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  • L'avenir de l'homme est-il humaniste, transhumaniste, ou même posthumaniste ? La présente encyclopédie est une invitation à réfléchir sur les transformations - réelles, possibles ou utopiques - de l'homme par les technosciences et la biomédecine du XXIe siècle, mais aussi sur la nature et les limites de l'humain, ou encore sur les attitudes qu'on adopte à l'égard de l'humain. Les articles qui composent cette encyclopédie abordent à la fois des courants, des auteurs, des concepts, des oeuvres, etc. qui se réclament tous, d'une manière ou d'une autre, du transhumanisme et/ou du posthumanisme. L'originalité de l'ouvrage consiste à intégrer non seulement la spéculation conceptuelle mais également la spéculation fictionnelle. Ainsi une place importante est-elle accordée aux échanges entre technosciences et créations artistiques, et notamment à la science-fiction.

  • Cet ouvrage, initialement publié sous le titre nature en 1990, ici augmenté d'une communication de georges canguilhem, la question de l'écologie, est toujours d'actualité.
    Le mot de " nature " recouvre tellement de sens qu'il finit généralement par inclure le même et son contraire. de plus, chaque siècle l'a transformé et surchargé de problèmes spécifiques ou de fonctions nouvelles, ce qui ajoute à l'indéfinissable. nous tenterons de démêler cet écheveau tant notionnel qu'historique. le philosophe doit d'autant plus s'attacher à ce thème carrefour qu'il se situe à la rencontre de nombreuses disciplines : la théologie, la morale, la science, le droit, l'art.
    Nous en appellerons d'ailleurs à toutes. il va de soi que nous ne pouvons pas, aujourd'hui, ne pas aborder les problèmes de l'écologie et de l'environnement parce que le monde moderne, c'est-à-dire industrialisé, se réclame d'une " nature à préserver ", afin de nous sauver de la pollution et même de l'asphyxie. la nature tient alors un rôle purificateur, défensif. ce livre s'est d'abord voulu une spectrographie : suivre l'idée de la nature et ses fonctions, depuis son avènement chez les grecs.
    Ensuite il s'emploie à réfuter " le naturalisme ", mythe dangereux, envahissant, séduisant même. il tente de lui dérober ce qui fascine en lui, afin de lui enlever sa raison d'être et ainsi de nous en garder. bref, il propose un point de vue à la fois panoramique et critique.

  • " Naissance de l'anthropotechnie " aborde à sous un angle philosophique et anthropologique la question du futur visage de l'humain. Plus précisément, de nombreuses pratiques " médicales " contemporaines ont quitté le cadre du soin et de la lutte contre la pathologie pour " améliorer " l'homme. Une nouvelle activité, l'anthropotechnie, serait en train de naître. En rupture avec l'appel à l'aide contre la mort et la souffrance, en rupture aussi avec l'obligation médicale d'assistance, l'anthropotechnie apparaît comme un service multiforme de transformation biologique de l'humain à des fins de performance, de quête d'identité, de liberté, de standardisation, etc. Modifications esthétiques, dopage physique ou intellectuel, modulation de l'humeur et de la sexualité, cyborgisation, procréations assistées atypiques : telles sont les principales facettes de cette anthropotechnie, étudiée ici méthodiquement. L'avenir humain sera affecté de façons multiples et radicales, potentiellement humanisantes et déshumanisantes, aliénantes ou libératrices.

  • Quel est le rôle du hasard dans l'individuation théorisée par Gilbert Simondon? Dans cette enquête, le hasard, élaboré à partir du concept darwinien de chance, n'est plus pensé comme principe métaphysique ou mesure de l'ignorance : il devient un opérateur local insérédans le processus d'individuation. Il désigne la modalité de la rencontre entre une singularité, qui donne forme à l'individu, et un milieu métastable, capable de transformations. Il devient un mécanisme du dispositif d'invention des structurations singulières, plurielles, et novatrices (formes de vie et manières d'exister), qui sont élaborées comme solutions à des problèmes par l'individuation. À la lumière de Simondon se dessine une théorie de la rencontre individuante, susceptible d'entrer en dialogue avec les sciences sociales, notamment la sociologie (Bourdieu, Lahire...).

