Pu Francois Rabelais

  • Toutes les images ne se valent pas.

    Dans le christianisme, comme dans bien d'autres religions, il existe une catégorie d'images créditées d'un statut et de pouvoirs particuliers : les fidèles viennent de loin pour les vénérer, ils implorent leur aide et leur attribuent des prodiges. Initié durant les derniers siècles du Moyen Âge, ce phénomène a marqué de son empreinte l'histoire du christianisme occidental et ses conséquences sont encore perceptibles aujourd'hui.

    Comment et pourquoi naît un culte à l'endroit d'une image bien précise ?

    Quelles sont les conditions pour que ce culte perdure et quelles conséquences le passage du temps lui fait-il subir? Existe-t-il un déterminisme d'ordre esthétique qui pourrait expliquer le fait que des images, ou des catégories d'images, en viennent à être créditées d'un statut spécifique ? Quel était le rôle de la matérialité des objets dans les phénomènes surnaturels qui leur étaient attribués ? Qu'étaient, aux yeux des croyants, ces icônes, ces tableaux et ces statues qu'ils venaient vénérer et implorer : de simples représentations d'intercesseurs absents ? Des êtres d'un genre particulier ? Des objets chargés d'un pouvoir propre et pérenne ?

    En apportant des réponses à ces questions, cet ouvrage offre la première vue d'ensemble d'un phénomène qui a marqué de son empreinte l'histoire religieuse européenne.

  • Grand amateur de cabinets de curiosités et d'expérimentations scientifiques, Élie Richard a rassemblé dans son Histoire naturelle une collection de 200 notices illustrées consacrées à ce qu'il y a de plus remarquable selon lui dans les règnes animal, végétal et minéral, sans compter les phénomènes que l'on appelle les « météores ».
    Pour réaliser ce précieux manuscrit richement orné de vignettes aquarellées, élie Richard a mis à contribution les livres de sa copieuse bibliothèque scientifique, comme il l'a fait pour ses notices, prélevant ici et là, confrontant ses sources, leur apportant des corrections le cas échéant, non sans faire part de sa propre expérience.
    C'est donc à une promenade parmi les textes et les images des ouvrages qui font autorité à l'orée du siècle des Lumières que nous convie cet opus. Cette Histoire naturelle est aussi, par la sélection même qu'Élie Richard opère parmi les objets du monde et par la façon dont il les présente, un excellent témoignage de l'évolution de la curiosité savante, ou, pour reprendre ses propres termes, de la belle Curiosité.

  • Hieroglyphica ; Cléopâtre et l'Egypte à la Renaissance Nouv.

    Riche d'une double identité grecque et égyptienne, victime d'une légende noire orchestrée par la haine de la propagande romaine, Cléopâtre a traversé les siècles et a cristallisé, dans son image aux mille lumières et visages, les fantasmes des époques les plus éloignées. Elle est femme de pouvoir et de savoir, reine bâtisseuse et tacticienne capable de contrôler les rivages de la mer Méditerranée, assoiffée de philosophie, de science et de médecine, mais aussi une vaincue de l'histoire, captive des Romains et de leur propagande agressive. Prisonnière de son destin, elle est devenue l'incarnation de l'aplestos, une vision réadaptée par chaque siècle afin d'y projeter désirs et fantasmes.

    Ce livre explore ces différents visages de Cléopâtre et de l'Égypte à la Renaissance, de la littérature à l'art, des traités sur les poisons au théâtre qui a vu fleurir une constellation de Cléopâtres, parmi lesquelles la Cleopatre captive de Jodelle et la Cleopatra de Giraldi Cinthio. Il met aussi en lumière que la Reine d'Égypte a incarné pour les hommes de la Renaissance une constellation de vertus : elle est l'archétype de la femme fatale, une femme forte qui brise ses chaînes par une mort héroïque, une femme de savoir et d'expérimentations. On connaît mieux aujourd'hui le rôle de Cléopâtre dans la renaissance culturelle et son intérêt pour les sciences grâce aux sources arabes, aux récentes découvertes archéologiques, aux monnaies et aux monuments égyptiens et romains qui la concernent.

    Contributeurs :
    Simonetta Adorni Braccesi - Carlo Baja Guarienti - Riccardo Benedettini - Emmanuel Buron - Magda Campanini - Patrizia Castelli - Dario Cecchetti - Nerina Clerici Balmas - Camilla Fascina - Filippo Fassina - Juliette Ferdinand - Mino Gabriele - Felice Gambin - Rosanna Gorris Camos - Marie-Pierre Laumond - Paola Martinuzzi - Daniela Mauri - Romain Menini - Giovanni Ricci - Anne Rolet - Stéphane Rolet - Irene Romera Pintor - Daniele Speziari - Jean-Claude Ternaux - Frédéric Tinguely - Susanna Villari - Alessandra Zamperini.

