La Villette

  • Alors que la demande de nature dans un monde de plus en plus urbanisé se double d'une prise de conscience des menaces qui pèsent aujourd'hui sur les écosystèmes, l'auteur réunit ici une centaine de textes permettant de porter un regard renouvelé sur l'art des jardins et le paysage. Une telle anthologie interroge un art qui s'estime le plus universel. De l'idée de paradis aux théories modernes du paysage, nombreux sont ceux qui ont tenté de décrire ou de définir tant la nature que le jardin idéal en soulevant autant de questions essentielles : celle de la nature primitive ou artificielle, de son rapport à la culture et au politique, de la création du Beau et du statut qui lui est accordé.
    Convoquant Virgile, Boccace, De Serres, La Quintinie, Temple, Rousseau, Girardin, Olmsted, André, Jekyll, Burle-Marx, Page, Mumford, McHarg, Debord, Finlay, Lassus, Tschumi, Clément, Courajoud, Latz, Berque et nombre d'autres penseurs - parfois traduits pour la première fois - l'ouvrage offre une anthologie riche et savante de l'Antiquité à nos jours. Chaque grand cycle temporel est introduit par une synthèse qui propose un état des lieux érudit s'employant à traquer les évolutions au sein des conceptions et doctrines occidentales.

  • Décrié ou désiré, l'« américanisme » - entendu comme le produit d'une influence culturelle des États-Unis - a été généralement étudié dans le contexte occidental. Or, on le sait moins, le phénomène a également touché la Russie, tzariste d'abord, soviétique ensuite. Dans ce livre, et l'exposition qu'il accompagne au Centre canadien d'architecture à Montréal (nov. 2019 - août 2020), Jean-Louis Cohen dresse un magistral tableau de cet amerikanizm en Russie sur une période de 130 ans : depuis le début des années 1860, marqué par l'abolition du servage et la modernisation industrielle du pays, jusqu'au début des années 1990 avec le démantèlement progressif de l'Urss. Privilégiant les épisodes architecturaux et urbains de cette histoire, l'auteur sait les articuler avec les autres domaines de la culture savante (littérature, cinéma, arts visuels, musique) et populaire (publicité, illustration, production industrielle).

  • Épaisseur et complexité à toutes les échelles d'espace et de temps, telle est la pluralité des mesures du vivant. Un enchevêtrement sans fin qu'observent un écologue scrutant les échelles des mouvements qui animent les paysages (S. Bonthoux), un écrivain attentif au jeu incessant des formes vivantes, comme les « murmurations » d'étourneaux (J.-C. Bailly), et un photographe arpentant des lieux habités qui laissent affleurer l'énigme, le mystère (I. Ariño). Les milliards de cartes postales envoyées au siècle dernier participent à la « circulation des paysages » (F. Brunet). Les dessins d'un plasticien fasciné par la croissance et l'altération (P. de Pignol) et le récit d'une course en plein désert par un écrivain soigneur de chevaux (F. Tabouret) ouvrent d'autres perspectives. Apprécier la puissance et la vulnérabilité des vivants, c'est aussi se mettre à l'écoute du chant des oiseaux avec un acousticien naturaliste (B. Fort, L. Voisin) ou s'inquiéter du devenir des paysages agricoles (S. Marot).
    La mesure est au coeur du travail de conception des paysagistes (L. Chauvac et S. Morin), ce que montrent, comme à chaque livraison, les travaux d'élèves qui en constituent le centre. Deux projets engagent un dialogue avec l'agriculture : en anticipant la montée des eaux à Narbonne (P. Malautier), en cultivant le bocage de Notre-Dame-des-Landes (C. Fortin). Deux autres interrogent les capacités écologiques des métropoles : face au réchauffement à Clermont-Ferrand (L. Rue) ou en transformant un site parisien emblématique de la modernité architecturale et urbaine, le Front de Seine (K. Spangberg).

