Presses De Sciences Po

  • Alors que la mobilité est reconnue comme un facteur essentiel de développement humain, les deux tiers des habitants de la planète ne peuvent circuler librement. Quant aux pays traditionnels d'immigration, ils ont fermé leurs portes, si ce n'est bâti des murs ou installé des camps de rétention.

    Les effets pervers de la fermeture des frontières sont pourtant légion. Aux victimes, aux sans-papiers et aux sans-droits, s'ajoutent les camps de réfugiés, l'économie maffieuse du passage, les déficits économiques et démographiques liés à l'absence de mobilité, sans parler des coûts exorbitants des politiques de fermeture et d'expulsion.

    Face à ces paradoxes, ne vaudrait-il pas mieux inverser la logique ? Considérer que la liberté de circulation des personnes est un droit universel, tout en laissant aux États la possibilité de restreindre l'entrée sur leur territoire ?

    Un droit de migrer commence à s'énoncer et à faire l'objet de dialogues multilatéraux. Souvent menés en marge des États, ils révèlent les inégalités criantes du régime des frontières en fonction de la provenance et de la destination des migrants.

    Un plaidoyer pour un droit à la mobilité et pour l'avènement d'une diplomatie internationale des migrations.


  • jamais sans doute la prégnance de l'économie n'a été aussi forte dans la vie politique et sociale, et jamais la pensée de keynes n'a autant été d'actualité et aussi mal comprise.
    au-delà des trop connues politiques de relance macro-économiques et de lutte contre le chômage, le message de keynes est une conception totalement originale des rapports de l'économie et de la société. aux sources de l'analyse keynésienne se trouve une réflexion singulière sur la psychologie des hommes et leurs rapports à l'argent, une théorie particulière de l'avenir et de l'incertitude, et partant de la justification du profit, une conception révolutionnaire du marché.
    keynes peut nous enseigner aujourd'hui comment l'économie, qui semble s'être provisoirement émancipée de la société, peut à nouveau redevenir citoyenne et civilisée.

  • " la prévention des famines met en jeu des mesures si faciles que la véritable énigme tient à ce qu'elles continuent à sévir ", écrit le prix nobel d'économie amartya sen.
    C'est sur cette " énigme " que ce livre se penche. dans un monde oú la quantité de nourriture disponible, les moyens des agences d'aide et la force des médias sont tels, ce désastre d'un autre âge ne devrait plus exister. et pourtant les famines continuent chaque année de tuer des milliers d'êtres humains. elles persistent lorsque les mécanismes traditionnels de réponse ne peuvent être mobilisés et que le processus d'assistance est empêché.
    Vingt ans d'expérience dans la lutte contre la faim permettent à l'auteur de dresser une typologie des famines contemporaines : à côté de famines " niées ", dont il s'agit de taire l'existence le plus longtemps possible, se sont généralisées les famines " créées " et les famines " exposées ", orchestrées comme outils de propagande dans le contexte de l'humanitarisation de l'aide. face à ces famines, la question n'est pas aujourd'hui de savoir si le monde peut nourrir le monde, mais s'il veut nourrir le monde.

  • Née Jadis d'une approche prioritairement esthétique, la notion de patrimoine connaît depuis quelques décennies un développement international considérable et se voit, dans un environnement marqué par la diversification culturelle des sociétés et par la mondialisation, exposée à de nouveaux défis.

    Explosion du tourisme de masse, avec pour corollaires l'uniformisation et le mercantilisme, mais aussi affaiblissement du rôle des Etats et primat de l'économique font peser des risques nouveaux sur l'intégrité des objets patrimoniaux, qu'ils soient matériels ou immatériels. Ils doivent aussi être préservés de la menace conjointe du communautarisme et du repli identitaire, afin de demeurer valeur d'échange et de partage.
    L'auteur en appelle donc à un nouveau "pacte patrimonial" tant à l'intérieur de chaque société que dans les relations entre pays, avec en balance la délicate question du retour des biens culturels vers leur pays d'origine, qui fait ici l'objet d'une approche engagée.

  • Les sociétés occidentales sont de facto multiculturelles et pluriethniques.

