Phebus

  • Chacun sait que l'Orient-Express, le train mythique qui relie Paris à Istanbul, a inspiré la fiction dès sa mise en service en 1883. Mais le public n'en a guère retenu que les noms d'Agatha Christie, de Graham Greene ou de Paul Morand. Pourtant, cette littérature est aussi abondante que méconnue. Dès 1914, elle aborde par exemple de grandes thématiques telles que le luxe et la luxure, le brigandage, le complot et l'imaginaire d'une plus grande Europe. La Belle Époque explore plus particulièrement les paradoxes de cet imaginaire, de la séduisante madone des sleepings au train de l'angoisse.
    Avant que le second vingtième siècle ne balance entre la critique, la parodie et la nostalgie d'un monde perdu.
    De Jean Giraudoux à Graham Greene, d'Apollinaire à Agatha Christie en passant par Lawrence Durrel, Edmond About ou Albert Londres, Blanche El Gammal nous offre une anthologie de textes célèbres et oubliés et nous fait voyager de manière singulière dans l'Europe du siècle dernier, entre exotisme, propagande, fantasmes et désillusions.

  • Rédigé sur commande au mitan du xive siècle à l'occasion d'une promesse de mariage, ce roman chevaleresque destiné à une princesse est un témoin ambitieux de la littérature de la fin du Moyen Âge.
    Nourri d'un idéal courtois mis en danger par la guerre, les rivalités politiques et les épidémies, le livre ne se contente pas de raconter une histoire d'amour modelée sur tant d'autres. La poésie, la musique, la danse et la qualité des images se conjuguent pour composer une ode à l'empire des sens. OEuvre complète, le texte a vraisemblablement inspiré le très célèbre cycle de six tapisseries baptisé La Dame à la Licorne et exposé au musée de Cluny. Il offre en outre une image renouvelée de la féminité. Pour une jeune femme, ce livre-coffret se présentait autant comme un manuel de conduite éthique et érotique que comme une promesse de divertissements secrets pour égayer les heures passées dans des chambres aux tentures multicolores et momentanément à l'abri des catastrophes du monde.
    Idéal pour les amateurs de fantasy qui y retrouveront tous les ingrédients qui ravissent l'imaginaire de bien des lecteurs aujourd'hui.

  • Le roman a pour décor le Paris du xixe siècle, oscillant entre accalmies et luttes pour la liberté. Marqué par la mort prématurée de ses parents, Louis Lefèvre est élevé par sa tante.
    Choyé, le garçon fait pourtant montre d'un caractère farouche et ombrageux. Très jeune, Louis manifeste un don pour la composition et se réfugie dans la musique.
    Séduit par un idéal de justice sociale, Louis se joint aux journées révolutionnaires de 1848 et 1871 et rêve d'y consacrer une majestueuse symphonie.
    Malgré un talent hors pair, Louis rechigne à rendre ses oeuvres publiques. Son trouble mental s'aggrave : quasi aliéné, rongé par la haine de soi, il détruit ses créations.
    Une suite de passions tragiques creuse le gouffre de sa folie :
    Chez lui, l'amour du beau s'accompagne de l'attrait irrésistible de la violence qui le poussera à la transgression...

  • Jane, du haut de ses vingt ans, observe le monde avec une lucidité à la fois légère et grave. Éprise d'un champion du monde de lutte dont les performances amoureuses sont inversement proportionnelles à ses performances sportives, elle ne le voit qu'entre deux compétitions. Pour oublier ses absences et sa solitude, elle accepte les avances supposées platoniques d'un vieux monsieur très riche, adorateur des jeunes filles, avec lequel elle va partir en voyage. Car Jane veut tout, comme on veut tout à vingt ans et, à défaut de s'aimer elle-même, elle aime son corps, sa jeunesse dont elle ne veut rien perdre - obsédée déjà par la fuite du temps. Autant que la difficulté à devenir soi-même, ce roman décrit la répulsion-fascination qu'une jeune fille peut éprouver devant les manifestations de la vieillesse. Et c'est avec la froideur d'un entomologiste que Jane observe Bertin.
    Nul attendrissement dans cette insolite éducation sentimentale où la verdeur du vocabulaire alterne avec un langage des plus classiques :
    Celui des états d'âme.

