Littérature générale

  • Le Joueur d'échecs est l'un des derniers écrits de Stefan Zweig et a été publié en 1942, après sa mort au Brésil, où il s'était réfugié pour échapper aux persécutions de l'Allemagne nazie. Il y raconte l'histoire d'un homme qui n'a survécu à l'enfermement (arrêté par la Gestapo) qu'en imaginant des parties d'échecs, jusqu'à épuiser littéralement sa mémoire...
    Un des récits les plus célèbres de Zweig, étudié aujourd'hui dans les lycées.

  • Arthur Lochmann a délaissé ses études de droit et de philosophie pour devenir charpentier. En apprenant le métier, il a découvert des gestes, des techniques et une pensée de la matière qui ont transformé son rapport au monde. Ce récit d'apprentissage plein d'humilité entremêle souvenirs de chantiers et réflexions sur le corps, le savoir et le travail aujourd'hui. Avec une langue limpide et élégante, l'auteur montre comment la pratique de cet artisanat lui a donné des clés précieuses pour s'orienter dans une époque frénétique. Parce qu'apporter du soin à son travail, c'est déjà donner du sens à son action ; qu'apprendre et transmettre des savoirs anciens, c'est préserver un bien commun ; et que bien bâtir, c'est s'inscrire dans le temps long : la charpente est une éthique pour notre modernité.

  • "Je n'ai jamais oublié ni n'oublierai aucune seconde de cette nuit." Une seule fois Mrs C. a cédé, surprise, à l'envie subite d'aimer un inconnu. L'homme était jeune et se noyait dans les jeux d'argent. Elle voulut le sauver. Son histoire, magnifique, incandescente, est celle des pulsions et des passions qui nous forcent, nous portent ou nous dévastent, celle aussi des blessures intimes, des culpabilités, des hontes qu'une parole, parfois, peut soigner dans la pénombre d'une chambre d'hôtel. A sa lecture, Freud n'aura qu'un mot : "Un chef-d'oeuvre."

  • A l'ouest de l'île de Sein, en mer d'Iroise, "une chandelle sort de l'eau" ; c'est Ar-Men, que les gardiens de phare surnomment "l'enfer des enfers". Jean-Pierre Abraham en devient le gardien en 1961, après avoir été formé deux années à ce métier. Il a 25 ans. On est très actif dans un phare, mais il reste des moments pour le vide, les rêveries et la peur. Abraham tient avec trois livres, qu'il emporte avec lui à chaque relève : un album de Vermeer, un autre sur un monastère sistercien, un recueil de poèmes de Pierre Reverdy. "Pourquoi êtes vous ici ?", lui demandera un journaliste (il accède à la notoriété médiatique quand "Les coulisses de l'exploit" consacrent un reportage au phare). "Je ne sais pas, répondra Abraham, il me semble que j'avais l'impression que la vie se passait sans moi et à mon insu si bien que j'ai décidé un beau jour, enfin, de changer. J'ai vu Ar-Men, je suis passé par là en bateau, et puis tout d'un coup j'ai décidé de venir là. J'avais trouvé vraiment mon lieu, je crois que c'est ce qu'il faut chercher, trouver le lieu où l'on puisse devenir soi-même, s'épanouir, être à sa place, bien dans sa peau." Un livre culte, le Grand Livre des Phares : "unique", "incontournable", "chef-d'oeuvre".

  • Zweig aimait Freud ; Freud appréciait Zweig. L'auteur de «La Confusion des sentiments» lui rendit hommage en 1932 avec ce portrait saisissant qui célèbre la puissance de l'esprit.

  • Quiproquos amoureux, complexité des sentiments à l'âge où s'éveille le désir : les deux nouvellles qui composent ce recueil, "Une histoire au crépuscule" (1911), sorte de marivaudage gothique, et "Petite nouvelle d'été" (1906), qui évoquera certainement quelque chose aux lecteurs de «La Pornographie» de Gombrowicz, parlent de cruauté, d'aveuglement et d'emprise. Brillant et psychanalytique, Zweig y montre qu'aimer et être aimé coïncident beaucoup plus rarement qu'on le croit...

  • Subjugué par son professeur de philologie, le jeune Roland devient son ami. Mais certains comportements du professeur, avec sa propre femme comme avec lui, commencent à l'intriguer. Bientôt remué par une mer de sensations confuses, de sentiments ébauchés qu'il tente de cerner, Roland cherche à percer le secret de son maître... Chef-d'oeuvre de Zweig, «La Confusion des sentiments» est le grand roman de l'ambivalence, de la haine et de l'amour, de la passion refoulée. Traduction inédite, avec une préface de la romancière et psychanalyste Sarah Chiche.

  • "Les pages qui suivent consistent en des évocations de mon insouciante jeunesse... dès mon plus jeune âge j'ai tâté de radeaux faits de planches et de rondins. Que par la suite, et durant maintes années, j'ai consacré à la voile toutes mes heures de loisir, toutes mes vacances d'été. Des dériveurs, d'abord, et autres coques de noix. Jusqu'au jour où on m'a confié un vrai bateau." Ella Maillart, grande voyageuse à travers les terres d'Asie, amie d'Alain Gerbault, fut la première femme à disputer les jeux Olympiques en épreuves de yachting, à Paris en 1924.