    La prise en compte de cette diversité dans les années 1980-1990 a fait place après 2001 à une montée des populismes, à un constat d'échec du multiculturalisme de la part de certains dirigeants européens et au retour à des politiques néo-assimilationnistes.

    Comment concilier cette diversité inhérente au monde occidental moderne avec les exigences démocratiques propres à l'État-nation ? Quelles réponses politiques apporter aux revendications identitaires ? Est-ce compromettre la notion de citoyenneté que de s'interroger sur la nécessité de reconnaître la spécificité culturelle et identitaire des groupes minoritaires ? Une citoyenneté multiculturelle est-elle possible ?

    Sans céder à un multiculturalisme béat, ce livre plaide en faveur d'une citoyenneté multiculturelle partagée au sein d'un système démocratique capable de combiner unité et diversité.

    Un essai qui questionne l'avenir de nos démocraties.

  • Le présupposé éthique et politique de la modernité veut que la " nature " soit extérieure aux humains.
    Les hommes la considèrent comme leur " environnement ", comme si les choses de la nature étaient conçues aux seules fins de les servir. Telle est l'origine de la crise écologique de notre temps : le projet politique et technique d'asservissement d'une nature fantasmatique vouée à satisfaire nos besoins. L'État moderne résulte donc d'un prétendu droit selon lequel nous devons nous organiser en vue de la lutte contre la nature et non d'une vie en harmonie avec elle.
    Ainsi pensée, la nature n'est plus qu'un vaste magasin où nous puisons notre nourriture. Quant à sa " valorisation ", elle se réduit à la marchandisation capitaliste de ses ressources. Pour faire face à la crise, nous devons requalifier les fondements politiques et moraux de nos façons de penser et d'agir, et substituer au droit naturel un droit biotique permettant une réforme radicale de la relation qu'entretiennent la cité des hommes et la nature.
    Car, en réalité, la crise n'est pas écologique mais politique : c'est celle des fondements essentiels de la cité. Plutôt qu'une politique des hommes sur les choses de la nature, il nous faut concevoir une cosmopolitique de la nature.

  • La gouvernance fait aujourd'hui partie des références préférées de nos principaux responsables politiques.
    Ce mot-valise est également employé à maints propos par les pouvoirs économiques et sociaux, sans oublier les médias. Ne serait-ce alors qu'un jeu, une mode, une tendance ? On en comprend mieux les implications actuelles en se rappelant les significations de la gouvernance dans la philosophie politique mais surtout aujourd'hui en science économique et en management public. D'autant que la diffusion internationale de l'idée de gouvernance révèle aussi, à travers les récentes politiques d'innovation institutionnelle de Tony Blair ou de la Banque mondiale, les interdépendances croissantes entre le monde des chercheurs experts et celui des responsables de l'action publique.
    L'enjeu est d'autant plus important que le thème de la gouvernance promeut actuellement à travers le monde entier de nouveaux rapports entre l'économie et la politique.

  • "L'homme s'est toujours adapté aux changements environnementaux en se déplaçant.
    Sur une planète de 7 milliards d'habitants aux prises avec des événements climatiques sans précédent - réchauffement brutal, montée du niveau des mers, bouleversement des cycles météorologiques, multiplication des catastrophes -, le phénomène migratoire prend soudainement une ampleur alarmante.
    On estime le nombre de « migrants climatiques » à 250 millions d'individus d'ici à 2050. Comment cet enjeu est-il aujourd'hui abordé et débattu ? Quels sont les mécanismes de gouvernance internationale existants et ceux qui doivent être mis au point dans les prochaines années ? Quel rôle le droit international peut-il et doit-il jouer ?
    Face à cet immense défi pour la communauté internationale, cet ouvrage propose une synthèse des savoirs et des débats actuels, avec un accent particulier sur les questions juridiques et de gouvernance."

