Musees D'art Contemporain De Val De Marne

  • La première exposition monographique de Jean-Luc Verna dans une institution offrira un parcours parmi une sélection d'oeuvres mettant en avant la constance et la récurrence des motifs et préoccupations de l'artiste. Il s'agira moins de donner à voir des objets d'art que de donner à éprouver et retranscrire en espace l'expérience singulière de son art. Si le dessin constitue « la colonne vertébrale de son oeuvre », Jean-Luc Verna est un artiste polymorphe, sa pratique incluant également la photographie, la sculpture, ou encore la performance, formant un ensemble cohérent autour du corps, de son propre corps, dans toutes ses dimensions et humeurs, tour à tour glorieux, misérable, jouissant, souffrant, vivant.
    À la fois acteur, musicien, chanteur, plasticien, dessinateur et photographe, né en 1966 à Nice, Jean- Luc Verna se met très souvent en scène dans ces oeuvres : devenu lui-même une oeuvre d'art élaborée au gré de tatouages, piercing ou maquillage, il est un sujet privilégié lorsqu'il s'agit de représenter le corps. L'autoportrait s'insère donc discrètement dans ses dessins, des transferts retravaillés à l'aide de pastels ou de fards, mais également de façon plus directe par la photographie.
    Les dessins, faisant apparaître le motif récurrent de l'étoile, mais aussi des éléments macabres, rendent compte d'un univers assez sombre et mélancolique. La série photographique permet quant à elle d'établir un lien entre Histoire des arts et Histoire du rock de façon ludique et subversive : Jean- Luc Verna y reprend des poses de tableaux célèbres qui ont été adoptées, volontairement ou non, par des stars du rock. Les références au monde du cinéma, et à la Paramount (Paramour) en particulier, et le thème de la vanité sont également des éléments clés de l'oeuvre.
    Pour ce catalogue également rétrospectif, qui s'inscrit entre le carnet de bal et le registre de deuil, l'artiste a souhaité inviter de nombreux auteurs à livrer leur vision de l'exposition, de son travail ou de lui-même : Laurent Devèze, Emmanuelle Lequeux, Philippe Liotard, Corinne Rondeau, Claude- Hubert Tatot, Bernard Vouilloux. Textes auxquels répondent ceux du commissaire Frank Lamy et de la conservatrice en chef du MAC VAL Alexia Fabre, ainsi qu'un long entretien avec l'historienne de l'art Valérie Da Costa.

  • Publié à l'occasion de l'exposition monographique que lui consacre le MAC VAL, cet essai consacré à Nil Yalter s'attache pour la première fois à l'ensemble du parcours de l'artiste. Toutes les pièces sont analysées en détails, situées dans leur contexte culturel, politique et social. Résultat de vingt années de compagnonnage entre l'artiste et l'auteure, cet ouvrage est le fruit de multiples discussions et analyses détaillées des oeuvres. Il réunit dans un tout cohérent des pièces éparses et crée des liens entre les différentes périodes de création de Nil Yalter, artiste franco-turque née en 1938. Les études s'attachent ainsi aux tout débuts de l'artiste en Turquie, en tant que peintre abstraite, puis à son arrivée à Paris avec un passage vers une peinture constructiviste, avant la rupture de 1972 et le basculement vers des projets socio-critiques. L'influence de l'ethnographie et des événements politiques et sociaux deviennent centraux et les oeuvres s'ancrent dans des lieux et des histoires particulières, liées à l'histoire des immigrations des années 1970-1980 en France, à l'histoire des ouvriers et des ouvrières des usines, mêlant leurs croyances aux luttes concrètes pour améliorer leurs conditions de vie. L'approche féministe est récurrente, parfois centrale. Deux expositions à l'ARC, au musée d'Art moderne de la ville de Paris, la font connaître : « Topak Ev » (1973) et « C'est un dur métier que l'exil » (1983). Mêlant vidéo, dessin, texte, collages de matériaux, photographie argentique et Polaroid, Nil Yalter investit un champ nouveau de manière féconde, qui s'adapte aux nouvelles techniques informatiques dans les années 1990 et 2000. Plus d'une soixantaine de projets jalonnent ainsi soixante années de création (1958-2018), dont l'intérêt renouvelé à partir des années 2010 a permis l'intégration dans des collections importantes.

