• Quelle qu'ait été leur faveur auprès du public depuis les découvertes de Myrina et Tanagra au XIXe siècle, les terres cuites figurées antiques sont trop longtemps restées dans l'ombre d'une histoire de l'art passéiste. Ce n'est que tout récemment que leur étude a profondément évolué, grâce à la prise en compte de toutes leurs spécificités, tant celles des modalités de fabrication et de diffusion, qui en font un artisanat étonnement moderne, que celles des contextes de trouvaille et des assemblages, qui renouvellent l'archéologie des pratiques funéraires et votives. Désormais objet d'études les plus exigeantes, les terres cuites figurées apportent une contribution originale à la connaissance de l'antiquité classique.

    Les contributions réunies dans ces deux volumes issus du colloque d'Izmir, le premier de cette importance sur ce sujet, font connaître une foison de documents nouveaux, illustrent toutes les approches des figurines - histoire de l'art, archéologie, archéométrie, iconographie, anthropologie culturelle... -, mais reflètent aussi les débats autour de leur interprétation : elles dressent ainsi un état des lieux dans ce domaine de recherche au dynamisme nouveau.

  • « Paris m'a ouvert les yeux » écrit le sculpteur grec Apartis, élève de Bourdelle, arrivé dans la capitale française en 1919. « C'est l'Acropole qui a fait de moi un révolté », déclare pour sa part Le Corbusier en 1933. Nous saisissons là l'essence même du « double voyage » : durant l'entre-deux-guerres, intellectuels et artistes traversent la Méditerranée orientale dans les deux sens, d'Athènes à Paris et de Paris à Athènes, chacun puisant dans ce va-et-vient fécond ce qui lui manque : les Grecs viennent se former à Paris et se frotter aux grands courants artistiques du moment, les Français partent en Grèce à la recherche d'une Antiquité renouvelée et découvrent un pays qu'ils ne soupçonnaient pas.
    Le poète Séféris, le romancier Théotokas, l'architecte Pikionis, le compositeur et chef d'orchestre Mitropoulos, tous sont passés par Paris, où deux Grecs, Christian Zervos et Tériade, jouaient un rôle déterminant au sein des avant-gardes artistiques. Dans l'autre sens, des personnalités aussi diverses que les architectes Ernest Hébrard et Le Corbusier, le photographe Eli Lotar, le sculpteur Ossip Zadkine, ou encore l'écrivain Raymond Queneau, ont trouvé en Grèce les éléments d'une autre modernité, tandis que Roland Barthes, venu en 1937 jouer Les Perses d'Eschyle avec les étudiants de la Sorbonne, éprouve à Athènes un trouble dont, comme Freud, il se souviendra quarante plus tard.
    Le double voyage est issu d'un programme franco-grec de recherche pluridisciplinaire qui exploite de nombreuses sources documentaires inédites ; il offre un aperçu de la richesse et de la variété des échanges littéraires et artistiques entre les deux pays durant l'entre-deux-guerres et vient combler une lacune dans un domaine de l'histoire culturelle encore très peu exploré. S'adressant aussi bien au chercheur spécialisé, qui y trouvera une bibliographie très complète et des données nouvelles, qu'au lecteur de bonne volonté, qui y découvrira un sujet passionnant, il a pour ambition de devenir un ouvrage de référence pour un public très large, en France comme en Grèce.