  • Réduire la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans, quoi de plus simple ? un nouveau chiffre, un seul mot changé dans la constitution.
    Grâce à quoi les français s'expriment plus souvent, le président règne moins longtemps. l'affaire est entendue. sauf que l'on objecte : le quinquennat change la nature de nos institutions. la plupart des tenants de cette thèse soulignent qu'il présidentialise la cinquième république. d'autres fondent leur refus sur une analyse exactement inverse : il renforce le poids des partis et nous menace d'un régime d'assemblée.
    L'affaire se complique. troisième argumentation : le quinquennat nous entraîne obligatoirement vers un régime présidentiel à l'américaine. un tel enchaînement est redouté par les conservateurs, mais souhaité par les réformateurs. le brouillard s'épaissit. que faut-il penser de ces différentes positions ? le quinquennat est-il une bonne ou une mauvaise chose ? que change-t-il vraiment ? telles sont les questions que se posent les citoyens.
    Cette nouvelle édition y répond, à la fois par une confrontation de la cinquième république aux grandes démocraties qui l'entourent et au regard des débats les plus actuels.

  • Au cours des années quatre-vingt, l'humanitaire a envahi le champ de la politique internationale.
    Les opérations de maintien de la paix de l'onu et les engagements militaires des grandes puissances dans les balkans ou en afrique ont été de plus en plus étroitement associés aux secours humanitaires. le flot des réfugiés et des personnes déplacées a augmenté de manière dramatique, au point d'affecter plusieurs dizaines de millions d'individus. une part croissante des aides publiques au développement est consacrée à l'assistance humanitaire et le nombre des ong agissant dans ce domaine a beaucoup augmenté.
    Les gouvernements occidentaux ont répondu par des activités caritatives aux crises qui, par le passé, auraient été appréhendées en termes de stratégie ou de développement économique. la définition de l'humanitaire a fait l'objet de nouveaux débats éthiques et politiques, notamment parce que les gouvernements l'ont utilisé comme leurre d'opinion, soutenant des actions de secours dont les effets politiques pouvaient s'avérer contestables.
    L'humanitaire s'impose au carrefour des principaux enjeux et contradictions de la mondialisation. l'expansion planétaire des entreprises transnationales et des flux financiers, associée aux bouleversements des modes de production et à une croissance sans précédent des réseaux d'échange et de communication entre pays, est inséparable de clivages économiques grandissant entre groupes sociaux et entre régions du monde.
    Les tragédies humanitaires traduisent, à des degrés divers, une déficience des mécanismes de régulation internationale.


  • au moment oú le xxe basculait dans le passé, rené rémond jetait un regard en arrière et tentait d'apprécier ce que celui-ci avait apporté à l'humanité.
    voici un siècle de fer oú l'horreur a atteint par moment des proportions inouïes : deux conflits mondiaux, le génocide du peuple juif, l'univers du goulag, le discrédit des idéologies qui avaient la prétention de révéler le sens de l'histoire, la prolifération des régimes totalitaires. mais ce siècle se réduit-il à cette énumération accablante de crimes et d'atrocités ? il est aussi le siècle oú l'homme a conquis l'espace, découvert les secrets de la matière, exploré le génome, allongé la durée de la vie.
    il s'est achevé sur le triomphe de la démocratie dont les principes paraissent bénéficier, désormais d'un consentement presque universel. a l'échelle de la planète, le sentiment de la responsabilité de la communauté mondiale tend à l'emporter sur la souveraineté des etats. la conscience morale, devenue plus exigeante, condamne aujourd'hui ce qu'elle tolérait hier et légitimait avant hier. les attentats du 11 septembre 2001 et les guerres d'afghanistan et d'irak auraient-ils remis en question cette vision optimiste ? non affirme rené rémond dans une postface écrite pour cette nouvelle édition.


