Quai Branly

  • Une plongée sensible dans la réalité de l'inventaire du patrimoine kanak et du minutieux travail d'enquête mené par Roger Boulay durant deux décennies.

    Roger Boulay, collaborateur de l'Agence du Développement de la Culture Kanak de 1979 à 1998, se vit confier par Jean-Marie Tjibaou et son équipe, une exceptionnelle mission d'Inventaire du Patrimoine Kanak Dispersé (IPKD) dans les musées et collections publiques du monde entier. Il réalisa cet important travail de recensement en étroite collaboration avec Emmanuel Kasarhérou, aujourd'hui président du musée du quai Branly - Jacques Chirac. Un minutieux travail d'enquête documenté par plus de 3 000 croquis et fines aquarelles des objets inventoriés.

    À travers un dialogue entre les carnets originaux et des oeuvres conservées au musée, l'exposition propose d'entraîner les visiteurs dans « l'aventure de l'inventaire », de manière à en appréhender la réalité concrète et de mettre en lumière les étapes, les acteurs et les enjeux mémoriels de cette mission colossale.

  • Ce dossier de Gradhiva se penche sur les représentations et les usages magiques du livre et de l'écriture dans des situations d'échange entre les humains, les esprits ou les dieux pour préserver ou ôter la vie, lier des êtres en scellant un pacte d'amour, annoncer la fortune et le retour des marchandises, accompagner les âmes au ciel...

    Sciences occultes de l'Europe du 19è siècle, prophètes miracles dans le Congo belge du début du 20è, lettres aux morts dans l'Egypte pharaonique ou écrits et rêves chamaniques du Pérou et du Mexique, anthropologues, archéologues et historiens nous invitent ici, à travers des époques et des espaces variés, à interroger l'étrange pouvoir prêté au langage de transformer le réel. Car c'est moins le sens que l'effet produit qui intéresse les usagers de ces signes graphiques. Qu'il soit index, icône, symbole ou écriture magique, l'écrit est la trace d'une image mentale, d'un rite ou prolongation de la voix. Comment décrire la nature hybride de ces textes extraordinaires ? Que nous dit-elle du pouvoir prêté au signe écrit ? L'écrit magique est-il au texte conventionnel ce que la parole rituelle est à la parole ordinaire : une manifestation du langage agissant libéré des conventions de notation textuelle ? Ce sont autant de questions qui accompagnent l'exploration dans ce numéro des enjeux pragmatiques - l'acte d'inscription, le geste du tracé et du déchiffrement, les savoirs et les expériences - liés aux usages rituels de l'écriture.

  • A l'origine de ce numéro, il y a le programme artistique transculturel de la fondation Royaumont : dans cette abbaye cistercienne des confins du Val d'Oise, se fabrique depuis deux décennies une musique inclassable, qu'on dit « transculturelle ».Des artistes porteurs de traditions distinctes y travaillent ensemble sur un temps long rythmé par plusieurs résidences pour aboutir à une création musicale commune.

    Mais suffit-il à un opérateur culturel de convoquer quelques anciens combattants américains et irakiens pour sceller la réconciliation des deux pays ennemis ? Les acteurs culturels feraient-ils semblant de croire à leurs discours comme les Grecs de Paul Veyne croyaient en leurs mythes ou mon fils au Père Noël : juste pour nous faire plaisir ?
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    N'empêche. Évoquer cet idéal du musicien, c'est activer, une fois encore, « cette vieille idée humaniste, toujours démentie par l'expérience, jamais récusée pourtant, qui consiste à croire qu'un assaut de beautés et de grandeurs saura braver la méchanceté du monde » (Patrick Boucheron).

    Comment, en effet, expliquer que la musique soit si souvent invoquée quand il s'agit de réfléchir à l'avènement d'une société plus ouverte et apaisée ? Quand il s'agit de panser les plaies de la guerre ? D'aider à toutes les formes de reconstruction ?

    Ce numéro de Gradhiva prend au sérieux le fait de considérer la musique comme un art de faire ensemble et, singulièrement ici, comme un art qui introduit à la diversité du monde.

  • La déesse des serpents Manasa, sculpture exposée au musée du quai Branly, est le point de départ d'un voyage en Inde.
    À partir des textes de Gita Wolf qui rassemble mythes et légendes hindouistes et bouddhiques sur les serpents, tanna Andréadis recrée un univers graphique fascinant, proche de l'abstraction. Imprimé en sérigraphie, fabriqué de manière artisanale en Inde, ce livre est le deuxième titre d'une collection dans laquelle Ianna Andréadis fait le lien entre les pièces du musée du quai Branly et leur pays d'origine, pour quatre continents Amériques, Afrique, Asie, Océanie.
    Le premier est consacré au Bestiaire aztèque (coédition avec Petra Ediciones, Mexique).

