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Arts et spectacles
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Artiste, sociologue, penseur, chercheur, Hervé Fischer, a initié son concept d'art sociologique dans les années 1970, à l'époque des avant-gardes. Il a développé un questionnement critique du rapport entre l'art et la société, et a créé son oeuvre hors des institutions, dans la rue, à la campagne et aujourd'hui sur les réseaux sociaux, s'intéressant aux pratiques numériques et aux nouveaux usages qu'elles induisent.
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En 1979, Hervé Fischer a déclaré au cours d'une performance au Centre Beaubourg à Paris : L'Histoire de l'art est terminée. Puis, il a publié sous ce titre un livre qui a eu un grand retentissement. Trente ans plus tard, où en sommes-nous ? Sa prophétie était-elle juste ? Dans L'avenir de l'art, il fait le point et montre comment la crise généralisée de l'art postmoderne, si durement dénoncé, constitue en fait l'écho légitime de la crise de sens et de valeurs que nous traversons. Mais il en prend le contre-pied en évoquant l'avenir de l'art. Une véritable tour de Babel des arts émerge aujourd'hui, qui met fin au monopole de l'art occidental et ouvre de nouvelles voies. Les arts numériques se sont imposés, dans lesquels Hervé Fischer lui-même a été un pionnier très engagé, même s'il en montre aussi les écueils. Les arts scientifiques contribuent désormais activement aux débats de société sur l'intelligence et la vie artificielle, les manipulations génétiques et l'écologie. En réaction au désenchantement généralisé de notre époque, les arts prennent la relève de la magie, remplacent la religion et se rapprochent de la philosophie. Face au scandale éthique permanent de nos sociétés, ils recourent à une esthétique interrogative et vont contribuer à mettre au monde un autre monde.
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Hervé Fischer montre ici comment la production et la diffusion numériques des films sonnent le glas du monopole impérial de Hollywood qui en est venu à contrôler les réseaux de salles avec ses bobines 35 mm et la pratique du block booking.
Le numérique va ainsi redonner droit de cité au cinéma indépendant, aux films d'auteur et aux cinématographies nationales. C'est en s'appuyant sur les points de vue de personnalités aussi diverses que George Lucas, Jack Valenti, Humberto Solas, Daniel Langlois, Steven Spielberg, Wim Wenders, Ingmar Bergman qu'Hervé Fischer croit pouvoir annoncer cette victoire de la création et de la diversité culturelle sur l'impérialisme hollywoodien.
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La fin de l'Histoire de l'art ne signifie nullement la mort de l'art. Au contraire Car en échappant à l'illusion historicienne et au mythe prométhéen du progrès en art, nous redécouvrons ses liens avec le mythe faustien : l'art est une expérience-limite de lucidité, pour éclairer l'image du monde. La fin des avant-gardes s'est accomplie à notre insu pendant les années soixante-dix. Le thème réel et commun à toutes les avant-gardes, après la découverte de l'idée d'Histoire au XIXe siècle, apparaît aujourd'hui par-delà toutes les images réalistes, abstraites, aléatoires, conceptuelles ou corporelles : c'est le désir pulsionnel d'être des créateurs d'Histoire de l'art, crispation sexuelle du mythe prométhéen, symbole activé de la « création » capitaliste ou révolutionnaire. Mais aussi : morbidité des avant-gardes fascinées par la logique inéluctable de leur fin, emprunts exotiques ou sursauts réactionnaires, tel le kitsch, promu style officiel de notre époque par André Malraux, néorétro, rien n'a manqué à l'épopée prométhéenne, pas même le bec rongeur de l'aigle/nouveauté, ni l'automutilation de l'artiste. Redécouvrir la fonction anthropologique de l'art - en s'aidant de la sociologie interrogative et de la mythanalyse -, c'est lier mythe, art et liberté, et renouer avec l'origine de l'art : un art post-historique.
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