Pu Du Mirail

  • En écho aux manifestations du 50e anniversaire de l'institutionnalisation des « sciences de l'éducation » dans l'Université française en 1967, ce volume retrace, au-delà de cette date symbolique, la genèse et les évolutions multiformes de cette discipline du XIXe siècle à nos jours, à l'échelle nationale et internationale. L'accent est placé sur les trajectoires et pratiques effectives des chercheurs en sciences de l'éducation, sur les collectifs, réseaux et instances qui incarnent et configurent cette discipline, montrant la pluralité des protagonistes qui y oeuvrent, inscrits dans leur monde environnant et le contexte international. Faisant varier aussi bien les approches que les échelles et les temporalités d'analyse, les auteurs témoignent d'une lucidité critique sur diverses questions vives, toujours d'actualité : pressions politiques, logiques de territoires, débats saturés d'idéologie, scientificités contestées, reconfigurations mouvementées, standardisations discriminantes.
    Ils explorent également les potentialités d'une discipline susceptible de contribuer à élargir l'accès à la culture et à consolider nos démocraties.

  • Les dossiers des sciences de l'éducation n.44 ; Freire Hoje, Freire Hoy Nouv.

    Paulo Freire (1921-1997) est une des figures pédagogiques contemporaines incontournable pour tous les professionnels dans les espaces d'éducation formels et informels. Connu pour être le créateur d'une méthode d'alphabétisation des adultes, il a été aussi un acteur politique important au Brésil dans la refonte du système d'éducation et un grand théoricien de l'action éducative. Il a ainsi publié un grand nombre de livres traduits en différentes langues et de nombreuses universités du monde l'ont distingué comme docteur honoris causa.
    À l'occasion du centenaire de sa naissance, ce numéro permet de revenir sur les principes organisateurs de sa pensée et de la mettre en lien avec des questions éducatives contemporaines. Ainsi, loin d'être restreints à leur contexte d'émergence dans le Brésil du xxe siècle, ses réflexions et concepts permettent dans certains articles d'analyser sous un angle singulier les conditions de développement de pratiques co-éducatives, de formation par compagnonnage ou de recherche-intervention. Dans le cadre de la pédagogie critique, ses travaux contribuent également à mettre en perspective les dimensions politiques et axiologiques de toute action éducative.

  • À un moment où de nombreux domaines affichent des préoccupations relatives à la littératie, il paraît utile de s'attacher à la constitution et à la réinterprétation de son espace conceptuel dans le champ de l'enseignement et de l'éducation. Plutôt que de se focaliser sur les différentes tentatives définitoires qui ont pu en être proposées, les contributions de ce volume tendent à explorer la plasticité de cet espace à partir de ses racines épistémologiques et scientifiques afin de le rendre plus opératoire pour les chercheurs et les praticiens. Il s'agit de voir en quoi il conduit à penser autrement le développement des activités langagières : le continuum de leurs apprentissages, leurs interactions, leurs usages dans différentes institutions sociales, leurs fonctionnalités pour l'individu et la société. Le tissage des points de vue des auteurs francophones, de différentes nationalités, permet d'envisager les apports potentiels de cet espace conceptuel et renouvelle le regard porté sur les questions d'enseignement et sur les interventions éducatives.

  • Au moment où un changement d'orientation politique du ministère de l'Education nationale amène à reconstruire les cycles et à mettre l'accent sur la maîtrise du langage en vue de mieux lutter contre l'échec scolaire, il est utile de faire un point sur cette question : le langage oral a-t-il besoin d'être enseigné à l'école et si oui sous quelle forme ? Ce numéro aborde la question en décrivant la nature réelle du rapport entre l'oral et l'écrit afin de se poser ensuite la question de la nature de l'objet oral à l'école : objet simplement " travaillé " ou objet " enseigné " ? L'écrit et l'oral sont-ils si distincts et certaines formes d'oral participent-elles du domaine des " connaissances secondes " ?

