Filtrer
Sciences humaines & sociales
-
Entre ici, Jean Moulin" ; "vous ne serez pas morts en vain !
André Malraux, Thomas Mann
- Points
- Points Grands Discours
- 15 Avril 2010
- 9782757818169
Jean Moulin, grande figure de la Résistance, est mort sous la torture en 1943.
Vingt ans plus tard, André Malraux, ministre des Affaires culturelles, lui rend un vibrant hommage lors du transfert de ses cendres au Panthéon. A l'époque où la Résistance française s'organise, des voix allemandes s'élèvent également pour dénoncer le nazisme. C'est le cas de l'écrivain et prix Nobel de littérature, Thomas Mann, qui, depuis les Etats-Unis, lance des appels à l'intention du peuple allemand.
Ces textes de résistance sont diffusés sur les ondes de la BBC dès 1940 et jusqu'à la chute de Hitler en 1945.
-
L'Homme précaire est à la littérature ce que La Métamorphose des dieux est aux beaux-arts.
Malraux propose d'appliquer à la littérature la périodisation de l'histoire de l'art qu'il avait dégagée pour renouveler notre expérience des oeuvres : une première période de figuration d'un surnaturel invisible, objet de prière et de dévotion ; une deuxième, à partir de la Renaissance, au cours de laquelle l'art visait à représenter le monde réel, pour s'approcher toujours plus de l'illusion ; mais plus cette illusion était poussée, plus elle occultait l'acte créateur, qui, dans un troisième temps et grâce à la rupture initiée par Manet, devint désormais l'essentiel.
Appliquée à la littérature, cette tripartition en bouleverse notre conception. La fiction est la notion pivot qui permet de distinguer respectivement les trois moments. Elle est, pour chacun d'entre nous, une expérience majeure : parce qu'elle nous fait vivre par procuration une vie, c'est-à-dire un temps autre que le nôtre, elle porte plus loin qu'un simple divertissement.
-
La vie de Napoléon par lui-même
André Malraux
- Gallimard
- Les Cahiers Gallimard
- 24 Septembre 1998
- 9782070753819
«On lit ce livre avec un plaisir assez unique. Il peut tour à tour réjouir et indigner n'importe qui. Les étrangetés y sont convaincantes, les textes connus y paraissent neufs. La durée y est non pas fiévreuse, mais infatigable. À tout instant, sans un temps mort, on change de lieu, de sujet, d'interlocuteur. Malraux fait revivre la célèbre vivacité napoléonienne, Napoléon se prête merveilleusement à un film malrucien. Alors paraissent au grand jour toutes nos contradictions innées. Le rassembleur est un individualiste. Une révolution qu'on sauve est tuée et une révolution qui se suicide se propage. Napoléon a des modesties provocantes et des hauteurs ubuesques. Sa lucidité surprend et ses inconsciences n'étonnent pas moins. Sa promptitude légendaire n'est pas exempte de bévues. Il touche à tout avec un bonheur déconcertant et de sinistres lacunes. Une réussite de rêve aboutit à une chute qui fait songer mais qui nimbera l'épreuve. Malraux a cru n'avoir qu'ausculté son héros à travers les textes qui en émanent, au point de n'avoir ni signé ni présenté son montage. Mais le découpage des phrases, leur isolement ou leur regroupement, leur transposition, leur distribution selon l'irréversible chronologie d'une vie, et aussi, bien sûr, les omissions font un Napoléon plus vrai que nature.» Jean Grosjean.
