Incertain Sens

  • Nouvelle édition revue et augmentée de l'ouvrage de Brogowski dans lequel l'auteur défend la thèse du livre d'artiste comme modèle alternatif de l'art et agent de renouvellement des potentialités du livre. Le volume fait également le point sur les activités des éditions Incertain Sens et du Cabinet du livre d'artiste durant la période 2010-2016, et propose une réactualisation des problématiques qu'elles ont suscitées tant dans le domaine de l'art que de sa théorie.

    Le livre d'artiste est une des pratiques de l'art, mais une pratique qui le tire vers la culture du livre, dont il explore de nouvelles possibilités créatrices et dont il cherche à épouser les habitudes et défendre les valeurs. La présence du livre dans la vie quotidienne est pour l'art d'aujourd'hui un modèle inégalable, qui pourrait devenir son aspiration. Contrairement aux livres de bibliophilie ou aux livres de luxe qui imposent à la culture du livre - et surtout aux nombreuses bibliothèques - les pratiques du marché de l'art (tirage limité, techniques rares et matériaux précieux, prix exorbitants, difficulté d'accès), les livres d'artistes puisent plutôt leur inspiration dans la simplicité du livre comme objet d'usage et dans sa modestie comme instrument démocratique. L'auteur tente ici un double éclairage du phénomène que constitue depuis une cinquantaine d'années la pratique du livre d'artiste. D'une part, il la présente comme un modèle alternatif de l'art, tant pour la façon d'en faire que pour sa place dans la vie des individus et des sociétés. D'autre part, il observe comment le livre d'artiste redécouvre spontanément diverses potentialités, parfois oubliées, de l'histoire du livre et en réactualise quelques-unes dans des expériences inédites de l'art.

    Nouvelle édition revue et augmentée de l'ouvrage paru aux Éditions de la Transparence en 2010 (ISBN 978-2-350510-44-6).

  • Perspectives contemporaines sur les publications d'artistes.

    Ce livre réunit vingt-trois entretiens avec vingt-cinq artistes qui font de l'édition une pratique artistique. Dans un contexte où les publications d'artistes suscitent l'intérêt de nombreux acteurs du champ de l'art, il s'agit d'offrir des perspectives contemporaines sur ce phénomène, marqué par une tension entre des positionnements alternatifs et la recherche d'une reconnaissance institutionnelle. Les propos des artistes sollicités ont ainsi été collectés afin de dessiner un panorama des publications d'artistes aujourd'hui, et pourront être lus au regard d'un double questionnement : quels sont, parmi les outils qui ont permis de penser la pratique du livre d'artiste ces dernières décennies, ceux qui restent opérants pour en comprendre les manifestations actuelles ? Quels sont les enjeux qui semblent spécifiques à ces manifestations récentes et quelle est la nature des évolutions dont ils témoignent, en lien avec un contexte élargi de l'art et de l'édition ?
    Bien que les pratiques actuelles n'induisent pas une remise en cause radicale des hypothèses et des arguments proposés jusqu'à ce jour au sujet des publications d'artistes, ces entretiens suggèrent des enjeux formulés différemment, et donnant lieu à de nouvelles attitudes. Ce sont ces dernières dont ce livre rend compte, à travers un matériau de première main.

    Entretiens avec Laurence Aëgerter, Pierre-Olivier Arnaud, Ludovic Burel, Claude Closky, Daniel Gustav Cramer, documentation céline duval, Ben Kinmont, Sharon Kivland, Stéphane Le Mercier, antoine lefebvre editions, Sara MacKillop, Mazaccio & Drowilal (Élise Mazac & Robert Drowilal), Jonathan Monk, Julien Nédélec &Éric Watier, Camila Oliveira Fairclough, Michalis Pichler, Hubert Renard, Joachim Schmid, Yann Sérandour, David Shrigley, Derek Sullivan, Batia Suter et Nick Thurston.