  • Une des originalités de cet ouvrage collectif sur la représentation de l'architecture est qu'il ne traite pas uniquement du dessin d'architecte. Mais il s'intéresse à toutes les autres formes que celle-ci peut prendre, à chaque stade de la vie d'une architecture, de sa conception à sa médiatisation, en passant par son exécution ou sa transformation : c'est-à-dire non seulement des documents visuels (une photographie, un croquis, un diagramme, un photomontage) mais aussi des objets matériels (une maquette) ou même des productions textuelles (une publication, un discours). Plus encore, le livre s'intéresse à la manière dont on se représente mentalement les espaces architecturaux et urbains qu'on soit un individu ou un groupe, dans les cercles du pouvoir ou dans la société civile, spécialiste ou non, et à la manière dont ces multiples représentations interagissent avec les processus de transformations de ces espaces.Introduit par deux essais théoriques - d'un philosophe, historien de la cartographie, et d'un historien de l'art, expert en études visuelles - l'ouvrage entend faire le point sur la recherche actuelle dans ce domaine.

  • 30 millions de touristes se rendent chaque année à Paris pour visiter ses prestigieux monuments. Mais on oublie que cette ville est riche aussi de ses immeubles ordinaires qui en constituent le paysage quotidien, si apprécié du flâneur. Cet ouvrage rend justice à ce patrimoine mineur et invisible qui compte plusieurs types identifiables depuis la fin du Moyen-Âge, jusqu'au XXe siècle.

  • Apprendre à voir est un long apprentissage.
    Or c'est précisément à l'éducation d'un regard, celui de l'architecte, que s'est employé dominique spinetta. de l'observation des objets et situations de la vie courante, il s'applique à dégager des principes utiles à la conception d'un projet architectural. promeneur attentif et curieux, il évolue sans difficulté de l'échelle de l'espace domestique à celle des dispositions urbaines. a partir de cette collection de lieux, amplement photographiés et dessinés, s'élabore un enseignement qui lie intimement la compréhension des formes à leurs usages.
    Au fil des démonstrations, le lecteur pourra se forger un regard de concepteur, capable de reconnaître - pour les transformer - les logiques des espaces bâtis.

  • Eros est présent dans tous les arts. Mais en architecture? De tous les arts serait-elle la seule exemptée de l'emprise du corps ?
    Frédéric Allamel démontre le contraire. L'architecture est justement cette vaste enveloppe corporelle au sein de laquelle se jouent les petits drames de nos vies intimes.

    Militant pour une architecture incorporant toute la palette des sens et faisant fi du bon goût castrateur, Frédéric Allamel décrypte les réalisations et projets - anciens ou récents - où la fonction d'habiter se conjugue avec l'hédonisme. Cette relecture de l'espace architectural, souvent anodin plus que monumental, met à jour un patrimoine toujours affleurant de formes capricieuses et fantasques qui font de l'architecture un art de la séduction.

  • Cette publication consacrée au regard que porte l'architecte sur des oeuvres africaines, asiatiques ou océaniennes permet d'éclairer des aspects essentiels de la modernité architecturale, notamment les équilibres recherchés entre une essence de l'humain, que représentent des « arts dit primitifs » et un progrès technique qui tend, du moins dans un premier temps, à couper l'homme de ses racines.
    La collection constituée par Le Corbusier est importante. La base des dessins de la Fondation Le Corbusier recense une trentaine de dessins réalisés entre 1905 et 1909 ; la collection particulière de Le Corbusier comprenait une dizaine d'oeuvres d'art africain (dont deux toiles du peintre soudanais Kalifala Sidibé), que l'on peut apercevoir sur les photographies de ses appartements, rue Jacob puis rue Nungesser-et-Coli ; des objets d'art exotiques sont reproduits dans différentes publications, de L'Esprit nouveau en 1920 au Poème électronique en 1958. La bibliothèque personnelle de Le Corbusier comprend une vingtaine d'ouvrages et un certain nombre de cartes postales concernant l'art extra-européen.

