Arts et spectacles

  • Les fouilles de l'École française d'Athènes à Philippes, commencées en 1914, ont été actives de 1920 à 1937, avant leur reprise en 1977. Elles ont produit un important matériel scientifique, photographies, dessins d'architecture, manuscrits et estampages, conservé aux archives de l'EFA et dans le riche fonds photographique Paul Collart de l'Université de Lausanne. À partir d'une documentation presque entièrement inédite, le présent ouvrage, centré sur la période 1914-1950, qui prolonge l'exposition du centenaire inaugurée à Thessalonique et à Kavala en octobre 2014, retrace l'histoire des fouilles, évoque les méthodes et les conditions de travail des archéologues, et fait revivre les paysages et les populations d'une région qui s'est profondément transformée.

  • « Paris m'a ouvert les yeux » écrit le sculpteur grec Apartis, élève de Bourdelle, arrivé dans la capitale française en 1919. « C'est l'Acropole qui a fait de moi un révolté », déclare pour sa part Le Corbusier en 1933. Nous saisissons là l'essence même du « double voyage » : durant l'entre-deux-guerres, intellectuels et artistes traversent la Méditerranée orientale dans les deux sens, d'Athènes à Paris et de Paris à Athènes, chacun puisant dans ce va-et-vient fécond ce qui lui manque : les Grecs viennent se former à Paris et se frotter aux grands courants artistiques du moment, les Français partent en Grèce à la recherche d'une Antiquité renouvelée et découvrent un pays qu'ils ne soupçonnaient pas.
    Le poète Séféris, le romancier Théotokas, l'architecte Pikionis, le compositeur et chef d'orchestre Mitropoulos, tous sont passés par Paris, où deux Grecs, Christian Zervos et Tériade, jouaient un rôle déterminant au sein des avant-gardes artistiques. Dans l'autre sens, des personnalités aussi diverses que les architectes Ernest Hébrard et Le Corbusier, le photographe Eli Lotar, le sculpteur Ossip Zadkine, ou encore l'écrivain Raymond Queneau, ont trouvé en Grèce les éléments d'une autre modernité, tandis que Roland Barthes, venu en 1937 jouer Les Perses d'Eschyle avec les étudiants de la Sorbonne, éprouve à Athènes un trouble dont, comme Freud, il se souviendra quarante plus tard.
    Le double voyage est issu d'un programme franco-grec de recherche pluridisciplinaire qui exploite de nombreuses sources documentaires inédites ; il offre un aperçu de la richesse et de la variété des échanges littéraires et artistiques entre les deux pays durant l'entre-deux-guerres et vient combler une lacune dans un domaine de l'histoire culturelle encore très peu exploré. S'adressant aussi bien au chercheur spécialisé, qui y trouvera une bibliographie très complète et des données nouvelles, qu'au lecteur de bonne volonté, qui y découvrira un sujet passionnant, il a pour ambition de devenir un ouvrage de référence pour un public très large, en France comme en Grèce.

  • Quand la Grèce rejoignit l'Europe après plus de trois siècles de domination ottomane, il lui fallut se construire une culture moderne en rapport avec l'héritage plusieurs fois millénaire dont elle restait la dépositaire. Le néohellénisme a trouvé dans l'architecture un mode d'expression privilégié, où se croisaient les attentes d'une élite internationale en mal de références classiques et la tradition toujours vivante du monde byzantin, ciment de l'identité nationale. De l'ajustement de ces ambitions dans un contexte économique et politique difficile est née une production originale, tirant de sa confrontation avec l'Occident une forme d'authenticité d'autant plus significative qu'elle était soumise à la pression constante des pays dominants. Entre identité et modernité, c'est un double projet qu'elle a poursuivi tout au cours du xixe siècle pour se situer au sein d'un univers en pleine mutation.


    When Greece rejoined Europe after more than three centuries of Ottoman rule, the country needed to forge a modern culture that also connected with the thousands of years of patrimony of which it was the custodian. Neo-Hellenism found in architecture a privileged mode of expression, one which brought the expectations of an international elite lacking in classical references into contact with the still living tradition of the Byzantine world, the cement of national identity. The readjustment of these ambitions in a difficult economic and political context gave birth to a highly original output, which drew out of its confrontation with the West a form of authenticity that was all the more meaningful for having been subjected to the constant pressures of dominating countries. Between identity and modernity, this dual project was pursued throughout the nineteenth century and enabled Greece to situate itself at the heart of a world in a state of constant flux.

