Max Milo

  • Comment les cultures et les théories féministes parviennent-elles à réduire les inégalités hommes-femmes ? Le féminisme englobe une véritable diversité théorique, historique, idéologique et géopolitique exposée ici et illustrée de manière originale en regard.

  • Lacan

    Hervé Castanet

    L'influence de Lacan ne s'est jamais démentie, alors qu'on a fêté en 2011 les 30 ans de sa disparition. L'enseignement de Lacan, orateur mémorable à la voix fascinante, est toujours audible et ses idées ont fait de lui plus qu'un psychanalyste : pour beaucoup il est un philosophe. Il a redéfini l'absolu, la jouissance, le désir, l'identité, l'altérité et ses paradoxes ont fait couler beaucoup d'encre, car il avait aussi le sens de la formule : "L'amour, c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on n'a pas." ; "La psychanalyse est un remède contre l'ignorance, elle est sans effet sur la connerie." ; Ou encore : "Si vous avez compris, vous avez sûrement tort".
    Le personnage, souvent caricaturé, a parfois risqué de recouvrir l'oeuvre, et ses positions politiques mal comprises ont fait qu'une certaine jeunesse s'est détournée de lui dans les années 70, avant d'y revenir dans les années 90. Il n'a pas craint d'inventer des concepts nouveaux aux définitions précises (l'inconscient structuré comme un langage, l'objet (a), l'Autre, la forclusion, le sujet supposé savoir, la passe, les non-dupes-errent, etc.) et a permis, parfois par son seul sens du verbe et de sérieux jeux de mots, une avancée pour la psychanalyse là où Freud butait sur le Père. On posant un au-delà de l'Oedipe et du Père, en relisant Kant ou Sade, ou Heidegger avec les Grecs, Lacan a su préparer l'invention de la psychanalyse du XXI° siècle.

  • Dans la période que nous sommes en train de vivre, la laïcité donne l'illusion, par l'omniprésence du terme et en dépit de multiples usages, d'être une référence commune. Comme s'il suffisait d'énoncer le mot pour imaginer qu'il est immédiatement compris. Or, même si le concept structure notre mode d'organisation politique depuis longtemps, il n'en reste pas moins qu'en dehors d'une intuition vague qui en garantit la valeur, il est loin d'être toujours compris.

    Comprendre la laïcité, c'est prendre au sérieux un principe pour ce qu'il signifie et indique du type de société politique que nous avons organisé à travers lui. Loin de nous restreindre aux sentences toutes faites, cela nous ouvre sur un horizon politique aux potentialités qui restent à développer. Par un réexamen complet de ce principe à l'aune du triptyque républicain, ce livre propose les clés d'interprétation nécessaires pour décrypter les enjeux pour notre avenir commun que soulève la laïcité.

  • L'oeuvre de Georges Bataille défie toutes les étiquettes qui permettent d'identifier une pensée pour mieux en arrêter le caractère protéiforme et dérangeant. À tous égards, la vie comme la pensée de Bataille n'ont rien de convenable. En empruntant diverses formes d'expression qui vont du récit de fiction halluciné à l'essai théorique en passant par le fragment, cet auteur exerce toujours une influence, le plus souvent souterraine, sur la littérature, la philosophie, les sciences humaines et les arts. La variation de ses centres d'intérêt et les enjeux que ceux-ci soulèvent sont animés d'une profonde unité et témoignent d'un sens aigu des problèmes qui taraudent notre humanité commune. Indifférent aux modes culturelles, c'est avec une probité rare que Georges Bataille n'a cessé, à ses risques et périls, de porter la pensée, le langage et l'expérience à des limites inouïes.

  • Dans cette histoire, il y a des blondes à tomber par terre, des espions russes à Montmartre, des enlèvements, des passages à tabac et des politiciens corrompus, de vraies et de fausses cavales, des fachos, des islamistes, de l'argent détourné, une administration complaisante, des médias affamés. Et puis il y a du mensonge, de la haine et de l'indifférence.
    C'est l'histoire d'une trahison, et d'une révolution pas perdue pour tout le monde. L'histoire très humaine d'une passion volée.
    C'est l'histoire de Sacha, Oxana, Inna et des autres.
    L'histoire sincère de Femen.

  • Comment interroger la pensée de Sartre qui embrassa la philosophie, le roman, le théâtre, le siècle et noua l'aventure conceptuelle à l'engagement politique ? Comment dépoussiérer Sartre des clichés ? En quoi sommes-nous héritiers de la nouvelle façon de philosopher qu'il impulsa, de cette manière neuve de poser des problèmes ? En d'autres termes, en quoi Sartre est-il notre contemporain ? Cet essai propose d'y répondre à travers un questionnement original, confrontant la philosophie de Sartre axée sur l'opposition entre l'homme et le monde aux pensées de Spinoza, Nietzsche et Deleuze pour envisager la possibilité d'une politique résolument tournée vers une écologie post-humaniste.