  • Journaliste et critique d'architecture, Ulrich Conrads est le premier à entreprendre une anthologie de textes phares de l'histoire architecturale du XXe siècle. Publiée en 1964, elle présente chronologiquement soixante-dix programmes et manifestes significatifs d'une grande variété thématique rédigés entre 1903 et 1963. À travers cet ouvrage, Conrads démontre que les écrits des acteurs de la scène architecturale contemporaine sont aussi importants que leurs oeuvres construites pour appréhender leurs gageures et idéaux respectifs. En parallèle, il fournit aux lecteurs une compilation pédagogique accessible et efficace pour s'initier et comprendre l'évolution de l'architecture sur six décennies.
    Objet de multiples traductions depuis sa parution, l'ouvrage d'Ulrich Conrads demeure une référence bibliographique incontournable.

  • « Dans son histoire de la construction, Giedion attribue à la France un rôle central et paradoxal. De 1830 à l'époque contemporaine (les années 1920 pour Giedion), la France tient, selon lui, une place majeure dans l'innovation technologique : les ingénieurs français sont à la pointe des techniques constructives grâce à la qualité des grandes écoles scientifiques. Mais la pesanteur de la tradition académique empêche selon Giedion les architectes, accablés de références historiques, de tirer profit des inventions, dont l'usage est restreint aux travaux publics et aux constructions industrielles ».

    Nicolas Padiou, in Livraisons d'histoire de l'architecture, 2003.

    « La traduction de l'un des livres cultes de l'historiographie architecturale contemporaine doit être considérée comme un petit événement. Dans l'avant-propos à ce fac-similé, Jean-Louis Cohen replace dans son contexte l'écriture de Bauen in Frankreich, bauen in Eisen, bauen in Eisenbeton, ses fondements théoriques et ses influences : Walter Benjamin s'en inspirera en effet au cours de l'écriture de son Paris au XIXe siècle. [...].

    Aussi la présentation de quelques éléments de la prémaquette permet-elle de comprendre mieux encore le rôle fondamental de l'iconographie dans le déroulement de son propos. L'ouvrage peut être vu, il est vrai, comme une exposition à plat ; son écriture est quasi cinématographique, servie par une mise en page - attribuée à l'artiste hongrois László Moholy-Nagy - qui en accentue l'efficacité ».

    Simon Texier, in Bulletin monumental, 2002.

    « Lorsque votre livre m'est parvenu, les quelques pages que j'ai lues sur le vif m'ont tellement électrisé que j'ai dû m'imposer de ne pas le lire plus loin jusqu'à ce que je fasse meilleure connaissance avec mes propres recherches sur le sujet [...]. Depuis quelques jours, les choses ont repris leur cours normal, et je passe des heures à lire votre livre, en admiration. » Lettre de Walter Benjamin à Sigfried Giedion, 1929.

  • L'impression de chaos procurée par la suburbia et le mitage du paysage renvoient aux contours d'un territoire nouveau où s'imbriquent espaces ruraux et urbains. Désormais planétaires, les effets sur les modes d'urbanisation de ce " sprawl " ou étalement restaient à être analysés de manière circonstanciée. À travers des questions touchant aux infrastructures routières, aux centres commerciaux et aux lotissements pavillonnaires, David Mangin décrit la ville sectorisée, celle des enclaves privées, à laquelle il oppose la ville passante et métissée, celle du domaine public. Partant de l'observation du contexte français, il confronte la situation nationale aux phénomènes rencontrés au sein des villes asiatiques et s'interroge sur l'idée d'une importation d'un soit disant modèle américain.

    Si l'auteur s'est intéressé principalement à trois entités omniprésentes dans la périphérie des villes : les infrastructures routières, l'urbanisme commercial et les ensembles de maisons individuelles, c'est pour mieux étudier les effets de la croissance urbaine de ces trente-cinq dernières années ainsi que leurs conséquences morphologiques et sociales .
    Pour mettre en évidences les interactions qui se sont nouées en matière d'aménagement entre les sphères économiques, politiques et spatiales, l'auteur a croisé travaux cartographiques, enquêtes de terrains, entretiens et modèles. Contrairement aux méthodes anglo-saxonnes recourant largement aux analyses perceptives, il a volontairement choisi de tester, sur ces territoires, les outils de l'analyse urbaine apparus, en Italie, en Espagne et en France notamment dans les années soixante. Tracés, voiries, découpages du sol, règles d'édification, rapports publics/privés sont donc les objets privilégiés de cette recherche et des observations souvent consignées par le biais d'une abondante documentation cartographique.

