Sciences humaines & sociales

  • Avec la crise sanitaire, nous avons tous redécouvert notre domicile, ou bien nous l'avons investi différemment. Cette expérience à la fois personnelle et collective nous a conduits, à des degrés divers, à nous interroger sur les contours de l'espace privé et sur ce qu'habiter veut dire. En donnant la parole à des artistes, des philosophes et des sociologues, ce numéro propose une réflexion sur la façon dont les normes de l'habiter se sont définies au fil du temps, en prenant en compte les formes du cadre bâti comme les processus d'appropriation qui font du logement un espace à soi. Que dit de nous une représentation picturale ou photographique de notre intérieur ? Quel rapport entretient-on avec soi et avec l'espace quand on vit dans un monastère ? Comment parvient-on à se recréer un espace intime quand on vit dans la rue ? De quelle(s) utopie(s) les pratiques d'autoconstruction sont-elles porteuses ? Telles sont quelques-unes des thématiques abordées dans ce numéro qui invite à partir à la découverte d'un espace capital et singulier, le « chez-soi ».

  • Espèces qui disparaissent ou qu'il faut à tout prix réguler, revendications des véganes, difficultés des éleveurs : plus un jour ne se passe sans que les médias ne nous parlent des animaux, sur un ton tour à tour catastrophiste, passionné, indigné et ricaneur.

    Ce numéro entend traiter ce thème avec calme et lucidité, en multipliant les points de vue : artistique, psychologique, philosophique, scientifique... On y découvre des aspects émouvants et insoupçonnés de la profondeur des liens qui nous unissent à ces êtres embarqués avec nous dans le tourbillon de l'existence - c'est aussi, au passage, l'occasion d'en apprendre beaucoup sur nous-mêmes.

  • Les loups frappent à nos portes et l'ancien monde s'effondre.

    C'est ce double mouvement que tente de décrypter ce numéro consacré au sauvage. D'un côté la numérisation et robotisation de nos modes de vie incite au repli dans la nature et la survie.
    De l'autre, les immersions dans la nature en quête d'un paradis originel extériorisé ou enfermé dans notre sagesse animale se multiplient.

    Un cosmos inversé est en train de naître, enfoui au fond de nos corps, de nos âmes, de nos gestes. Il vient s'adosser aux prises que nous offrent nos milieux socio-naturels : espaces façonnés au long cours de l'histoire humaine, mémoire collective de nos altérités communes, techniques immémoriales redécouvertes.

    Le sauvage est une pensée magique et primitive à l'oeuvre nichée dans les oeuvres, les cueillettes, le camping, le survivalisme, la protection de la faune et des biotopes, les barnums de l'altérité ou l'éveil du vivant qui illustrent cet ouvrage.

  • En cuisinant et en mangeant, nous perpétuons l'histoire de notre pays, de notre région, de notre famille. Nous prenons aussi du champ vis-à-vis de cette transmission, nous amendons et rejetons, nous faisons évoluer nos pratiques alimentaires pour des raisons de goûts personnels, de mode et d'éthique.

    La nourriture est ce qui lie les humains, sans heurts ni violence. C'est la politique rendue gourmande.

    Ce que nous mangeons a une influence déterminante sur notre santé, sur la structure de notre agriculture et sur l'écosystème de notre planète.
    En mangeant, nous pouvons favoriser les industries ou au contraire soutenir une agriculture paysanne ; en mangeant, nous pouvons polluer les nappes phréatiques et dévaster les forêts primaires, ou limiter la destruction de notre environnement.

    Manger est un acte grave par ses conséquences sur notre corps et sur notre planète, sur notre société, mais cette gravité peut prendre la forme de la légèreté, de la joie et du plaisir.

    Peut-être la nourriture pourrait-elle être le modèle d'une politique effective qui ne serait ni triste ni inefficace, mais gourmande et, pour cette raison, à même de changer notre monde.

  • C'est l'évidence : une île est un bout de terre entouré d'eau de tous côtés. Close, on peut la cerner. Disti ncte, on peut la penser. Distante, on peut la rêver. Mais la saisir est compliqué.
    L'île est un lieu parfait car achevé. Sa totalité se donne à voir inconti nent. Lieu complet dont le regard accomplit la vision d'un espace à part. Enti té géographique où la parti e rejoint le tout.