  • La collection « Livre d?artiste jeunesse » offre une carte blanche aux artistes de la collection du MAC VAL, leur permettant ainsi de déployer leur ?uvre à l?attention des enfants de manière singulière. Les projets sont inédits. Les artistes contemporains invitent les jeunes lecteurs (et leurs familles) à explorer leur univers visuel et poétique à travers des récits parallèles, des chroniques réelles ou imaginaires du monde qui les entoure. Le MAC VAL ouvre, avec cette collection, une autre voie vers l?art contemporain.
    Pour ce deuxième numéro, le duo d?artistes We Are The Painters nous invite à suivre le voyage magique et pictural d?Ulma, un petit chevreau. « À sa naissance au c?ur de la peinture, il est accueilli par la Fermière, et dans le ciel une bouche s?approche, c?est la Bonne Fée qui vient pour veiller sur lui. Entouré des Muses, il part à la découverte du monde, de ses paysages peuplés de formes et d?êtres magiques. Son périple se termine au musée. Que va-t-il devenir ? Une ?uvre d?art isolée de son troupeau ou éternellement guidée par ses Muses ? »

  • Pour son exposition au MAC VAL, « Les racines poussent aussi dans le béton », Kader Attia imagine une réflexion, en forme de parcours initiatique, autour de l?architecture et de sa relation aux corps. Une exposition qu?il imagine comme une conversation intime avec le public pour sonder les maux et les joies qui articulent la vie dans les cités.
    Quels regards porter sur les grands projets urbains de l?après-guerre, grands ensembles caractéristiques de ce qu?on appelle les cités-dortoirs, qui incarnent des versions fortement digérées et abâtardies des théories et recherches modernistes et utopiques de la première moitié du XXe siècle, et dont les racines sont pourtant à chercher du côté des architectures de terres du Mzab aux portes du Sahara ? Que reste-t-il de l?utopie ? Du vivre-ensemble ? Quelles relations ambivalentes entretient-on avec son espace de vie, privée ou public ? avec son histoire ? avec ses racines ?
    Dans une optique de désaliénation, de déconstruction du regard colonial et moderne, de réappropriation des récits collectifs et individuels, l?exposition explorera les relations entre corps et corps social, à travers une interrogation des effets de l?architecture sur la psyché, des affects aux corps, sans esquiver la dimension paradoxale et fantasmatique de ces questions. La publication qui l?accompagne, pensée comme en faisant partie intégrante, offrira en écho aux pluralités d?écriture une riche iconographie de photographies inédites.

  • « L?histoire du Palais Idéal édifié à Hauterives. L?histoire que veut bien nous écrire l?auteur du Monument n?est pas un conte. Il ne s?agit pas d?un pays aussi inaccessible que Royaume de Trébizonde ou que le Kamtchatka. D?ailleurs on peut en avoir la preuve convaincante, en allant à Hauterives. Vous vous trouverez en présence d?un Monument pittoresque, unique et le plus original du monde, ce travail colossal et d?un seul homme a coûté à son auteur. 34 ans d?un travail opiniâtre.
    9 Mille journées. 65 Mille heures. Lorsqu?on est en présence de cet immense travail, l?imagination en reste saisie et frappée et l?on se demande, si l?on n?est pas transporté tout à coup, comme par enchantement dans une autre hémisphère, où tout y serait surhumain, phénoménal et éblouissant ;
    On ne peut s?imaginer qu?un seul homme fit tout cela sans le secours de personne. On peut très bien dire que le Dauphiné compte une huitième merveille. »

  • Compagne de route du MAC VAL depuis l'ouverture du musée, Melanie Manchot a participé à des expositions collectives (« Emporte-moi », « Let's Dance », « Situations », « Tous, des sang-mêlés »).
    Elle a participé également aux Nuits Blanches-Paris en 2009 et 2011 à l'invitation d'Alexia Fabre et Frank Lamy. C'est donc très naturellement que l'idée d'une exposition monographique est née afin de prolonger cette proximité.