  • CLASS (Classroom Assessment Scoring System) est l'une des grilles d'observation et d'évaluation de la qualité des interactions enseignant-élèves la plus utilisée en Amérique du Nord. Elle investit principalement trois grands domaines : le soutien émotionnel, l'organisation de la classe et l'accompagnement de l'apprentissage, qu'elle décline ensuite en dix dimensions. Un groupe de chercheurs français et québécois ont choisi de transposer cet outil en contexte francophone.
    Ce numéro rend d'abord compte de cette expérience au travers de recherches conduites toutefois selon des perspectives et des éclairages assez différents. Au delà de l'intérêt des résultats obtenus, les questions méthodologiques et épistémologiques sont clairement abordées. Elles invitent à une position nuancée, en particulier quand sont mobilisées les notions de qualité ou d'évaluation, mises en lien avec celles d'observation et de mesure.
    Sans doute faut-il retenir de cette livraison de DSE que CLASS est un outil et simplement un outil, présentant des intérêts indéniables pour la recherche sur les interactions en classe, mais qu'il convient toutefois de n'utiliser qu'en préservant la distance critique requise dans toute démarche scientifique.

  • Parmi la diversité des activités menées par les formateurs, celle relative à la conception des situations et/ou dispositifs de formation, est peu étudiée et, de fait, reste à ce jour encore assez méconnue. La préoccupation première de ce dossier thématique est de permettre au lecteur d'avoir accès à des contributions qui, à partir d'ancrages théoriques et de méthodologies différents mais aussi de terrains d'étude singuliers (agriculture, enseignement, etc.), étudient l'activité de conception.
    Les contributions retenues au sein de ce dossier permettent de couvrir trois types d'enjeux en matière de conception des situations et/ou dispositifs de formation. Certaines étudient comment et dans quelle mesure l'activité de conception du formateur parvient à prendre en considération les contraintes et les aménagements nécessaires au passage de la transmission/acquisition des savoirs au développement de compétences singulières chez les formés.
    D'autres contributions interrogent plutôt la place du métier, objet de formation plus ou moins objectivisé et formalisé, au coeur de l'activité de conception. A ce titre, elles posent des problématiques connexes telles que par exemple celle relative au statut des formateurs et à la nature de leur expertise. Enfin, certaines contributions étudient plus spécifiquement comment concevoir des situations et/ou dispositifs de formation dont l'objectif serait de participer à la construction de compétences plus générales (par exemple les "soft skills" relatives au travail en équipe, à la pensée critique, etc.) de plus en plus attendues dans de nombreux domaines professionnels.

  • Ce numéro thématique propose d'étudier les échanges en milieux de soin comme des situations sources d'apprentissage et d'expérience pour ceux qui les vivent et les co-produisent : les patients et les soignants. Il aborde les formes d'activités et d'apprentissages qui se réalisent sur le terrain du soin, notamment à l'occasion de situations mettant en présence au moins deux sujets cherchant à se comprendre, et à agir pour, sur ou avec l'autre.
    L'étude des interactions permet de questionner les dynamiques expérientielles et formatives qui s'opèrent chez les acteurs. Quatre types d'axes de recherche sont abordés : La compréhension de la nature des apprentissages qui surviennent durant les interactions de soins (l'apprentissage ouvrant ici sur une diversité d'entrées : négociation des places, rapport de domination, émancipation, coproduction et légitimation des savoirs, etc.) ; L'étude des conditions et des configurations situationnelles qui rendent possibles ou au contraire inhibent ces processus ; La présentation des dispositifs méthodologiques permettant d'observer le travail langagier en situation réelle ainsi que les outils de traitement des données qui peuvent être opérationnalisés dans une démarche orientée formation ; L'analyse des enjeux pédagogiques et didactiques qui se dégagent de l'étude de ces apprentissages, ainsi que la façon dont ils peuvent orienter l'élaboration des dispositifs d'accompagnement, de formation, de recherche-intervention.