  • Le numéro 17 des Cahiers de l'École de Blois, Pentes, reliefs, versants, relève la complexité des répartitions foncières dans les montagnes, constate l'oubli des gestes traditionnels et la permanence des attachements, observe les écarts démographiques, les pressions économiques, les résistances et les envies de relancer l'action collective.

    C'est surtout vers la moyenne montagne que ce numéro des Cahiers de l'École de Blois s'est tourné : en direction d'alpages peu fréquentés, de plateaux aux versants autrefois déboisés par les cultures, d'anciennes vallées industrielles.
    À qui appartiennent aujourd'hui les montagnes ? Comment y concevoir des projets de paysage à l'épreuve de situations difficiles ?
    Loin des métropoles, le projet du paysage se fait politique : il élabore des stratégies, cherche à renforcer des coopérations, susciter des échanges.
    Lolita Voisin, paysagiste et nouvelle directrice de l'École de Blois, examine les enjeux politiques de l'aménagement des territoires de montagne. Il est encore temps de recueillir et de transmettre les précieux savoir-faire que leur vie étagée continue d'enseigner. C'est ce que montrent aussi les contributions d'un alpiniste et guide chevronné, Claude Jaccoux ; de Dino Genovese, forestier piémontais devenu chercheur et pédagogue ; de Colette Mazabrard, écrivaine marcheuse des Pyrénées, ou encore les visions utopiques et engagées d'Architecture alpine de l'architecte allemand Bruno Taut (1919), dont un article de Susanne Stacher salue la puissance d'évocation ; ainsi que deux séries photographiques (par Samuel Hoppe et Eric Poitevin) et les dessins du plasticien Franck Léonard, attentifs à l'étrangeté vivante des paysages hérissés.


    Direction de l'ouvrage: Olivier Gaudin. Contributions de: Jean-Christophe Bailly, Ninon Bonzom, Marc Claramunt, Hélène Copin, Claire Duthil, Léna Faury, Olivier Gaudin, Dino Genovese, Samuel Hoppe, Claude Jaccoux, Franck Leonard, Colette Mazabrard, Éric Poitevin, Susanne Stacher, Lolita Voisin.

  • Mutations urbaines:
    Une recherche de mixités. La mixité sociale vise à ce que les nouveaux quartiers, jusqu'aux îlots urbains ou même jusqu'aux bâtiments, mêlent logements sociaux et logements en accession à la propriété. A la mixité sociale est liée une mixité programmatique qui s'étend à des programmes autres que d'habitation : bureaux, commerces, équipements publics, etc.

    Il en résulte une autre façon de concevoir les opérations d'aménagement, une autre fabrique de la ville et donc de nouvelles formes urbaines. La recherche de mixités mène à la conception d'un nouveau type d'îlot, généralement nommé macrolot, qui mêle des programmes hétérogènes. Les macrolots soulèvent de nombreuses questions: quel paysage urbain fabriquent-ils ? Leur gestion et maintenance à long terme ne risquent-elles pas de poser des problèmes épineux, en particulier lorsque les bailleurs sociaux deviennent des "utilisateurs" ? Sont-ils une nouvelle expression des mégastructures? Comment imaginer leur mutabilité ou leur évolution? Servent-ils les exigences de développement durable ? Les grandes opérations urbaines qui font de la mixité leur objectif manifestent la place de plus en plus grande, sinon prépondérante, prise par les maîtres d'ouvrage privés.
    Par voie de conséquence, de nouvelles relations et de nouveaux équilibres s'établissent entre des acteurs qui peuvent avoir des buts différents : collectivités locales, maîtres d'ouvrage privés et publics, urbanistes et architectes. A travers l'examen de nombreuses opérations urbaines, tant à Paris et dans sa région que dans les grandes villes françaises, Jacques Lucan décrit l'évolution récente des conceptions urbaines, de façon à la fois pragmatique, réaliste et prospective.