  • Pour ce troisième numéro, Virginie Yassef a prolongé l'adaptation qu'elle a faite pour la scène d'un texte de l'écrivain Ray Bradbury, maître de la littérature d'anticipation. Méconnues, les pièces de théâtre de l'auteur des Chroniques martiennes regorgent de didascalies et d'indications de mise en scène, notamment cette étrange et édifiante histoire de La Savane [The Veldt] (1972). La savane, c'est le lieu de toutes les projections et de toutes les sauvageries. Dans une maison qui pourrait faire penser à celles imaginées par Jacques Tati, où tout est robotisé et où il ne suffit que d'appuyer sur un bouton pour que le dîner soit servi, une famille ordinaire - deux parents, deux enfants - découvre une nouvelle salle de jeu. Sommet futuriste du progrès technique et scientifique, conçu par des ingénieurs et des psychiatres de haut vol, cet espace ludique offre aux enfants la possibilité de tout imaginer, de tout convoquer, de rendre réel l'irréel et proche le lointain. Fable cruelle sur la déréliction de l'individu au sein de la famille moderne, La Savane est un terrain de jeu idéal pour Virginie Yassef qui n'en retient, pour cet ouvrage destiné à la jeunesse, que les dialogues entre les parents et les indications de lumière, ménageant surprises, mouvements et déplacements, dialogues surprenants sur dégradés de couleurs et d'images créés par l'artiste.

  • Brognon Rollin - L'avant-dernière version de la réalité Textes : Jean-Michel Attal, Julien Blanpied, Anne Ellegood, Eric Fassin, Axelle Grégoire, Lucien Kayser, Frank Lamy, Pierre-Olivier Rollin 256 pages Bilingue français-anglais 200 reproductions Format : 23 x 17 cm Broché Graphisme : Granduchy (Fred Thouillot) Editions du MAC VAL - En coédition avec le BPS22 Musée d'art de la Province de Hainaut ISBN : 978-2-900450-10-9 Office : 20 août 2020 25 euros Le MAC VAL propose la première exposition monographique muséale du duo d'artistes Brognon Rollin (né-e-s respectivement en 1978 et 1980, en Belgique et au Luxembourg), réunissant oeuvres existantes et nouvelles productions.
    L'avant-dernière version de la réalité : derrière ce titre, emprunté à Borges, se développe une interrogation simple et néanmoins vertigineuse... Le réel existe-t-il en dehors de ses représentations ? Qu'en est-il du temps et de sa perception ? De sa relativité ? De sa dimension spatiale ? Comment donner forme à l'expérience de la durée ? De l'attente ? Du suspendu ? De l'équilibre ? Les projets de Brognon Rollin condensent des narrations enchevêtrées qui s'inscrivent dans l'histoire de l'art minimal et conceptuel.
    Combinant symboliques, faits, objets, anecdotes, a priori disjoints et parfois rocambolesques, les oeuvres sont fortement polysémiques, supports à dérouler des lignes de fuite empreintes de mélancolie et de poésie. Ce que l'on voit n'est que la partie émergée de l'iceberg. Une horloge se fige à l'approche du spectateur dans l'espace contraint d'une cellule, un line sitter occupe l'espace du musée jusqu'au départ volontaire d'une personne en fin de vie, le duo décalque l'île de Gorée à échelle 1 pour l'enfermer fragment par fragment dans une étagère, des enfants calculent le juste emplacement du rond central d'un terrain de foot à la géométrie contrariée à Jérusalem...
    Attente, enfermement, statu quo et fragilité des frontières sont au coeur des obsessions des artistes, les conduisant à explorer les espaces intermédiaires : addictions, prisons, îles... Le duo, en déplaçant ces curseurs, en mobilisant un changement de perspective, postule qu'une chute peut ressembler à un envol et inversement. Entre Philip K. Dick, Stefan Zweig et Jorge Luis Borges, Brognon Rollin explorent les interstices du temps.
    Les oeuvres de l'exposition se donnent à expérimenter comme autant de failles spatio-temporelles, engageant au final une méditation sur la disparition programmée de toute chose. Riche de nombreuses contributions, en coédition avec le Musée d'art de la Province de Hainaut, le BPS22 à Charleroi, qui présentera une exposition du duo à l'automne 2021, le catalogue, première publication rétrospective des artistes en France, documentera toutes les oeuvres présentées dans les deux lieux, irradiant l'ensemble de leur production.
    Exposition au MAC VAL : 7 mars-30 août 2020