  • Les dèmes, circonscriptions administratives de la cité d'Athènes, constituent un observatoire privilégié pour l'étude des sociétés antiques. La petite échelle qu'ils représentent donne la possibilité à l'historien d'appréhender les aspects les plus divers de la vie de leurs habitants et de leurs ressortissants.
    Ce livre propose de pénétrer au plus près du quotidien des anciens Athéniens à travers l'étude d'Aixônè, l'un des dèmes les plus peuplés et les mieux documentés. Par une exploitation minutieuse des sources disponibles - inscriptions, structures archéologiques, auteurs antiques, récits de voyageurs modernes et contemporains -, un éclairage nouveau est apporté sur la topographie et le fonctionnement institutionnel d'un dème, sur les activités politiques, économiques et religieuses qui s'y déroulaient. Les résultats de cette enquête dépassent cependant largement le niveau local. Divinités nouvelles ou méconnues, magistratures inédites, pratiques religieuses, économiques, juridiques et institutionnelles mal documentées ou incomprises jusqu'ici, c'est tout un pan de l'histoire grecque qui se révèle dans cette microhistoire d'Athènes.

    Delphine Ackermann est maître de conférences en histoire grecque à l'université de Poitiers, collaboratrice scientifique de l'École suisse d'archéologie en Grèce et ancienne membre étrangère de l'École française d'Athènes.



    The demes, administrative districts of the city of Athens, constitute a privileged observatory for the study of ancient societies. The small scale they represent gives the historian the opportunity to grasp the most diverse aspects of the lives of their inhabitants and their citizens.This book investigates more closely the daily life of the ancient Athenians through the study of Aixone, one of the most populated and best documented demes. Through the careful analysis of the available sources - inscriptions, archaeological structures, ancient writers, stories of modern and contemporary travelers - a new light is shed on the topography and the institutional functioning of a deme, on the political, economic and religious activities that were held there. The results of this study, however, far exceed the local level. New or little known divinities, unknown magistracies, religious, economic, legal and institutional practices that have been poorly documented or misunderstood so far, a whole new section of Greek history is revealed in this microhistory of Athens.

    Delphine Ackermann is a senior lecturer in Greek history at the University of Poitiers, a research associate at the Swiss School of Archaeology in Greece and a former foreign member of the French School of Athens.

  • Victor Bérard (1864-1931) fut un des plus grands homérisants français, auteur d'une traduction illustre de l'Odyssée. Ses tentatives de reconstitution du périple d'Ulysse demeurent aussi fameuses que son oeuvre philologique. Membre de l'École française d'Athènes, directeur à l'École pratique des hautes études où il enseigna la géographie ancienne, il fut aussi l'observateur attentif et courageux des événements contemporains?: dreyfusard en France, défenseur des Arméniens dans l'Empire ottoman. Conçu comme une biographie intellectuelle à plusieurs mains, ce volume collectif qui réunit historiens de l'Antiquité et de l'époque contemporaine est le premier à honorer la mémoire d'un remarquable témoin de son temps.



    Victor Bérard (1864-1931) was one of France's greatest Homeric scholars, author of a celebrated translation of the Odyssey. His attempts to reconstruct Odysseus' voyage remain as famous as his philological works. A member of the French School at Athens and director of the Ecole pratique des hautes études, where he taught ancient geography, he was also a thoughtful and courageous observer of contemporary events: a Dreyfusard in France and a defender of the Armenians in the Ottoman Empire. This collection of essays, intended as an intellectual biography that takes a range of different perspectives, and which brings together ancient and contemporary historians, is the first to honour the memory of a remarkable witness of his time.

  • Les fouilles de l'École française d'Athènes à Philippes, commencées en 1914, ont été actives de 1920 à 1937, avant leur reprise en 1977. Elles ont produit un important matériel scientifique, photographies, dessins d'architecture, manuscrits et estampages, conservé aux archives de l'EFA et dans le riche fonds photographique Paul Collart de l'Université de Lausanne. À partir d'une documentation presque entièrement inédite, le présent ouvrage, centré sur la période 1914-1950, qui prolonge l'exposition du centenaire inaugurée à Thessalonique et à Kavala en octobre 2014, retrace l'histoire des fouilles, évoque les méthodes et les conditions de travail des archéologues, et fait revivre les paysages et les populations d'une région qui s'est profondément transformée.