  • Une veritable somme de connaissances, au sens encyclopédique du terme, sur le dessin d'architecture.

  • L'art de la mémoire, le territoire et l'architecture Sébastien Marot Collection
    Penser l'espace Format : 150 x 210 mm 112 pages, 150 illustrations 12  ? Broché
    ISBN : 978-2-915456-58-5 Office : mars 01 Dans cet ouvrage, Sébastien Marot
    s'emploie à forger la notion de « suburbanisme », un néologisme un peu ingrat
    qui désigne un tiers état du territoire, quelque chose entre la ville et la
    campagne. Il en désigne comme opérateur principal l'architecte paysagiste,
    qu'il situe entre le concepteur d'espaces urbains et le paysan aménageur. Il
    révèle une transformation majeure dans l'élaboration des milieux bâtis ou
    espaces aménagés, un renversement de perspective. Ce n'est plus le programme
    mais le site qui est la condition préalable de toute conception. La mise en
    place de cette démarche alternative fait du paysage l'élément initial et
    régulateur du projet. Ce faisant les nouveaux aménagements ou interventions
    s'élaborent d'abord à partir de la géographie et de la mémoire du site. Il
    revient alors au concepteur de faire valoir toutes les potentialités de ce
    territoire dans la négociation avec les commanditaires pour produire l'espace
    public urbain et périurbain. Le large débat s'appuie sur quatre axes
    principaux, articulant passé et présent, passant de l'architecture de la ville
    au territoire de la ville. Le premier volet est un livre publié en 1966 par
    l'historien anglais d'idées Frances Yates. Le deuxième est une métaphore forgée
    en 1930 par Sigmund Freud. Le troisième est un compte tenu par l'artiste
    américain Robert Smithson d'une banlieue de marche en 1967. Le dernier volet
    est un petit parc, conçu par l'architecte Georges Descombes dans une banlieue
    de Genève dans les années 1980. Tous les volets sont rassemblés dans un
    argumentaire cohérent qui éclaire la pratique contemporaine. Sébastien Marot
    est philosophe, maître-assistant à l'École d'architecture de Marne-la-Vallée et
    professeur invité à la chaire de paysage de l'École polytechnique fédérale de
    Zurich. Il a été le créateur et rédacteur en chef de la revue Le Visiteur et
    s'est occupé de la publication des textes d'André Corboz Le territoire comme
    palimpseste. Liens avec d'autres ouvrages de la Villette : Mouvance II,
    Augustin Berque Jardins et paysages, une anthologie, Jean-Pierre Le Dantec
    Densité, Cahier de l'école de Blois n°6

  • La maîtrise du dessin comme celle de la maquette s'impose comme un point de passage obligé dans toute formation à l'architecture.
    De sorte que l'acquisition des outils nécessaires à la représentation demeure un des apprentissages fondamentaux. par-delà cet enseignement, il convient d'exposer, de manière pratique et critique, les modalités les plus habituelles des représentations, de préciser leur nature, les diverses expressions de leurs codes, les conditions de leur utilisation ainsi que leurs limites. la représentation, avant d'être un outil de communication, constitue un outil de conception pour organiser l'espace et lui donner une forme.
    Le recours à des figures codifiées : plan, coupe, élévation, axonométrie, perspectives, etc, vise à présenter une réalité absente et à permettre de percevoir ce qui demeurera caché jusqu'à l'achèvement de la construction.