  • « Jacky a débarqué hier soir. Tel qu'en lui-même. Avec sa nouvelle femme, Cécile, une beauté mais pas une beauté tragique comme Véro, Cécile est plus conte de fées. Il a commencé par exécuter tous les mannequins de Nedim à la faux, décapités, avant qu'on rentre. Et tout dévasté son atelier. Tu le connais, il est sanguin. À notre arrivée il s'est calmé, même pas fâché, hospitalité par-ci hospitalité par-là, notre vieille amitié et tout le tralala. Il a aidé Nedim à nettoyer le bazar avec tout le monde. Mais Babette n'a pas confiance. Et quand Babette doute de quelque chose, elle n'a pas besoin de me donner ses motifs, je me range à son avis. ».
    Depuis que son épouse s'y est jetée du quatrième étage, Jacky n'a pas remis les pieds à La Vaquerie. Ses retrouvailles avec la propriété familiale sont explosives. Comme avec Tom, son vieil ami, aux prises avec des dettes de jeu. Le passé ressurgit.
    La violence aussi, comme un engrenage. Celle d'hommes qui jouent avec les femmes comme le chat avec la souris. Et qui, de leur corps, font un champ de bataille.

  • Charlemagne Persant, né au milieu du XIXe siècle dans une ferme pauvre de la région lyonnaise, aurait dû avoir la vie toute tracée d'un paysan désargenté. C'était sans compter sur son grand-père qui, persuadé de l'inverse, allait forcer le destin en donnant à l'enfant un étonnant prénom d'empereur. À lui répéter si souvent que sa destinée serait exceptionnelle, il développa chez lui un charisme qui plia le monde à son bon vouloir. Son sens aigu du commerce et sa froideur lui dicteront au fil des années une ligne de conduite inflexible qui le conduiront, y compris par un mariage bien au dessus de son rang, à gravir tous les échelons. Jamais l'empathie, le remords ou la compassion n'auront de place dans ses choix. Jamais sinon peut-être pour une prostituée aussi noire de peau qu'il l'était de coeur et pour laquelle il fera preuve de la seule tendresse dont il fut capable un jour. À ne rien donner, on ne transmet pas non plus sinon la ruine et le malheur.
    L'Affaire des vivants, formidable évocation d'un destin hors norme, roman historique de la France de la fin du XIXe, a tous les ingrédients de la tragédie classique.

  • Un homme, sans nom, poussé par un sentiment d'urgence, va se mettre en tête d'aller retrouver son père, à la suite d'une panne d'électricité qui immobilise l'usine dans laquelle il travaille. Un père qu'il n'a plus vu depuis dix ans, à qui il parle de façon sporadique et qui vit à des milliers de kilomètres de là, sur la côte Est. Il veut arriver le plus vite possible, ne pas s'arrêter, même pas pour dormir, à peine pour manger. Plus il va vers l'Est, plus le temps devient menaçant et plus la panne d'électricité semble avoir commencé il y a longtemps.
    Plus rien ne marche, on commence à manquer de tout, le prix de l'essence atteint des sommets. Il faut s'organiser, survivre. Sur le chemin, las de ressasser un passé peu glorieux, l'homme prend en stop une femme ; compagne de voyage qui s'avérera aussi silencieuse et mystérieuse que lui. Elle veut rejoindre la métropole, mais la rumeur enfle, on leur déconseille. Un type, volubile et suspect, va entrer en scène au détour d'un motel. Il ne cesse de raconter des histoires et de parler pour faire passer le temps dit-il. Aussi contraignante que malsaine, cette rencontre mettra définitivement à mal la lucidité du conducteur. Dans ce décor qui flirte avec une apocalypse proche on sent à chaque page monter la tension, le ciel prendre les couleurs d'un orage imminent et dans le rétroviseur apparaît l'ombre de la Bête.

  • L'oeuvre de George Sand ne cesse d'être réévaluée. Cette correspondance inédite avec son fils spirituel, Alexandre Dumas fils, est une occasion nouvelle de lire l'auteur d'Indiana. Et de découvrir les débats qui ont enflammé la France des années 1851-1876, racontés par deux des plus grandes figures littéraires de l'époque.

  • L'origine du monde de Gustave Courbet figure parmi les tableaux emblématiques de l'histoire de l'art. Malgré cela, le modèle en était demeuré inconnu. Jusqu'à ce que Claude Schopp découvre son nom, par hasard, en annotant la correspondance inédite entre George Sand et Alexandre Dumas fils. Une révélation que d'autres sources sont venues étayer. Ce livre invite le lecteur à accompagner le chercheur dans sa tentative de redonner vie à cette danseuse aux beaux sourcils noirs, bientôt demi-mondaine et maîtresse de Khalil-Bey, puis femme de bien, généreuse donatrice aux oeuvres de charité. Peu à peu, un visage et une âme sont restitués à celle dont le sexe incarne la peinture réaliste.