  • Le libéralisme effraie la France : la peur de la mondialisation, la peur du marché, la peur de voir s'écrouler l'Etat providence, la peur de l'exploitation ne cessent de servir de repoussoir, notamment à une gauche qui veut bien de l'économie de marché, mais refuse de théoriser la société de liberté.
    Or, le libéralisme ne se réduit pas à sa dimension économique. C'est d'abord la doctrine de la liberté fondatrice de la démocratie. Dès lors, la peur du libéralisme représente une crise dans la pensée démocratique française, en particulier pour une gauche qui refuse de comprendre que l'Etat n'est pas l'ultime acteur politique et préfère se lamenter sur l'impuissance de la politique à changer le monde, plutôt que de travailler à ce monde plus libre qui forme la substance des idéaux libéraux depuis plusieurs siècles.
    Au centre de la conception libérale, il y a la notion d'une société où l'on échange sans contrainte, où l'on s'exprime sans censure, une société de pluralité, où l'individu n'est plus sacrifié au groupe et dispose d'une liberté accrue de choix. A partir d'une présentation et d'une analyse des idées libérales, de leur confrontation aux dogmes français, Thierry Leterre montre que ces idéaux demeurent respectables, au-delà de la caricature du libéralisme économique souvent dénoncée, et qu'ils peuvent inspirer concrètement - à droite comme gauche - les femmes et les hommes de bonne volonté.

  • Rayon de vie, rayon de mort : l'opinion publique a toujours entretenu avec l'atome des relations complexes faites de fascination et de répulsion.
    Peut-on toutefois, sans abus de langage, parler de " grande peur " du nucléaire ? Pour pouvoir répondre à cette question, il faut différencier la peur de l'arme de celle de l'énergie nucléaire. Il faut aussi distinguer les " peurs citoyennes " et les " peurs d'experts ". Ces distinctions ne se recoupent pas nécessairement. L'analyse des traumatismes fondateurs, Hiroshima, " soleil de mort ", et Tchernobyl, " nuage de l'Apocalypse ", permet de mieux apprécier la profondeur de ces peurs nucléaires.
    Le secret qui a légitimement présidé à la naissance du nucléaire pendant la guerre perdure : aujourd'hui, c'est l'opacité qui entretient la peur. Seul un débat démocratique sur l'avenir du nucléaire tant civil que militaire, indispensable au moment où des pays comme l'Allemagne décident de " sortir du nucléaire ", permettrait, en jugulant des peurs parfois peu fondées, d'obtenir le soutien de l'opinion pour des choix d'une portée décisive.
    Pareilles décisions ne peuvent être laissées aux seuls experts. La politique est ici une exigence et un devoir.

  • Le déluge médiatique qui s'est abattu sur nos têtes à propos de l'Afghanistan fait l'impasse sur les causes profondes du drame car les commentateurs ne remontent guère au-delà de la guerre soviéto-afghane de 1979-1989.
    Les fragmentations et les divisions qui étaient là au XIXe siècle se sont poursuivies avec le développement du pays au XXe. Elles se sont déployées dans les années 1970 et rebondissent de plus belle depuis la guerre soviéto-afghane. Comme par le passé, les puissances étrangères jouent avec ces rivalités. Liée à ces tensions et incertitudes, apparaît la question des relations avec le Pakistan et de l'incidence des relations indo-pakistanaises sur l'Afghanistan.
    De ces multiples et anciens conflits dépendent les relations inter-ethniques, les rapports avec les mouvements islamistes et la communauté internationale. L'émergence de " l'internationale islamiste " et de Ben Laden n'est qu'une nouvelle dimension d'un drame intemporel. Ce livre trace également les grandes lignes de ce que pourraient être la reconstruction et le futur développement de l'Afghanistan si le cadre politique s'y prête.

  • Pressés par les impératifs de leur politique intérieure, les Etats-Unis déploient une stratégie tous azimuts pour gagner " la guerre contre le terrorisme ".
    L'espace de l'Asie orientale n'échappe pas à cette apparente offensive et plusieurs Etats de la région considèrent avec suspicion, voire avec crainte, la rhétorique belliqueuse du gouvernement américain.
    Cette nouvelle approche provoque et laisse croire à un réengagement massif des Etats-Unis, dans lequel se profile la redéfinition d'un équilibre des pouvoirs bien classique.
    Cette analyse doit être réfutée, sinon fortement nuancée. Les Etats de l'Asie orientale réagissent, se repositionnent et trouvent dans leurs vulnérabilités communes les éléments d'un recentrage régional à même de contrer le nouveau défi américain.
    Dans la complexité des nouvelles interactions, les Etats-Unis, comme les Etats régionaux, ne disposent plus du monopole d'une action désormais très dépendante des intérêts de bien d'autres acteurs.