  • L'actualité a remis le logement social au premier plan.
    Reste à travailler encore et toujours sur ce qui indique et implique une écoute en profondeur. Cela impose la nécessité de développer à partir des pratiques et usages des habitants un ensemble de réflexions sur les intentions architecturales et leurs traductions formelles. S'adressant à ceux qui sont sensibles à la responsabilité de la puissance publique au regard du logement pour le plus grand nombre, ce livre propose une série de réflexions sur la notion de l'habiter.
    Il apporte moins une réponse toute faite qu'un ensemble de questionnements ouverts issu de la rencontre avec ceux qui y résident. C'est une invitation à repenser les modalités fondamentales de l'habiter. En amont de débats techniques, économiques et politiques, s'impose aux décideurs : et concepteurs la redéfinition de ce qui fait l'essence de la vie collective, du rapport à l'autre, du chez-soi. Il montre que toute conception architecturale doit questionner les références premières que sont : le dedans et le dehors, le proche et le lointain, l'intime et le commun, le natal, ainsi que certaines notions qui le déploient : la nature aménagée, les services, les espaces d'accueil...
    Percevoir e prendre en compte ces articulations, c'est permettre aux habitants de retrouver une histoire oubliée tout en rendant la leur possible.

  • En mai 1911, Le Corbusier débute un voyage qui le mènera à Prague, Vienne, Budapest, Istanbul, mont Athos, Athènes, puis Pompéi et Pise avant de regagner la Suisse où il construira, en souvenir de ses impressions, deux villas : l'une surnommée blanche et l'autre turque. Trois aspects caractérisent cet ouvrage et éclairent son importance : ses qualités purement littéraires, la progressive transformation de la personnalité de l'auteur au fil du parcours, le rôle de ces leçons dans son processus de conception tout au long de sa vie.

    De son vivant, Le Corbusier fera paraître une quarantaine d'ouvrages, une activité qui l'amènera à faire inscrire la mention " homme de lettre " sur sa carte d'identité lorsqu'il acquiert la nationalité française. Quelques semaines avant sa mort, il se soucie de la publication du Voyage d'Orient qu'il amende légèrement avant de l'envoyer à l'impression.
    Formé initialement en tant que graveur de boîtier de montre, Le Corbusier s'extirpe lentement au fil de son évolution du moule ornemaniste et des tendances décoratives de l'Art nouveau. Le Voyage d'Orient rend compte du lent passage vers l'architecture d'un personnage initialement ému autant par l'art populaire et l'habileté des artisans potiers slaves qu'averti du grand art rendant visite à Vienne ou à Bucarest à de grands collectionneurs de peintures. L'arrivée à Istanbul, la découverte des mosquées, la géométrie simple qui les caractérise lui fait se rallier à la théorie moderniste de Paul Cézanne : " Il faut traiter la nature selon le cube, la sphère et le cône. " Or ces cubes, ces sphères ou demi-sphères, il les a sous les yeux avec ces coupoles blanches qui parsèment la ville. Cette découverte sera renforcée par la rencontre avec l'architecture classique des temples grecs qui se produira sur les marches de l'Acropole.

    Ce voyage éclaire le rapport de l'auteur entre inspiration et création. Hormis le récit qu'il tire de ses découvertes, Le Corbusier remplit plusieurs carnets de dessins, croquis et annotations (certaines pages sont reproduites dans l'ouvrage). Sa vie durant, il retournera à ces études de l'année 1911 pour ressourcer sa créativité et y puiser la matrice de ses formes nouvelles.

    Le récit est accompagné d'une postface analysant le rôle des voyages dans le travail de Le Corbusier et d'une introduction présentant le contexte de ce déplacement.

  • Toute conception d'édifice implique de maîtriser le passage des deux dimensions du plan aux trois dimensions de l'espace.
    La géométrie descriptive développe cette faculté puisqu'elle procure une compréhension permettant de concevoir, de générer et de représenter les formes dans l'espace. le cours de dessin d'architecture répond à une exigence trop rare de l'enseignement: introduire au dessin d'architecture à partir de la base théorique et pratique que constitue la géométrie descriptive. illustré de très nombreux exemples tant historiques que contemporains, ce manuel expose avec beaucoup de clarté et de précision les méthodes de construction tout comme de projection des volumes, du plus simple au plus complexe, sans omettre d'exposer les règles de tracé des ombres.
    Conçu dans une visée pédagogique et donc de manière à acquérir une connaissance progressive, l'ouvrage s'adresse aux étudiants en architecture, mais aussi à tous ceux qui, dans le design, la mode, l'architecture intérieure, le paysage, la mécanique, désirent maîtriser la représentation des volumes et des formes.