    Claude Schopp est, avec son épouse Marianne, l'auteur de Dumas fils ou l'anti-OEdipe, prix Goncourt de la biographie 2017.

    Postface de Sylvie Aubenas, directrice du département des estampes et de la photographie de la bibliothèque nationale de france

  • Blaise Cendrars l'appelait le « document le plus extraordinaire, et le plus pittoresque et le plus vivant que l'on puisse lire sur les débuts de l'aviation ». Dans sa préface inédite, Philippe Forest ajoute : « un roman vrai, un vrai roman ». Voici la première édition inté- grale des Mémoires de Roland Garros. Ou comment un jeune gars de vingt ans se passionne pour « ce peu de bois et de toile qu'anime une pensée humaine » jusqu'à devenir quatre ans plus tard le premier homme à traverser la Méditerranée dans les airs.
    Son histoire, rédigée alors qu'il est prisonnier en Alle- magne, prouve qu'on peut être héros et poète. Roland Garros enchante de lyrisme les courses et les records.
    Il sait se faire gouailleur pour décrire les tournées aux Amériques, les virées fraternelles entre trompe- la-mort. Il y a du Jules Verne dans ces souvenirs qui mêlent la technique à la fantaisie, les aventuriers aux financiers, les dandys aux boxeurs.

  • Enfant fermée et silencieuse, Clarisse semble entendre les sons avec une seconde d'avance. La musique pourrait-elle la sauver de l'isolement ? À sept ans, elle provoque le hasard en devenant l'élève de Viktor Sobolevitz. Et partage avec ce maître célèbre et misanthrope le même amour intransigeant de l'art. Mais pour faire carrière dans la musique, il faut que plus que du talent. Peu préparée à la compétition, la jeune violoncelliste va bientôt l'apprendre... Lorsqu'elle rencontre Rémy Nevel, un critique musical, médiatique et ambitieux, son destin pourrait basculer. Quitte à perdre, au passage, quelques illusions. Entremêlant les partitions de ces trois personnages, Lola Gruber nous offre un roman d'initiation hors-normes, qui est aussi une réflexion sur notre soif de pureté et de reconnaissance. On tourne les pages avec avidité, séduit par la finesse des analyses autant que par un suspense diaboliquement généreux.

  • Pippo est petit-fils d'émigrants italiens, mais il ne connaît rien de sa famille. Alors que sa mère perd la mémoire, il décide de partir à la recherche de ses racines. Le voici au sud de Naples, dans le Cilento, une région très pauvre traversée par les migrants. Il y croise la belle Gina, qui travaille au musée de Paestum. Grâce à elle, il découvre que son grand-père avait aidé, quatre-vingts ans plus tôt, deux opposants au régime mussolinien : Paola Zancani et Umberto Zanotti. Ce couple d'archéologues avait découvert un sanctuaire d'Héra prouvant que la Grèce avait colonisé l'Italie des origines... Pippo et Gina se rapprochent à mesure qu'ils ressuscitent l'histoire du duo. Michel Quint nous plonge dans une Italie du Sud solaire et misérable pour un fascinant roman sur ceux qui résistent à la tentation totalitaire, avec courage et passion.

  • Trente après les massacres de la place Tiananmen, des auteurs chinois et français utilisent les armes de la fiction pour mieux approcher ce drame, et sa place dans notre mémoire collective.

    Des photographies inédites, prises sur place par Vincent Hein en 1989, scandent leurs textes.

  • Nadia n'a jamais connu son père, mort avant sa naissance. À dix-sept ans, elle apprend que Nâzim, né en Turquie, immigré en France, avait été abattu lors d'une attaque de banque. Comme une frange de la jeunesse révoltée des années 1980, il s'était fourvoyé dans un groupuscule violent, au nom d'une lutte radicale contre l'injustice. Bouleversée, Nadia va chercher à renouer les fils de son histoire, entre Strasbourg où elle a grandi, et Istanbul où s'est réfugiée une ancienne complice de son père. Perdue, elle trouve un peu d'apaisement dans le hang, un instrument de musique dont elle joue bientôt dans les rues, en Alsace et dans la métropole turque. Y trouvera-t-elle de quoi combler l'absence ? Avec ce roman sur l'engagement, l'exil, la violence et la rédemption, Michel Serfati nous offre aussi le récit sensible d'une quête des origines.