  • Tome 1.
    Ce colloque consacré au Péloponnèse était le sixième d'une série de rencontres organisées par les Amis du Musée numismatique, autour d'une province particulière de l'espace grec, en collaboration avec les Éphories locales et les Centres de recherche qui y sont actifs. Puisque le colloque s'est tenu à Argos, l'École française d'Athènes s'y est tout naturellement investie et assume aujourd'hui la coédition des Actes.
    Le nombre des ateliers péloponnésiens autant que l'importance historique de la péninsule, à toutes époques, font de cet Obolos 10 l'un des projets les plus ambitieux de la collection. Par commodité, l'ample matière a été répartie en deux volumes, consacrés le premier à la période antique, le second aux époques postérieures, de Byzance jusqu'à la fondation de l'État grec moderne.
    L'abondance des fouilles menées chaque année dans le Péloponnèse, le dynamisme des chercheurs qui en exploitent les résultats, mais aussi l'abondance relative des productions monétaires locales expliquent la très riche moisson d'études relatives à l'Antiquité, qu'il s'agisse d'analyses de fond ou de publication de matériel inédit. Leur nombre même a amené les éditeurs à en extraire une dizaine de contributions consacrées à des trouvailles monétaires locales ou au signalement de monnaies de collection, à les traduire en langue française et à les regrouper en un dossier à part publié dans une livraison du BCH 139-140.2 (2015-2016), sous le titre « Monnaies et trouvailles péloponnésiennes. Compléments au Colloque d'Argos 2011 ». Inséparables des contributions publiées dans ce Supplément au BCH, elles attirent notamment l'attention sur quelques travaux plus spécifiques de circulation monétaire antique.


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    Tome 2.
    Ce colloque consacré au Péloponnèse était le sixième d'une série de rencontres organisées par les Amis du Musée numismatique, autour d'une province particulière de l'espace grec, en collaboration avec les Éphories locales et les Centres de recherche qui y sont actifs. Puisque le colloque s'est tenu à Argos, l'École française d'Athènes s'y est tout naturellement investie et assume aujourd'hui la coédition des Actes.
    Le nombre des ateliers péloponnésiens autant que l'importance historique de la péninsule, à toutes époques, font de cet Obolos10 l'un des projets les plus ambitieux de la collection. Par commodité, l'ample matière a été répartie en deux volumes, consacrés le premier à la période antique, le second aux époques postérieures, de Byzance jusqu'à la fondation de l'État grec moderne.
    La production locale ou l'approvisionnement de la Péninsule en espèces monétaires à l'époque byzantine paraissent pauvres, si on les compare aux très abondantes émissions antiques, locales ou importées. Cette relative pénurie documentaire n'en rend que plus insignes tous les témoins retrouvés et patiemment enregistrés, qu'il s'agisse d'émissions impériales, de sceaux, de productions monétaires des Latins ou des Vénitiens, jusques et y compris la médaille du premier gouverneur de l'État grec moderne, IoannisKapodistrias. Par l'ampleur de la moisson ici engrangée et la qualité des contributions, ce volume constitue un apport décisif pour l'histoire des périodes médiévales et modernes dans le Péloponnèse, de nature à stimuler durablement la recherche dans les domaines concernés.


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  • Nul ne doute plus aujourd'hui du rôle majeur qu'ont joué les couleurs et l'or dans la structuration des sociétés grecques antiques, au long des siècles. Tout suggère une passion grecque pour la couleur étendue à tout type de production (vêtements, vaisselle, cosmétiques, statues, édifices etc.) sur tout support, dans tous les domaines de la vie, funéraire compris.
    Mais que savons-nous réellement des arts de la couleur eux-mêmes, des matériaux et des savoir-faire qui ont fait son succès ? Peut-on en apprécier l'impact économique et social ? N'est-il pas urgent à présent de mesurer aussi les conséquences esthétiques d'une telle révolution polychrome ? L'incolore y trouvait-il malgré tout sa place ? Les couleurs étaient-elles filles d'illusion, y compris sur le plan politique ?
    L'ouvrage aborde ces questions en toute liberté d'investigation interdisciplinaire. Il réunit pour cela spécialistes venus de tout horizon scientifique, archéologues, architectes, chimistes, conservateurs de musées, historiens, historiens de l'art, restaurateurs.
    Pour éclairer cette expérience grecque unique de la couleur, on a souhaité aussi la mesurer aux expressions qu'en ont explorées d'autres cultures, d'autres religions, à d'autres époques : Étrusques, Romains, Moyen Âge, Renaissance, époque contemporaine.


