Sorbonne Universite Presses

  • Janvier 2020 : Qassem Soleimani tué par un drone américain, crise diplomatique entre les États-Unis et l'Irak, bombardements par l'Iran de bases irakiennes abritant des soldats américains... Jamais les suites de l'accord de Vienne de 2015 et leur remise en question par Donald Trump n'ont été autant d'actualité.
    La quête nucléaire de l'Iran, poursuivie depuis cinquante ans, a connu une route contrastée, alternant accélérations brusques et ralentissements parfois mystérieux. L'opacité du régime théocratique des mollahs ne facilite pas la compréhension des décisions prises en Iran ; en tout état de cause, le dernier mot revient au Guide suprême. Les réponses des États occidentaux sont ainsi le plus souvent décalées par rapport aux intentions iraniennes, offrant souvent des avantages ou faisant des concessions quand Téhéran durcit sa position et multipliant les sanctions sans que leur objectif soit toujours clair : changement de régime ou inflexion de la politique iranienne ? Toute négociation ne saurait oublier le glorieux passé de la Perse qui nourrit le nationalisme iranien, dont la recherche de la bombe est un élément fondamental.
    Spécialiste de la prolifération nucléaire, Marie-Hélène Labbé offre un éclairage sur une situation complexe et dangereuse.

  • Depuis plus de deux siècles, la France vit sous l'empire d'une passion constitutionnelle. Près de vingt constitutions depuis 1791, de nombreux projets inaboutis, des ruptures violentes et récurrentes. Trois monarchies limitées ou constitutionnelles, deux empires, cinq républiques sous diverses formes se sont succédé dans le désordre. La Révolution a trouvé sa société, elle n'a pas trouvé son gouvernement. La Cinquième République elle-même, la plus durable avec la Troisième, a révisé vingt-quatre fois sa constitution en en un demi-siècle. Toutes ces réformes n'ont pas été heureuses. Ainsi la réduction de la durée du mandat présidentiel, du septennat au quinquennat, a-t-elle bouleversé le fonctionnement des institutions en supprimant la dimension régalienne et arbitrale de la présidence. Cette constitution est un aboutissement, parce qu'elle intègre beaucoup d'éléments de ses devancières. Elle est héritière autant qu'innovatrice. Elle est en même temps régulièrement remise en cause et sa survie n'est pas assurée, même si elle a jusqu'à présent surmonté toutes les crises qui l'ont menacée. Elle a notamment initié un contrôle de constitutionnalité des lois, indéfiniment développé, et une pratique référendaire qui s'est à l'inverse raréfiée. Répond-elle aux défis du XXIe siècle ? Elle reste la meilleure que la France ait connue depuis la Révolution, mais sa construction n'est pas achevée. Il lui manque une organisation plus ouverte et une utilisation plus fréquente des référendums. Il lui manque aussi la consacration d'un authentique pouvoir judiciaire, unique et indépendant, qui éliminerait ces anomalies que sont l'existence d'une justice « administrative » et d'un Conseil constitutionnel qui est en réalité une troisième chambre politique. Corriger ces anomalies permettrait de concilier démocratie politique et État de droit.

  • Barack Obama a cru demeurer celui qui avait liquidé les derniers vestiges de la guerre froide : en initiant en 2009 le remise à zéro des relations avec la Russie ou en enterrant définitivement les restes de la guerre froide sur le continent américain comme il le déclara à la Havane en mars 2016.
    Pourtant, c'est bel et bien sur le retour de la guerre froide avec la Russie que s'est achevé son second mandat. Depuis l'été 2015, les colonnes des grands journaux américains n'hésitent plus à parler ouvertement de guerre froide pour caractériser l'état de tensions entre les deux pays. La réapparition de ce concept correspond à « un changement d'orientation stratégique majeur » lorsque le Pentagone décide, en août 2015, d'ériger à nouveau la Russie en menace n° 1 pour la sécurité des États-Unis devant l'État islamique. Cette inflexion fut l'aboutissement d'une lente dégradation des relations bilatérales depuis le retour de Vladimir Poutine à la tête de l'État russe. Le point culminant des tensions fut évidemment l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014.
    Depuis la campagne présidentielle de 2016, la question des relations avec la Russie n'est plus seulement une préoccupation d'experts de la sécurité nationale ou de géopoliticiens : elle a fait irruption au centre du débat politique américain. Le retour des tensions avec la Russie explique en effet la centralité que le thème de la sécurité nationale a occupée durant la campagne.
    L'objet de cette étude est d'examiner comment, entre 2014 et 2016, la Russie est passée du statut de simple rival géopolitique à celui de principale menace pour la sécurité des États-Unis, au point que les stratèges envisagent désormais divers scénarios de guerre ouverte. Cet essai a pour objet d'exposer les points de vue de ceux qui participent au débat d'idées sur la « question russe » à Washington et contribuent ainsi à son orientation.

