Littérature traduite

  • Médées

    Gilda Piersanti

    Une avocate à la brillante carrière, obnubilée par le désarroi de sa cliente en instance de divorce, livre une bataille féroce pour qu'elle obtienne la garde de sa fille. En moins de vingt-quatre heures de la vie d'une femme, un jeu de miroirs se met en place, dont la mécanique infernale produit une identification entre l'avocate et sa cliente dévorée par la passion amoureuse et abandonnée par son époux qui veut aussi lui enlever l'enfant. Ce jeu du double ne cesse de se multiplier dans des oppositions déchirantes entre la femme et la mère, l'amour et la haine, l'humiliation et la fierté, l'espoir et le désespoir, la résignation et la vengeance. Quant à l'homme, le père, au lieu d'aider la femme dans ces conflits qui la lacèrent, il la désespère en mettant sa féminité en cause. L'histoire se transforme alors en tragédie.
    Le mythe de Médée, mère qui tue ses deux garçons, nous hante depuis l'Antiquité avec une régularité captivante ; ce mythe de l'infanticide nous interroge de manière insupportable à l'intérieur même de ce qui est le plus sacré : l'amour de celle qui nous a donné la vie. Ce meurtre d'enfant semble se différencier de tout autre meurtre fondateur de notre inconscient, parce qu'il est, en même temps, impensable et terrifiant. Plus de repaire si la source de la vie engendre la mort et l'amour, la haine ! Et pourtant...
    L'acte de tuer ses enfants, entre tous considéré contre-nature, assombrit d'une menace terrible la chronique des faits divers et ne saurait être seulement classé dans le registre de la folie. Les mères infanticides disent toutes quelque chose de leur relation à l'homme. Médée n'est pas une simple histoire de jalousie et de vengeance ; Médée, c'est le refus de mourir en tant que femme parce que l'on est mère. En tuant ses enfants, Médée tue la mère en elle pour sauver la femme.

  • Ne pleure pas, mon enfant retrace l'adolescence et l'entrée dans l'âge adulte de Njoroge dans les dernières années du Kenya sous domination coloniale. Un Kenya en proie au chaos né de la révolte des Mau Mau et des espoirs charriés par Dedan Kimathi, le héros de la lutte pour l'Indépendance. Au travers des espérances et attentes d'un jeune homme qui rêve d'un avenir radieux pour son pays, ce sont ses propres espoirs que traduisait, dans une écriture où l'émotion affleure à chaque page, Ngugi wa Thiong'o, qui était alors âgé de vingt-quatre ans et dont c'était le premier roman...

  • En exil à Paris, loin de son Iran natal, Roxane tente de reconstruire auprès de son mari une existence paisible, dans le respect de ses idéaux, de sa culture et des traditions familiales.
    Pourtant, un soir, alors qu'elle dîne au restaurant avec des amis, sa vie bascule : un jeune homme au regard bleu et triste l'observe avec insistance. C'est le coup de foudre. Roxane le suit à travers les rues de Saint-Germain-des-Prés, un jeu de cache-cache s'organise... stoppé net par une voiture qui le renverse sans s'arrêter. Elle se précipite à son secours sans réfléchir et le conduit à l'hôpital.
    Déchirée par la culpabilité mais incapable de repousser la violence de ses émotions, elle comprend alors qu'elle vient de franchir le pas, de plonger dans les eaux troubles d'une liaison dangereuse...

empty