    It is widely assumed nowadays that colours and gold played a major role in ancient Greek societies throughout the centuries. This Greek passion for colouring concerned any kind of production (clothes, glasses, make up, sculpture, monuments and so on), on any support and involving any aspect of life, death included.
    What do we really know about these Arts of colouring, their successful materials and processes themselves? Can we estimate their economic and social impact? Let's assume also some urgency in reevaluating our aesthetic perception of Ancient Greek Art taking into account such a polychrome revolution. Did any colourless process exist in some way? Were colours daughters of Illusion, especially in their political use?
    All these items are openmindedly explored in this book by means of different interdisciplinary ways, involving specialists from different scientific fields, archaeologists, architects, chemists, curators, historians, art historians and conservators.
    To enlighten this unique Greek experience of colouring, we compared it with other experiences led by other cultures and religions in different times: Etruscans, Romans, during the medieval period, the Renaissance and in present days.

  • Fondée en terre thrace par le roi Philippe II de Macédoine, la cité grecque de Philippes fut, au cours de l'automne 42 av. J.-C., le théâtre de l'affrontement décisif entre l'armée des républicains Brutus et Cassius et celle des héritiers de César, Antoine et Octave. À l'issue de la bataille, Antoine décida de tirer profit du vaste territoire environnant pour y établir les vétérans des légions qui avaient combattu et pour fonder une colonie romaine. S'appuyant sur une riche documentation épigraphique, ce livre reconstitue la structure et le fonctionnement des institutions de l'entité politique qui fut substituée à la cité grecque à cette occasion, ainsi que la formation des élites dirigeantes de la colonie et les dynamiques démographiques, sociales et culturelles qui animèrent ce groupe durant plus de trois siècles, de la fondation de la colonie à la fin du IIIe s. apr. J.-C. Par le biais de comparaisons avec les autres colonies fondées par Rome dans les provinces orientales de l'Empire, avec les cités grecques et avec les municipes et colonies d'Occident, l'étude s'efforce de replacer Philippes dans le cadre général des communautés locales de l'Empire romain, aussi bien que dans son contexte régional immédiat. À travers l'exemple de Philippes, ce livre montre que, bien loin d'avoir été des images statiques de Rome comme le prétend la formule célèbre d'Aulu-Gelle, les colonies, quoique dotées d'institutions calquées sur un archétype élaboré à Rome, en étaient plutôt des ramifications vivantes et autonomes, sensibles à leur environnement provincial et disposant chacune d'une coloration particulière.


    Founded on Thracian soil by Macedonian king Philip II, Philippi witnessed the final battle between the Republican army of Brutus and Cassius and the army of Antony and Octavian, the heirs to Caesar. In the aftermath of the battle, which took place in the fall of 42 BCE, Antony decided to take advantage of the large surrounding territory, settling the veterans of the legions who had fought there and founding a Roman colony. Relying on extensive epigraphic evidence, this book explores how the political community that was founded in place of that Greek city was structured and how it functioned, as well as traces the rise of the colony's ruling elite and the demographic, social, and cultural dynamics of this group over the course of more than three centuries, from the establishment of the colony until the end of the third century CE. Through the systematic comparison of this colony with others that were settled by Rome in the Eastern provinces of the Empire, along with other Greek cities and the Western municipia and colonies, this book places Philippi within the general framework of both the local communities of the Roman Empire and its regional context. Through the example of Philippi, this book argues that, though colonies were provided with set institutions patterned after the Roman model, far from being static copies of Rome as assumed by Gellius, they were living and autonomous offshoots influenced in turn by their provincial environment, and ultimately each colony developed its own specific and unique identity.