  • Les dimensions sociales du livre d'artiste (ouvrage collectif édité par Anne Moeglin-Delcroix, avec un ensemble d'études et de témoignages de chercheurs, d'historiens, de bibliothécaires, d'éditeurs et d'artistes, ainsi que la réédition de deux textes historiques de Dick Higgins).

    Le livre d'artiste est une forme récente de création où l'artiste utilise le support du livre pour produire une oeuvre à part entière. Sous l'apparence d'un livre ordinaire, souvent modeste, il cherche à intervenir dans le champ des idées et des concepts plutôt qu'à exhiber le raffinement de sa forme graphique et éditoriale. Aussi le livre d'artiste change-t-il non seulement l'approche de la pratique artistique, mais aussi la façon de penser l'art. Le choix du médium du livre comme support d'une création présente un intérêt très particulier pour le chercheur : d'une part, il invite à penser à nouveaux frais le rapport de l'art contemporain et de la tradition ; d'autre part, il implique une réflexion critique sur la place que l'art occupe - ou qu'il pourrait occuper - dans l'espace social. Le livre d'artiste permet en effet de reconsidérer le rapport à la tradition dans la mesure où le livre, moyen d'expression traditionnel entre tous, est souvent utilisé par des artistes qui revendiquent par ailleurs leur appartenance à la dynamique de l'avant-garde artistique, identifiable, au contraire, à sa volonté de rompre avec les traditions. Au moment où d'aucuns déplorent la disparition des « mouvements artistiques », le livre d'artiste permet de prendre conscience de la nécessité d'examiner les projets de l'art inhérents aux travaux des artistes, au lieu de se fier au formalisme d'étiquettes a priori; ainsi correspond-il peut-être à une nouvelle époque de l'art où le choix des valeurs s'affirme avec plus de clarté. Le livre d'artiste permet également de réfléchir à la place de l'art dans la société dans la mesure où, en prenant la forme d'un livre ordinaire, accessible par son tirage comme par son prix, il permet à l'art contemporain de retrouver un ancrage dans la vie quotidienne : avec lui, l'art prend place dans nos bibliothèques et est partie prenante de nos lectures. Le livre d'artiste, en proposant une sorte d'économie démocratique de l'art, propose par là même une alternative aux dérives et délires du marché actuel de l'art. Le moment est venu d'examiner quelles perspectives sociales il ouvre à l'art.
    Le projet spécifique du colloque « Le livre d'artiste : quels projets pour l'art ? » se proposait précisément d'interroger le (ou les) projet(s) de l'art implicite(s) au choix fait par les artistes, depuis bientôt cinquante ans, de produire tout ou partie de leur oeuvre sous formes de livres, revues, inserts et autres imprimés. Il s'est agi bien sûr d'interpréter des livres, mais aussi d'exploiter les témoignages des acteurs du champ (artistes, éditeurs historiques, bibliothécaires, etc.). Il s'est aussi agi d'analyser le « chemin » des livres d'artistes dans la société : modalités spécifiques d'accès à l'art par le livre ainsi que de la réception de l'art par le spectateur devenu lecteur, mécanismes de diffusion, lieux d'archivage et de conservation, etc.). L'objectif a été d'identifier les valeurs qui déterminent les artistes à se tourner vers le livre aux dépens ou à côté de formes plus conventionnelles d'expression artistique (peinture, installation, vidéo, etc.), d'identifier aussi dans ces pratiques une forme de critique sociale.
    Ce livre inaugure, aux éditions Incertain Sens, la Collection grise, dédiée aux recherches sur les publications d'artistes.

    Publié suite au colloque éponyme en mars 2010 à l'université Rennes 2.

  • Réédition du livre d'artiste de Dieter Roth publié en 1968 à Stuttgart par Hansjörg Mayer.

