de quelques mots d'encouragement.
    Je me suis levé d'un coup, sans le décider vraiment, et j'ai fermé les deux poings en l'air comme avec l'orchestre en répétition ; l'horrible crissement, enfin, s'est arrêté. »

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