  • Publié pour la première fois à Vienne en 1933, à l'heure où les avant-gardes succombaient sous le joug du nationalisme, l'essai d'Emil Kaufmann De Ledoux à Le Corbusier, origine et développement de l'architecture autonome proposait une interprétation inédite de l'architecture moderne. L'auteur considère que la rupture avec la tradition issue de la Renaissance, clamée par le Mouvement moderne, est déjà présente dans l'architecture de la période révolutionnaire du XVIIIe siècle.
    Aussi, puisque mieux que tout autre Claude-Nicolas Ledoux incarne cette rupture, il s'emploie, avec la force de la conviction, à le tirer de l'oubli. Soulignant que l'on assiste, avec cette période, à l'éclatement de l'"enchaînement" baroque, Kaufmann identifie le passage d'une architecture hétéronome à une architecture autonome. Le concept d'autonomie de l'architecture constitue la clé de voûte de sa démonstration.
    Cette autonomie se traduit par l'indépendance des parties de l'édifice et des édifices entre eux, par la liberté des dispositions intérieures, par le recours à la géométrie élémentaire. Déterminées par une logique tectonique, les formes se libèrent des lois étrangères à l'univers de l'architecture que sont celles des ordres, en raison de leur caractère anthropomorphique, ou celles provenant de la doctrine du beau.
    Kaufmann tente également d'établir une filiation entre les formes architecturales et les structures sociales. Ainsi, dans les aspects formels des projets de Ledoux, il discerne des analogies avec la structure de la nouvelle société bourgeoise. Formée d'individus isolés et libres, cette dernière se refléterait dans l'architecture pavillonnaire, également appelée "système des blocs".

  • Alphand est connu pour son travail d'embellissement de Paris aux côtés du baron Haussmann. À cette époque, il est chef au service des Promenades de Paris. Il oeuvre avec ses collaborateurs à dessiner un nouveau paysage urbain. Ils créent des parcs, les Buttes-Chaumont, le parc Montsouris, le parc Monceau, et d'autres. Ils aménagent les bois de Vincennes et de Boulogne. On leur doit les boulevards parisiens avec des rangées d'arbres. Des écoles sont créées pour former les jardiniers, les horticulteurs, les techniciens de l'espace public : l'École du Breuil (1867), l'École nationale d'horticulture de Versailles (1873). Des serres et jardins de préparation et d'acclimatation innovants sont aménagés. Un service administratif, assurant la création et la gestion des parcs, jardins et promenades plantées est pensé et mis en place.
    Par rapport à la Ville de Paris, les orientations prises par Alphand et ses collaborateurs répondent de nos jours à certains impératifs environnementaux liés aux Plans climat et biodiversité. Certaines évolutions techniques pensées à l'origine dans une logique hygiéniste contribuent à diminuer aujourd'hui des risques liés aux changements climatiques. Il s'agit également de comprendre l'évolution de la notion de paysage urbain parisien dans ses rapports entre les espaces bâtis et les espaces ouverts, la transformation du sens de la notion de nature, l'entrecroisement des échelles et des rapports entre ville et banlieue particulièrement dans l'essor et la gestation du Grand Paris.

  • La critique d'architecture, ses enjeux et ses frontières incertaines avec la théorie et l'histoire de l'architecture suscitent un intérêt croissant depuis les années 1980. Afin de démêler les controverses, présentes ou passées, sur les multiples définitions de cet objet réputé insaisissable, ne faut-il pas dépasser les discours convenus et relativiser les constats pessimistes sur la supposée crise qu'elle traverse ?

    Au cours du xxe siècle, de nombreux architectes se sont interrogés sur les instruments spécifiques à la critique de leur discipline, mais aussi sur ses limites. L'ouvrage passe en revue, du point de vue de l'historien, l'essentiel des discours tenus de part et d'autre de l'Atlantique. Il déploie de la sorte un vaste spectre de conceptions de la critique d'architecture et pose la question de sa double origine, dans les théories architecturales et dans le jugement porté sur des productions esthétiques.

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