  • On associe traditionnellement le site archéologique de Delphes à l'oracle d'Apollon, au détriment de phases moins connues de son histoire, comme celle de l'Antiquité tardive. Les fouilles au Sud-Est du péribole du sanctuaire et l'étude exhaustive, présentée ici, des trouvailles qui en sont issues commencent à combler cette lacune, et confirment pour cette zone le développement spectaculaire que connut la ville de Delphes pendant l'Antiquité tardive. Ainsi, ce volume présente l'histoire d'un habitat complexe du ive au vie siècle, puis sa réoccupation artisanale de la fin du vie au début du viie siècle, et enfin l'abandon soudain et définitif du secteur pendant le viie siècle. Par là, cette étude nous permet déjà de réintégrer Delphes dans la norme de la Grèce tardo-antique en ce qui concerne l'histoire de l'architecture civile et en particulier de l'habitat.


    The archaeological site of Delphi is traditionally associated with the oracle of Apollo at the expense of lesser known phases of its history like that of Late Antiquity. The excavations at the South-East of the Peribolos of the ancient sanctuary and the comprehensive study of their findings which are presented here begin to fill this gap; they also confirm for this area the spectacular development that the city of Delphi generally underwent during Late Antiquity. Thus, this volume presents the history of a complex habitation dating from the 4th to the 6th c. AD, its re-occupation by workshops at the end of the 6th and the beginning of the 7th c. AD and its sudden and final abandonment during the 7th c. AD. In this way this study allows us to reintegrate Delphi into the norms of Late Antique Greece as far as the history of the civic architecture is concerned and particularly the domestic one.

  • L'ensemble des vases présentés dans ce volume de la série Exploration Archéologique de Délos, en provenance de « la Fosse de Purification de Rhénée », appartient à une catégorie de céramique cycladique connue jusqualors sous le nom de céramique « mélienne », ainsi nommée daprès le site où les premiers chercheurs, probablement clandestins, lont mise à jour. De récentes fouilles entreprises à Paros ont cependant montré que cette céramique, dont la datation séchelonne entre le deuxième quart du VIIe siècle et le deuxième quart du VIe siècle avant J.-C, est originaire de Paros. Elle est la seule, avec la céramique protoattique, à représenter des figures humaines, plus particulièrement des protomés féminines et quelques protomés masculines. La contribution de cet ouvrage au progrès de la recherche scientifique est la présentation à la communauté archéologique dun matériel jusqualors inédit, puisque les productions de cet atelier ne circulaient pas hors des Cyclades. Cette céramique avait probablement comme seuls destinataires les insulaires de la région et principalement leur île vénérée, Délos. Richement décorés ces vases cycladiques forment un ensemble céramique unique en son genre, où lon reconnaît une animation et un goût de la variété, qualités proprement ioniennes qui expriment lesprit plein de vigueur créative des artistes pariens.

  • Cet ouvrage, quatrième volume de la publication du Quartier Mu de Malia, est consacré à l'étude de la poterie utilisée au moment de la destruction de ce secteur de la ville minoenne, à la fin de l'époque des premiers palais crétois (vers 1700 avant J.-C.) : vases de stockage, récipients utilitaires, vaisselle de table. Une première partie présente l'étude technique (examen pétrographique des pâtes, techniques de fabrication) et typologique (formes, décors), distingue les séries de fabrication locale des séries importées de Crète centrale et orientale, détermine leurs modes de production. Une seconde partie examine les conditions d'utilisation des vases en les situant dans leurs contextes de découverte (pièces-magasins, rangements, etc.) et aborde la question de la fonction des bâtiments du Quartier Mu. Un catalogue de 1260 vases et une illustration abondante (44 figures dans le texte, 76 planches de photographies et dessins) en font un ouvrage de référence pour la connaissance de la céramique minoenne.

  • Depuis sa fondation, en 1846, l'École française d'Athènes a rassemblé un riche fonds d'archives scientifiques, composé de dessins, de plans, de photographies, de manuscrits et d'estampages. Ces collections constituent un trésor patrimonial que la présente collection entend valoriser et faire connaître. En 2011, dans le cadre de la célébration du centième anniversaire de ses fouilles sur l'île de Thasos, l'École française d'Athènes a organisé en collaboration avec le musée archéologique de Thessalonique une exposition retraçant les grandes étapes des recherches entreprises depuis 1911. Dans le prolongement de l'exposition, ce livre offre à un plus large public un parcours dans le temps grâce aux archives, pour la plupart inédites, accumulées par des générations d'archéologues, de photographes, d'architectes et de dessinateurs.

    /> Le grand prix d'archéologie de la Fondation Simone et Cino del Duca 2017 a été attribué au programme de recherche Thasos. Abords Nord de l'Artémision (Thanar) mené conjointement depuis 2002 par l'École française d'Athènes et l'Éphorie des antiquités de Kavala-Thasos, sous la direction de Arthur Muller, professeur d'archéologie grecque à l'université de Lille SHS et membre de l'Institut universitaire de France, et Stavroula Dadaki, directrice de l'EA Kavala-Thasos.