  • Six textes inédits de Stefan Zweig sur la poésie et les poètes, et en premier lieu Charles Baudelaire, dont on va célébrer le bicentenaire, mais aussi Victor Hugo, Paul Verlaine, Rainer Maria Rilke, etc.

  • Orwell voulait élever l'essai politique au rang d'une oeuvre d'art. La preuve en huit textes du "penseur le plus utile pour aujourd'hui" (Le Point) : "L'asile de nuit", "Une pendaison", "Comment j'ai tué un éléphant", "Le prix de l'utilité", "Retour sur la guerre d'Espagne", "La bombe atomique et vous", "Notes sur le nationalisme", et "Pourquoi j'écris".

  • Que serait un voyage sans le livre qui l'avive et en prolonge la trace - sans le bruissement de tous ces livres que nous lûmes avant de prendre la route ? Samarcande, Trébizonde, tant de mots, dès l'enfance, qui nous furent comme des portes, tant de récits, tant de légendes ! Un éloge du déracinement qui nous pousse à larguer les amarres et à divaguer en toute liberté.

  • Le Prophète est publié en 1923 aux États-Unis. Khalil Gibran (1883-1931), poète et peintre libanais, a mis tout son être dans ces magnifiques paraboles qui combinent avec simplicité l'Orient et l'Occident pour éclairer toutes les questions que chacun se pose un jour ou l'autre dans sa vie : l'amour, la mort, Dieu, le couple, les enfants, le don, le travail, la joie, etc. Le succès est immédiat, phénoménal. Des dizaines de millions d'exemplaires seront vendus dans le monde entier, lus et offerts lors des différents événements importants de l'existence, tant ce livre d'inspiration atteint à l'universel.

  • "C'est pour toi seul que j'ai vécu".
    Chaque année, le jour de son anniversaire, un écrivain reçoit des fleurs d'une inconnue. Une année, c'est une lettre. L'inconnue se dévoile... Cette histoire tragique de passion possissive, de deuil impossible et de vengeance, probablement le plus populaire des récits de Zweig, est suivie de La Ruelle au clair de lune, qui raconte de manière saisissante jusqu'où peut nous entraîner la souffrance quand on aime sans retour...

  • La grande voyageuse que fut Odette du Puigaudeau a consacré sa vie au Sahara occidental, mais c'est parmi les marins et la population des îles bretonnes que l'aventure a commencé pour la fille de Ferdinand du Puigaudeau, peintre de l'école de Pont-Aven et ami de Gauguin. En 1944, elle décide de rassembler dans «Grandeur des îles» ses notes et articles rédigés douze ans plus tôt sur Ouessant, Groix, l'archipel de Molène et Sein, autant de "fragments d'humanité amenés là par quelque rude et mystérieux hasard".

  • La vie de Roger Fry

    Virginia Woolf

    • Payot
    • 17 Septembre 1999

    "...
    Je pense que je vais avancer avec ténacité jusqu'au moment où je le rencontrerai moi-même... Puis me lancer dans quelque chose qui serait plus proche de la fiction. " Virginia Woolf décrivait ainsi dans son journal le processus de création de la biographie qu'elle consacre à Roger Fry.
    C'est en 1910 qu'elle le rencontra pour la première fois. Leurs liens amicaux, intellectuels et même familiaux furent dès lors très étroits.
    Lors d'une conversation avec Virginia Woolf, Roger Fry avait lui-même suggéré qu'elle donne l'illustration de ses théories sur l'art du biographe en dressant son portrait littéraire.
    Ainsi dans une oeuvre de maturité qui navigue entre la biographie, le portrait, le roman, Virginia Woolf a recréé la vie d'un artiste peintre et critique, qui, comme elle, fut un personnage central du groupe de Bloomsbury.
    Toujours dans son journal, elle exprimait sa satisfaction face au résultat : " Je ne peux m'empêcher de penser que j'ai attrapé une grande part de cet homme iridescent dans mon filet à papillon... "

  • Un chemin de randonnée long de plus de mille kilomètres traverse Israël en serpentant, ondulant et se tortillant : le Shvil, ou Israel National Trail. Peu de gens le connaissent et encore moins savent qu'on l'appelle aussi "le chemin des anges". Linda Bortoletto l'a parcouru seule pendant deux mois. Depuis la frontière avec le Liban, au nord, jusqu'à la mer Rouge, au sud, elle qui n'est pas juive, qui n'était jamais venue en Israël, elle dont la mère est musulmane, va, pas après pas, rencontre après rencontre, appréhender Israël par la nature, l'intensité et l'énergie de cette terre, mais aussi chercher la vraie raison de sa présence là-bas, tenter de réconcilier en elle-même la guerrière, la femme et la mystique. Exploratrice, conférencière, écrivain, Linda Bortoletto a sillonné les régions les plus reculées de la Sibérie, de l'Alaska et de l'Himalaya, à pied ou à vélo, s'initiant au chamanisme et au bouddhisme. Avec cet Israël secret, intime, elle raconte sa découverte du Moyen-Orient.

