Le Jour

  • « Un des livres les plus impressionnants que j'aie jamais lus. » Philippe Sands Voici un livre d'une violence extrême, dirigée contre un père, mais pas n'importe lequel : Hans Frank, ministre d'Hitler, puis gouverneur général de la Pologne occupée par les nazis, pendu à Nuremberg en 1946.

    Niklas Frank, trop jeune à l'époque pour comprendre ce qui se passait, était cependant déjà habité par un sentiment d'amour/haine à l'égard d'un père dont il avait très vite décelé les mensonges. Plus tard, il consacrera une grande partie de sa vie à travailler sur son histoire familiale pour établir la vérité sur les crimes de son père, largement niés par sa mère, ses proches et tous ceux qui ont gravité autour de lui.

    Cette tentative, d'emblée vouée à l'échec, débouche sur une sorte de lettre au père, écrite dans une langue imaginative et brutale, qui s'attache à débusquer tous les faux-fuyants, tous les travestissements de la réalité. En creux, il s'agit aussi du portrait d'une enfance abusée, contrainte de participer à son insu à une entreprise d'anéantissement de l'être humain.

    À ce titre, c'est à la fois un témoignage historique de premier ordre sur la période nazie, sur l'occultation dont elle a été ultérieurement l'objet dans une partie de la société et de l'administration allemandes et, par sa langue acide et véhémente, une surprise littéraire.

  • Ils s'appellent Cassie, Gaby, Annette, Rup... Ils ont entre 13 et 17 ans, et vivent aux États-Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne. Un jour, leur famille leur a paru insupportable et ils ont fugué, puis, pour survivre, se sont prostitués. Gitta Sereny, avec son incomparable talent pour saisir la vérité d'une vie, leur fait raconter leurs histoires, rencontre leurs parents, leurs proxénètes, cherche à les aider.

    Cela se passe dans les années 1980 ? il n'y a pas si longtemps. Une époque où des hommes, ici, dans notre partie du monde, pouvaient presque impunément avoir des relations sexuelles avec des mineurs, où la pornographie commençait à devenir un produit de consommation de masse. À travers cette enquête, Sereny tente de lutter contre cet état de fait. Certains de ces enfants ont été sauvés, d'autres non.

    Avec leur colère, leur ingéniosité, leur mauvaise foi, leur innocence, ils incarnent cette enfance qui, toujours avide de liberté et pressée de grandir, risque de tomber entre les mains de ceux qui veulent lui faire oublier qu'elle est aussi, et surtout, vulnérable.

  • On serait tente´ de dire que 1884 fut une anne´e ordinaire. On y parle des e´trangers qui travaillent a` bas cou^ts et concurrencent nos produits. On invente des mots pour les gens a` la mode qui sont force´ment « pschutt » ou « vlan ». Le chole´ra venu de Chine frappe a` Toulon, passe a` Marseille et monte vers Paris. La province se me´fie de la capitale, le commerce pe´riclite. La France s'installe au Tonkin, re^ve de reconque´rir l'Alsace-Lorraine. On s'appre^te a` autoriser le divorce, on affirme la Re´publique, et naissent les bases d'un pays moderne.
    Mois apre`s mois, Vincent Wackenheim raconte cette anne´e franc¸aise, dont il suit l'actualite´ a` travers la presse, a` l'e´poque ple´thorique, les correspondances, les romans, les spectacles, ne ne´gligeant aucun fait, du plus te´nu au plus important, de la mode a` l'e´ducation des filles, de la cuisine aux impo^ts. Son re´cit reconstitue avec naturel et pre´cision ce qu'un individu vivant en 1884 sait de son temps. Il fait revivre une e´poque et met au jour la pe´rennite´ des de´bats, du caracte`re, des moeurs de la France.

  • Vous arrive-t-il d'examiner vos mains et de réaliser tout ce qu'elles accomplissent automatiquement en une journée, et même la nuit, quand elles remontent les couvertures ? Lorsque vous mangez, attendez-vous impatiemment votre prochaine bouchée avec la fourchette déjà à la main, ou prenez-vous le temps de savourer la subtilité des arômes ? Pratiquer la pleine conscience, c'est porter attention à ces détails qui fourmillent dans notre quotidien et auxquels nous sommes habitués, au point de ne plus les remarquer, tels les sons qui nous entourent, les odeurs que nous sentons dans une journée, les couleurs. Grâce à ses cinquante-deux exercices, ce livre vous fera prendre conscience de ces détails pour que vous soyez plus attentif à ce qui se passe autour de vous et en vous. Vous apprendrez par exemple à vous détacher des médias pendant une semaine, à sourire sans raison, jusqu'à ce que cela devienne automatique, et multitude d'autres petites actions qui changeront votre regard sur le monde. Le livre se divise en 52 courts chapitres, proposant chacun un exercice. Par exemple : Éliminer les mots en trop dans votre vocabulaire - Faire des compliments sincères - Être reconnaissant à la fin de la journée ; Savoir attendre - Contempler les arbres - Être conscient de son sourire... Un livre qui rendra chacun plus présent à ce qui se passe autour de lui et en lui, dans son corps, son coeur et son esprit, sans juger ni critiquer.