    Die Kakausener Gemeine : Sonntagsbeigabe der Zeitung für Kakausen und Umgebung est le journal d'un pays imaginaire dont le nom joue sur l'ambiguité entre cacao et caca. Imprimées dans une couleur assimilable - le marron - les douze pages du journal contiennent pléthore de dessins et notes manuscrites représentant l'univers foisonnant dudit pays.

    Karl Dieter Roth est né d'un père suisse et d'une mère allemande à Hanovre en 1930. Il échappe à l'Allemagne nazie en fuyant en Suisse avec ses parents adoptifs. Il étudie le graphisme à Berne, où il s'intéresse au design d'avant-garde et à la poésie concrète. Il voyage beaucoup, s'installe successivement à Reykjavik, Londres, Bâle, Hambourg, Providence (Rhode Island), où il s'invente à chaque fois une nouvelle identité, modifiant son nom en Dieter Roth, Diter Rot ou Dieterrot. Il meurt en 1998.
    Sculpteur, poète, pionnier des livres d'artiste, performer, éditeur, musicien, Dieter Roth a constamment tenté de défaire les cloisons d'une éducation artistique académique. Dessinant avec les deux mains en même temps, utilisant des matériaux « sales » (terre, graisse, cadavres d'insectes, produits alimentaires pourris...), il considérait que tout pouvait devenir de l'art, carnet de notes, table de travail, téléphone, ou la cuisine de son ami qui finit par être vendue à un musée.
    Lié au groupe Fluxus sans lui être affilié, ami de Robert Filliou, de Daniel Spoerri, de Richard Hamilton, ou encore d'Arnulf Rainer (quatre artistes avec lesquels il a mené plusieurs projets communs), Dieter Roth a enregistré des disques et donné des concerts avec Hermann Nitsch ou Oswald Wiener. S'il n'a pas fait pas partie d'une exposition telle que « Quand les attitudes deviennent forme » organisée en 1969 par Harald Szeemann à la Kunsthalle de Berne, il faisait sien le précepte selon lequel la manière de construire, laissée visible, fait oeuvre. Tout en restant à distance de mouvements tels que le Process Art, il apparaît comme l'un des artistes les plus novateurs concernant la transformation du concept même d'oeuvre d'art.

  • Kentia

    Chemarin /Leleu

    Entre livre d'artiste, essai et catalogue, cette publication explore la notion d'« installation » dans la stratégie d'appropriation développée par l'artiste devenu fictionnel Ludovic Chemarin©, au travers de la figure conceptuelle du palmier kentia.
    Plante fétiche de Ludovic Chemarin©, le kentia - appartenant à la famille des palmiers - est un motif récurrent dans plusieurs de ses productions, un objet d'étude particulier et une affiliation directe avec deux artistes références : Marcel Broodthaers et Philippe Thomas.
    Cet ouvrage largement illustré, à mi-chemin entre le livre d'artiste, l'essai et le catalogue, entend donc explorer cette réminiscence du kentia sur plusieurs registres : comme une espèce végétale, possédant ses propres caractéristiques ; comme un accessoire, utilisé dans l'aménagement mobilier ou dans les dispositifs d'exposition ; et comme un symbole, nourri par l'histoire de l'art et les oeuvres qu'elle a générées. Le kentia devient alors un archétype ou un nouvel artifice dans le spectacle de l'art : une plante, d'apparence sans qualité, qui divertit et décore les salles d'exposition autant que les tableaux, les foires d'art autant que les installations, les salons des collectionneurs autant que les salles d'attente.