  • L'histoire de l'anthropologie et celle de la photographie sont étroitement liées depuis leur apparition quasi simultanée au XIXe siècle. Mais force est de constater la relative absence de travaux portant sur les pratiques, les usages et plus généralement l'histoire des « images » de l'anthropologie dans l'entre-deux-guerres, période pendant laquelle l'institutionnalisation de la discipline va de pair avec l'essor d'une modernité photographique. Or, les archives d'ethnologues montrent aujourd'hui l'importance de la pratique photographique sur le terrain, l'apparition d'appareils légers comme le Leica et celle du genre du photoreportage, les ayant influencés et séduits. Leurs carnets de l'époque contiennent souvent de nombreuses photos, des collections muséales se constituent et des réseaux de diffusion visuels variés débordent le cadre strictement scientifique. Par ailleurs, la réutilisation de la photographie de « types » physiques, encore très courante, illustre la tension entre la permanence de schèmes visuels hérités de l'anthropologie physique du XIXe siècle et la volonté d'une science moderne de remettre en question l'existence des races. Ce numéro interroge aussi les enjeux techniques et financiers de conservation, de classement et d'archivage ainsi que le traitement éditorial des images parfois révélateur de tensions entre les logiques scientifique, économique et esthétique. Il fait le point sur les enjeux que présente la photographie en anthropologie dans l'entre-deux-guerres, en abordant différentes traditions nationales et aires géographiques et propose de questionner le geste photographique en tant que geste scientifique, car les images font partie intégrante de l'histoire de la discipline, à l'instar des grands textes classiques.

  • Au sommaire notamment : deux articles consacrés à une performance d'Indiens Wauja présentée au Festival international de Radio-France et de Montpellier 2005 ; Anthropologie d'un tube des années folles, de jazz en littérature (J. Jamin) ; Le musée Leleque et le groupe Benetton en Patagonie argentine (J. Vezub) ; Le musée d'un lieu saint en chantier, la Sagrad Familia à Barcelone (M. Claveyrolas).

  • Ce monde en cache-t-il un autre ? Et si notre réalité déréglée n'était qu'une réalité parmi d'autres, encore plus défaillantes ? Et que faire quand il ne restera plus aucun monde ou que nous les aurons tous traversés ? Le soupçon sur la nature de la réalité et sur ce qu'elle pourrait camoufler est au coeur de l'oeuvre de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick, mais aussi au point de départ de nombreuses enquêtes d'anthropologues sur la sorcellerie, la magie ou la divination. Dès lors qu'est-ce que les anthropologues ont à apprendre de la lecture de Philip K. Dick et comment penser la relation entre anthropologie et science-fiction ?

  • D'un regard l'autre

    Collectif


    Les objets et oeuvres d'art collectés dans le monde entier reflètent les visions successives portées par les Européens depuis la Renaissance sur les cultures d'Afrique, d'Amérique et d'Océanie : Nef de Charles-Quint, portraits d'Indiens du Brésil peints en 1637 pour le palais du prince de Nassau, coupes en corne de rhinocéros des Habsbourg, masque punu acquis par Picasso en 1908...


  • Les chants dont les prisonniers texans rythment leurs gestes de travail ont-ils quelque chose à voir avec le geste fluide du luthier taillant un violon, celui de la scarificatrice bwaba ciselant les chairs ou celui de l'Homo erectus taillant un biface ? Resserrant la vieille question des rapports entre le beau, l'utile et le nécessaire, ce dossier choisit de privilégier celle de l'esthétique du geste technique. En quoi un tel geste peut-il être jugé beau, et cette beauté tient-elle à des caractéristiques tangibles - régularité, rythmicité, économie... - ou à des traits plus impalpables ? La question est envisagée ici à partir de la distinction opérée par Hannah Arendt entre travail et oeuvre. Le travail - l'ensemble des tâches répétitives nécessitées par la survie quotidienne - est parfois sublimé par des chants ou des chorégraphies qui embellissent le labeur et allègent sa pénibilité. Tandis que l'élaboration d'une oeuvre - c'est-à-dire la création d'un objet qui viendra s'ajouter durablement au monde - peut être esthétisée par un geste technique hautement maîtrisé. De Boas à Leroi-Gourhan, des auteurs ont lié la valeur esthétique d'un objet à la perfection de sa réalisation technique mais les contributeurs de ce dossier, qui s'étend de la Préhistoire au XXIe siècle, et de l'Europe à l'Afrique, montrent que le geste technique est une composante à part entière du jeu social dans lequel il s'insère et que sa beauté ne se réduit pas à la maîtrise de règles formelles.