  • À l'initiative de Patricia Brignone, critique d'art invitée du MAC/VAL pour l'année 2011, le cinquième colloque organisé par le musée proposera une réflexion sur les formes renouvelées de la performance, mêlant conférences, récits performés et autres mises en actes, doublées d'une programmation vidéo.
    Ce colloque-événement, singulier dans sa forme, envisage d'explorer à sa façon la vertigineuse dimension à laquelle renvoie le titre original de l'ouvrage désormais célèbre de John Langshaw Austin, How to do Things with Words (volontiers humoristique), traduit en français par Quand dire c'est faire. Alors que l'art contemporain, et plus précisément la performance, recourt abondamment à l'usage des énoncés performatifs (redevable en cela à J.
    L. Austin, tout en l'ignorant parfois) et plus précisément à l'heureuse postérité de cette formulation, il nous a semblé intéressant de nous essayer à ce jeu de possibles où s'énonce ce passage entre dire et faire. Les procédures artistiques proposées sont là pour attester de cette singularité conditionnée par ces rapports infinis au réel langagier. Pour traiter ce jeu croisé de questions, ce recueil conçu en amont, présentant les contributions de chaque intervenant - de Massimo Furlan & Marc Augé à Esther Ferrer, de Dora Garcia à Olivier Cadiot, de Tanguy Viel & Mathilde Monnier à David Zerbid, pour n'en citer que quelques-uns -, remplace les traditionnels actes du colloque.
    La forme particulière donnée à cet événement où se croisent le théorique et l'artistique, et dont témoigne cet ouvrage, se veut à l'image d'un principe de décloisonnement des fonctions pour lequel le MAC/VAL a opté dès son ouverture.

  • Pour fêter les cinq ans du MAC/VAL, l'exposition Let's dance réunit une quarantaine d'artistes internationaux autour de la question de « l'anniversaire », du rituel de passage, de la récurrence des événements, du temps qui passe, des aspects festifs de la cérémonie. Ce sera pour le musée l'occasion de montrer des oeuvres d'artistes avec lesquels il a travaillé ces cinq dernières années, de poursuivre le travail avec les artistes de la collection et de se projeter dans le travail de nouveaux venus. Le catalogue reprend toutes les oeuvres exposées et nous offre un long entretien entre Frank Lamy, commissaire chargé des expositions temporaires, et Alexia Fabre, conservatrice en chef, pour mieux décortiquer ce qu'implique le fait de célébrer ensemble un événement, quel qu'il soit.