  • Kant est un auteur réputé difficile ; et assurément il l'est. Il est néanmoins possible de restituer son projet comme étant celui d'une tentative de comprendre d'où provient le sens que l'homme attribue au monde : telle est l'énigme du transcendantal. Identifier un objet, raisonner à l'aide des concepts de causes et d'effets, interpréter moralement une situation, dire d'un objet qu'il est beau, laid ou agréable, voilà autant de manières de conférer au monde un certain sens qui, à chaque fois, se révèle produit par  le sujet.
    La question de Kant se poursuit alors par celle de l'universalité : tous les sujets sont-ils capables de donner au monde un sens commun ? Peuvent-ils s'accorder sur certains points ? La réponse, positive, engage une formidable entreprise de justification : tous les sujets perçoivent le monde de manière spatio-temporelle, tous les sujets sont dotés d'un certain nombre de concepts communs et tous les sujets disposent d'une raison pratique leur indiquant la loi morale. A cet égard, comprendre Kant revient à élucider la manière dont le sujet transcendantal porte en lui ces éléments communs, depuis la sensibilité (espace / temps) jusqu'à la morale (raison pratique) en passant par les concepts (catégories) qui permettent à tout sujet de donner au monde qui lui apparaît une même signification.

  • Il y a au moins deux écueils qui entravent la lecture des oeuvres de Nietzsche : l'hyperdramatisation qui consiste à interpréter la tragédie au sens de catastrophe et le déclin au sens de péril ; l'ultrapolitisation, qui consiste à monter en épingle le surhomme alors qu'il s'agit d'une notion extraite de la pièce de théâtre Faust de Goethe, et à mettre en avant la "volonté de puissance" alors qu'il s'agit d'une notion forgée à partir d'un mot de Schopenhauer et d'un autre de Spinoza.
    Faut-il rappeler que la soi-disant tragédie est une forme de théâtre poétique de l'antiquité grecque, et que le prétendu déclin est une immersion salvatrice et nourricière dans le réel ? Faut-il aussi rappeler que l'hypothétique surhomme est en fait un désir vers le potentiel créatif ? Faut-il surtout rappeler que nous sommes en présence de mauvaises traductions, et donc d'une déformation orchestrée de la pensée profonde de Nietzsche.
    Si nous devions qualifier la philosophie de Nietzsche, nous l'appellerions la philosophie joyeuse. À l'opposé des clichés qui pèsent sur son nom, Nietzsche est le philosophe de la joie, de la créativité et de la vie. Les apports de Nietzsche sont nombreux. Du point de vue esthétique, il révolutionne la théorie de la forme en rendant Dionysos complémentaire d'Apollon. Du point de vue de la théorie de la connaissance, il introduit la créativité au coeur des processus de savoir.
    Et du point de vue de la théorie de l'être, il redonne vie au mouvement de la réalité. Contrairement aux idées reçues, Nietzsche a élaboré un véritable système philosophique, qui a pour nom le perspectivisme, et qui a pour caractéristique d'être un système ouvert, dynamique et fécond, des atouts qui rendent la pensée de Nietzsche d'autant plus fondamentale et actuelle.

  • Ce court essai tente avec empathie et humeur de réussir deux choses dans la critique littéraire :
    Contextualiser la création poétique de Rimbaud comme poète jeune et révolutionnaire, pour le sortir des commentaires qui depuis cent ans au moins en font soit un mystique soit un original.
    Reproduire, dans la modernité, le geste d'écrivain du poète jeune : en lisant deux livres majeurs de l'histoire de la littérature Une saison en enfer et Illuminations, ce court essai crée lui-même par imitation une critique du monde contemporain.Dans ce but, l'écriture du livre s'appuie tant sur la connaissance de la vie de Rimbaud que sur ce que l'auteur présente comme la philosophie de Rimbaud. C'est parce que Nietzsche et Rimbaud sont des contemporains que ce travail de lecture peut proposer un Rimbaud fort de son invention poétique comme de son projet politique, un projet de toutes parts révolutionnaire et donc de grande utilité publique à l'époque de la crise des valeurs et de la perte des repères.
    Dans cet essai a lieu l'individuation du poète et l'individuation, qui l'accompagne, du lecteur-commentateur : le but est bien de faire revivre l'écriture même de Rimbaud en passant outre les mystères, les interprétations et les révisions.