  • En deux siècles, du début de la guerre de Cent ans jusqu'aux guerres d'Italie, le canon va radicalement transformer l'art militaire et changer le cours de l'histoire des États européens. Des premiers tonnoires, tout juste bons à projeter des traits incendiaires, jusqu'aux canons de batteries à boulet de fer, pulvérisant en quelques heures des murs de plusieurs mètres d'épaisseurs, l'histoire du canon au Moyen Âge et à la Renaissance est riche, variée, bien loin de l'image d'Épinal des bombardes démesurées et inefficaces.

    Renouvelant l'histoire de l'artillerie médiévale, cet ouvrage identifie les étapes de cette évolution en France du Nord, démêle les pièges d'un vocabulaire foisonnant (qui n'est pas le même, par exemple, pour l'artillerie royale française et l'artillerie ducale bourguignonne), montre l'impact de la nouvelle arme sur la guerre de siège, la guerre en campagne et la guerre sur mer.

    Cette clarification sera précieuse aux historiens de l'architecture, cherchant à comprendre l'évolution de la fortification de transition, aux historiens de l'État, voulant mesurer l'enjeu de la nouvelle arme pour les structures administratives des États modernes en cours de constitution, et, de manière générale, pour tous les passionnés d'histoire du Moyen Âge ou de la Renaissance.

  • AUTOUR DES CHÂTEAUX ou des demeures nobles, les jardins ouvrent sur un environnement recomposé par la main de l'homme. Parterres, fontaines, bosquets invitent au parcours le long des allées ou à l'ombre des berceaux de verdure. Lieux de plaisir, de senteurs et de visions sans cesse renouvelées, les jardins constituent un aménagement remarquable de l'environnement.

    Le jardin du Moyen Âge, subdivisé en plusieurs "courtils", potagers ou fruitiers, avec ses carrés de fraisiers, de plantes médicinales, ses treilles... affiche ses fonctions utilitaires, mais aussi de plaisance : des préaux de verdure sont des lieux de rencontre et de promenade.

    À partir de la Renaissance, le jardin s'aligne sur l'ordonnance du château, répondant à une composition plus savante : des fontaines et bassins ornés de statues en jalonnent les allées, des parterres de broderie y dessinent des ornements géométriques, des belvédères y ménagent des vues sur des horizons inédits. La circulation des hommes et des modèles, la diffusion des livres imprimés, un nouvel esprit scientifique, un goût renouvelé pour les conditions de nature font aussi du jardin de la Renaissance un lieu d'expérimentation botanique.

    Aujourd'hui, alors que l'aménagement des jardins participe des enjeux d'une réflexion sur l'écologie et l'environnement durable, leur recréation à Blois, Chambord, Chenonceau, Villandry, Montpoupon, se modèle sur les traces anciennes ou s'accompagne d'interprétations contemporaines.

  • Haut lieu de l'épopée de Jeanne d'Arc, ardent foyer des Guerres de religion au XVIe siècle, Orléans connaît, durant les années 1450-1560 une vitalité incomparable. A la croisée des routes de la Loire, du Lyonnais et de l'Île-de-France, nantie d'une université réputée jusqu'au c?ur du Saint empire romain germanique, Orléans est une cité où éclot de façon privilégiée le renouveau des arts et de la culture. Orléans se transforme alors profondément, la ville est un vaste chantier : de nouveaux quartiers sont fondés, des maisons aux façades renaissantes sont bâties. De la sculpture à la vie littéraire en passant par la vie musicale, le renouveau ne se cantonne pas au cercle étroit de l'université, mais déborde sur l'ensemble de l'activité urbaine. Aujourd'hui encore, Orléans conserve un riche patrimoine révélé par un ambitieux programme de restauration. Ce livre, richement illustré, vous fera voyager dans une ville emblématique de la Renaissance française.

