Livres en VO

  • En 1994, les Presses universitaires de Princeton publient un ouvrage intitulé Geneva, Zurich, Basel : History, Culture & National Identity. On demande à Nicolas Bouvier de s'occuper du chapitre sur Genève ; il écrit dix pages dans lesquelles il aborde avec lucidité et non sans humour ce qui a fait la spécificité de la ville, tout comme les grands noms qui ont marqué son histoire. En commençant par la guerre des Gaules, il fait la part belle à tous les "grands thèmes genevois" : rigueur du protestantisme calviniste, banques, pédagogie, botanique, humanitaire...
    On y découvre le double visage d'une République qui, au fil des siècles, a tantôt recueilli quelques-unes des plus grandes personnalités étrangères, tantôt rejeté ses plus illustres penseurs ; une République qui, parce qu'elle a toujours été prise dans l'étau de puissances adverses et parfois hostiles, a su se façonner une identité propre ; et où les sciences ont pu trouver un terrain de développement favorable alors même que les arts sont souvent restés en rade.
    Sans complaisance mais avec une évidente affection pour sa ville natale,

  • « I's (pronounced eyes) et After I's sont les deux derniers recueils de poèmes composés par Louis Zukofsky dont la forme est encore, si l'on veut, traditionnelle. Publiés à un an d'intervalle, en 1963 et 1964, ce sont des objets artisanaux, courts volumes - 40 et 26 pages respectivement - publiés en tirages limités par de petits éditeurs : le premier par Trobar Press à New York, entreprise fondée par deux tout jeunes poètes, George Economou et Robert Kelly ; le second par Boxwood Press, en collaboration avec le magazine littéraire Mother, à Pittsburgh, Pennsylvanie.
    Zukofsky, ensuite, ne publiera plus de tels poèmes courts.
    Ces deux recueils adviennent à un moment important. De jeunes poètes, à New York et ailleurs, découvrent son travail, et y voient une ouverture possible pour une nouvelle poésie américaine. Zukofsky constitue aujourd'hui encore une référence majeure pour l'écriture expérimentale aux États-Unis ; mais cette reconnaissance émergente, dont on entend la trace dans les poèmes ici, est alors inédite pour lui. »

  • Au paroxysme d'une époque de terreur (les années 30 en Russie), Harms publie un grand nombre de comptines et poèmes pour enfants dans diverses revues destinées à la jeunesse. Ces textes seront à peu près les seuls, du vivant de l'auteur, a échapper à la censure officielle. Dans ces petites proses, le poète pousse néanmoins à son terme les thèmes et principes chers à l'avant-garde russe : autonomie de l'art, humour noir, cruauté et indifférence face au sort de l'autre, impossibilité de la communication et éclatement de la vie. Dans ces poèmes, les lions sont pris pour des serins, à moins que ce ne soit l'inverse, des cochons dansent la polka dans un cirque loufoque où les représentations de mouches savantes le disputent à une succession de numéros extravagants. Pour la première fois traduits en français, ces poèmes raviront les lecteurs.

  • La collection feuilles d'herbe propose dans une édition bilingue un recueil de poésie de Rose Ausländer traduit par les soins d'Edmond Verroul. Ce recueil, le dernier de la poétesse, s'intitule joliment Je compte les étoiles de mes mots. Eloignés du lyrisme et de l'obscurité, les poèmes, très courts, forment de petites phrases, qui ne sont pas sans ressembler dans leur brièveté et leur fragilité aux haikus japonais. La recherche de la simplicité ainsi que la recherche de Dieu traversent de manière diaphane l'ensemble de ces poèmes de la fin et de la finitude. La poète se consacre à la nuit, trois ans avant le grand arrêt, le grand regret. Cette fois l'exil est un retour chez soi, de l'autre côté, dans l'absolument inconnu.

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