  • " Le monde ne sera plus jamais le même " : depuis le jour tragique du 11 septembre, le récit de la catastrophe s'apparente à un discours sur les origines.
    On s'attendait à ce que la société américaine fût profondément transformée : la colère, le patriotisme exacerbé y compris pour une intervention lointaine en Afghanistan, l'auto-censure de la presse, l'abdication par quatre Américains sur cinq de leurs libertés, New York profondément meurtrie, les débats incessants sur " le pourquoi nous haïssent-ils ? "... L'Amérique n'était plus la même. Et pourtant, si tout a changé, en apparence, le 11 septembre est un révélateur de tendances lourdes dans la société américaine.
    Les notions d'élection et de Manifeste Destinée, la tolérance implicite de la corruption économique, la méfiance envers l'État fédéral et les organisations internationales, le repli communautaire, l'auto-défense par les armes : les singularités américaines n'ont pas été ébranlées par le 11 septembre. Toutefois, malgré la désignation répétée d'ennemis combattants ou infiltrés et l'incitation gouvernementale à la délation, les citoyens, dans leur grande majorité, ne sont pas dupes de la manipulation des risques par leurs gouvernants.
    Quant aux réactions de New York, elles montrent les continuités et l'accélération de processus à l'oeuvre. La reconstruction du Lower Manhattan, sur laquelle s'articule le livre illustre les luttes de pouvoir sous des apparences démocratiques au sein d'un mode de gouvernante pluraliste. Au cours de l'année écoulée, l'opportunisme politique a joué à plein et le 11 septembre a fourni un excellent prétexte aux multiples entrepreneurs publics et privés qui avancent leurs pions sur l'échiquier du pouvoir.

  • Gilbert etienne se méfie depuis longtemps des vues simplistes et du prêt-à-porter idéologique : il s'interroge ici sur la démocratie et la bonne gouvernance, devenues le passage obligé des pays en développement.
    Il s'attaque au tout-marché des sectaires de droite. il montre comment la mondialisation ne fait encore qu'effleurer les pays du sud, à quelques exceptions près. elle n'est donc guère responsable de la pauvreté du monde en développement. les discussions sur la croissance et ses retombées sociales, le rôle de l'éducation, sont mises en relief.
    Les nombreuses expériences réussies ou ratées dans les pays du sud depuis un demi-siècle permettent de dégager quelques lignes directrices : à la fois plus et moins d'état, un engagement ferme des élites dirigeantes, la bonne articulation entre agriculture, industrie, infrastructures, commerce extérieur.

    Le besoin de réduire l'économie du coulage qui dépasse la simple corruption est non moins évident, même si les occidentaux sont mal placés pour donner des leçons de morale.
    Les controverses découlent en partie de l'écart entre les " sçaventeaux " dont se moquait déjà montaigne et ceux qui observent les réalités vivantes, entre les politiciens et les experts qui parlent des pauvres, et ceux qui parlent avec les pauvres.


  • la mondialisation provoque tourbillons de croissance et intensification de flux de toutes natures - scientifiques, technologiques, démographiques, économiques, culturelles.
    la dynamique des réseaux tend à l'emporter sur le contrôle des territoires. mais le monde, qui est aussi un lieu, est présent dans chaque endroit de la planète. loin d'uniformiser celle-ci, la mondialisation n'est nullement une menace pour les positions acquises mais elle multiplie au contraire les opportunités. référence sur la mondialisation, cet ouvrage d'olivier dollfus, inventeur dès 1984 du " système-monde ", constitue, comme le souligne jacques lévy dans une passionnante préface à cette troisième édition, l'introduction à un mode de pensée qui rend possible une intelligence à la fois concrète et conceptuelle de la mondialisation.


  • Faillite annoncée du multiculturalisme en Allemagne et en Grande-Bretagne, chasse aux Roms en France et en Italie, criminalisation des Latinos aux États-Unis, conflits interethniques et racisme anti-Blancs en Afrique, racisme anti-Noirs en Europe, émeutes antichrétiennes en Asie et au Moyen-Orient, antisémitisme croissant et islamophobie mondialisée.