  • Dorlange est un village du centre de la France. Il est aussi le dernier bastion d'un âge révolu, celui d'avant la voiture et la télévision et où les travaux de la belle saison se font collectivement. Mais tout change depuis quelques années, avec le retour à la terre de nombreux citadins. La coexistence de ces néo-ruraux avec les agriculteurs d'origine n'est pas toujours facile. Un évènement met le feu aux poudres : l'obligation d'accueillir des réfugiés syriens dans le village.Antoine, reporter pour L'Écho du Temps, se fait le chroniqueur des luttes entre les deux partis. D'un côté, le maire et ses guerriers en charentaises et pulls tricotés maison, qui crient à la colonisation de leur territoire. De l'autre, les anciens urbains, bobobéats parfois, qui brandissent leur idéal de solidarité.Stéphane Fière nous offre un roman hilarant et corrosif sur une France divisée jusque dans ses campagnes.

  • « J'ai perdu à la loyale, sans avoir recours au moindre stratagème douteux ni à la moindre tricherie. Après le dernier point du second set, une ivresse sans précédent m'a submergé, plus grisante que celle de mes nuits ; j'ai lâché ma raquette, je me suis laissé tomber à genoux, pris la tête entre les mains sans arriver à y croire, puis j'ai embrassé les fissures de ce court bosselé où, en perdant mon dernier match, je venais de gagner un avenir radieux. J'avais les larmes aux yeux quand je me suis relevé pour rejoindre le Nippon décontenancé près du filet. Il a dû attribuer mes pleurs à la déception, à l'humiliation. Mais en même temps que les larmes ruisselaient sur mes joues, j'arborais un sourire éclatant. J'étais aux anges. »En suivant un joueur de tennis prodige, Brice Matthieussent nous offre un roman sur nos pulsions et notre désir de chute.

  • Un jour après dîner, alors qu'il raconte ses exploits à des aristocrates anglaises admiratives, Garibaldi se voit poser une question bien indiscrète par la jeune comtesse d'Argyle : « Quel est l'acte de votre vie si agitée qui vous a laissé le plus de regrets ? » L'illustre général n'hésite pas. C'est une injustice qu'il a faite.
    À un chien.

    Un cas de conscience fut publié dans le journal Le Soleil entre le 4 et le 17 juin 1866, expurgé notamment de longs passages anticléricaux. Voici pour la première fois ce court roman dans son intégralité. De quoi savourer la virtuosité narrative d'Alexandre Dumas au service des rocambolesques aventures d'un chien garibaldien.

    Un texte jamais paru en volume, avec des passages complètement inédits.

  • Colin est un génie de la restauration des films, qui redonne une jeunesse aux plus grands classiques. Mais on réduit les subventions de son Institut. Et son nouveau directeur l'affecte à des productions qu'il estime plus rentables que les oeuvres de Howard Hawks ou de John Ford. Aussi, est-ce en secret que Colin travaille sur Une partie de campagne de Jean Renoir.

    Une nuit, alors qu'il peaufine le relief des boutons du chemisier de la jeune héroïne, Henriette, il a la curieuse sensation de voir l'étoffe bouger. Quatre-vingt-quinze pulsations par minute, estime-t-il même, en regardant sa montre.

    Bientôt, il entre dans le film.

  • Gil Jouanard nous offre une livre hors-normes, série de variations sur les mots, l'écriture et l'art de se dire. En se basant sur quelques épisodes de sa jeunesse et de son enfance, il nous raconte comment le langage structure notre rapport au monde. Ou, comment à huit ans, à l'approche du divorce de ses parents, l'enfant taciturne et contemplatif qu'il était se mit tout à coup à parler. Mais ce ne furent pas ses mots propres qui franchirent ses lèvres, plutôt ceux de Zorro, de Tarzan, de Buffalo Bill... les héros de ces livres préférés. À l'adolescence, c'est l'amour qui servit de révélateur à sa timidité et à sa sensibilité. L'amour et la chanson, qui transforme sa voix, autant que son rapport à la séduction et aux autres... Deux épisodes de ce livre qui, en se confrontant à nos paroles, explore notre rapport à nos congénères, entre indépendance et dialogue, singularité et ressemblance.
    Sous le patronage de Montaigne et de Rousseau, un livre sur ce qui fait la spécificité des auteurs et les grands lecteurs, timides bien qu'ouverts aux autres, inadaptés et pourtant libres.