  • Une analyse des implications, des enjeux et des spécificités de la pratique de la revue d'artiste, de la fin des années 1950 à aujourd'hui, sur les plans artistique, politique et économique.
    Comment la revue devient-elle une pratique artistique ? Si la revue d'artiste partage un certain nombre de caractéristiques avec d'autres pratiques éditoriales, comme le livre d'artiste ou le mail art, sa singularité réside notamment dans le fait qu'elle est à la fois médium et média. Cette duplicité entraîne son lot de contraintes, mais aussi des modalités propres de création où se croisent la sérialité, la périodicité et une problématisation spécifique de la réception tout comme de la réalisation collective. Cet essai analyse les enjeux de cette pratique née à la fin des années 1950 à travers un large panel de revues, des pionnières comme Gorgona et Semina, aux plus contemporaines comme Permanent Food, BU ou oxo, en passant par Aspen, S.M.S., Die Schastrommel, Doc(k)s, Gratuit, Cloaca Maxima parmi des dizaines d'autres. Il s'agira alors de déterminer le rapport de ces publications périodiques à la grande presse, à la reproduction et à l'autonomie et plus largement, de voir ce qu'implique la pratique de la revue sur les plans artistique, politique et économique.
    Voir aussi, dans la même série : Le livre d'artiste : quels projets pour l'art ?.

  • Près de 20 ans après la parution de L'inventaire, Éric Watier a réuni 100 nouveaux cas de destructions volontaires d'oeuvres, par 100 autres artistes. Cette nouvelle édition revue et augmentée associe au sein d'un même volume les 200 exemples recensés.

    En 2000, paraissait l'un des premiers livres d'artistes des Éditions Incertain Sens : L'inventaire des destructions d'Éric Watier. Le projet allait susciter de nombreuses autres publications : un post-scriptum un an après, une reprise dans le BLOC du même artiste aux Éditions Zédélé, des traductions, notamment chez Boabooks (en anglais, portugais, japonais, etc.).
    L'inventaire des destructions présente, les uns après les autres et sur chacune de ses pages, des artistes ayant volontairement détruit leurs propres oeuvres. Convoqué par des formules brèves et sobres, mais non sans commentaires discrets de l'auteur, chaque cas de destruction interroge la création dans ce qu'elle a d'essentiel : objet ? Processus ? Attitude à l'égard du monde ?
    Dix-huit ans après, les Éditions Incertain Sens en publient une nouvelle version, augmentée de cent nouveaux cas de destructions volontaires, recueillis auprès de cent autres artistes. L'ensemble, constituant un travail de recherche mené pendant près de vingt ans, est réuni au sein d'un volume se voulant lui-même vulnérable, sans couverture ni page de titre, et qui consacre sa dernière formule à sa propre présentation.

  • Une vaste enquête sur l'art, menée pendant trente ans par un artiste pour lequel les archives constituent un matériau artistique à part entière.

    La méthode de travail de Lefevre Jean Claude peut être considérée comme une sorte d'observation participante, dans la mesure où, durant toute cette période, et jusqu'à aujourd'hui, il a pris une part active à la vie de l'art : correspondances et conversations avec ses amis artistes ; participation à ; des projets communs ; collecte de documents variés à l'occasion de visites dans les galeries et musées, de vernissages et autres manifestations du monde de l'art ; écriture de textes exposés, publiés en livres et revues ou lus en public lors de « lectures expositions ». Ce « travail de l'art au travail », ainsi que le nomme Lefevre Jean Claude, a abouti, en 1983, à la fondation de « LJC Archives », constituées de notations quotidiennes sur les pratiques artistiques observées, de la description et du classement des documents rassemblés, ainsi que de tout un travail de réécriture à partir de ce matériau, en réponse à des invitations ou à des commandes. Tel est le cas de ce texte, à la fois oeuvre et documentation, qui restitue et analyse, du point de vue de l'artiste engagé dans l'art de son temps, la réalité du fonctionnement de l'institution artistique et l'histoire de trois décennies d'art contemporain en France. C'est enfin une réflexion personnelle sans concession sur la création en acte et ses exigences, artistiques et philosophiques, que Lefevre Jean Claude propose ici.

  • Opinions

    Matthieu Saladin

    Livre d'artiste basé sur les enquêtes d'opinion, distordant au gré de l'" opinion publique " l'emblème de la République française.