  • Un siècle et demi après les premières fouilles à Délos qui ont concerné le sanctuaire d'Apollon, et malgré de nombreuses publications, il subsistait des lacunes dans la connaissance du sanctuaire. L'objet de cette publication est de tenter de les combler. Il s'agissait tout d'abord d'établir un plan complet, s'appuyant sur une ligne de rivage antique reconstituée. Il fallait aussi publier de façon exhaustive les monuments qui avaient été négligés : Bouleutérion, Pôrinos naos, Propylées et surtout tenter de reconstituer les 200 petits monu-ments portant les offrandes monu mentales, dont une série de colonnes couronnées par des statues royales. C'est à partir de ces nouvelles données, que nous avons produit une série de plans historiques, conduisant à la restitution en trois dimen sions du sanctuaire en 500, 350 et 150 avant J.-C. La période romaine n'a pas été négligée et c'est donc une vision renouvelée du sanctuaire et de son histoire que nous proposons aux lecteurs, s'appuyant sur les techniques de pointe à notre disposition et sur une révision exhaustive des textes épigraphiques et littéraires.

  • Il y a cent ans prenait fin la Première Guerre mondiale. Ses commémorations nous permettent de reconsidérer dans son ensemble et dans ses spécificités les formes de la mémoire du conflit. Mais peut-on parler d'une mémoire ? Il existe en réalité une pluralité de mémoires qui varient selon les origines familiale et sociale, mais qui restent largement nationale et hétérogène d'un pays à un autre.
    L'objet de cette publication est de cartographier l'évolution dans le temps, jusqu'à aujourd'hui, des mémoires de la Première Guerre mondiale en Europe, à travers les textes d'éminents historiens. Trop souvent négligée, la péninsule des Balkans est ici particulièrement étudiée à côté des grandes puissances traditionnelles européennes. Compte tenu de leurs histoires respectives, certains pays ont vu la mémoire de la Grande Guerre avoir une forte dynamique historiographique et mémorielle quand dans d'autres elle a été relayée au second plan par d'autres événements contemporains. Ces articles consacrés aux cas nationaux coexistent avec des études novatrices consacrées aux dimensions paneuropéennes et transnationales des mémoires, courants historiographiques émergents qui ouvrent une perspective différente.

    Elli Lemonidou, docteure de l'université de Paris-Sorbonne (Paris IV), est actuellement professeure assistante en Histoire moderne et contemporaine à l'université de Patras. Ses recherches portent sur les deux guerres mondiales, sur l'historicisation mémorielle et sur les usages de l'histoire.


    One hundred years ago, the First World War ended. The commemorations allow us to reconsider the forms of the collective memory of the conflict as a whole and through specific features. But can we speak of a single type of collective memory? There is in fact a plurality of collective memories that vary according to family and social origins, but which remain largely national and heterogeneous from one country to another.
    The aim of this publication is to map the evolution over time, up until today, of the collective memories of the First World War in Europe, through the texts of eminent historians. Too often neglected, the Balkan Peninsula is particularly studied here, alongside the traditional great European powers. Taking into account their respective histories, the collective memories of the Great War seem to have a strong dynamic in some countries, whereas in others they were relegated to the background by other contemporary events. The articles devoted to national cases coexist with innovative studies focusing on the pan-European and transnational dimensions of the collective memories, linked to emerging historiographical approaches, which open a fresh perspective in First World War studies.