  • La pensée deleuzienne peut être définie comme une pensée de la présentation par opposition à une pensée de la représentation : toute distance, toute profondeur, toute médiation (toute forme) s'y voit négativement indexée, en ce qu'elle brise l'immédiateté du devenir, l'immédiateté du vécu, glissant le souffle froid de la réflexivité entre le monde et le moi.
    Vivre intensément est donc, dans cette optique, fusionner avec les forces qui peuplent les choses : fusion de l'oeil et du tableau, du peintre et du champ de blé, de la main qui caresse et du corps qui frémit, du moi dissous et de l'événement qui advient. Vivre à même le monde, emporté par lui, ne faire qu'un avec ce qu'on aime. Tout le reste n'est que vanité. Tel est donc le souci qui mobilise le vitaliste, et c'est, ici aussi, un souci de présence ou de fusion.

  • La popularité évidente ainsi que le succès croissant du principe de précaution trouvent sans doute leur explication dans le fait que l'idée même de précaution se place à l'intersection de nombreuses questions non seulement pratiques, en ce qu'elles relèvent de la mise en oeuvre de certaines techniques de prévision ou d'évaluation, mais aussi essentielles, parce qu'elles touchent au sens même de la vie en société. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage discutent de deux aspects essentiels du principe de précaution : d'une part, sa définition, y compris sa délimitation, comme principe d'action ; de l'autre, les conditions de sa mise en oeuvre que ce soit dans le cadre de l'expertise économique mais aussi sous sa forme juridique. L'objectif fondamental de ce travail est de montrer comment le principe de précaution peut, et doit, permettre à l'homme d'agir sur son environnement tout en prenant effectivement la pleine mesure de cette action.

  • Se raconter, est-ce seulement se dire? n'est-ce pas aussi, et peut-être surtout, se construire? etudier les rapports unissant narration et identité, tel est le coeur de l'éthique narrative, orientation de la bioéthique qui s'est développée dans les années 1990 aux etats-unis.
    Philosophes, linguistes et médecins examinent ici les récits de personnes au coeur d'une situation complexe et douloureuse (malades en soins palliatifs, autistes et leur entourage, victimes de génocide), cherchant à comprendre en quoi de tels récits participent à la construction d'une identité, personnelle ou collective. convoquant des auteurs tels que paul ricoeur , alasdair maclntyre, georges canguilhem, ahmadou kourouma, tod chambers ou bruno bettelheim, l'analyse de ces situations permet également de comprendre en quoi raconter relève d'une éthique et peut s'apparenter, parfois, à un processus de guérison.

  • Pressentie en Russie par Tolstoï, forgée en Inde par Gandhi puis en Amérique du Nord par Martin Luther King, la non-violence, comme logique de luttes contre l'injustice et la domination, a essaimé au XXe siècle un peu partout dans le monde. Pourquoi demeure-t-elle si peu connue et si peu pratiquée en France, alors qu'elle est la seule forme de luttes qui cherche à conjoindre l'aspiration morale avec l'efficacité à long terme? Sans doute n'a-t-on pas assez éclairé les liens intimes unissant la non-violence avec les grands thèmes de notre tradition occidentale : le langage, le travail, la famille, le lien social, le pouvoir, la dignité humaine, la reconnaissance mutuelle. Les études ici retenues, diverses par leur occasion mais convergentes au long d'une interrogation obstinée, cheminent en conversant avec plusieurs des philosophes de l'action, - les plus classiques, Aristote, Machiavel, Hobbes, Kant, Hegel, Weber, . comme nos contemporains, H. Arendt, G. H. Mead, E. Weil, H. Jonas, E. Levinas, J. Rawls, A. Honneth, P. Ricoeur, . Attachés à la clarté de l'exposition autant qu'à la rigueur de la pensée, ces parcours éclairent l'un de ces paradoxes qui font l'être humain : il est le seul être capable de violence, et pourtant la violence est totalement indigne de lui.

  • Ce volume traite de la recherche scientifique contemporaine, de sa nature, de ses représentations sociales et politiques, de ses relations aux valeurs.
    Dans le cadre d'une civilisation polytechnicienne et multiculturelle globalisée, les liens entre l'activité scientifique et l'activité technique n'ont cessé de se resserrer ; en même temps, le rapprochement des représentations scientifiques et des autres représentations culturelles (mythes, religions, croyances) a conduit à contester les privilèges de la vérité, de l'universalité, de l'objectivité, de la rationalité scientifiques.
    Traditionnellement, les philosophes ont conçu la science dans le prolongement de l'activité philosophique (théorique et discursive) en l'opposant à l'activité technique, matérielle, ignorée ou méprisée. La science ainsi conçue était présentée comme supra ou méta-culturelle, universelle, indemne des particularités propres aux diverses cultures et croyances. Gilbert Hottois a saisi l'occasion d'une conférence au Collège de France pour faire le point historique et critique sur la philosophie politique de Recherche et Développement inspiratrice de l'Union Europénne.
    Lecteur attentif des publications de l'Unesco relatives à la recherche scientifique, il analyse le projet actuel de Déclaration Universelle sur la bioéthique qui exprime un assez bon équilibre entre modernité et postmodernité.