  • « Lignes de vies - une exposition de légendes » réunit les gestes artistiques de quelques soixante-dix artistes de générations et de pratiques différentes. Cette exposition s'inscrit dans une ligne de programmation qui, depuis l'ouverture du musée avec les expositions « Détours » de Jacques Monory (2005) et « Le Grand Sommeil » de Claude Levêque (2006), s'attache à questionner les modalités et instances de construction de l'identité, ou plus précisément, des identités.
    C'est ici vers des territoires intimes et personnels que l'on se tourne. En effet, les oeuvres (au masculin comme au féminin) réuni-e-s dans l'exposition font de l'autobiographie et de la biographie une matière première, plastique, générant une réflexion autour des identités, de la mise en scène et de la construction de soi. Il s'agit d'interroger les relations entre l'art et la vie, et à terme, de questionner l'effectivité de l'art, son inscription dans le réel, au travers de postures artistiques diverses qui, toutes, mettent en oeuvre (entre illustration et activation) la dissolution de cette supposée frontière.
    Considérant que l'identité est une fiction qui se performe, un récit multiple et fragmenté, se raconter, faire de sa biographie - de sa geste - une matière première est donc un acte de déconstruction, d'affirmation, d'« empuissancement », de révolution moléculaire. Un geste politique de reprise en main de la narration de sa propre légende. Cette réflexion s'inscrit dans une mise en perspective critique du narcissisme et de l'exhibitionnisme contemporain, mais également la promesse de réalisation de soi par la consommation exaltée par les forces marketing. Il s'agit ici non pas tant de se représenter que de se construire, de s'inventer, de choisir, de refuser les assignations.
    Au coeur de la salle d'exposition se déploie un espace de lecture. Y sont rassemblés des livres de diverses natures (romans, catalogues, livres d'artistes, ouvrages théoriques...) ayant tous en commun d'être écrit à la première personne du singulier par des artistes plasticiens. Ce cabinet de lecture pointe l'origine et la dynamique littéraire de ce projet qui propose aux visiteurs et visiteuses un temps suspendu.
    La publication qui accompagne le projet prolonge cette exploration. Réunissant une dizaines de prises de paroles à la première personne du singulier, elle ouvre les perspectives vers la recherche, le cinéma, le post-féminisme, la pop, la littérature, ou encore l'histoire de l'art avec des textes de Érik Bullot, Julie Crenn et Pascal Lièvre, Agnès Gayraud, Yannick Haenel, Philippe Vasset...

  • L'oeuvre d'art contemporain est un « objet » de passion, une présence physique dérangeante, à la moralité parfois désignée comme douteuse pour justifier de tel ou tel acte de vandalisme, de destruction volontaire. À partir de contributions de critiques, historiens de l'art, juristes, restaurateurs, artistes et philosophes, les actes de ce colloque feront dialoguer art, vandalisme et conservation, tentant de circonscrire les forces qui poussent à conserver à tout prix, restaurer à grands frais, à refaire ou réitérer ou détruire ces oeuvres sacralisées par la collection privée ou publique. Que nous racontent ces gestes du rapport du regardeur à l'oeuvre, toujours en mal de légitimation ou de définition ? Qui fabrique l'autorité de l'oeuvre d'art contemporain : la collection publique, son exposition, le regardeur ? Qu'arrive-t-il quand cette autorité fait défaut ? Dégradation, vandalisme, retrait de l'artiste, du « geste créateur » ? Qui pourra la sauver ? L'artiste en personne, le restaurateur, l'historien, l'avocat, le collectionneur ?