  • Aujourd'hui comme hier, le cahier est le support de l'apprentissage scolaire, celui de la l'écriture, de la musique, des leçons du maître.
    Qu'il soit en papier ou sous la forme de tablette de cire, il offre aux chercheurs une source privilégiée pour l'histoire de l'enseignement. Ainsi, ce livre nous fait découvrir que nos usages pédagogiques n'ont rien en commun avec ceux du Moyen Âge et de la Renaissance.
    A travers d'exceptionnels exemplaires concrets, ce livre montre les différentes facettes de ce dispositif complexe, aux frontières du manuscrit et de l'imprimé, du cahier d'écolier et du cahier du maître, témoin de méthodes pédagogiques où se révèlent, à l'âge de l'humanisme, autant de continuités que de ruptures.

  • Issu d'artisans de Beauvais, Antoine Caron connut une ascension artistique remarquable, travaillant pour cinq rois successifs et pour la reine mère Catherine de Médicis. Sa formation en province, puis sur les chantiers royaux, lui permit de devenir un artiste polyvalent, qui pouvait répondre aussi bien aux commandes de la ville qua celles de la cour. Membre de la corporation des peintres parisiens, il a, sa vie durant, réalisé peintures et dessins qui furent transposés dans des techniques aussi diverses que l'enluminure, la peinture, la sculpture, la gravure, la tapisserie ou encore le vitrail. L'engouement pour ses inventions fut tel qu'il fut souvent copié de son vivant. Il fut redécouvert en 1850 par Anatole de Montaiglon et étudié par Gustave Lebel puis par Jean Ehrmann, mais sa carrière comportait encore de nombreuses zones d'ombre, et le corpus qui lui était attribué demeurait hétérogène. Basé sur l'exploitation de nouveaux documents, sur l'examen des oeuvres ainsi que sur les réalités sociales du métier de peintre en France dans la seconde moitié du XVIe siècle, ce livre propose de revenir sur les principales étapes du parcours d'Antoine Caron ainsi que sur son abondante production qui en fait, avec Jean Cousin et Baptiste Pellerin, l'un des artistes les plus importants de la Renaissance française.

  • Dans l'Europe de la Renaissance, les poètes puisent volontiers leur inspiration du côté de la peinture de leur temps, et c'était alors un défi apprécié que de transposer dans le langage ce qu'un tableau exprimait par des lignes et des couleurs. La mode de l'ekphrasis (description d'oeuvres d'art) n'est pas nouvelle puisqu'elle remonte à l'Antiquité gréco-latine. Les poètes de la "République des lettres" européenne (qu'ils écrivent en langue moderne ou en néo-latine) s'inscrivent consciemment dans cette tradition ; mais ils réinventent aussi le genre pour en faire le porte-voix de leurs propres aspirations, goûts et préoccupations artistiques et littéraires.

    À travers une quinzaine d'études de cas distribuées entre le XVIe et le XVIIe siècle et réparties entre l'Italie, la France, l'Allemagne, les anciens Pays-Bas et la Pologne, le présent volume cherche à rendre compte d'une diversité d'enjeux liés à la pratique de l'ekphrasis moderne dans des poèmes de formes et de thèmes variés, qui reflètent des tableaux tout aussi divers : scènes mythologiques, religieuses ou historiques, nus féminins, portraits de grands hommes ou encore tableaux de fleurs.

  • Connu pour son recueil d'emblèmes néo-latins, les Symbolicae Quaestiones (1555), illustré par Giulio Bonasone et qui connut un grand succès dans l'Europe de la Renaissance, Achille Bocchi (1488-1562) fut une figure majeure de la vie littéraire et culturelle à Bologne au XVIe siècle. Ce lecteur au Studio de la ville présidait une académie qui se réunissait dans son palais bolonais et accueillait un cercle important d'hommes de lettres, prélats et artistes.

    Le présent ouvrage, qui fait suite à notre édition commentée et traduite des emblèmes de Bocchi (PUFR/PUR, 2015), propose pour la première fois l'édition, la traduction, et l'annotation de trois textes inédits, accompagnées de vastes introductions, qui permettent de mieux comprendre l'activité de cet auteur et de son cercle, et, plus largement, de comprendre la circulation des idées et des pratiques littéraires au XVIe siècle. Ces trois opuscules complémentaires, qui couvrent une période allant de 1515 à 1556, s'illustrent par leur variété générique et par l'importance des questions philosophiqies, politiques et religieuses qui y sont soulevées.

