L'harmattan

  • L'ethnomusicologie est souvent définie comme la discipline qui étudie les pratiques musicales considérées comme exotiques ou populaires. En France, ce domaine de savoir fut institutionnalisé en 1929. Cet ouvrage, en distinguant plusieurs modes d'accès à la connaissance des musiques qui furent alors découvertes à travers le monde, analyse et contextualise l'évolution de l'ethnomusicologie, à partir d'une documentation le plus souvent inédite et en renvoyant régulièrement à des archives sonores.

  • Cet ouvrage prsente des gographes aux itinraires singuliers. Positionns aux marges de l'institution, ce ne sont pas pour autant des marginaux, mais des hommes libres qui inventent leur parcours professionnel au fil du temps, des engagements, des projets. Pour la plupart d'entre eux, ces vies nomades sont tributaires d'une conjoncture tragique : la Premire Guerre mondiale. Ils sont aussi parmi les premiers saisir la mutation que constitue la mondialisation.

  • "Johann Christoph Adelung est méconnu en France et même en Allemagne, sa patrie. Le souvenir de ce représentant notoire de la « Volksaufklärung » s'est estompé deux siècles après sa mort en 1806. Il nous reste de lui essentiellement une oeuvre lexicographique novatrice et d'une exceptionnelle qualité consacrée au « haut-allemand », à l'anglais et au latin médiéval et, dans les dernières années de sa vie, la mise en place d'un ambitieux projet de répertoire des langues du monde connues à l'époque, le Mithridate. En marge de ces publications remarquables, Adelung a produit une quantité prodigieuse de traités de grammaire, d'histoire des États et de la civilisation et de philosophie pratique. Cette littérature, qui nous paraît aujourd'hui d'un intérêt secondaire, a cependant une vertu remarquable, celle de nous éclairer sur l'univers intellectuel de l'Allemagne des Lumières, profondément bouleversé par les guerres napoléoniennes qui allaient reconfigurer tout l'ordre politique et social de l'Europe centrale avec la disparition du Saint-Empire et l'inexorable ascension de la Prusse."

  • Voici ciblées ici quelques questions qui ont marqué l'histoire de l'enseignement des sciences. Et s'affirme le souci de montrer qu'à côté d'une culture littéraire peut prendre place un humanisme scientifique d'égale valeur éducative. Quelle place accorder aux sciences dans les études secondaires ? Comment les y intégrer ? Quel rôle leur assigner : culturel ou utilitaire ?

  • Les géographes, dans leur pratique savante, sont généralement connus pour s'être interrogés d'abord sur les relations homme-milieu, ou sur la singularité d'une région ou d'un paysage, et pour avoir placé ensuite l'organisation spatiale ou les territoires au coeur de leur discipline.
    C'est une autre clé de lecture qui est proposée ici : il s'agit de relire l'évolution de la géographie française, en insistant sur le souci longtemps dominant d'être " fidèle aux réalités ", et sur sa remise en cause récente. L'examen d'un vaste corpus de textes, allant de 1900 aux années 1980, met en évidence l'importance du réalisme comme fondement épistémologique de la géographie. Ce souci du réel, indiscuté jusqu'à la fin des années 1960, a été battu en brèche dans les années 1970.
    Un épisode important de l'histoire de la géographie française est ainsi réinterprété comme une révolution scientifique (au sens de Thomas Kuhn), la " Nouvelle géographie " ayant mis en question le paradigme " classique " défendu par l'École française, selon une critique constructiviste formulée collectivement. Fondé sur des analyses multiples (littéraires, épistémologiques, sociolinguistiques, historiographiques), De plain-pied dans le monde se veut tout à la fois une contribution particulière à l'histoire de la géographie française et une réflexion plus globale sur le statut de la langue dans les mutations des sciences.

  • Que représente le choc de la guerre de 1914 en matière de politique de l'éducation ? D'une part les compagnons de l'université nouvelle militent pour l'école unique en supprimant les barrières entre l'enseignement primaire gratuit et l'enseignement secondaire payant. D'autre part, est réclamé le retour à la prééminence dans le secondaire des humanités classiques, dans une opposition avec "la culture germanique". Au coeur des débats se trouve posée la question du rôle et de la place des sciences dans la formation générale.