    Comment expliquer la permanence des préjugés racistes en dépit d'une mobilisation antiraciste sans précédent ? Quelles sont les pratiques dominantes de rejet de l'autre ? Assistons-nous à l'émergence de nouvelles frontières ethno-raciales ?

    Selon une approche à la fois théorique, historique et comparée, cet ouvrage évalue la nature et les contours du racisme contemporain. Il analyse comment l'obsession sécuritaire se combine dans de nombreux pays à un repli identitaire de plus en plus exclusif, pour légitimer un renforcement du contrôle social des minorités et un durcissement du contrôle aux frontières.

    Donner les bases théoriques et historiques pour aider à lutter contre le racisme, le repli et le rejet de l'autre, telle est l'ambition de cet essai.

  • A travers l'analyse des effets de la révolution numérique sur l'organisation des marchés culturels, V. Chabault examine les logiques de consommation du livre sur Internet.

  • Les assertions gratuites ou contradictoires sur l'importance et l'évolution de la délinquance polluent un débat nourri de statistiques que chacun manie à sa guise et où l'État détient le monopole des sources et du traitement. Voici un ouvrage qui apporte une perspective scientifique dans la mesure de la délinquance. Après une histoire des méthodes de mesure et de leurs mutations contemporaines, les auteurs font apparaître les grandes évolutions de la délinquance : augmentation du vol de masse avec l'essor de la consommation depuis les années 1960 ; augmentation du vol avec violence et montée d'une petite violence expressive à partir du milieu des années 1980 - années de fracture sociale ; flambée, depuis les années 2000, d'une répression concentrée davantage sur la défense de l'ordre public (trafic de produits prohibés, immigration irrégulière) que sur la sécurité du citoyen. Il plaide enfin pour trois évolutions majeures : une mesure de la délinquance analysée sur le temps long ; une mesure qui ne soit plus le monopole du pouvoir et qui combine différents types de données ; une relance urgente de la mesure de la délinquance financière et de celle des élites. Un diagnostic indispensable pour comprendre la situation actuelle de la délinquance.

  • L'union politique de l'Europe ne pourra s'opérer qu'au rythme du " temps long ", au sens où l'entendait Fernand Braudel à propos de la Méditerranée. En témoigne la succession des traités adoptés depuis la Déclaration Schuman du 9 mai 1950. La fin de la guerre froide et l'élargissement ont donné à l'Union européenne la taille critique et la marge d'autonomie ouvrant la voie à l'union politique. Puissent les innovations introduites dans le traité de Lisbonne rendre désormais possible une mutation que la mondialisation et l'émergence de nouvelles grandes puissances imposent aux États membres. C'est cette nécessité d'achever l'union politique de l'Europe et de prendre la mesure de la fédération d'États-nations, telle que la propose Jacques Delors, que cet ouvrage entend démontrer.

  • Ce que nous avons appelé les transitions démocratiques a suscité bien des espoirs avec la fin de la dictature en espagne, la disparition des régimes militaires en amérique latine et l'effondrement imprévu de la domination communiste à l'est de l'europe.
    Mais l'heure de la désillusion a vite sonné face aux déchirements ethniques de l'ex-yougoslavie et du caucase, à la dérive autoritaire russe, à l'impasse politique en afrique et, surtout, au défi que l'islamisme oppose à la démocratie telle que nous la concevons. sans succomber au pessimisme mais sans aveuglement complice, ce livre fait le point sur les chances réelles de consolidation des jeunes démocraties et d'extension des régimes de liberté dans le monde.
    Il rappelle, d'abord, que le phénomène de la démocratisation ne constitue pas une nouveauté puisqu'il a affecté en son temps l'europe de l'ouest. il examine ensuite les obstacles qui se dressent sur son chemin aussi bien que les péripéties de l'exercice difficile du passage de l'autoritarisme à la démocratie. il pose enfin la question primordiale : comment l'esprit démocratique vient-il aux peuples, c'est-à-dire, comment devient-on citoyen ?.

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