-
« Sait-on ce qu'on note en voyage ? des chocs utiles, les inspirations du moment, et le plus important, on croit s'en souvenir sans avoir à l'écrire. Quelques mots suffiraient à l'écrivain pour ressusciter l'épisode : le lecteur ne peut qu'y rêver. De plus, noter, comme prendre des photos, ennuie certains. Malraux n'est pas photographe. Alors, pourquoi l'anecdote ? Parce qu'elle attend qu'on lui donne un sens, qu'on la replonge dans l'eau profonde qui fait la littérature. Parce qu'elle est, dans les mémoires, ce qui ressemble le plus au roman, et que Malraux a un instant espéré être le romancier de la Russie, l'admirateur de Dostoïevski devenu son imitateur. Le roman que Malraux cherche à écrire, pourtant, il ne l'écrira pas. Il aura de plus en plus de peine à inventer une fiction : par une sorte de court-circuit, son imagination marche comme sa mémoire, et sa mémoire comme son imagination. »
Jean-Yves Tadié.
-
Les cahiers de la NRF : non ; fragments d'un roman sur la Résistance
André Malraux
- Gallimard
- Les Cahiers De La Nrf
- 12 Avril 2013
- 9782070140558
Au tournant des années 1970, Malraux renoue avec l'aventure du roman. Il entreprend de mettre à exécution un projet de l'après-guerre, un grand livre sur la Résistance. À son habitude, Malraux rédige de manière discontinue un certain nombre de scènes et prend des notes destinées à les lier en une histoire. C'est ce travail préparatoire, inédit, qui a été ici mis en forme et en lumière. Pour le titre, André Malraux pense alors à «Non», un monosyllabe qui résume à lui seul l'esprit de la Résistance.
Le moment où Malraux commence à écrire est marqué par la fin d'une période d'héroïsation qui prévalait depuis la guerre. Il a beau savoir que la Résistance n'a été le fait que d'une minorité de Français, il souffre de voir toute l'attention portée sur la passivité des autres, au détriment des hommes du NON. Plusieurs occasions ont alors redonné une actualité à ses souvenirs de guerre, la plus notable étant, en décembre 1964, l'oraison funèbre de Jean Moulin. Nous la proposons en appendice avec l'ensemble de ses discours et messages sur la Résistance, dont certains passages font directement écho aux fragments de «Non».
Mais à l'époque où il prononce les derniers de ces discours, André Malraux a peut-être déjà renoncé à poursuivre la rédaction du roman. En effet, l'attraction de l'écriture mémorielle - ses Antimémoires -, pour laquelle il invente alors une poétique nouvelle, l'emporte sur la fiction. Si les ébauches de «Non» comportent de beaux morceaux, ils ne lui semblent pas à la hauteur de L'Espoir, passé l'enthousiasme des commencements. De ce projet abandonné, ce volume permet de sauver de grandes scènes - l'assaut d'un char par un fantassin ou un dialogue métaphysique entre un abbé et un soldat ethnologue - et de faire résonner encore et toujours le Non d'André Malraux, alias colonel Berger.
-
Six entretiens avec andre malraux sur des ecrivains de son temps 1959-1975 - 1959-1975)
Malraux/Grover
- Gallimard
- Idées
- 24 Novembre 1978
- 9782070354016
Les sujets des entretiens accordés à Frédéric Grover entre 1959 et 1975 font apparaître des Malraux presque opposés ; Drieu, c'est l'aîné, l'ami, l'admirateur admiré qui reste, malgré l'opposition idéologique, l'un des hommes les plus nobles que j'aie rencontrés ; avec Barrès, c'est un hommage mais aussi un règlement de compte. Avec Paulhan, c'est l'admiration sans réserve pour le grand découvreur auquel il doit tant et en qui il voit un contemporain capital ; Céline, c'est un peu l'anti-Malraux. Malraux enfin, au cours des deux derniers entretiens, s'explique sur les passages les plus obscurs des Antimémoires et parle à cette occasion de Bernanos, de Nietzsche, de Dostoïevski, mais aussi de Camus et de Sartre. C'est un des rares textes d'André Malraux où il s'explique sur la littérature contemporaine. Ce Malraux accueillant, cordial, simple, quelquefois même fragile et vulnérable, ce Malraux qui parle est différent de celui qui écrit. Il surprendra.