  • L'ouvrage, centré sur la partie scientifique de l'enseignement, retrace les étapes qui ont conduit, en un siècle, l'enseignement féminin d'une organisation spécifique à la fusion complète avec l'enseignement masculin : identité des cursus, des contenus et des épreuves, unicité des concours et des classements, mixité. Ce parcours historique montre tous les progrès réalisés et les acquis obtenus, mais aussi l'engagement et les succès des pionnières qui ont permis de vaincre les préjugés sur l'inaptitude des femmes pour les sciences.

  • Le premier congrès international de géographie s'est tenu à anvers en 1871.
    Création des académies des sciences des pays vainqueurs, l'union géographique internationale (ugi) est née un demi-siècle plus tard, le 27 juillet 1922, dans le contexte tendu de l'après-première guerre mondiale. que représente le projet d'une organisation scientifique internationale : comment a-t-elle pris le relais des congrès de géographie organisés au me siècle par les sociétés de géographie ? comment l'ugi fonctionne-t-elle, qui y est effectivement représenté ? quelle a été la dynamique scientifique de l'ugi, à travers ses congrès et ses commissions : a-t-elle su impulser la recherche géographique, organiser dans la durée des coopérations scientifiques, innover en matière théorique ou technique ? comment a-t-elle affronté les grandes tensions du xxe siècle ? la maxime d'un président de l'ugi : let's face the world ! s'applique-t-elle à l'engagement de l'union dans les problèmes du monde ? par un appel à des " grands témoins " et par des analyses originales de 125 ans d'activité, cet ouvrage étudie l'implication des géographes dans les enjeux internationaux du xxe siècle, la dynamique interne de l'ugi et son rôle scientifique propre.
    Cette monographie du " tout petit monde " d'une organisation scientifique internationale permettra à d'autres spécialistes de confronter l'exemple de la géographie à leur propre microcosme.

  • La Petite Gitane (1613) de Cervantès constitue la matrice d'un mythe qui, se développant dans le seconde moitié du XVIIIe siècle, se répand dans la littérature et les arts à l'époque romantique. On connaît l'Esméralda de Hugo et la Carmen de Mérimée mais on sait moins que les écrivains et artistes contemporains (George Borrow, la poète tchèque Macha, Lamartine, Liszt, Valerio...) se passionnent pour un peuple nomade apparemment rebelle à toute obéissance aux lois de la société, et dont la marginalité même lui confère une dignité nouvelle.

  • Le corps un miroir de l'âme ? Depuis ses origines, l'homme occidental est convaincu de l'analogie entre l'âme et le corps. Mais c'est l'art, particulièrement sous l'impulsion du théologien Lavater (XVIIIe) qui a su le mieux exploiter les relations entre physique et moral. La " physiognomonie ou l'art de connaître les hommes " est née et rencontre dès lors un écho considérable , singulièrement auprès des artistes (peintres, sculpteurs, architectes).

  • Cherchant à dévoiler les secrets de l'humanité, l'anthropologie, cette science alors sans réel statut universitaire joue des inquiétudes " fin de siècle " sur la vitalité de la nation comme de l'intérêt populaire qui s'attache au récit des origines ethniques. Les études de cas présentées dans ce recueil portent sur les savoir-faire de l'anthropologie, de l'investigation de terrain jusqu'aux modes d'intervention dans la vie publique.

  • Ressusciter la préhistoire naissante, au coeur du 19e siècle, à l'age d'or de la science triomphante - voilà ce qu'autorise la biographie d'un savant international comme Edouard Desor. Personnalité romantique et complexe, tout a la fois préhistorien, géologue et paléontologue, Desor a connu un parcours tumultueux, qui l'a fait toucher à toutes les grandes causes de son temps. A l'intersection des sciences de l'Homme, de la Vie et de la Terre, on assiste à l'émergence de la préhistoire ; une science qui révolutionnera la perception de l'identité et de la nature humaine.

  • "Vue du XXIe siècle, la rencontre entre psychologie et guerre est d'évidence." Cet ouvrage réunit divers travaux exposant et analysant comment, dans un contexte de conflit, les scientifiques qui se réfèrent à la psychologie sont confrontés de diverses manières aux guerres. Ce livre a pour ambition d'ouvrir une porte sur un domaine diversifié et complexe, en s'attachant explicitement aux interférences entre la construction de savoirs, en psychologie, et un type d'événement paroxystique : la guerre.

