Langue française

  • " sait-on formuler la différence entre israélite, juif et israélien ? l'israélien est celui qui a un passeport israélien.
    Cela va de soi. mais l'israélite ? est-ce une personne qui pratique la religion juive ? mais alors qu'est-ce qu'un juif ? et de surcroît un juif qui n'a pas de religion ? " j'ai été souvent tenté d'expliquer pourquoi je me sens profondément juif tout en étant laïque et ce que signifiait pour moi le judaïsme. tout au long de mes précédents ouvrages, j'ai raconté non pas le judaïsme, mais des histoires de juifs.
    Aujourd'hui, mes chers filleuls, j'aimerais évoquer pour vous une culture et des hommes hors du commun que j'aime et qui me portent depuis l'enfance : abraham, moïse, ezra. jetés dans l'aventure naissante d'une humanité en proie au mal, ils trouvèrent le moyen de s'en défendre grâce a l'établissement du premier monothéisme et au livre le plus lu dans le monde, la bible. c'est sur ce chemin-là, celui d'un peuple et d'une mémoire qui ont survécu aux siècles, que je voudrais vous conduire.
    Car je suis de ceux qui espèrent encore que la connaissance des " autres " sera toujours la nourriture de la paix de demain. ".

  • Histoire d'une institution, institution d'une histoire : ce récit critique - qui a pour objet de faire connaître l'histoire du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), ses réussites, ses échecs, ses difficultés et le parcours des hommes et des femmes qui le font exister depuis sa création en 1943 - se nourrit d'entretiens avec des membres des institutions juives et de la lecture d'une large documentation parfois inédite que l'auteur a pu consulter en France et en Israël.
    De 1945 à nos jours, le CRIF s'est progressivement vu reconnaître le statut de représentant des associations juives auprès du pouvoir, notamment le pouvoir politique, ce qui constitue pour lui une incontestable victoire. Depuis une vingtaine d'années, il se trouve régulièrement au coeur d'une actualité passionnelle et polémique qui mêle conflits internationaux (conflits israélo-arabes), politique étrangère au Moyen-Orient, débats identitaires (représentation des minorités, débat sur le communautarisme et la laïcité), et épisodes marquants de la France contemporaine (attentats antisémites sur le sol français, affaire du carmel d'Auschwitz, assassinat d'Ilan Halimi puis procès de ses meurtriers...).

  • Le philosophe et spécialiste du judaïsme Armand Abécassis évoque ses souvenirs d'enfance, dans un livre poignant.

    Comme Jean-Paul Sartre dans Les Mots, Armand Abécassis fait le pari de raconter son itinéraire de gamin des rues, simple et travailleur, épris de justice et d'amour. On le voit à Casablanca, rue des Synagogues, à l'époque du protectorat français. On le suit de maison en maison, au gré de ses rencontres avec ses voisins et ses copains ; parmi eux, Bob, le projectionniste, Mohammed, l'ami musulman ou rabbi Éléazar, le maître taldumique, mais aussi, bien sûr, ses parents.

    Au travers d'évocations chaleureuses, c'est tout un univers qui remonte, où il est question du Maroc au sortir de la Seconde Guerre mondiale, d'une rue où se trouvent dix synagogues, d'enfants juifs et musulmans qui vivent, rient et pleurent ensemble les uns avec les autres souvent, les uns contre les autres parfois. Rien ne nous est caché des conditions de vie de la communauté juive, prise entre peur des musulmans, fraternité avec eux, mais aussi rejet de la part des métropolitains et désir de leur ressembler et, plus que tout, volonté de se forger une identité à plusieurs voix juive, marocaine et française. Au fil des pages, on suit les étapes de son éducation, on découvre ce qui fonde la tradition juive, le sens de sa transmission, ce qui la sous-tend en vérité : une exigence de justice, d'amour et d'espérance cette espérance que le maître d'aujourd'hui a reçu de l'enfant qu'il fut et qu'il continue à abriter, cet enfant qui le guide.

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