  • Cet ouvrage examine les raisons qui, après la fin de la guerre froide, ont poussé des personnes et des populations entières, installées en Ukraine - ainsi que dans d'autres républiques d'ex-Union soviétique - depuis des siècles, à revendiquer une origine grecque et à élaborer des projets de migration de « retour » vers la Grèce. Il étudie les migrations grecques vers l'Empire russe où des Grecs, dans leur grande majorité ressortissants de l'Empire ottoman, se sont installés en nombre dès le XVIIIe s. Dans un second temps, il analyse les migrations de retour diasporiques et les migrations économiques transnationales d'Ukraine - et d'autres républiques d'ex-Union soviétique -, vers la Grèce et vers Chypre, dès la fin des années 1980. Il retrace, en particulier, l'histoire d'un groupe diasporique, les Grecs de Mariupol, et essaye d'analyser pourquoi il n'y a pas eu de « retour » collectif de ces Grecs vers la « mère-patrie imaginée ».

    Kira Kaurinkoski est anthropologue, ancienne membre de l'École française d'Athènes et chercheuse associée à Aix-Marseille université (UMR 7307, Institut d'ethnologie méditerranéenne européenne et comparative). Ses recherches portent sur les diasporas et les migrations russes et postsoviétiques, et les mobilités et les minorités dans la région égéenne.



    This book explores the reasons which pushed individuals and entire communities residing in Ukraine and in other former Soviet republics for centuries to claim their Greek origin after the end of the Cold War and endeavour «return» migration to Greece. The book provides a historic background, tracing Greek migrations to the Russian Empire where the Greeks, mainly from the Ottoman Empire, settled in large numbers in the 18th and 19th centuries. It then analyses diasporic return migrations and transnational economic migrations from Ukraine and other former Soviet republics to Greece and Cyprus since the late 1980s. The book focuses on the history of one diaspora group in particular, namely, the Mariupol Greeks, and discusses the reasons why there has been no community «return» migration in the case of these Greeks to the «imagined motherland».

    Kira Kaurinkoski is an anthropologist, former scientific member of the French School of Athens, and research associate at Aix-Marseille University (UMR 7307 Institut d'ethnologie méditerranéenne européenne et comparative). Her research focuses on Russian and Post-Soviet diaspora and migration, and on mobility and minorities in the Aegean region.

  • Dans le cadre du renouveau que connaissent les études sur Chypre à l'âge du Fer, ce volume apporte une réfl exion sur le thème des continuités, ruptures et changements qui accompagnent l'histoire des royaumes chypriotes du Ier millénaire avant notre ère. On y examine les évolutions politiques, en insistant sur le passage d'un mode de gouvernement à un autre ; les transitions culturelles, avec la création de la koinè pan-chypriote d'époque géométrique, la naissance des styles régionaux ou encore l'impact de l'hellénisme ; les modifi cations ou la continuité des structures économiques, avec les dynamiques d'exploitation du territoire et leurs conséquences sur l'évolution des limites territoriales des royaumes chypriotes.
    Sans nier ou diminuer la radicalité et l'importance de certains phénomènes ou événements - de l'hellénisation de l'île à sa conquête par les Lagides, en passant par l'enracinement de la présence phénicienne à l'époque archaïque et la grandissante infl uence athénienne pendant l'époque classique -, on en réévalue l'impact à la lumière d'autres facteurs essentiels, parfois moins visibles et plus diffi ciles à saisir en raison du biais de la documentation disponible. La perspective « chyprocentrique » paraît ainsi celle qui permet le mieux de refonder, sur de nouvelles bases méthodologiques et théoriques, l'analyse de l'histoire et des caractéristiques constitutives des royaumes chypriotes.
    Archéologues, épigraphistes, numismates, historiens, céramologues, spécialistes de tout horizon scientifi que apportent ainsi leur regard, soit par l'étude de cas ciblés, dont plusieurs découvertes récentes, soit en dégageant des caractéristiques communes à l'ensemble des royaumes.

