Vie pratique & Loisirs

  • Jean Follain trouve naturellement sa place dans notre catalogue : il se situe aux côtés d'écrivains comme Élie Reclus (Le pain), Jean Giono (Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix), ou plus simplement encore Auguste Jotterand (Cuisine de guerre). On connaît aussi la complicité de l'écrivain avec Charles-Albert Cingria, avec qui il fréquentait les cafés populaires du Paris de l'après guerre.
    « Poète de l'objet », et en cela proche de Francis Ponge, Follain a toutefois developpée une poésie qui lui est propre. On retrouve ces traits particuliers dans Célébration de la pomme de terre, texte paru en 1966 chez Robert Morel et épuisé depuis de nombreuses années. Comme le souligne Bernard Veck dans un article consacré à l'auteur : « Follain s'attarde sur l'aire géographique occupée par l'empire de la pomme de terre, sur ses aventures historiques, décline voluptueusement les noms et les formes du tubercule, les couleurs de ses fleurs, les recettes variées auxquelles il participe, flâne aux anecdotes et aux souvenirs d'enfance, s'autorise quelques archaïsmes lexicaux et syntaxiques, et déploie un plaisir de décrire et de raconter (...) » Jacques Réda, dans sa préface au livre de Follain La Table, affirme quant à lui que « La gastronomie de Follain ébauche plutôt une esthétique, voire une morale. L'attention aux moindres détails y est la même que dans ses poèmes, et l'art de les inclure dans une subtile mais robuste composition. On ne poussera pas davantage le parallèle. Un poème, bien sûr, n'est pas un repas. Mais un repas selon Follain se rapproche d'un poème, et constitue en tout cas un moment civilisateur sinon vraiment religieux : la voix se contient, les gestes se ralentissent, le civet et la pomme de terre prennent leur saveur d'éternité. »

  • Découvrez Physionomies végétales - Portraits d'arbres et de fleurs, d'herbes et de mousses, le livre de Elie Reclus

  • Cuisine de guerre

    Auguste Jotterand

    La Cuisine de guerre est sortie sous la forme d'un fascicule un an avant la fin de la Première guerre mondiale, en 1917, sur les presses de l'imprimerie Albert Dupuis à Lausanne.
    Bien que la Suisse fût préservée de la grande guerre, elle n'échappa pas aux difficultés de l'économie générale. Pour pallier à cela, et visant le coeur de la communauté, c'est-à-dire la famille, Auguste Jotterand, en bon samaritain, propose à tous les ménages un florilège de recettes élémentaires, afin, comme il le note lui-même dans sa préface, d""apporter un peu de réconforts à mes aimables lectrices".
    Il leur affirme qu'avec sa méthode il sera possible d'économiser 150 % sur la viande et autres produits, "tout en mangeant une nourriture saine et fortifiante". Il faut dire que l'auteur n'est pas à son premier coup d'essai et qu'il se nomme lui-même professeur de cuisine. La technique est sans faille, couper les oignons le plus finement possible, troquer le beurre pour de la graisse, ou encore proposer une vieille recette de conserve d'oeufs.
    L'auteur n'a rien oublié, de la soupe au repas principal, en terminant par les desserts.

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