    Tandis que le Démocrite ou la vanité propose une praelectio hors normes, placée sous le signe d'une verve satirique mordante qui doit beaucoup à Antonio Urceo Codro, Pietro Crinito et Érasme, le Tolomeu, véritable dialogue politique, met aux prises Claudio Tolomei, Annibale Caro et Gabriele Cesano pour débattre de la difficile question de l'attitude que le prince doit montrer face à ceux qui l'insultent ou le calmonient. La double présence, en arrière-plan, de Pier-Luigi Farnese, duc de Parme et de Plaisance, et du cardinal Hippolyte d'Este, ambassadeur de François 1er, confère une véritable actualité à cet échange qui fait aussi la part belle aux historiens de l'Antiquité et à Machiavel. Quant au troisième texte, le Petit commentaireau Symbole 10 d'Achille Bocchi, rédigé par un ami de l'emblématiste, Giovanni Antonio Delfinio, il entraîne le lecteur dans l'interprétation allégorico-philosophique d'un emblème inspiré par un authentique bas-relief antique, dit "d'Ikarios" ou "de la théoxénie", qui appartenaut à la collection Farnèse, et dans les figures duquel Bocchi et son commentateur pensent pouvoir reconnaître des personnages de la sixième Bucolique de Virgile.

  • Halles et hôtels de ville, parfois réunis dans un seul ensemble monumental, ont occupé, avant et audelà de la Renaissance, une place particulière dans l'imaginaire urbain, en cristallisant l'idée d'appartenance à une communauté d'intérêts et d'origines. Si la création des halles à proprement parler est à mettre en rapport avec l'essor urbain et le développement des échanges économiques du Moyen Age, les Hôtels de Ville, qui offraient aux membres du Conseil un local représentatif où puissent être centralisées les différentes fonctions de gouvernement, sont aussi le reflet de l'émergence du pouvoir municipal.
    Hôtels de ville et/ou beffrois constituèrent aussi des lieux de mémoire, où les villes conservaient leurs chartes et privilèges, tandis qu'en façade extérieure bretèches ou oriels, -des balcons au XVIIe siècle-, comme tribunes de proclamation, rendaient tangibles l'image du pouvoir communal. Les maisons communes offraient encore, dans le cadre des réceptions officielles, des fêtes, des Joyeuses Entrées des souverains, des espaces de représentation ou des lieux de célébration religieuse, diverses cérémonies accompagnant la tenue des conseils.
    Points de rassemblement des milices communales, elles affirmaient enfin le pouvoir politique de la ville. Mais la constitution de vastes ensembles monumentaux ouverts sur les places urbaines et associant halles et maisons communes dans un espace urbain densifié présentait d'énormes difficultés. Aussi les architectures de ces maisons communes en furent variées, dans l'espace comme dans le temps, des compositions monumentales des grandes cités des Pays-Bas à celles d'Italie ou des Pays Germaniques, aux simples maisons de ville faisant office dans bien des cas d'édifices publics.

  • À la fin du Moyen Âge on observe en Europe un phénomène de démembrement de la curia principis au cours duquel l'informel Conseil du prince s'institutionnalise lentement. Ce Conseil se caractérise par la fluidité de sa forme, la place qu'y occupe la faveur du prince et sa souplesse en tant qu'instrument de gouvernement. Il constitue donc une entrée réflexive particulièrement riche pour l'histoire de la cour, de l'État, des institutions, des idées politiques et de la société politique de la Renaissance.

  • Découvrez Calvin - Naissance d'une pensée, le livre de Jacques Varet. En 1526, un jeune catholique nommé Jean Calvin, âgé de 17 ans, rejoint la prestigieuse université de droit d'Orléans. Jusqu'en 1533, à Orléans et à Bourges, Calvin côtoie des étudiants appelés à devenir des personnalités célèbres. Il s'imprègne des enseignements de grands professeurs, parmi lesquels Pierre de l'Estoile, André Alciat et Melchior Wolmar. Au contact des nombreux étudiants germaniques qui peuplent les universités d'Orléans et de Bourges, pour la plupart luthériens, dans une atmosphère humaniste particulièrement féconde et stimulante, il apprivoise les idées évangéliques. Ces années de formation, foisonnantes de découvertes et d'ouvertures intellectuelles, furent fondamentales dans la construction de la pensée originale de Calvin. Dans ce livre, c'est d'abord la question de la genèse d'une pensée émancipée qui est posée. Comment et pourquoi un jeune étudiant catholique bascule-t-il de l'humanisme chrétien à la dissidence religieuse ? Orléans et Bourges furent des étapes vers une radicalité qui se développe réellement à Paris, particulièrement dans le contexte des débuts de la persécution anti-protestante en France. Tour à tour sont abordées la force de la pensée politique de Calvin, la puissance de son verbe, et enfin ses conceptions économiques, sociales et environnementales.

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