Presses De L'universite De Laval

  • L'adaptation au changement climatique, c'est désormais une nécessité. Mais de quoi s'agit-il au juste ? Gestion locale des risques ou préparation à un danger global inédit ? Calcul et anticipation économiques ou défi pour la politique ? Cet essai examine philosophiquement la finalité pratique des plans, des stratégies, des programmes d'action, bref de tous ces discours qui affirment prendre en charge notre avenir au nom de la nécessité de s'adapter au changement climatique.
    L'enjeu est de taille : la reproduction de la société à l'échelle mondiale mais aussi dans toutes ses dimensions sectorielles et locales. Et au plan pratique, il en résulte cette question déterminante : comment mener localement une politique du danger environnemental planétaire ?

  • La pensée politique moderne s'est développée sous la forme d'un axiome opposant un ordre interne aux cités à l'ordre existant entre les cités. Cet axiome est à l'origine du postulat qu'une différence de nature fondamentale opposerait ainsi, depuis le 17e siècle, le développement de deux discours distincts portant respectivement sur l'État (théorie politique) et sur les relations que ceux-ci entretiennent (théorie internationale). Mais, de quelle nature est cette différence de nature ? Utilisant une stratégie de questionnement déconstructif, l'ouvrage entend sonder l'apparition, l'articulation et l'inscription de cet axiome dans l'oeuvre de quatre auteurs étroitement associés à la tradition du réalisme classique (Thomas Hobbes, Jean-Jacques Rousseau, Hans J. Morgenthau et Martin Wight). Il s'agit de dégager de cette matière première, c'est-à-dire du passage dans les textes étudiés et dans les discours qu'ils supportent, un surplus de signi?cation permettant d'explorer plus systématiquement la nature propre de cette différence de nature en relançant la question de l'antinomie entre interne et externe telle qu'elle a été axiomatiquement mise en scène chez ces auteurs. L'analyse entend ainsi renouveler la compréhension que nous en avons de manière à établir le caractère constitutif de cette ­différence de nature tout en éclairant l'aporie originaire de la pensée politique moderne et du découpage entre intériorité et extériorité.

  • Par sa culture et sa civilisation, la Grèce ancienne se révèle comme l'architecte du logos au coeur des mythes, contribuant grandement à l'héritage occidental par des trésors intellectuels et des vérités éternelles. La définition classique de la justice prend ses sources dans les expressions mythiques de la dikaiosynè qui portent nombre d'images anthropologiques : Dikè, Thémis, Némésis... En effet, chez les Hellènes, la justice mythique, contrairement à celles des légendes orientales, n'est guère dépourvue d'une rationalité bienfaitrice pour l'homme. Dans les récits philosophiques hellènes, ce qui est juste, to dikaion, est incarné presque toujours par une figure féminine. Même l'idée de fécondité qui suit la justice porte le visage de la déesse Déméter. La justice, par extension, engendre ce qui assure la prospérité politique, tout en conservant en équilibre les rapports entre l'homme et le cosmos. La justice se dévoile dès lors comme principe régulateur de l'univers et de l'ordre social de la cité dans leurs mouvements continus. Ici les mythes racontent les combats des héros, les forces des divinités et l'évolution de la mentalité des citoyens dans le déploiement de leur histoire et l'évolution de leur culture. La multiplicité des formes anthropologiques de la justice à travers la symbolique des mythes éclaire ce qu'Aristote affirme dans L'Ethique à Nicomaque : " la justice se dit de plusieurs façons ".

  • Il faut examiner le débat autour du stoïcisme de Montaigne. Les critiques qui ont vu le jour présentent un Montaigne qui s'intéresse à la philosophie, un humaniste qui essaie de sur­vivre en des temps troublés et d'exercer son esprit pour ­s'affranchir des contraintes morales et sociales. Pourtant, si l'on regarde de plus près la construction et la genèse des Essais, on s'aperçoit que Montaigne continue d'étudier patiemment les textes anciens, et particulièrement les textes stoïciens, jusqu'à la fin de sa vie. Il affirme que sa recherche est l'homme. Et, tout au long de cette recherche, se développe un dialogue entre ­Montaigne et lui-même, dans la mesure où son projet explicite est de se connaître. Cette position elle-même ne saurait se comprendre que dans un éclairage stoïcien : cette position du moi - Montaigne - qui débat avec l'homme - Montaigne pris dans l'Univers -, c'est celle où l'homme est Montaigne lui-même dans son ­rapport au cosmos, où cet « empire dans un empire » trop ­souvent rebattu se trouve dans la recherche de Montaigne étendu aux dimensions de ­l'univers. C'est cette persistance du stoïcisme, notamment de la rhétorique stoïcienne, qui anime et rend justice à l'oeuvre de Michel de ­Montaigne.

  • Dans son essai, Christine Daigle établit en quoi les philosophies de Nietzsche et Sartre convergent ou divergent en ce qui a trait à la problématique du nihilisme, à la quête de sens et à l'éthique.
    Elle examine leur solution respective au mal moderne créé par le nihilisme, soit le manque de fondement pour les valeurs. Cette solution passe par une réponse optimiste à la question du sens de l'existence qui met l'accent sur le rôle de l'humain comme créateur de sens, et ce, chez Nietzsche comme chez Sartre. Sur ces bases, Nietzsche et Sartre proposent une éthique existentialiste humaniste qui promeut l'épanouissement authentique de l'individu.
    Si chacun élabore cette éthique à sa façon, Christine Daigle démontre que l'on peut soutenir que Nietzsche et Sartre sont, du point de vue éthique, de proches parents.

  • Selon Luhmann, de nombreuses tentatives, contradictoires entre elles, ont été faites pour ramener le phénomène du pouvoir à un concept théoriquement et empiriquement fécond. Une théorie du pouvoir ne peut se contenter d'une interprétation descriptive, d'une analyse de l'essence du pouvoir, laquelle présuppose plus ou moins ce qu'elle obtient comme résultat.

    Dans cet ouvrage, d'abord paru dans sa première édition en 1975, Luhmann se propose plutôt de porter le regard « sur une référence systémique macrosociologique particulière, notamment celle du système global de la société ». C'est à ce niveau qu'il étudiera la fonction des diverses formations du pouvoir, le traitant comme un média de communication symboliquement généralisé. Les analyses du pouvoir contenues dans cet ouvrage se situent donc dans le contexte d'une théorie globale de la société.

  • Les analyses comparatives et interdisciplinaires sur le service public en France, Allemagne et Russie proposées dans le présent ouvrage renvoient à l'existence de différences nationales importantes concernant les concepts, les théories et les pratiques politiques en ce domaine. Elles sont le résultat de trajectoires nationales de modernisation spécifiques, qui marquent la genèse et la transformation historique des services publics. Ces derniers occupent ainsi des positions différentes dans la culture politique et le système global de régulation socio-économique dans les trois Etats. En outre, il est évident que des notions comme « service public », « Daseinsvorsorge », ou « service universel » ne sont pas des concepts au contenu préétabli, clair et définitif, mais qu'il s'agit de notions historiquement variables en fonction de, délibérations et de controverses politico-juridiques qui se déroulent sur fonds de rapport de forces entre acteurs sociaux. En proposant à la fois des études thématisant la genèse historique du concept de service public et des analyses sur les enjeux politiques des réformes en cours au niveau national et communautaire, ce livre contribue au nécessaire débat sur cet élément essentiel de l'organisation économique et sociale en Europe.

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