Littérature traduite

  • Il semble que Pepys n'ait eu d'autre désir que de se montrer respectable et qu'il ait tenu un journal pour montrer qu'il ne l'était pas, disait Stevenson. Samuel Pepys, haut fonctionnaire de l'Amirauté, écrivit son journal de 1660 à 1669. C'est un document inestimable sur les premières années de la Restauration en Angleterre. Cromwell meurt en 1658 et, deux ans plus tard, le fils du roi décapité est couronné sous le nom de Charles II. Commence alors une période marquée par une grande réaction contre le puritanisme. Pepys est un grand bourgeois respectable et comblé, mais son journal - insoupçonné de ses contemporains - révèle un autre personnage, viveur, jouisseur, ingénu et cynique, curieux de tout, de la Cour comme de la ville.
    Source incomparable de renseignements sur la vie à Londres au XVIIe siècle, le Journal de Samuel Pepys présente avec vigueur, pittoresque et drôlerie, le portrait d'un ineffable excentrique.

  • Dix jours qui ébranlèrent le monde de l'Américain John Reed (1887-1920) retrace avec une intensité et une vigueur extraordinaires les premières journées de la révolution russe d'Octobre 1917. John Reed parcourt en toute liberté Petrograd, la « capitale rouge », recueille les analyses des principaux acteurs politiques et écoute le peuple de Petrograd dans les cercles qui se formaient sur les places publiques, à la porte des boulangeries, à l'intérieur des casernes. Plus qu'une simple énumération des faits ou un recueil de documents, John Reed propose une série de scènes vécues, des tableaux pris sur le vif. De retour aux États-Unis, il rassemble l'essentiel de ses observations et revit, dans l'urgence, cette aventure humaine dont il apparaît encore aujourd'hui comme l'un des témoins les plus proches. C'est aussi un texte fondateur du journalisme littéraire. Aventurier, reporter, observateur et acteur révolutionnaire communiste, John Reed a fourni de ces événements un témoignage qui confine au roman historique tant sa prose enlevée est prenante de vie et d'humanité.

  • Depuis notre premier soir à San Casciano, le bar du village est devenu une véritable annexe de notre maison. Les habitués nous ont adoptés et s'ingénient à nous faciliter la vie. II y a un téléphone au mur et quand je parle à mes enfants, à mon agent à New York ou à mes éditeurs en Californie, tout le monde se tait en imaginant que je discute avec le président des Etats-Unis. Le Centrale est notre bureau, notre PC, notre refuge. je commence à comprendre pourquoi certains Italiens, avant de choisir un appartement, vérifient si le bar le plus proche leur conviendra... Après un double coup de foudre dans un bar de Venise et un mariage romantique à l'église du Lido, Marlena, dynamique critique gastronomique américaine, et Fernando, son Vénitien de mari, ont décidé, mille jours plus tard, de s'installer en Toscane. A San Casciano, à peine deux cent cinquante habitants, ils vont vite être la coqueluche des villageois. On s'échange des recettes de cuisine (soigneusement consignées dans ce livre), on fait ensemble les vendanges, la récolte des châtaignes, la cueillette des olives, la chasse aux cèpes et aux truffes. Et Marlena, avec un enthousiasme communicatif, nous fait aussi participer à toutes les fêtes locales dans des pages pleines de saveurs, d'odeurs et de couleurs.