  • L'oeuvre de Tania Mouraud, artiste française née en 1942 à Paris, où elle vit et travaille, revêt des formes très différentes, tout en restant fondée sur un réel engagement social et un questionnement ontologique :
    Elle mobilise chez le spectateur la conscience de soi et du monde dans lequel il se trouve. Tania Mouraud débute très jeune son parcours artistique avec ses « Initiation Rooms », espaces dédiés à l'introspection.
    Dans les années 1970, elle mêle art et philosophie dans un travail d'abord fondé sur les mots, puis plus tard sur leur typographie, porteuse de sens en elle-même. À cette même période, les séries de photographies qu'elle réalise se font de plus en plus nombreuses. À la fin des années 1990, Tania Mouraud crée ses premières vidéos, nourries par les thèmes de l'angoisse et de la responsabilité au monde. La vidéo amène l'artiste, dont la vie est marquée par le deuil et par la Shoah, au domaine du son.
    Après des concerts avec le groupe Unité de Production qu'elle fonde en 2002, Tania Mouraud poursuit dans cette direction avec de nombreuses performances live en solo. Ses récentes installations vidéo, dont le son scelle la puissance, marquent un nouveau tournant dans son oeuvre. Les années 2014-2015 offriront un beau focus sur la scène artistique à l'ensemble du travail de l'artiste, conjointement mis à l'honneur au MAC/VAL (où elle est déjà présente dans la collection permanente), au Musée d'Art moderne de SaintÉtienne Métropole et au Centre Pompidou-Metz.
    AD NAUSEAM est le titre de l'installation monumentale de vidéo et de son qui viendra envahir la salle d'exposition du MAC/VAL pour confronter le spectateur à l'un des thèmes majeurs de l'artiste, celui de la destruction par l'Homme de la propre histoire, notamment avec l'élimination massive de livres dans des usines. L'exposition éponyme, en coproduction avec l'Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique) et réalisée avec le soutien de la Ville de Vitry-sur-Seine, se déploiera à l'intérieur et à l'extérieur du musée.
    Centré sur les nouvelles productions de l'artiste pour l'exposition, le catalogue permet de se replonger dans les préoccupations de l'artiste. S'appuyant sur une iconographie généreuse et rétrospective des deux corpus de pièces représentés par l'exposition - le travail sur les mots et leur typographie d'un côté, le travail vidéo de l'autre -, enrichi de nombreux témoignages sur les performances qui sont au coeur de la pratique de l'artiste, le catalogue fait le point sur son oeuvre, notamment au fil d'un entretien avec le commissaire de l'exposition.
    Avec les contributions de : Alexia Fabre, conservateur en chef du MAC/VAL ; Frank Lamy, commissaire de l'exposition au MAC/VAL ; Éric Alliez et Jean-Claude Bonne, philosophe et historien de l'art ;
    Bastien Gallet, philosophe et codirecteur des éditions Musica Falsa ; Stéphane Léger.

  • Plus qu'une collection de commentaires, " c'est pas beau de critiquer ? " est un véritable programme culturel et scientifique mis en place dès l'ouverture du mac/val.
    Imaginé en partenariat avec l'aica, l'association internationale des critiques d'art, il réunit autour de la collection du musée une pluralité de paroles critiques : ni des histoires de l'art, ni des formules didactiques, mais des pratiques diverses de l'interprétation. tous les deux à trois mois, un critique membre de l'aica est invité à choisir une oeuvre dans la collection et à proposer un texte court, offert au visiteur face à cette même oeuvre.
    Les vingt-cinq contributions ici réunies constituent un paysage non exhaustif de la diversité de la critique d'art en france et à l'étranger.