  • Pour les uns, Péguy est "un anarchiste qui a mis de l'eau bénite dans son pétrole" (E Lavisse) ; pour les autres, un dangereux insoumis dont "la tête est révolution" (Ch Maurras). Offrir au lecteur non prévenu l'occasion de faire connaissance avec Péguy, sa pensée politiquement incorrecte, son style hors norme, sa vie sans concession : tel est le but de ce petit livre. Il ne s'agit pas de prendre parti pour un Péguy contre un autre, pour le socialiste contre le catholique, le poète pieux contre le polémiste déchaîné, mais de suivre le cours parfois chaotique, toujours bondissant, d'une vie et d'une oeuvre passionnées.
    L'Ecole communale et l'Ecole normale supérieure, l'affaire Dreyfus et le socialisme, la critique du monde moderne et de l'argent, la poursuite de la justice et de la charité sont les grandes étapes de cette vie qui dura à peine quarante ans, le parcours humain, spirituel, intellectuel et artistique retracé ici.

  • La vie de Jean-Jacques Rousseau est une vie d'indépendance et d'instabilité.
    Quittant la Suisse pour rejoindre Paris, il rencontre Thérèse Levasseur avec qui il aura cinq enfants, tous confiés à l'assistance publique.
    Son oeuvre immense participe activement à l'esprit du Siècle des Lumières par son rejet des régimes autocratiques mais s'en détache aussi grandement, notamment dans l'idée que ce siècle serait heureux et synonyme de progrès. Le bonheur, pour lui, ne peut résider que dans l'état de nature par opposition à l'état social que vante ses contemporains, Voltaire en tête. Grand solitaire de par ses relations particulièrement compliquées à autrui, Rousseau vit en marge d'une société qu'il n'a de cesse d'étudier et de rendre compte à travers de nombreux textes devenus fondamentaux : Discours sur l'origine et Les Fondements de l'inégalité parmi les hommes, Du contrat social et Les Rêveries du promeneur solitaire ou Les Confessions dans lesquels il se livre à une observation approfondie des sentiments intimes.
    Précurseur du Romantisme, l'influence qu'il laisse sur les penseurs des siècles suivants (Kant, Hegel, Sand, Levi-Strauss, Durkheim) est colossale.

  • À tort. Marcuse est d'abord un philosophe qui s'inspire de la grande tradition de la philosophie allemande, celle de Kant, Hegel et Marx. Commentateur scrupuleux de Hegel, Marcuse en produit une lecture critique vivifiante, loin des idées toutes faites sur ce maître éminent. Fidèle à Marx - mais pas aux marxisme standard, ce qui lui a valu l'hostilité de tous les gardiens du temple marxiste - il lie étroitement la critique sociale à la théorie analytique de Freud. Bref avec Marcuse, c'est tout un pan de la culture moderne que nous sommes invités à reparcourir.

    Mais Marcuse est aussi l'un des penseurs de la théorie critique. Son objet, c'est la société industrielle avancée, la nôtre. On pourrait croire que ses oeuvres décrivent notre présent alors qu'elles ont été écrites voilà un demi-siècle et plus. La « désublimation répressive », l'utilisation du principe de plaisir au profit de la domination, c'est bien quelque chose qui a pris aujourd'hui une ampleur que l'on pouvait à peine soupçonner au moment où Marcuse écrit Éros et civilisation ou L'homme unidimensionnel. Comment ne pas voir que l'extension indéfinie du marketing et des techniques de la communication produisent cette uni-dimensionnalité de la pensée que Marcuse analyse et dénonce si vigoureusement ?

    Enfin Marcuse est un philosophe de la culture. L'art et le sens du beau sont, pour lui, essentiellement libérateurs. S'il continue de penser nécessaires l'émancipation politique et la transformation des rapports sociaux, il sait que la libération humaine est celle de l'individu qui doit reprendre possession de lui-même en se débarrasser de l'aliénation. Il ne s'agit pas de dessiner un avenir plus rationnel mais surtout la perspective d'une vie plus libre et plus belle.

  • Qu'est-ce qui relie l'anarchie telle qu'elle est introduite dans la langue française par Proudhon en 1840 et celle revendiquée par l'italien Sante Geronimo Caserio lorsqu'il assassine le Président de la République Sadi Carnot en 1894 ?

    Marcelino Viera et Maxime Foerster expliquent les principes fondateurs de l'anarchisme et font revivre l'esprit de combat qu'on retrouve, entre autres, dans les pages de Proudhon, Stirner, Bakounine et Kropotkine, ayant permis d'inspirer dans plusieurs pays des aventures collectives destinées à faire passer l'anarchie de l'idéal utopique au projet politique historiquement tenté.

    Au final, cette introduction à l'anarchisme permet non seulement de comprendre les enjeux et tensions qui traversent cette vision de la vie mais encore et surtout de saisir pourquoi l'anarchie pourrait s'imposer aujourd'hui comme une réponse subversive à la crise morale et économique des sociétés contemporaines.