    Anna Cannavò, ancienne membre de l'École française d'Athènes, est chargée de recherche CNRS au laboratoire HiSoMA, à la Maison de l'Orient et de la Méditerranée-Jean Pouilloux (Lyon). Elle dirige depuis 2017 la mission archéologique d'Amathonte.
    Ludovic Thély, agrégé et docteur en histoire, ancien membre de l'École française d'Athènes, dirige depuis 2014 la fouille archéologique des abords sud de l'agora d'Amathonte.



    Within the context of a revival in studies on Iron Age Cyprus, this volume considers the theme of continuity, ruptures and changes that go hand in hand with the history of the Cypriot kingdoms of the first millennium BC. We examine political developments, emphasizing the transition from one mode of government to another; cultural evolutions, with the creation of pan-Cypriot koine from the geometric period, the birth of regional styles or the impact of Hellenism; the changes or continuity of the economic structures, with the dynamics of exploitation of the territory and their consequences on the evolution of the territorial frontiers of the Cypriot kingdoms.
    Without denying or diminishing the radicalness and importance of certain phenomena or events - from the Hellenization of the island to its conquest by the Lagids, to the rooting of the Phoenician presence in the archaic period and the growing Athenian influence during the classical era - the impact of these events is re-evaluated in the light of other essential factors, sometimes less visible and more difficult to grasp because of the bias of the available documentation. The «chyprocentric» perspective thus appears to be the best one through which to reconstruct, using new methodological and theoretical foundations, the analysis of the history and constitutive characteristics of the Cypriot kingdoms. Archaeologists, epigraphists, numismatists, historians, ceramologists, specialists from all scientific horizons thus shed light on this subject, either through the study of targeted cases, including several recent discoveries, or through highlighting characteristics common to all the kingdoms.

    Anna Cannavò, former member of the École française d'Athènes, is a CNRS researcher at the HiSoMA laboratory, at the Maison de l'Orient et de la Méditerranée-Jean Pouilloux (Lyon). Since 2017, she has directed the archaeological mission at Amathous.
    Ludovic Thély, agrégé and doctor of history, a former member of the École française d'Athènes, has, since 2014, directed the archaeological excavation of the southern outskirts of the agora of Amathous.

  • Après avoir livré dans le volume 1 les résultats des trois campagnes de la fouille du port d'Amathonte et leurs conséquences sur l'histoire de ce monument submergé (Études Chypriotes XIX), nous présentons ici le matériel mis au jour lors de la fouille (1984-1986) en deux parties distinctes : tout d'abord, les artefacts découverts dans le bassin du port, céramiques, amphores, objets métalliques, datant de la haute époque hellénistique, fin du IVe siècle ou début IIIe siècle avant J.-C. La seconde partie concerne le matériel provenant des puits creusés à l'époque romaine tardive dans la partie nord du bassin du port, alors hors d'eau : dans la céramique, des godets de sakieh et des frag-ments de céramique qui recollent depuis les couches supérieures jusqu'au fond des puits, tout comme pour les amphores, l'ensemble donnant un faciès homogène de la fin du VIe - début du VIIe siècle après J.-C., certainement lié aux activités artisanales dans la partie basse de la ville abandonnée de ses habitants, quelques décennies avant l'arrivée des Arabes. Le matériel métallique offre, comme pour la période hellénistique, une panoplie d'instruments de pêche et l'ensemble des os animaux permet de dresser un des rares tableaux de la faune présente à Chypre à l'époque romaine tardive. Enfin, l'analyse du bois des sakiehs montre l'emploi des espèces poussant dans la région à cette période, la datation par le 14 C des fragments ligneux confirmant la datation proposée par les céramologues.


