Littérature générale

  • Le mystère Zweig, personnalité multiple, percée à jour par une femme intuitive, écrivain et biographe comme lui. Un livre saisissant.
    Comment un écrivain aussi discret que Stefan Zweig (1881-1942) est-il parvenu à allumer un feu chez ses créatures romanesques, principalement féminines,et à le faire partager à ses lecteurs ? Sensibilité à vif sous son élégance Mitteleuropa de juif autrichien, cet artiste attire la foudre. Choyé par les élites, ilaurait pu demeurer l'archétype d'une civilisation disparue, broyée par les guerres et les totalitarismes. Or, bien plus que certains de ses contemporains naguère illustres, il n'a pas cessé de séduire. Ses biographies de Fouché et de Marie-Antoinette conservent un charme et une profondeur inégalés. La Confusion des sentiments continue de troubler. Peut-être les lueurs sombres, les fumées délétères de son oeuvre correspondent-elles à nos tourments contemporains.
    « Tenter de rendre vivant cet homme de passion à travers une biographie passionnée », telle était l'ambition de Dominique Bona : défi relevé, et avec quel talent !

  • Publié pour la première fois en 1688, le Testament politique du cardinal de Richelieu, dont l'authenticité est aujourd'hui établie, fut composé en parallèle avec l'action gouvernementale de son auteur, dont il constitue l'écho et le prolongement. Pourtant, beaucoup de ses propos s'élèvent très au-dessus de la conjoncture historique des années 1620-1640. En un style parfois foudroyant, c'est la philosophie même de la fonction d'homme d'Etat, ses principes, ses exigences et ses contraintes, qu'expose le grand ministre, et qui valent pour le temps présent.

  • Aimé Césaire

    Romuald Fonkoua

    C?est avec un long poème limpide et magnifique qu'Aimé Césaire entre tout à la fois en littérature et en politique. Nous sommes en 1937 et sa colère jaillit par l?intensité de son verbe et la modernité de son écriture. Son Cahier d?un retour au pays natal le classe au rang des plus grands écrivains de son temps. Après des études brillantes au lycée de Fort de France où Césaire a passé une enfance qu'il ne cessera de chanter toute sa vie, il rejoint Paris (1931) et intègre Louis Le Grand, l?ancien collège des Jésuites. Des rencontres décisives comme celles avec Senghor ou Bigaro Diop alors jeunes étudiants se vont donner naissance à une revue L?étudiant noir (1934) où Césaire y peaufine son concept de « négritude ». Car le « Nègre antillais » veut faire bouger les esprits, et faire connaître aux métropolitains le sort infâmant des territoires outre-mer. Suivront l?aventure des revues Tropiques et Présence africaine, le soutien d?André Breton qui rédigera la préface du Cahier d?un retour au pays natal qui ne paraîtra en librairie qu?en 1947? Après la guerre, Césaire est élu, avec le soutien du PCF, maire de Fort de France et dans la foulée devient député, ardent défenseur de la départementalisation de la Martinique (1946). Mais son ralliement au PCF ne dure pas et Césaire rend sa carte en 1956. Entre temps, son Discours sur le colonialisme (1950) comparant nazisme et colonialisme aura fait scandale. C?est pourtant une ?uvre essentielle qui est désormais étudiée dans les programmes scolaires.
    A la fin de sa vie, Césaire est devenu ce grand sage que tous les prétendants à la campagne présidentielle 2007 devront visiter. Une vie bouleversante, où l?amour n?est pas absent : Suzanne rencontrée au lycée, elle aussi écrivain, intellectuelle et sa muse lui aura donné six enfants avant leur séparation en 1950.

  • Dans le sillage d'Alexis de Tocqueville et de Raymond Aron, un essai magistral sur les huit plaies endémiques constitutives du mal français. Une écriture limpide au service d'une démonstration implacable.

  • Malraux

    Curtis Cate

    Il y a cinq Malraux. Le premier a eu la chance d'arriver dans un monde d'après 1914-1918 prêt à se laisser éblouir par un jeune homme touche-à-tout et talentueux. Il saute de la brocante à la NRF, des Langues O au surréalisme et devient, comme Radiguet, une coqueluche du Paris littéraire. Le deuxième découvre l'art et le colonialisme, le roman et le marxisme en Asie. Tour à tour trafiquant, expert, propagandiste de l'émancipation indigène, il écrit les trois livres qui vont asseoir sa notoriété mondiale : Les Conquérants, La Voie royale et La Condition humaine. Le troisième Malraux est le combattant, contre l'absurdité de la guerre, le fascisme, le putsch de Franco et l'occupant allemand. Le quatrième Malraux est le compagnon privilégié du général de Gaulle, le témoin inspiré d'une France qu'il veut toujours combattante dans la tâche de libérer les individus et de s'opposer à toutes les répressions. Le dernier est le plus influent ministre de la Culture que la France ait connu, des maisons du même nom aux grandes expositions thématiques, de Paris " blanchi " à l'inventaire du Patrimoine.