  • Buczacz est une petite ville de Galicie (aujourd'hui en Ukraine). Pendant plus de 400 ans, des communautés diverses y ont vécu plus ou moins ensemble ; jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, qui a vu la disparition de toute sa population juive. En se concentrant sur ce seul lieu, étudié depuis l'avant-Première Guerre mondiale, Omer Bartov reconstitue une évolution polarisée par l'avènement des nationalismes polonais et ukrainien, et la lutte entre les deux communautés, tandis que l'antisémitisme s'accroît. À partir d'archives récoltées pendant plus de 20 ans, d'une documentation considérable, de journaux intimes, de rapports politiques, milliers d'archives rarement analysées jusqu'à aujourd'hui, il retrace le chemin précis qui a mené à la Shoah. Il renouvelle en profondeur notre regard sur les ressorts sociaux et intimes de la destruction des Juifs d'Europe.
    Omer Bartov est professeur d'histoire européenne à Brown University (États-Unis). Il est l'auteur de plusieurs livres importants, dont un seul, jusque-là, a été traduit en français (L'Armée d'Hitler, Hachette, 1999). Anatomie d'un génocide a été célébré par Jan Gross, Tom Segev, Christopher Browning, Saul Friedlander, Philip Sands...

  • Chiens

    Collectif

    le chien est votre meilleur ami et votre compagnon le plus fidèle.
    il reste sagement à vos côtés, vous protège et vous donne sans calculer tout son amour. cette amitié exceptionnelle qui unit l'homme et le
    chien, tant de personnalités l'ont célébrée et en ont décrit toutes les facettes. ce livre recèle de véritable trésors pour tous les amateurs de chiens : une collection d'aphorismes et de réflexions des plus grands amis de la race canine, illustrée de photographies sélectionnées avec tendresse.

  • John Coplans : un corps Nouv.

    L'activité artistique de John Coplans (1920-2003) s'inscrit dans une vie faite de ruptures radicales et de profondes continuités. Après une enfance entre l'Angleterre et l'Afrique du Sud, il s'engage à dix-sept ans dans l'armée britannique et combat durant la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1950, il étudie l'art à Paris puis à Londres où il devient peintre. À quarante ans, Coplans part aux États-Unis et se consacre à la critique d'art ; en tant que cofondateur de la célèbre revue Artforum, il joue un rôle essentiel dans les débats des années 1960-1970. En 1980, il débute à soixante ans une Å«uvre photographique, dont son propre corps est la seule matière, et qu'il poursuivra jusqu'à sa mort. L'historien d'art Jean-François Chevrier, interlocuteur et ami de Coplans, propose ici une «Âbiographie artistique» où sont abordés les grands enjeux de l'art du second XXe siècle, notamment aux États-Unis. La deuxième partie du livre est constituée d'une anthologie de textes de Coplans.

  • Comment faire face à « un monde imparfait » ? Telle est la question que se pose le jeune Gilles Caron, appelé en 1960 à faire son service militaire en Algérie, dans une lettre à sa mère. Devenu reporter au sein de l´agence Gamma, il photographiera nombre de situations de con its durant la seconde moitié des années 1960, jusqu´à sa disparition en 1970 au Cambodge, à l´âge de trente ans. Ce livre propose un parcours à travers quelques-uns de ses reportages entre 1967 et 1970, d´Israël au Tchad, en passant par le Vietnam, le Biafra, Mai-68, l´Irlande du Nord et Prague. Un chapitre est consacré à ses photographies de tournage (notamment Baisers volés de François Truffaut et Week end de Jean-Luc Godard). Les historiens de la photographie Guillaume Blanc, Clara Bouveresse et Isabella Senuita éclairent le contexte historique et les conditions de production de ces images, pour certaines devenues célèbres, et leur diffusion par la presse à laquelle elles étaient destinées.

  • Bijou

    Idir Davaine

    Livre expérimental hors-norme, à la frontière entre le fanzine et le livre d'art. Les images du livre sont issues de peintures acryliques et gouaches originales sur papiers japonais. Livre-mémoire rassemblant plus d'une quarantaine de peintures témoins d'une années de production, l'année 2020. Depuis plusieurs années, Idir Davaine peint et dessine d'après nature, il y ajoute sa propre singularité pour le transformer en peinture une fois en atelier. On peut y voir ici et là des souvenirs de formes végétales, de paysage et de fleurs...