  • Victime en 2019 d'une agression sexuelle d'une violence inouïe alors qu'elle parcourait seule, en Turquie, le Chemin des Soufis, Linda Bortoletto a décidé de se lancer quelques mois plus tard dans un périple de résilience et de purification en affrontant l'un des treks les plus difficiles de la planète, le Greater Patagonian Trail, qui, depuis Santiago du Chili, traverse les Andes sur 3000 kilomètres non balisés, absolument sauvages, dangereux, où règnent les quatre éléments (volcans en activité, torrents déchaînés, apocalyptiques tempêtes, végétation parfois infranchissable), et qui va la conduire au bout du monde, là où renouer avec la vie.

  • La religion ? Une manière de penser poétiquement notre rapport au monde. Mieux même : une création poétique. Alliant intelligence philosophique et littéraire, le grand livre sur la religion qu'on attendait de l'auteur de «Sphères».

  • Penser librement

    Hannah Arendt

    Penser, c'est apprendre à désobéir, à ne pas se soumettre ou obéir à des idéologies. Ce recueil en grande partie inédit d'essais, interviews, conférences, discours, critiques littéraires, depuis un essai sur le travail et l'action jusqu'à des textes sur la liberté et la condition humaine, en passant par un remarquable "Hannah Arendt par Hannah Arendt", montre ce que penser librement veut dire : sans appuis ou garde-fous, sans les piliers de la religion, de la morale, de la politique ou de la philosophie, interroger sans répit au lieu d'offrir des réponses figées.

  • « Le voyageur est une source continuelle de perplexités. Sa place est partout et nulle part. Il vit d'instants volés, de reflets, de menus présents, d'aubaines et de miettes. Voici ces miettes ». Trois magnifiques textes sur le Japon où l'auteur de L'Usage du monde entremêle récit de voyage et histoire de l'archipel. Un moment de pur plaisir.

  • Né dans une famille de riches marchands dans la toute-puissante Venise du XIIIe siècle, Marco Polo s'embarque à dix-sept ans pour un voyage qui lui fera atteindre Pékin en 1275. Il séjourne en Chine pendant seize ans, durant lesquels il est chargé de nombreuses missions dans le pays. À son retour à Venise en 1295, Marco Polo participe à la bataille de Curzola, où il est fait prisonnier par les Génois. C'est pendant sa captivité qu'il dicte à l'un de ses compagnons le récit de ses voyages, un des tout premiers témoignages occidentaux sur l'Asie et l'Extrême-Orient. Un récit qui met l'accent sur la géopolitique de l'époque et les stratégie commerciales des grandes cité-États.

  • "Un jour, les frères chassés se sont réunis, ont tué et mangé le père, ce qui a mis fin à l'existence de la harde paternelle." Freud résume ainsi le grand "mythe scientifique" qu'il a construit pour expliquer la naissance de l'humanité. S'appuyant sur un matériel anthropologique, linguistique, clinique, il cherche à comprendre ici la psychologie collective à l'aide de la psychanalyse. Le primitif, l'enfant et le névrosé sont les sujets de l'interprétation psychanalytique, qui devient, par la virtuosité de Freud, une théorie générale de l'humanité. Traduction entièrement révisée par Olivier Mannoni.

  • Dix ans qu'elle n'était pas remontée sur une moto ! Le jour de ses 60 ans, notre «biker» de choc cède de nouveau à l'appel de la route, enfourche une BMW800 et part faire un tour de France de l'amitié pour fêter son anniversaire avec les gens qu'elle aime. Son «road trip» se révèle autant un récit de voyage qu'une méditation tonique sur la vie et une exaltation des sensations à moto. Si "le bonheur est dans l'errance", comme elle aime à dire, le nouveau livre d'Anne-France Dautheville brosse le portrait d'une mémé flingueuse ayant décidé que la vieillesse serait joyeuse et son corps, "moelleux". Toujours nature, habitée par le seul plaisir de vivre, elle manifeste à chaque page une liberté et une ouverture sur le monde qui remettent à leur place nos "horizons" actuels, parfois si étriqués...

  • Voici l'un des meilleurs livres sur Trieste, ville construite pour être le port principal d'un empire continental et qui devint inutile, ville d'écrivains (Joyce, Svevo, Stendhal, Rilke, Magris, Proust, Burton, Rumiz, etc.) où même Freud vint étudier la mystérieuse sexualité des anguilles, ville frontière, ville où, comme l'Istambul de Charles King (dans «Minuit au Pera Palace»), l'Histoire s'est donné rendez-vous (l'empire austro-hongrois, puis l'Allemagne d'Hitler, l'Italie fasciste de Mussolini, enfin la guerre froide), ville paradoxale de toutes les politesses où, longtemps, les habitants se sentirent bien, ville qui un jour, comme le dit joliment Jan Morris, devint triste. Jan Morris a tout lu, tout vu, et restitue tout de ce lieu mythique dans ce livre brillant d'intelligence et de finesse.
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