  • Avec Pomme S Éric Plamondon conclue magistralement la trilogie « 1984 » en mettant en parallèle la vie de Gabriel Rivages et celle de Steve Jobs, hippie dans les années 60, gourou et génie des temps modernes, co-fondateur d'Apple. C'est en 1984, avec la cultissime publicité de Ridley Scott que le premier Macintosh voit le jour et inaugure la révolution numérique en cours. Tandis que Gabriel Rivages va devenir père d'un petit garçon, il accompagne le parcours de Steve Jobs, enfant adopté qui ne s'occupa pour ainsi dire jamais de sa fille.
    Une nouvelle fois l'auteur nous ravie de son style fragmentaire et fourmillant d'anecdotes sur l'histoire contemporaine des États-Unis.

  • Franck, Alice, Pierre-François, Claire, Luc, Nelly. autant de personnes singulières qui vont se croiser à l'occasion d'une représentation du Menteur de Corneille. Des personnages qui se connaissent, se reconnaissent, se sont perdus de vue, ne vivent que l'un pour l'autre ou sont seuls et dont les destins vont se trouver changés alors qu'ils fréquentent ponctuellement ou plus régulièrement un café jouxtant le théâtre. Leurs dialogues, intérieurs ou partagés, tisseront une histoire à l'image de ce qui se joue sur scène ou chacun sans le savoir tient son rôle. Les héros ordinaires de Christophe Carlier semblent évoluer dans une unité de lieu et de temps ou tout devient tranquillement possible, ou tout peut se faire ou se manquer, le tout servi par une écriture fluide et tendre qui pousse le lecteur à s'interroger sur la vie, l'amour et le temps qui passe.

  • Une libraire, ça crée des dettes. D'argent parfois, bien sûr, mais surtout de coeur. Lorsqu'Yvonne meurt, les souvenirs affluent pour Abdel, un jeune professeur de Roubaix, hussard de la République. Il se revoit enfant entre les murailles de bouquins, avec une soif de lecture à avaler tout Balzac sans rien y comprendre. Il ne peut se résigner à ce que le lieu de vie disparaisse. De là à accepter la succession, il y a un sacré pas. que l'inconscient fait à l'aveuglette.
    Le voici bientôt en buttes aux problématiques éco- nomiques du métier. Mais aussi aux dangereuses archives photographiques de son aînée. En fouillant les cartons, c'est tout un pan de la guerre d'Algérie qui renaît, entre partisans du FLN, harkis et OAS.
    Quel rôle y a joué Saïd, habitué de la librairie aux allures de benêt ? Que cache Rosa, qui travaille au même lycée qu'Abdel ? Qu'en pense Zerouane, direc- teur de l'association « Relier » ?
    Les questions se multiplient. Elles sont politiques, mais aussi amoureuses... Comment notre héros va-t-il choisir entre Zita, fausse ingénue aux baisers chamallows, et sa collègue Rosa exubérante et pas- sionnée ?

  • « Elle avait gardé toute la nuit Nadja serré entre les cuisses - comme si elle avait attribué à ce livre un pouvoir magique. Mais le petit volume à présent lui comprimait le ventre.
    Elle l'avait toujours à la main quand elle s'est levée pour aller aux toilettes. Elle a pris au passage, sur la table, un Bic noir appartenant à l'auberge. Dans le cabinet, elle a ouvert Nadja sur ses genoux à la page de titre et écrit méticuleusement J'aimerai au-dessus du nom de l'auteur, en script du même corps. Elle a tracé avec art toutes ses lettres afin que la mention nouvellement composée J'aimerai André Breton soit bien unifiée, et que ses propres caractères paraissent eux-mêmes sortir de l'imprimerie. »

  • Cette histoire suit les pas du moine Sanzang, parti vers l'Ouest chercher les écritures du Bouddha. Sur les sentiers escarpés, par les plaines et les rizières, que découvrira-t-il ? Trouvera-t-il la réalité de sa voie ? À vingt-deux ans, Aodren Buart redonne vie à une Chine lointaine pour son premier roman. Il nous offre un conte spirituel intemporel.

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