  • Une chimère, définie dans ses termes les plus simples, est une image composée de fragments tirés de la représentation de deux êtres différents. Par cette double référence (par exemple à l'image d'un humain et à celle d'un oiseau) ces représentations font surgir une présence qui, sans être matériellement inscrite dans la surface peinte, ou dans l'objet sculpté, constitue une conséquence de leur assemblage. Par un processus de contraction de l'image, la représentation chimérique déclenche une projection de la part de l'oeil, qui fait surgir une image impliquant la présence simultanée d'êtres différents. Une chimère est donc un ensemble d'indices visuels où ce qui est donné à voir appelle nécessairement l'interprétation d'un implicite à travers l'élaboration d'un espace mental.
    Ce principe, qui confère à l'image une saillance particulière, peut jouer un rôle crucial dans les pratiques sociales liées à la mémorisation et à la mise en place d'un savoir traditionnel.
    La saillance visuelle de ces images devient alors saillance mnémonique, capacité de véhiculer et préserver du sens. Ce processus, qu'on peut décrire comme une intensification de l'efficacité cognitive de LES AUTEURS Un numéro coordonné par Carlo Severi LE POSITIONNEMENT Anthropologie de l'art Histoire de l'art Anthropologie de la perception LES POINTS FORTS >Un sujet pluridisciplinaire.
    >Des exemples portant sur les traditions iconographiques amérindiennes, des applications surprenantes (les robots) et l'histoire de l'art occidental.
    1 1ER SEMESTRE 2011 l'image par la mobilisation, opérée par l'inférence visuelle, de ses parties invisibles, est très répandu et il serait facile d'en indiquer des exemples au sein de cultures très différentes.
    Une fois posée, cette hypothèse engendre une série de questions. Il y a d'abord des problèmes qui concernent la définition du concept même de représentation chimérique, son extension et les significations qu'il peut assumer. Une chimère, on admettra facilement, est une image double : mais peut-on affirmer, à l'inverse, que toute image double est une chimère ? Peut-on, étendre le concept de chimère à toute image composite ? Ou bien faut-il le réserver seulement à ces types de conjonction d'images qui engendrent un espace spécifique ? Comment une image peut-elle être double, ou composite, sans être chimérique ?

  • Ce livre, reflet des collections permanentes, convie à une promenade esthétique à travers les arts d'Afrique, d'Océanie, d'Asie et des Amériques. Les pièces (près de 80 chefs-d'oeuvre) proviennent en majeure partie du musée de l'Homme et du musée national des arts d'Afrique et d'Océanie. De nombreuses acquisitions récentes ainsi que des dépôts complètent cette sélection d'objets phares, riche par leur diversité et leur qualité plastique. Toutes les typologies y sont représentées : sculptures, masques, textiles, instruments de musiques, objets rituels et du quotidien.

    Au fil des pages, agrémentées de notices claires et concises, le lecteur est convié à découvrir un florilège d'oeuvres emblématiques: le pendentif Hei-tiki (Maori), le masque à l'image du lièvre (Dogon), le couple de jumeaux ibeji (Yoruba), le costume de chaman (Évenk) ou le manteau de la « danse des bisons » (Vallée du Mississippi).

  • À l'heure où la propriété intellectuelle fait l'objet d'un large débat en France, et à l'échelle de différentes organisations internationales, comment se cristallise-t-elle dans différentes sociétés du monde ?
    Ce numéro interroge les notions clés liées au copyright et à la création, à partir d'analyses centrées sur la musique.
    Il rappelle les conditions historiques d'émergence des notions d'oeuvre et d'auteur et la difficulté soulevée par leur extension à d'autres cadres culturels. Les études rassemblées dans ce numéro constituent des ""ethnographies du copyright"", au sens où chacune tente, à sa manière, de suivre au plus près les principes vernaculaires de la propriété des idées musicales. Elles détaillent pour cela des situations de performance, des marchés conclus ou des mésententes, dans leurs spécificités culturelles, mais aussi dans leur confrontation aux principes et pratiques, désormais mondialisés, de la propriété intellectuelle.

  • GRADHIVA n.22 ; cosmos

    Gradhiva

    Comment appréhender le cosmos, cette énormité comprenant l'univers terrestre et les objets célestes ? Comment le visualiser ? Le tenir dans ses mains ?