  • « Dans la galerie des sosies, on croise des stars de cinéma, des personnalités de la musique, de la politique, du sport. mais jamais d´intellectuel.l.es. La ou le disciple cite, paraphrase, commente, copie la pensée du maître, mais laisse son corps de côté. » C´est d´abord pour leur caractère surprenant que Philippe Artières a voulu publier ces photographies d´un « sosie » de Michel Foucault, mort en 1984, dont l´oeuvre irrigue son propre travail. Réalisées en 2020 durant le premier confinement, elles rendent irrévérencieusement hommage à un philosophe qui s´intéressa aux processus de « subjectivisation » et aux corps comme objets historiques.

  • Baby farmer

    Amaury Da Cunha

    Minnie Dean est en Nouvelle-Zélande l'équivalent du croquemitaine, une héroïne de comptines qui fait peur aux enfants. Pour les adultes, elle a été, en 1896, l'unique femme condamnée à mort et pendue dans ce pays si éloigné de son Écosse natale. Elle était accusée d'avoir tué neuf enfants, que les mères, dans des situations précaires, mettaient en pension chez elle. Minnie Dean était une nourrice, ce qu'on appelait une baby farmer.
    Amaury Da Cunha, fasciné par ce personnage victorien, dont les larges jupes s'ébrouaient dans les paysages sauvages, arides ou luxuriants des antipodes, profite d'un séjour en Nouvelle-Zélande pour suivre ses traces, retrouver des documents d'époque, parler aux biographes, et observer la vivacité de son souvenir chez les habitants de l'île. Des coïncidences rythment son voyage, qui tissent le récit mystérieux d'une obsession nationale autant que personnelle. Tout le monde parle de Minnie, tout le monde a peur de Minnie, et personne cependant n'est totalement convaincu de sa culpabilité.
    Amaury da Cunha est né à Paris en 1976. Écrivain et photographe, il a publié deux textes d'inspiration poétique (Fond de l'oeil et Histoire souterraine, aux éditions du Rouergue) et des livres de photographie. Il est également journaliste au service photo du Monde.

  • Le 6 octobre 1973, François Cevert, le plus brillant et séduisant des coureurs de formule 1, meurt sur le circuit de Watkins Glen. Xavier Charpentier a 9 ans. Il est sous le choc. Pour lui, ce jour-là, l'insouciance enfantine se termine. En vérité, en 1973, ce sont nos fastueuses Trente Glorieuses qui disparaissent, avec la première crise du pétrole, la guerre de Kippour, l'assassinat quelques mois plus tôt de Salvator Allende. A partir d'un vaste travail d'archive, dont il extrait les faits marquants ou en apparence anodins de cette année charnière, Xavier Charpentier raconte une France en plein changement, où le courrier des lectrices de Elle évoque pour la première fois le suicide, où la femme d'un grand producteur détourne un avion pour soutenir une cause politique, où les voitures sont l'objet de toutes les convoitises. Une époque où les Français, peut-être pour la dernière fois avant longtemps, avaient encore le sentiment de ne faire qu'un.

  • La mort est sans doute l'un des plus grands mystères et des plus grands tabous de notre existence. Pour la défier, l'Homme s'est donné des objectifs scientifiques audacieux.
    La mort et la vie sont les deux faces d'une même médaille ; pour mourir dans la dignité, il faut d'abord avoir vécu dans la dignité. C'est dans cette optique que s'ouvre cette réflexion sur la vie et la mort, sous tous ses aspects, dans ce troisième ouvrage du Dr Gaétan Brouillard.
    Philosophe, ce médecin qui a à maintes reprises fréquenté la mort tente de nous emmener à repenser la façon dont nous souhaitons vivre notre vie pour nous affranchir de la peur de cette grande inconnue. Pour se faire, l'auteur se penche sur différentes théories, dont celles de la physique quantique et de l'expérience de mort imminente.

  • Photographie documentaire et célébration de la maison individuelle sont deux axes essentiels de la culture visuelle des États-Unis. Cet essai s'attache à analyser leurs relations, à partir de l'oeuvre fondatrice de Walker Evans dans les années 1930, sur fond d'imaginaires et d'imageries qui remontent au dix-neuvième siècle.

    Avec Evans, le motif de la maison devient une manière de regarder les espaces ordinaires, entre inconnu et déjà-vu, lyrisme et neutralité, voire empathie et ironie, qu'adopteront, chacun à leur manière, des artistes américains comme Robert Adams, Lewis Baltz, Dan Graham ou Stephen Shore.

    La fécondité de ce sujet s'explique aussi par la rencontre de projets esthétiques avec des enjeux intellectuels et sociaux. Qu'il s'agisse des enquêtes des années 1930, du moment « pop » des années 1970, de la critique des banlieues ou des études culturelles, l'intérêt pour les maisons manifeste une attention aux situations collectives qu'incarne ce lieu commun de l'individualité.

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