  • « Bis repetita placent » est ce célèbre aphorisme inspiré par l?Art poétique d?Horace (circa 13 ap. J.-C.), dans lequel le poète déclare que telle ?uvre ne plaira qu?une fois, tandis que telle autre répétée dix fois plaira toujours. Le Festival « Bis repetita placent », articulé autour d?un colloque, de rencontres, de projections et de performances, propose de réfléchir sur les processus de création, de médiation et de transmission de l?art contemporain à partir de la reprise et de la figure de l?interprète, l?un des fils rouges tendus par l?exposition des ?uvres de la collection « L?Effet Vertigo », à l?occasion des 10 ans du MAC VAL.
    Pratique historique séculaire dans les processus de création et de transmission, pourquoi ces pratiques de la reprise sont-elles pourtant si souvent questionnées, attaquées ou suspectées dans le champ de l?art contemporain ? Peut-être parce qu?elles flirtent avec l?autorité des faits historiques, l?anachronisme, le plagiat, l?aura de l?original, l?amateurisme, la répétition, la liberté de création ?
    Peut-être aussi et surtout parce qu?elles mettent à mal l?idée d?une histoire de l?art linéaire où l?emprunt et autres procédés citationnels furent jugés de manière morale et souvent péjorativement ? L?idée du remake cinématographique ou de la reprise musicale peuvent-elles être transposables dans les arts plastiques ? Comment le musée, instance de patrimonialisation et de rémanence peut-il conserver un geste, une performance, une pratique culturelle voués au mouvement, sans le répéter au risque de sa désactivation ou de sa folklorisation ? La copie, l?imitation furent les modèles de transmission académique des beaux-arts. La modernité a bousculé cette pratique prônant l?invention et une table-rase du passé. La reprise, entre répétition active et relecture postmoderne, propose une expérience de l?art basée sur un nouvel usage de son histoire, une conception de l??uvre comme matériau, document, événement, partition, nécessairement dynamique.
    La publication qui accompagner le festival consiste en deux livres distincts, dont les contenus sont rigoureusement identiques. Ils le sont à la virgule près à l?exception du numéro d?isbn ; cependant, leur existence matérielle diffère de manière importante. Les deux ouvrages sont de même format ? celui de ceux qui les ont précédés dans la même collection ?, mais leurs mises en page ne sont pas les mêmes, tout comme le papier sur lequel ils sont imprimés. L?un « reprend » l?autre, ou inversement, sans que l?on sache lequel précède l?autre ou en serait le modèle. Chacun des deux ouvrages ? et il s?agit bien d?ouvrages distincts puisque leurs numéros d?isbn les différencient ? est un simulacre qui offre une expérience de lecture singulière. Ils sont le résultat d?exercices de style graphiques, manière d?affirmer que dans le champ du design comme dans d?autres, la réponse dépend du contexte et qu?elle n?est jamais unique ou immuable.

  • L?identité serait en crise. Le constat semble intemporel et transhistorique. Les questions demeurent les mêmes. Qui sommes-nous ? Comment se définir ? Par rapport à quoi ? À qui ? L?Autre ?
    Qu?est-ce qui nous définit ? Qu?est-ce qui nous rassemble et nous sépare ? Comment et à partir de quels éléments se construit une identité culturelle ? Quelles représentations lui donner ? Comment en parler ? En pleine période électorale, dans un contexte politique instable et peu rassurant, l?exposition « Tous, des sang-mêlés » a interrogé les problématiques inhérentes à ce que peut recouvrir l?identité culturelle pour formuler, par des choix critiques et plastiques, des constats, des interrogations, une rencontre, une conversation. L?exposition explore différentes notions, celles des territoires, des frontières, des cartes, des nations, des communautés, des appartenances, des langues, des drapeaux, des couleurs de peaux, des stéréotypes, des symboles et des traditions.
    L?exposition s?impose alors comme une réaction critique et sensible face aux discours moisis, réactionnaires, communautaristes et méprisants, des discours politiques incarnant la peur, la haine, l?exclusion et le repli. Elle réunit les ?uvres de soixante artistes, français et internationaux, qui, chacun à leur manière, approchent l?histoire (personnelle et collective), la mémoire, les archives, la traduction, la fouille ou encore la réparation. À chacun.e de créer son parcours, de construire son histoire à travers une exposition protéiforme composée de photographies, de peintures, d?installations, de vidéos, de sculptures et d?autres médiums. Ici, pas de parcours autoritaire, pas de hiérarchie, bien au contraire l?exposition se veut être une promenade critique, poétique et métaphorique à travers des problématiques qui à la fois enrichissent et polluent notre histoire. La cohabitation des ?uvres crée des écarts qui, selon François Jullien, sont les lieux de l?invention, de la critique et du politique. En effet, si les ?uvres présentes touchent les questions du vivre ensemble, du bien commun, de ce qui nous rassemble, elles se confrontent également à la violence de l?histoire coloniale, aux ségrégations et aux multiples exploitations.
    S?inscrivant dans ce décloisonnement d?une identité culturelle mouvante, poreuse, créolisée, le catalogue prend l?apparence modeste de plusieurs livrets non hiérarchisés proposant des notices sur toutes les ?uvres exposées et de nombreuses vues d?exposition. Les textes des deux commissaires reviennent sur les enjeux d?une identité culturelle comme construction, un concept qui se performe et se transforme au fil des expériences.

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