  • Faut-il réserver l'enseignement de la philosophie à ceux qui se destinent à en faire professionoe Ne faut-il enseigner la philosophie qu'aux futurs philosophesoe La technicité croissante de celle-ci, son obscurité même en certaines écoles ou auteurs contemporains, pourraient conduire à en réduire l'audience à un cercle très étroit d'initiés. Les Grecs distinguaient déjà entre deux formes de philosophie : l'exotérique et l'ésotérique. Les auteurs des articles ici rassemblés, de traditions différentes, ont été sensibles non seulement à la nécessité de rendre la philosophie accessible à tous sans que soient négligées ses exigences fondamentales, mais aussi à celle de l'ouvrir, par un dialogue permanent, aux autres disciplines.
    Les progrès croissants des sciences et des techniques obligent aujourd'hui le philosophe à se poser, à nouveaux frais, la question de l'homme qui demeure sa visée fondamentale et à laquelle nul ne saurait être indifférent. On comprendra alors que la haute figure de Socrate, sa méthode de philosopher, aient inspiré ici textes et débats et donné son titre à cet ouvrage.

  • Les études réunies ont été présentées au Colloque International de Bruxelles organisé sous les auspices de la FISP (Fédération Internationale des Sociétés de Philosophie) en 2002 dont le thème a été conservé comme titre du recueil. L'intention était d'illustrer la manière dont divers philosophes ont traité ou esquivé la question de la technique. L'ampleur du champ, historique et contemporain, interdisait toute exhaustivité. Le dessein était plus anthologique qu'encyclopédique. Les analyses critiques qui composent le volume manifestent l'intérêt de cette approche appliquée à Aristote, Lulle, Salutati, Kant, Kapp, Bergson, Ortega, Schmitt, Jonas, Brun, Arendt, Foucault Simondon, Heidegger, Haraway, Fukuyama. Et il serait fécond de l'étendre tant il est vrai qu'en notre époque très technologique, poser, aux philosophes qui nous sont les plus familiers, la question du sort qu'ils ont réservé à la technique s'avère riche en enseignements sur eux et pour nous.

  • Le présent ouvrage a pour fins de :
    - clarifier l'origine du terme « technoscience » et l'évolution de son usage.
    - rendre accessible un texte fondateur qui n'avait jamais encore été publié intégralement : Philosophie et futur (1976).
    - encourager la lecture et l'étude de la science-fiction, passée et actuelle, en raison de sa pertinence pour le questionnement et la réflexion philosophiques.
    - illustrer l'intérêt de la notion de technoscience comme outil heuristique pour la lecture critique de la science-fiction.

  • Peut-on introduire la question des intelligences extraterrestres en philosophie de manière rigoureuse? Le présent ouvrage fait le pari d'une réponse positive. S'appuyant sur l'histoire de la philosophie, il propose de démontrer la légitimité philosophique d'une telle interrogation. Loin d'être rarissimes, les considérations consacrées aux intelligences extraterrestres apparaissent depuis les Présocratiques et s'étendent jusqu'à Husserl, Bergson et Lewis en passant par Thomas d'Aquin, Descartes, Leibniz et Kant pour ne citer que les plus célèbres. Nous invitons le lecteur à une sorte d'introduction à l'histoire de la philosophie à travers ce thème peu courant, revisitant les questions métaphysiques et cosmologiques et proposant une nouvelle interprétation du sens de la moralité kantienne à partir de l'identité des êtres raisonnables. Pour n'être pas quantitativement majeur dans les écrits philosophiques, le thème de l'intelligence extraterrestre n'en a pas moins sa place légitime dans la réflexion rationnelle. Il constitue peut-être même une des problématiques les plus impérieuses de notre avenir proche.