  • La physique subit un bouleversement important au début du XXe siècle avec l'avènement des théories relativiste et quantique. Son développement conduit à l'élaboration de nouveaux cours universitaires. Le mouvement de modernisation des cours de physique au niveau secondaire retient l'attention de physiciens français, qui vont faire campagne pour obtenir une commission de réforme des programmes, sur le modèle de celle constituée pour les mathématiques modernes. Ainsi est créée en octobre 1970 la Commission Lagarrigue.

  • "Figure de proue de l'anthropologie britannique de la deuxième moitié du XIXe siècle, Edward BurnettTylor (1832-1917) renvoie, par la notion de couvade, à un ensemble de représentations, interdits et pratiques liés à la naissance, lesquels imposent au père de renoncer à ses activités et nourritures habituelles et, éventuellement, de s'aliter. Mobilisant une vaste littérature, allant des Argonautiques d'Apollonios de Rhodes à l'ethnographie exotique et européenne du XIXe siècle, Tylor repère ces usages en Amérique, Asie, Europe et Afrique. Il propose de les désigner par le mot français couvade dans la première édition de ses Researches into the Early History of Mankind and the Development of Civilization (1865), ouvrage qui s'inscrit dans le vaste renouveau des sciences de l'homme promu par la reconnaissance, en 1859, de la haute antiquité du genre homo et de la préhistoire."

  • On appelle "affaire Sokal" l'ensemble de controverses que suscitèrent la publication en 1996 d'une parodie écrite par un physicien américain, Alan Sokal puis l'ouvrage qu'il cosigna avec u physicien belge, Jean Bricmont. Ici, des historiens des sciences reviennent sur cette affaire et analysent ces controverses. Ils examinent aussi l'usage des métaphores en sciences et la confrontation entre disciplines scientifiques et littéraires.

  • Quels sont les contenus des savoirs géographiques au moment de l'émergence des sciences humaines ? L'histoire de la géographie commence traditionnellement avec son entrée à l'Université et la mise en place de la géographie vidalienne. Cet ouvrage s'intéresse à l'éclatement apparent des pratiques géographiques, aux discours et aux échanges avec d'autres disciplines, à l'oscillation de la géographie entre science physique et science humaine.

  • L'histoire des sciences de l'homme se développe en France à la croisée des disciplines, de la philosophie et de l'histoire intellectuelle. Interrogations, doutes éthiques, réformisme politique suscitent une réflexion épistémologique. Il s'agit de comprendre quelle est la place de la science dans le monde moderne. Les différents intervenants s'interrogent sur la périodisation, les usages historiographiques dans les disciplines, les tendances actuelles de l'épistémologie, le rapport conflictuel des sciences humaines aux savoirs qui les bordent.

  • "Dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, l'anthropologie n'est nommée que comme une des parties de l'Anatomie : c'est proprement l'étude du corps humain. Le premier livre qui se propose de fonder une "science générale de l'homme" est l'Histoire naturelle de Buffon (1749). S'interrogeant sur l'individu et l'espèce, sur les caractères spécifiques de l'humanité, sur ses origines et son devenir, sur les rapports nature et culture, Buffon oriente toute la pensée des Lumières vers une nouvelle science de l'homme.

  • Les termes de modèle et de modélisation sont, depuis quelques décennies, omniprésents dans la littérature scientifique et en particulier celle des sciences du langage, de l'homme et de la société. Quel sens donner à ce phénomène ? Même si dans certains cas, c'est la définition "classique" telle que proposée par la philosophie des sciences qui est utilisée, à savoir le modèle comme instance intermédiaire de validation empirique d'une théorie, le terme de modèle se substitue souvent à ceux de théorie, système, schéma ou méthode et reçoit des acceptions variables visant à combler le fossé entre enquête empirique et réflexion théorique.
    La modélisation, quant à elle, tient souvent moins à la mathématisation des savoirs qu'à des modes distincts de mise en oeuvre tels que figurer, interpréter et simuler. Cet ouvrage se propose d'établir un état des lieux et des usages. Qu'appelle-t-on modèle ? Faut-il restreindre ce terme à un certain type de généralisation ? Les sciences humaines, ou certaines sciences humaines, ont-elles développé des types de modélisation spécifiques ? Comment les modèles sont-ils produits, empruntés, abandonnés ? Cette réflexion sur les modèles et la modélisation, menée sur les plans historique et épistémologique dans des domaines variés tels que la linguistique, l'histoire de la grammaire, la philosophie du langage, la géographie, la psychologie, l'économie, l'histoire de l'art, a permis d'ouvrir un espace commun pour ces disciplines et plus généralement pour l'ensemble des sciences humaines.

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