    Figurant des systèmes de relations organisant un tout, les cosmologies constituent, de long temps, des sujets d'étude privilégiés par l'anthropologie. On les trouve communément sous la forme de représentations totalisantes (comme un mandala, ou un globe), ou bien sous la forme d'objets contenant le cosmos (comme un chaudron). Pour user d'autres terminologies, elles peuvent se décliner en « cosmogrammes », qui traitent le cosmos comme une entité indépendante et autonome, ou en « objets cosmiques », qui contiennent le cosmos. Ou, pour le formuler encore autrement, ces cosmologies dévoilent des vues « panoptiques », qui permettent d' « embrasser facilement d'un seul coup d'oeil », ou bien des vues « oligoptiques », offrant de la totalité qu'elles cherchent à exprimer des vues partielles, mobiles, connectées à d'autres. L'anthropologie, mais aussi l'histoire des savoirs modernes et l'anthropologie des sciences et des techniques, sont ainsi rompues aux objets et dispositifs rendant possible de tenir le cosmos dans ses mains ou de l'avoir devant ses yeux, rendant possible de le contempler, de le maîtriser et de l'expérimenter. Quels sont, néanmoins, les petits opérateurs nécessaires à de telles manoeuvres ?

    En proposant d'approcher les cosmologies autrement que comme des représentations du cosmos, les auteurs de ce nouveau numéro de Gradhiva invitent à suivre les lentes, patientes, souvent laborieuses, parfois confuses, élaborations du cosmos, en s'intéressant aux ingrédients ou composants, ainsi qu'à leurs modes de liaison. Comment le cosmos est-il capté - plutôt que capturé ? Quels en sont les révélateurs ? Qu'est-ce-qui, localement, est capable de servir d'indicateur de changements qui nous dépassent (comme les changements atmosphériques) ?

  • Depuis les travaux de Maurice Halbwachs, nous savons que la mémoire collective doit être considérée comme le produit d'une sélection et d'un oubli. Aujourd'hui, au Bénin, la mémoire de l'esclavage passe par les discours de commémoration officielle, par les narrations orales et les pratiques rituelles populaires. Si, d'un côté, le ton semble consensuel, de l'autre, on assiste à un travail sur la mémoire fluctuant et sélectif. Les cultes et cultures populaires contribuent ainsi à la construction sociale d'un passé politiquement « sensible » et à l'émergence de nouvelles formes de relation à l'Histoire. Ce dossier aborde les aspects ambivalents de l'héritage de l'esclavage au Bénin, de ses traces matérielles, symboliques et religieuses.

  • GRADHIVA n.1

    Gradhiva

    Nouvelle série de la revue publiée auparavant par Jean-Michel Place, consacrée à l'histoire et aux développements de l'anthropologie autour d'études originales, d'archives et de témoignages d'anthropologues, d'historiens, d'épistémologues, d'historiens de l'art ou de la littérature. Ce premier numéro a pour thématique Haïti.


  • Présente les quatre-vingt-dix pièces qui constituent la collection de sculptures aztèques du musée du quai Branly et viennent du département des antiquités américaines du Louvre, du département ethnographie du Musée de l'homme. En pierre à l'origine colorées, elles sont anthropomorphes, anthropozoomorphes, zoomorphes ou phytomorphes. Certaines sont des objets rituels.



  • Présente l'enquête anthropologique menée de 1948 à 1950 par G. Condominas dans le village de Sar Luk, au centre du Viêt Nam, à travers les objets du quotidien qu'il a collectés au cours de son séjour d'un an dans ce village Mnon Gar, ses notes, ses croquis, ses photographies de terrain, etc. Propose les commentaires actuels de l'ethnologue sur ce travail et des témoignages de villageois.



  • Présente le Musée du quai Branly ouvert à Paris en juin 2006 : l'histoire de son bâtiment, ses collections consacrées aux cultures et aux arts d'Océanie, d'Asie, d'Afrique et des Amériques, ses collections thématiques (musique, textiles, photographies, etc.), son offre culturelle, etc.



  • Présente un choix de 120 oeuvres du Musée du quai Branly, associées en fonction de leur forme, leur matière, leurs motifs décoratifs, etc., et accompagnées d'haïkus, de proverbes, de citations d'artistes, d'écrivains, etc.



  • 30 portaits de Non-Européens réalisés selon la technique ancienne du daguerréotype, qui produisant des images uniques en positif ne permettait par la reproduction. Ces photographies ont été réalisées principalement en Afrique orientale, de 1846 à 1848 par Charles Guillain, aux Canaries avant 1842 par Louis-Auguste Bisson, etc.


  • Ce dossier aborde, de façon interdisciplinaire, le problème de l'adéquation de l'idéel et du réel, en privilégiant l'étude des malentendus, des méprises, des équivoques. De l'Amazonie aux îles Salomon, en passant par l'Europe et le Dahomey, c'est à un regard sur le regard que ce numéro convie.

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