  • Le nom de Nobel est célèbre dans le monde entier, mais l'homme demeure méconnu. Discret de son vivant, fuyant les feux de la rampe et les mondanités, il a été éclipsé après sa mort par l'éclat médiatique des prix qu'il a institués. Pourtant, sa riche personnalité mérite l'attention. Par ses inventions et ses réalisations industrielles, il a contribué plus que quiconque à remodeler la planète tout en rêvant d'être écrivain.
    Cet ouvrage évoque les différentes facettes des activités d'Alfred Nobel, non seulement celles qui ont assuré sa fortune, mais aussi celles plus intimes d'un humaniste convaincu et d'un pacifiste engagé - un paradoxe parmi d'autres, puisqu'il s'est largement illustré dans la technologie des armes. Après quoi se pose la question des prix qui portent son nom. Pourquoi cet homme ayant tendance à fuir la compagnie de ses semblables a-t-il voulu mettre sa fortune au service de l'humanité ? Comment l'institution des prix Nobel s'est-elle mise en place malgré de multiples obstacles ? Et de quelle manière les volontés du défunt ont-elles été interprétées par les différents comités Nobel pendant plus d'un siècle ?

  • Ce livre est une histoire du tennis et de son ancêtre, le jeu de paume.
    Contrairement aux histoires traditionnelles du tennis, il ne détaille pas les tournois, les joueurs ou les résultats : il expose la place de ce sport dans la culture littéraire et artistique (peinture, ballet, cinéma), en France et au Royaume-Uni principalement. Il permet de lire et de voir le tennis à partir d'un autre point de vue que celui de la télévision ou des comptes rendus de journaux.
    Il transforme les perceptions habituelles du tennis.

  • La laïcité est-elle une spécificité irréductible du « modèle politique français » (Pierre Rosanvallon) ? Ne peut-on pas confronter le modèle français à d'autres modèles nationaux, et notamment aux formes de relation entre État et Églises adoptés par certains pays de culture latine (Amérique latine, péninsule ibérique) où les conflits ont été historiquement nombreux ? De même, il peut être évoqué l'Afrique de l'Ouest francophone, qui est marquée par le paradoxe d'une stricte laïcité publique et d'une forte religiosité populaire.
    À partir de ces trois situations culturellement, géographiquement et politiquement différentes, la notion de la laïcité telle qu'elle est pratiquée en France sera interrogée dans une perspective comparatiste. Est-elle un principe transnational et « exportable » ? Quels compromis entre celle-ci et les réalités locales ont été élaborés ? Cette tension entre idéal universaliste et la nécessité de composer avec des systèmes éducatifs différents - et changeants - sera au coeur de ce volume.

  • Sorbonnavirus ; regards sur la crise du coronavirus Nouv.

    Sorbonnavirus, c'est la Sorbonne face au virus, et dans la cité. Ce livre offre une analyse pluridisciplinaire et inédite de la crise actuelle. L'ouvrage entre dans le virus, le traque, le suit, depuis ses origines jusqu'à ses effets, en remontant à ses ancêtres, épidémies antiques ou médiévales, et en identifiant les chemins qu'il emprunte et qu'il ouvre.
    La trentaine de contributions offre une assemblée de regards, tournés vers toutes les temporalités du monde - passé, présent, futur. Il s'agit d'une prise de recul, ni totalement à chaud, ni totalement à froid, qui permette de mieux comprendre un phénomène difficilement saisissable et de dessiner des chemins de connaissance et de vie pour nos contemporains.

  • Dire les maux ; éthiques de l'annonce diagnostique en neurologie Nouv.

  • Les trois révolutions du livre de poche ; une aventure internationale Nouv.

    La collection de poche est un dispositif de diffusion de l'écrit à un public très large, à l'échelle mondiale, et un mode privilégié de constitution et de transmission du patrimoine littéraire et scientifique. Ce livre traite de l'histoire et du développement des collections de poche en Europe du XVIe siècle à nos jours. Essai d'histoire culturelle, il s'intéresse à la fois à la construction de la notion de collection éditoriale dans toutes ses dimensions et à une histoire des formats dits portatifs puis de poche, jusqu'à la question de leurs nouvelles déclinaisons à l'heure de la dématérialisation du livre. Pour expliquer le formidable succès des collections de poche dans l'édition contemporaine, il remonte à leurs origines - matérielles, intellectuelles, culturelles -, et suit l'évolution du rôle des formats réduits du livre dans l'édition. Il montre ainsi comment des éditeurs ont profondément transformés, grâce à leurs collections, le système de publication des livres - pratiques du dépôt chez les libraires, de l'office, de la rémunération des auteurs au pourcentage... -, et l'organisation de la production éditoriale par des opérations de rassemblement et de réorganisation des textes souvent guidées par l'idée d'une bibliothèque idéale.

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