  • Les sciences de l'éducation ont atteint en 2017 le seuil symbolique des 50 ans d'existence. Ces années de travaux, de colloques, de publications ont permis à la discipline d'asseoir sa légitimité dans les champs de l'éducation, de la formation et du travail. Elles ont produit une histoire, faite de débats, d'avancées scientifiques, d'évolutions ou de bifurcations, histoire que le colloque « Mêlées et démêlés, 50 ans de recherches en sciences de l'éducation », qui s'est déroulé à Toulouse du 20 au 22 septembre 2017, a mis en perspective afin de mieux saisir les enjeux contemporains de la discipline.
    Dans le prolongement du colloque, le numéro 40 des Dossiers des Sciences de l'Éducation étudie de façon rétrospective les traces de 50 années écoulées à travers des publications, des actes de colloques, des films, des témoignages, etc., ainsi que les controverses qui ont jalonné cette période.

  • À l'occasion de l'organisation des rencontres de juillet 2019 à Toulouse, le comité d'organisation du Réseau international de recherche en éducation et en formation (REF) et le comité de rédaction des Dossiers des sciences de l'éducation ont décidé de consacrer ce numéro 41 de la revue, qui pa- raît quelques jours avant cet événement, à une mise en perspective de la recherche francophone dans la discipline des sciences de l'éducation et de la formation. Le REF est né en 1989. Ses diverses rencontres, maintenant organisées tous les deux ans dans un des quatre pays fondateurs (France, Belgique, Québec, Suisse), ont vu le nombre de symposiums, qui sont la marque distinctive de son fonctionnement, augmenter de 4 à 37 (Toulouse, 2019) et l'effectif des participants connaître la même croissance. Précédées et/ou suivies par une journée de colloque(s), ces rencontres contribuent à la réalisation et à la diffusion de la recherche comme en témoignent les dizaines de publications (plus de 140 livres ou dossiers de revue à ce jour).

  • Les dossiers des sciences de l'éducation n.45 ; politiques d'éducation : l'ère du pilotage ? Nouv.

    La conduite des politiques d'éducation s'est largement modifiée, depuis les années 1980, sous l'effet, notamment, de l'accroissement, de la diversification et de l'amélioration des indicateurs et des instruments de régulation disponibles. Un nombre croissant d'acteurs, qu'ils soient chercheurs, experts, professionnels de l'éducation ou responsables politiques ou éducatifs, en viennent ainsi à interroger les nouveaux modes de « pilotage » des systèmes éducatifs. Cette notion correspond-elle simplement à une nouvelle métaphore à la mode ou désigne-t-elle un changement plus profond des modes de régulation à l'oeuvre ? S'agit-il d'une nouvelle catégorie d'analyse que le chercheur est amené à reprendre et conceptualiser ou d'une nouvelle catégorie d'action publique à analyser en tant que telle ? Et s'il s'agit des deux, comment penser leur articulation ? Quels sont les formes, les dynamiques et les effets des modes de pilotage de l'éducation à l'oeuvre aujourd'hui dans les pays francophones et au-delà ? Pour répondre à ces questions, ce numéro rassemble des articles d'auteurs qui travaillent ces sujets depuis plusieurs années. Leurs contributions, assises sur des cadres théoriques divers, permettent de couvrir différentes aires géographiques (Belgique, France, Suisse, international) et mettent en évidence les différentes tensions suscitées par ce nouveau mode de régulation.

  • Durant les 25 dernières années, de nombreux problèmes et accidents divers liés aux évolutions scientifiques et technologiques, à leurs applications et à l'expertise scientifique ont émergé. Ces accidents ou dérives technoscientifiques (Tchernobyl, affaire du sang contaminé, ESB, préoccupations autour des biotechnologies et des nanotechnologies, etc.), et le questionnement portant sur les causes et les conséquences des crises environnementales (dérèglements climatiques, modifications des biotopes, pollutions diverses, qualités de l'air et de l'eau, etc.) interrogent les linéarités ou les relations binaires habituelles, par exemple entre sciences et applications, sciences et nature (Callon, Latour, Serres).
    Sont questionnées de manière forte les relations entre sciences-technologies et sociétés-politiques, notamment le fonctionnement des expertises scientifiques et le rôle des médiateurs. Ce contexte incertain et critique légitime une prise en compte des interactions sciences-technologies-société dans l'éducation et l'enseignement scientifique. Le courant anglo-saxon des Socioscientific Issues (Kolsto, Sadler, Zeidler, Jimenez-Aleixandre) et celui francophone des Questions socialement vives (Legardez, Simonneaux) placent l'étude des dimensions sociales, économiques et politiques des technosciences, la prise en compte des incertitudes, de la complexité et des risques dans l'enseignement des sciences.