    Île prison, île résidence, île décor, déserte ou peuplée, naturelle ou arti fi cielle, chargée d'histoire ou de guano, chaque île est unique.

    Ce numéro spécial de 303 explore les îles des Pays de la Loire, qu'elles soient fl uviales ou mariti mes, reliées aux conti nents, urbaines, naturelles ou arti fi cielles, réelles ou rêvées.

  • Le regard porté sur la Préhistoire et ceux qui vivaient à cette époque lointaine et mythique a bien changé. Les hommes préhistoriques ne sont plus les pauvres êtres terrorisés, à moitié nus et à la merci des fauves, que l'on a si souvent représentés : cette vision fantasmée appartient désormais à un imaginaire dépassé.
    Pour ce numéro spécial, 303 a demandé aux meilleurs spécialistes de la Préhistoire en terre ligérienne d'exposer l'actualité de la recherche dans un domaine en plein renouveau depuis deux décennies.
    Découvertes récentes, réflexions sur les acquis et les enjeux de l'archéologie, présentation d'aspects insoupçonnés de l'art préhistorique, application des technologies de pointe à la préservation des grottes ornées, vision nouvelle du mode de vie des chasseurs-cueilleurs venus s'installer jadis dans notre région : ce numéro spécial livre un ensemble de clés permettant de mieux comprendre l'homme de la Préhistoire et ses descendants - nous.

  • La liste du patrimoine mondial inscrit par l'Unesco présente plusieurs centaines de monuments mais seulement quelques dizaines de paysages, et la plupart en tant que sites, parcs ou paysages « naturels ». Il y a peu de temps que les paysages culturels bénéficient de cette reconnaissance universelle et le Val de Loire, une partie du fleuve de la Loire, y est inscrit en tant que tel depuis 2001. Ce numéro spécial présente les très nombreux aspects de ce fleuve majestueux qu'est la Loire, appelé « dernier fleuve sauvage » : l'hydrosystème, l'aménagement des rives du fleuve, les différents types de navigation, les ligériens, la littérature et ses auteurs, les châteaux, gloriettes et troglodytes, la faune et la flore, la peinture, les vins et les saveurs de la Loire... La Loire est analysée sous ses très nombreux aspects. Pour pouvoir offrir l'approche la plus complète possible, le domaine géographique habituel (la région des Pays de la Loire) de la revue a été étendu à tout le fleuve, de la source à l'estuaire, du Mont Gerbier-de-Jonc (Ardèche) à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

  • « En se plaçant au coeur de la nature, en ravivant ce sentiment, les poètes de l'école de Rochefort sont héritiers des poètes de la Pléiade. » Ce numéro de 303 est entièrement consacré à la poésie, une poésie qui replace l'homme au coeur de toutes les préoccupations dans un siècle qui avait oublié cette aspiration majeure. Dans l'Ouest puis à Paris, des poètes incarnent ce retour à l'humain mais cette aventure poétique est d'emblée collective. Dans les années noires de la Seconde Guerre mondiale, un nom et un lieu cristallisent cet élan poétique et fraternel : le poète René Guy Cadou, qui reste l'emblème de cette aventure, et Rochefort-sur-Loire, où se retrouvent autour de Jean Bouhier, Michel Manoll, Marcel Béalu, Jean Rousselot, Luc Bérimont, René Guy Cadou et tant d'autres... Rochefort-sur-Loire restera un rendez-vous, un moment exceptionnel de poésie, de vérité et d'amitié.

  • Que faire de nos morts ?

    La question se posait déjà aux premiers groupes humains il y a 100 000 ans, date de la première sépulture connue.
    La variété des rites desti nés à honorer et célébrer les morts, à marquer la fronti ère entre leur monde et celui des vivants, est immense : l'inventivité dont font preuve les différentes cultures traduit l'importance de ces rites.
    On entend pourtant souvent dire que la mort, dans les sociétés modernes, tend à l'invisibilité, disparaissant de nos mots, de nos gestes, de nos prati ques : ce numéro de 303 est une invitation à en douter. S'il fait la part belle aux coutumes naguère liées à la mort, il explore aussi les relations qui s'établissent aujourd'hui entre les vivants et les morts, et interroge les nombreuses manières dont ceux-ci nous interpellent au présent. Chacun des auteurs sollicités apporte sa pierre à la constructi on d'une médiation à réinventer.

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