    In Volume One we published the results of the three excavation campaigns conducted on the port of Amathus and the light shed by these results on the history of this sunken monument (Études Chypriotes XIX). Here we shall present in two distinct sections the archaeological material that was revealed during the excavations (1984-1986). First, we shall study the artefacts discovered in the harbour basin: pottery, amphorae and metallic objects dating from the Early Hellenistic period (end of 4th and beginning of 3rd century BC). The second section covers the material found in freshwater wells that were dug during the Late Roman era in the northern part of the harbour basin, which was then above sea level. As regards the pottery, including sakieh jars and other pottery fragments from the upper to the lower layers of the wells, as well as the amphorae, the ensemble uniformly displays features of the end of the 6th - beginning of the 7th century AD, linked to artisanal activities in the lower part of the town which was abandoned by its inhabitants a few decades before the arrival of the Arabs. The metallic material presents, in a similar fashion to that of the Hellenistic era, a variety of fishing gear, while the ensemble of animal bones provides us with a rare picture of the fauna that was present on Cyprus in the Late Roman period. Lastly, the analyses conducted on wood from the sakiehs reveals the use of tree species that grew in the region at that time, and 14 C dating of the wood fragments confirms the dating proposed by the ceramologists.

  • Les héros - ces mortels dont les Grecs perpétuaient par un culte la personnalité exceptionnelle - étaient particulièrement en honneur à Thasos : on y célébrait tous les ans la fête, inconnue par ailleurs, des Hèroxénia. Cela explique le grand nombre de reliefs à sujet héroïque qu'on a découverts à Thasos depuis le milieu du XIXe siècle. Le présent volume en rassemble plus de deux cents, inégalement répartis entre deux thèmes : le cavalier et surtout le banqueteur, tous deux d'origine aristocratique. Mieux que dans toute autre cité, on peut suivre à Thasos l'évolution de ces thèmes pendant huit siècles. Jusqu'à l'époque hellénistique, ces reliefs sont votifs : rares et ambitieux, ils sont l'oeuvre de bons sculpteurs. Le grand relief à banquet d'Istanbul est un des chefs d'oeuvre du genre, probablement issu du même milieu artistique que le peintre Polygnote qui, au même moment, donne ses lettres de noblesse à la peinture murale. Depuis la fin du IVe siècle, la banalisation de l'héroïsation, progressivement étendue au commun des mortels, fait passer ces reliefs du votif au funéraire, au prix de remaniements dans leur morphologie et leur composition. Pour le cavalier, le succès tardif du chasseur de sanglier est lié à l'essor, en Grèce du Nord et dans les Balkans, du culte d'Hèrôn/s, dieu thrace facilement assimilé au héros grec. Quant au banquet, dépouillé de ses accessoires, ce n'est plus qu'un tableau de famille, ressassé par des ateliers d'art funéraire au savoir-faire limité.


    The heroes - mortals whom the Greeks worshiped in order to perpetuate their strong personnality - took pride of place in Thasos: every year the city celebrated the feast, otherwise unknown, of Heroxenia. This explains the large number of heroic reliefs that have been discovered in Thasos since the mid-nineteenth century. This volume brings together over two hundred reliefs, unevenly divided between two themes: the rider, and more importantly, the banqueter, both of aristocratic origin. In Thasos, the evolution of these themes can be followed more closely than in any other city, over eight centuries. Until the Hellenistic period, these reliefs are votives: rare and ambitious, they are the work of very skilled sculptors. The famous banquet relief from Thasos at the Museum of Istanbul is one of the masterpieces of its kind, probably from the same artistic background as the painter Polygnotos of Thasos, famous for his mural compositions. From the end of the fourth century, the spread of heroisation, progressively extended to the common people, sees these reliefs move from votive to funerary, at the cost of changes to their morphology and composition. For the rider, the late success of the boar hunter is linked to the rise, in northern Greece and the Balkans, of the cult of Heron/s, a Thracian god who can be easily assimilated with the greek hero. As for the banquet, stripped of its accessories, it becomes no more than a family scene, produced by workshops of funerary art with limited skills.

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