  • La notion de curriculum, d'inspiration anglophone nord-américaine, plus précisément étatsunienne, a aujourd'hui envahi le monde occidental. Dans le même temps, lui est associée tout particulièrement celle de compétence. Ce lien étroit est fondé historiquement, ainsi que nous allons le rappeler dans un premier temps. En effet, poser la question des modalités d'évaluation des processus d'apprentissages et de leur produit (les apprentissages réalisés) requiert de nous arrêter à au moins trois aspects interreliés : premièrement, la spécificité de la conception étatsunienne du curriculum où ce terme a pris sa signification - il serait plus juste de dire «ses significations» - par rapport à la conception française traditionnelle d'un cursus ; deuxièmement, les caractéristiques distinctives d'un curriculum dans ses liens à la notion de compétence qui conduisent à poser différemment la question de l'évaluation, de ses objets et des processus évaluatifs ; troisièmement, les conséquences de la conception curriculaire au regard des objets à évaluer et des processus évaluatifs. Nous entendons ici en rester à l'évaluation des processus et des produits de la relation enseignement-apprentissage et non, par exemple, aux implications des structurations curriculaires sur l'évaluation des établissements. Notre objectif est de souligner seulement quelques changements qui en découlent sur le plan des objets et des processus évaluatifs. De plus, l'évaluation dans un contexte curriculaire requerrait de poser la question de l'évaluation dans un lien étroit et inséparable entre les pratiques d'enseignement et la mise en place de processus d'appréciation des apprentissages (l'évaluation fait dès lors intrinsèquement partie des processus de planification des situations d'enseignement-apprentissage). Nous ne traiterons pas de ce type d'évaluation. Enfin, nous ne portons pas non plus un regard critique sur le bien-fondé du recours aux compétences dans l'enseignement, car il s'agit là d'une autre problématique, qui nécessiterait le recours à d'autres perspectives, politiques, économiques, sociales et culturelles. Nous nous situons ici uniquement sur le plan des processus d'enseignement-apprentissage.

  • Le travail est une réalité sociale souvent perçue comme "centrale" dans l'organisation de la société et soumise à des "métamorphoses" rapides et permanentes qui se répercutent sur les pratiques éducatives. A l'heure où le chômage et les formes de précarité vont grandissant, où la demande de professionnalisation des dispositifs de formation se fait pressante, des questions complexes pour la recherche en éducation se trouvent posées.
    Les processus de professionnalisation, s'ils interpellent et questionnent la forme scolaire, ne la remettent pas nécessairement en cause, ou en tout cas pas dans des proportions de changement importantes. Le rapport aux différents types de savoir, s'il est continuellement mis en tension par les pratiques étudiées, ne se transforme pourtant pas toujours radicalement. C'est finalement cette tension entre changement potentiel et changement effectif en matière de relation travail/éducation/formation que les huit textes de ce numéro traduisent.
    Théâtre de la construction de l'expérience, contexte de construction et de transmission de certains types de savoirs, horizon de projets des individus, objet de reconnaissance, le travail est questionné ici dans sa dimension potentielle de développement tant professionnel que personnel manifestant ainsi une part du regard que les sciences de l'éducation peuvent porter sur l'objet travail. Les textes déclinent certaines des facettes des relations actuelles entre reconfigurations du travail et évolutions du champ de l'éducation et de la formation (ses activités, ses acteurs et ses dispositifs).
    Ils abordent le travail et sa relation avec l'éducation et la formation du point de vue de la construction des diplômes et des référentiels, de l'introduction de l'approche par compétences, des logiques et pratiques de reconnaissance et validation des acquis de l'expérience, des effets de la formation en situation de travail, par exemple par le biais des stages ou de l'alternance.

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