  • A mesure qu'ils avancent dans leur oeuvre de prospection, les sémioticiens s'aperçoivent que tout est communication, la langue bien sûr, mais aussi les images, les sons, les objets, les gestes, et que tous ces phénomènes constituent des systèmes de signes qui doivent être étudiés en ramenant chaque message aux codes qui en régissent l'émission et la compréhension.
    Comprendre les systèmes de signes impose toutefois d'envisager les codes comme des structures, puis de recouvrir à des structures toujours plus vastes, dans un mouvement de régression vers la matrice originelle de toute communication possible, vers un prétendu Code des Codes qui devrait représenter la détermination " naturelle " précédant toute culture. Mais si la sémiotique s'engageait dans cette voie, elle ne pourrait qu'aboutir à la " source " de toute structure possible, forcément non structurée, à ce qu'Umberto Ecco appelle la structure absente.
    Son livre, tout en refusant ce Code des Codes, essaie de montrer que tout acte communicatif est dominé par la présence massive de codes socialement et historiquement déterminés. La sémiotique découvre ainsi dans la dialectique entre code et message les rapports entre l'univers de signes et l'univers des idéologies, qui se reflètent dans les modes communicatifs préconstitués, et elle relie le monde des choses au monde de la culture, qui formalise les choses non pas pour les reconnaître comme elles sont mais afin de les transformer.
    Après avoir étudié dans L'oeuvre ouverte (1965) les structures des langages expérimentaux de l'art contemporain, Umberto Ecco traite ici l'ensemble des problèmes sémiotiques et ce livre constitue à la fois sa contribution à la recherche en cours et le panorama actuellement le plus vaste et le plus complet sur les préalables constitutifs à toute sémiotique et sur l'état présent du structuralisme.

  • J'avais dix ans quand, par cette matinée ensoleillée du début août 1944, notre train est arrivé aux abords du camp de concentration d'Auschwitz... Dès que nous sommes descendus de notre wagon, les hommes ont reçu l'ordre de s'aligner d'un côté et les femmes de l'autre. Les SS n'arrêtaient pas de nous hurler d'avancer, en frappant et en donnant des coups de pied à ceux qui n'obéissaient pas tout de suite. J'avais trop peur pour pleurer ou même faire un signe de la main à ma mère et je suis resté tout contre mon père. Né en 1934 de parents juifs allemands, Thomas n'a pas encore cinq ans quand il connaît successivement ghetto et camps de travail, en Slovaquie où il vivait avec sa famille, puis en Pologne. Ensuite, ce sera Auschwitz, où il va être séparé de sa mère, puis de son père. Alors pourquoi se dit-il "enfant de la chance"? D'abord parce qu'il avait eu cinq ans pour apprendre à survivre dans des conditions inhumaines. Ensuite parce qu'il a échappé à la terrible sélection, à Birkenau, où aucun enfant n'était épargné. Il a traversé l'enfer, tous les jours, tout le temps. Jusqu'à onze ans. Mais le récit qu'il en fait aujourd'hui est stupéfiant. Il ne juge pas, ne commente pas, il raconte. Il a su redevenir le petit garçon qui voulait vivre un jour, une heure de plus. Pour qui un morceau de pain, une cuillerée de soupe, un peu de paille dans ses chaussures devenaient une question de vie ou de mort. Il a gardé la voix d'un enfant dont le courage, la résilience sont exceptionnels - bouleversants. Thomas Buergenthal est un des spécialistes les plus réputés mondialement en matière de droit international et de droits de l'homme. Il est aujourd'hui juge à la Cour internationale de justice de La Haye. L'enfant de la chance est traduit ou en cours de traduction dans quinze pays.

  • On pourrait dire que chaque vie d'adulte est définie par deux grandes histoires d'amour.

    La première - l'histoire de notre quête d'amour sexuel - est bien connue et documentée, ses variations alimentent toute la littérature et la musique, elle est socialement acceptée et célébrée. La seconde - celle de notre quête de reconnaissance sociale (amour du monde) - est plus secrète et honteuse... Et pourtant, cette seconde histoire d'amour n'est pas moins intense que la première, elle n'est pas moins complexe, importante ou universelle...

    Comme dans ses livres précédents, Alain de Botton va appeler à la rescousse écrivains, philosophes et artistes pour essayer de comprendre comment est née l'angoisse du statut social et quelles formes très différentes elle a pu prendre selon les époques et les lieux. Avec son érudition et son humour habituels - et l'aide de Tocqueville, Montaigne, Karl Marx, Carlyle, Tolstoï et bien d'autres - il va creuser la plaie, mais nous donner aussi quelques pistes à suivre pour surmonter cette peur-là et quelques idées pour assouvir notre besoin d'être aimés.

empty