  • Si la philosophie veut amener à la clarté du concept la complexité de l'expérience humaine, on peut s'étonner qu'elle se soit si peu, en france du moins, intéressée au sport, alors que la sociologie a depuis longtemps reconnu l'activité sportive, comme une " clé pour la connaissance de la société " (elias).
    Le philosophe succomberait-il au préjugé qui lie de manière inversement proportionnelle les capacités ou l'activité physiques d'une part, et d'autre part la puissance intellectuelle ou l'exercice spirituel, au point de mépriser le stade ou de ne le fréquenter que de manière honteuse, voire déguisé en supporter ? ecartons cette hypothèse. disons plutôt que le sport, dans les sociétés modernes, a pris une importance telle que son analyse semble vite cantonnée aux voies toutes tracées (assurément légitimes en leur ordre) de la critique anticapitaliste du sport " business ", " spectacle ", " opium du peuple ", etc.
    Ces onze essais de " philosophie sportive " entendent quant à eux penser le sport non comme l'effet ou le symptôme d'une idéologie et d'un système, mais comme une pratique dont les retentissements proprement intellectuels sont loin d'être négligeables. une pratique d'abord exercée, et ici pensée, par des auteurs à la fois philosophes et sportifs.

  • La conviction qui anime cet ouvrage est que les pratiques médicales contemporaines - et en particulier les pratiques de transplantations d'organes - invitent à une réflexion philosophique sur des thèmes aussi variés et importants que la mort et sa définition, le sens du don et son symbolisme, mais aussi la définition de la liberté, du corps, ou encore le sens de la solidarité et de la justice. C'est à cette réflexion philosophique « en marche », renouvelée tant par les progrès techniques que par l'accueil social qui leur est fait que se consacre cet ouvrage. Partant d'une des situations de transplantation telle qu'elle se pratique actuellement - la transplantation hépatique à partir d'un donneur vivant - l'auteur met en perspective l'histoire de la greffe et les questions éthiques qu'elle a suscitées au cours de son développement, avant de se consacrer à l'examen des questions les plus cruciales à l'heure actuelle : Qui peut donner un organe de son vivant? Quel est le risque acceptable pour le donneur? Qui doit en décider? Le donneur peut-il tirer une compensation de son geste?
    Au fil de cet examen, l'auteur met en lumière les dilemmes moraux et les différentes positions des participants aux débats, avant d'argumenter en faveur d'une nouvelle forme de justice dans le recours au don entre vivants, laquelle autoriserait à indemniser les personnes prélevées d'un organe de leur vivant.

  • L'expression "philosophie de la technique" est née avec ce livre, en 1877. Il s'agit pour Ernst Kapp d'une philosophie de la hache, du marteau, de la vis et de la machine à vapeur. Georges Canguilhem y voyait l'une des premières tentatives pour constituer une philosophie biologique de la technique, c'est-à-dire pour penser les outils et les machines en tant que prolongement et extériorisation de l'activité des corps vivants : "Cet ouvrage, classique en Allemagne, est à ce point méconnu en France, que certains des psychologues qui ont repris, à partir des études de Köhler et de Guillaume, le problème de l'utilisation des outils par les animaux et de l'intelligence animale, attribuent cette théorie de la projection à Espinas lui-même, sans savoir qu'Espinas déclare très explicitement à plusieurs reprises qu'il l'emprunte à Kapp. Selon la théorie de la projection dont les fondements philosophiques remontent, à travers von Hartmann et La Philosophie de l'Inconscient, jusqu'à Schopenhauer, les premiers outils ne sont que le prolongement des organes humains en mouvement. Le silex, la massue, le levier prolongent et étendent le mouvement organique de percussion du bras. (...) Ce que les Allemands ont constitué par la voie philosophique (...) nous le voyons repris, et autant qu'on peut savoir sans dérivation directe, par Leroi-Gourhan dans son livre Milieu et Techniques". Antériorité de la technique sur sa formalisation scientifique, continuité entre l'appareillage technique et les tactiques du vivant : le texte de Kapp jette un éclairage historique inattendu sur certaines problématiques fondamentales de la philosophie des sciences et des techniques "à la française".

  • Cette étude est consacrée à la philosophie de la technique de Gilbert Simondon et à sa pensée de l'individuation. À travers les grands moments de l'histoire des techniques (tradition, révolution industrielle, cybernétique), l'auteur interroge les notions de progrès, d'aliénation et de mémoire. Il analyse également le concept d'individuation et l'impact du devenir sur les organismes et le psychisme. À partir de confrontations avec Diderot, Marx, Bergson, Jung, Eliade ou Jankélévitch, la philosophie de Simondon occupe une place centrale dans ces débats sur les enjeux de la technique.

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