  • Individualistes irrécupérables, réfractaires à l'esprit du temps, les écrivains français réunis dans ces pages ne forment pas une troupe homogène, marchant du même pas sous un uniforme identique. Plus souvent fieffés réactionnaires que vertueusement progressistes, ces entrepreneurs en démolition d'idéaux n'ont pas conforté les préjugés et le conformisme si nécessaires à la vie sociale. N'importe, cette bande d'irréguliers, aux talents et aux destins si divers, incarne un certain honneur de la littérature. Et témoigne de la pertinence du proverbe bantou : « L'hippopotame se décourage, la parole s'évanouit, la caravane passe, mais le réfractaire reste. »

  • Morts pour Vichy

    Alain Decaux

    Quatre hommes figurent au sommaire de ce livre. Tous, dans le cadre du régime de Vichy, ont exercé le pouvoir, au plus haut niveau. Tous ont connu un sort tragique : l'amiral Darlan assassiné ; Pierre Pucheu, l'un des esprits les plus brillants de sa génération, fusillé à Alger ; le maréchal Pétain, condamné à la peine capitale mais réservé à une longue agonie ; Pierre Laval, exécuté à Paris, dans des conditions qui ont desservi l'image de la justice de l'époque.
    Si Alain Decaux a choisi d'évoquer l'ultime étape de leur destin, ce n'est pas pour rechercher les raisons politiques qui les y ont précipités. Il ne veut raconter que ce qui précéda leur mort. C'est dans de tels moments qu'un être se révèle tout entier et quelquefois recompose la dernière image que l'on gardera de lui.

  • C'est le livre dont toute la france parle.
    Critiques ou défenseurs, tous ont reconnu que " ce serait folie d'en ignorer le contenu ". tempus prolonge le débat. " un essai qui fait mouche dans une période de flottement généralisé " la tribune. " en quatre chapitres tout est dit, et de manière très claire. baverez pratique une pédagogie de l'édification " le figaro littéraire. " baverez met son scalpel au coeur de plaies sociales. et dit souvent vrai " le nouvel observateur.
    " tout le mérite de cet ouvrage réside justement dans les références à l'histoire " les échos.

  • Toute la france en a parlé.
    Trois ans après, grâce à une édition revue, actualisée et complétée, le grand gaspillage en tempus relance le débat. " une verve décapante et des arguments qui bousculent bien des certitudes. " dernières nouvelles d'alsace . " un livre événement. l'auteur épingle la gestion de l'etat et propose des solutions. " l'express. " les paniers percés de la république passés au crible. " le figaro magazine.

  • Les Français ont une passion pour les faits divers.
    Ceux-ci nourrissent l'opinion, les médias, les romanciers et les historiens par l'émotion individuelle et collective qu'ils suscitent: scandale des poisons sous Louis XIV: assassinat de la duchesse de Praslin en 1847; affaires Bonnot, Caillaux, Stavisky ou Weidmann sous la IIIe République; affaire Dominici sous la IVe, mort de Mesrine ou du petit Gregory, affaires de Bruay-en-Artois puis de Toulouse, drame Trintignant-Cantat: ces évènements sont dans toutes les têtes.
    Le fait divers rend compte du normal, du banal, mais il révèle en même temps un univers sombre et fascinant comme l'envers de nos sociétés. L'historien en dégage autant des comportements que des enseignements sur l'esprit d'une époque. Ce texte de Louis Chevalier, mis au point par Emilio Luque, permet de retrouver, sur le ton de la conversation, la prodigieuse érudition du célèbre auteur de Classes Laborieuses et classes dangereuses.

  • Né en 1909, élève de l´Ecole Normale Supérieure avec Robert Brasillach, Simone Weil et Georges Pompidou, Thierry Maulnier meurt en 1988, académicien et grand éditorialiste au Figaro.

    Disciple de Charles Maurras, engagé à l´Action française, il traverse les années trente ivre de connaissance, à la découverte de Malraux, Aragon, Breton, et adule Dostoïevski et Sophocle. C´est en jeune nationaliste irrigué par des préoccupations sociales et économiques qu´il participe aux manifestations de 1934. Alarmé très tôt par la montée du nazisme, refusant tout embrigadement, il ne s'abîme pas comme tant d'autres dans la collaboration. Son talent de polémiste se réveille plus tard, après la Guerre, dans le combat intellectuel mené contre le communisme et Jean-Paul Sartre. Il crée alors avec François Mauriac, La Revue de la Table ronde.

    Critique littéraire, homme de théâtre, moraliste et journaliste, Thierry Maulnier demeure, à la manière de Raymond Aron, la parfaite illustration, dans une certaine tradition de la droite française, d´une conscience libre et brillante, celle qui sait si bien saisir les battements de coeur d´une époque.

    Sa silhouette déglinguée de funambule a marqué les mémoires mais sa pensée et son oeuvre (sur la poésie du XVIe, Racine et Nietzsche) est largement oubliée : peu habile à se faire valoir, enclin à la paresse des surdoués et d´une nonchalance fiévreuse, Thierry Maulnier est également un grand esprit marqué par l´obsession métaphysique à l´ironie clairvoyante, oscillant toujours entre canular et tragédie.

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