  • Fête du corps et surtout fête des mots, l'oeuvre de Sade continue de nous atteindre par les mélanges qu'elle effectue. Philosophie? Pornographie? Farce? Comme madame de Saint-Ange dans son boudoir, Sade pourrait s'écrier: "Je suis un animal amphibie, j'aime tout, je m'amuse de tout, je veux réunir tous les genres. " Fidèle à ce souci sadien de totalité, cet essai suit le parcours biographique, littéraire et philosophique d'un homme enfermé sous tous les régimes, victime de tous les despotismes et qui sut par son rire et sa plume effrayer les soutiens des "bonnes causes vertueuses", qui se reconnaissent à leur désir de faire "table rase" de toute la complexité et de la folie du monde. Vous croyez connaître Sade? Détrompez-vous!
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  • « Machiavel naquit les yeux ouverts » Q.Skinner.
    Penseur majeur de la Renaissance, Nicolas Machiavel a passé sa vie entière dans la cité emblématique de cette époque : Florence. Vu comme un homme cynique et dépourvu d'idéal, Machiavel a au contraire montré au fil de ses écrits à quel point il était soucieux du bien public et de donner à la République de Florence la force politique qui lui manquait. Il n'avait en revanche aucune illusion quant à l'espèce humaine qu'il pensait mauvaise par nature.
    Dans Le Prince, il « ose donner des règles de conduite à ceux qui gouvernent » et montre en analysant des exemples de l'Histoire Antique et son époque comment devenir Prince et le rester. C'est parce qu'il ne donne pas de conseils moraux mais préconise au contraire des cations opposées aux bonnes moeurs que Machiavel a souvent été accusé d'immoralisme mais il n'en est rien. L'ouvrage a connu une très grande postérité.
    Machiavel a été analysé, loué par de très nombreux penseurs et son influence est majeure sur toute la philosophie politique qui a suivi.

  • Difficile d'isoler André Breton de la constellation dont il fut, sa vie durant, le noyau passionné. Homme de la folle amitié, poète de l'amour fou, le chantre du surréalisme ne savait concevoir sa démarche artistique que collectivement.
    C'est ce parcours atypique de l'une des figures majeures de la littérature française du XXè siècle que nous permet de découvrir ou redécouvrir Frédéric Aribit, entre tentative de coup d'état poétique, grands manifestes et expérimentations artistiques.

  • Cet essai fait le pari de comprendre cette figure inclassable à travers un état des lieux des principes fondamentaux de la doctrine bouddhiste et le détricotage des ses raccourcis les plus fameux. En suivant pas à pas l'"Éveil spirituel" de Gotama, un regard stimulant est offert, loin de tout ascetisme pessimiste  réducteur, sur celui qui par sa quête émancipatrice "guérit le monde entier".
    Des Grecs contemporains de l'Éveillé aux recherches scientifiques actuelles, de Schopenhauer à Einstein, de Nietzsche à Lévi-Strauss, ce portrait de Buddha est aussi le récit éclairant des affinités électives du bouddhisme et de l'Occident et de l'influence constante qu'a exercé le sage sur notre pensée.

  • Glorifiée en France et en Allemagne au XIXè siècle, l'image de Wagner a été détournée : révolutionnaire proche de Bakounine, les national-socialistes ont enrôlé l'art de Wagner au service de leur propagande.
    Les auteurs reviennent sur la vie de Wagner, sa philosophie et la réception contrastée de son oeuvre. Ils nous rappellent le choc émotionnel qu'il a suscité et démontrent qu'il y a un avant et un après Wagner dans l'histoire culturelle européenne.

  • La logique interne du mouvement nazi et du IIIe Reich se confond avec celle de Hitler : on ne peut appréhender l'une sans s'être penché au préalable sur l'autre.

    Comment un individu peu instruit, peu cultivé, et dont la vie jusqu'à 30 ans avait été une suite d'échecs, parvint-il à imposer sa volonté à un grand pays moderne avant de l'entraîner dans une catastrophe militaire et morale unique dans l'histoire ?

    La réponse à cette question en appelle une autre : ce qui est arrivé en Allemagne peut-il se reproduire ?

  • Le nom de Deleuze est associé à d'étranges concepts (machines désirantes, ritournelle, machine de guerre ou lignes de fuite). Or ces notions impressionnantes s'expliquent simplement, à partir du moment où l'on dispose de l'intuition qui ordonne son oeuvre. Cet ouvrage nous fait accéder à la compréhension du fil qui nous la pensée de Deleuze, notamment à partir de personnages littéraires tels que Bartleby, Lancelot ou la Princesse de Clèves. Deleuze apparaît alors comme non dogmatique, lui-même ouvert à la variation et à l'invention d'une multiplicité de sens possible de la vie.

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