  • Livre d'artiste.
    La Popularité des conflits est l'histoire d'un livre rouge qui pâlit. Il réunit cent sondages d'opinion publiés au lendemain de manifestations, grèves et autres mouvements sociaux dans différents organes de presse. Ces sondages ont la particularité de mesurer la sympathie d'une population pour tel ou tel conflit, donnant à lire, sous la forme d'un pourcentage, le degré présumé d'adhésion populaire à la manifestation d'une protestation elle-même populaire. Les sondages sont présentés par ordre de popularité décroissant, le pourcentage de soutien devenant ici le pourcentage de couleur rouge de l'aplat correspondant. Le rouge ayant servi d'étalon pour ce livre provient, quant à lui, d'une gravure ornant la page de garde de la première édition (1967) de l'ouvrage de Maurice Dommanget, Histoire du drapeau rouge.

  • Livre d'artiste basé sur l'Ulysse de James Joyce.
    « Au printemps 1998, bénéficiant d'un petit bureau au James Joyce Centre de Dublin, j'ai photocopié la plupart des couvertures et quelques pages intérieures, des traductions mondiales d'Ulysse. Vitement réalisées et à des fins documentaires, ces photocopies sont parcourues de bruits (déplacement du livre, agrandissement aléatoire, présence furtive de la main, rayures, etc.) comme autant d'ornements ajoutés à la polyphonie de l'oeuvre. Enfin, ce projet s'accompagne aujourd'hui d'une réflexion insoupçonnable à l'époque : le traitement fait aux livre dans le cadre de leur numérisation sauvage. »

  • Un jeu d'alliances photographiques et sémantiques en 56 propositions, suivi d'un texte en forme de manifeste (livre d'artiste).

    Livre blanc - Propédeutique est un livre d'artiste comprenant du texte et cinquante-six photographies. Une première partie est composée d'un ensemble de cinquante-six doubles pages associant chacune une photographie et un titre / légende. Un tout hétérogène, tant plastique que sémantique, est formé par la liaison d'observations de différents champs. Les répétitions, contradictions ou retours qui résultent de leurs enchaînements se constituent comme autant d'occasions de vérifications ou de confirmations de nouvelles connaissances. Une seconde partie comporte un avant-propos à l'allure de manifeste, suivi d'un texte formé par la reprise de l'ensemble des titres / légendes.

  • Methods & Processes, ouvrage pionnier des expérimentations artistiques des années soixante, est demeuré dans une confidentialité presque totale à ce jour: publié en 1962 à Paris à cent exemplaires à compte d'auteur, il était devenu introuvable du fait de sa fragilité et de sa diffusion restreinte. Ce fac-similé, produit à partir du seul exemplaire encore aux mains de l'artiste, constitue donc une opportunité rare de redécouvrir cet ouvrage essentiel.
    Alliant poèmes-partitions et collages d'images de presse, Methods & Processes anticipe par sa forme et son contenu, des publications ultérieures telles que An Anthology de La Monte Young, Water Yam de George Brecht, ou encore les De-coll/age de Wolf Vostell. Sa structure faite de suites d'instructions, sa composition usant de la répétition comme de la rupture du discours, sa présentation en leporello permettant de jouer avec l'ordre des textes, la nature même des instructions données, tout concorde pour placer le lecteur, non dans la position habituelle du récepteur mais dans celle de l'acteur du texte.
    Au demeurant, c'est cette dimension actionniste et interactive qui permit l'interprétation de ces poèmes-partitions comme performances Fluxus, posant Ben Patterson comme un des acteurs majeurs de cette période. Ainsi, « Lick Piece », qui vit Letty Lou Eisenhauer livrée nue et couverte de crème fouettée aux bouches de l'assistance à New York en 1964, demeure-t-elle parmi les pièces Fluxus les plus radicales.

    Bertrand Clavez

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