  • Le sanctuaire d'Apollon s'est développé, sans doute à partir des années 800 av. J.-C., au sein d'une agglomération qui était occupée depuis l'époque mycénienne. Dans cet ouvrage, on peut suivre l'histoire de ce développement à partir des découvertes faites dans un secteur qui se trouvait, à la fin de l'Âge du Bronze et pendant tout l'Âge du Fer, au sein du village puis, qui à partir des années 580 av. J.-C, fut traversé par un épais mur d'enceinte, séparant le domaine du dieu de celui des hommes, avant d'être entièrement annexé par le sanctuaire. La signification historique du premier de ces réaménagements se saisit dans l'histoire de la première guerre sacrée. L'opposition entre ces deux pôles que constituent le sacré, propriété du dieu, et le profane, propriété des hommes, permet de saisir la nature du mobilier recueilli, selon qu'il provient de l'habitat ou du sanctuaire, mais projette aussi son ombre sur la structure du terroir, organisé en deux territoires distincts, depuis que celui de Krisa, citée vaincue lors de la première guerre sacrée, fut maudit, interdit à la culture et confié à l'amphictionie.

  • L'étude du temple d'Apollon du IVe siècle à Delphes est le fruit d'une collaboration entre l'archéologue Pierre Amandry et l'architecte Erik Hansen. Les circonstances n'ont pas permis qu'elle aboutît à un texte commun. Aussi a-t-on pris le parti de reproduire les articles que Pierre Amandry a consacrés au monument et de les faire suivre de l'étude architecturale de Erik Hansen. Le but principal de cette dernière est de décrire la construction du temple pour ainsi dire pierre à pierre, en suivant les procédés des artisans, et de donner l'image la plus fidèle possible de l'affairement d'un chantier dans l'Antiquité. En l'occurrence, on a la chance unique de disposer aussi bien de la ruine du bâtiment que des fragments des comptes qui ont été dressés lors de sa construction et qui donnent une idée de l'organisation du chantier, de son évolution et de son coût. Les deux sources se complètent mutuellement et permettent d'établir le calendrier d'une construction qui s'est étalée sur trente-quatre années, de 367 à 333 av. J.-C., avec une interruption de dix années due à la troisième « guerre sacrée », entre 356 et 346 av. J.-C. Un changement d'architecte en 340, Agathôn succédant à Xénodoros, n'est apparemment pas sans rapport avec une modification introduite dans le projet d'aménagement de l'intérieur du temple, là même où siégeait le fameux oracle de Delphes.

  • Les marbres sculptés au IVe siècle av. J.-C. pour les frontons du dernier temple d'Apollon par les Athéniens Praxias et Androsthénès ont connu une singulière destinée. Réduits en morceaux par une chute brutale sur les parvis du temple lors de la ruine de celui-ci à la fin de l'Antiquité, en majeure partie détruits ou dispersés par les bâtisseurs de Kastri à partir du Moyen-Age, ils furent partiellement retrouvés en 1892, mais les fouilleurs ne surent pas les reconnaître. Longtemps réputés perdus, ils ne devaient être finalement identifiés qu'à partir de 1971 dans les réserves du Musée et dans les dépôts de pierres anonymes où la Grande Fouille les avait laissés. L'ouvrage entreprend donc d'abord de faire l'historiographie de cette longue méprise, et de retracer les étapes de la redécouverte, puis de la patiente recherche qui permet aujourd'hui d'en dresser le catalogue, d'en proposer une reconstitution au moins partielle, et d'analyser le style et l'iconographie de ces sculptures bien datées, grâce aux comptes des Trésoriers, dans le troisième quart du IVe siècle. Aux testimonia déjà connus, à savoir le texte de Pausanias et quelques monnaies impériales représentant la façade du temple, dont elle renouvelle le commentaire, l'étude des fragments et du programme iconographique qu'ils autorisent à restituer a conduit à joindre ici un document contemporain, le " Péan à Dionysos " de Philodamos de Skarpheia, dont la composition apparaît comme directement liée à la conception des frontons du temple. L'analyse comparée du Péan et du programme iconographique des frontons conduit en effet à y reconnaître deux manifestations d'une nouvelle idéologie religieuse, d'inspiration athénienne, sans doute élaborée dans l'entourage de Lycurgue. Fondée sur une assimilation quasi complète de Dionysos à Apollon, dont il devient le frère jumeau, et qui partage avec lui son temple et ses prérogatives, elle vise à assurer au grand dieu attique du théâtre une place majeure dans la religion delphique, et constitue ainsi un défi - l'un des derniers - lancé par la démocratie athénienne en réponse aux efforts déployés par Philippe de Macédoine pour prendre le contrôle du sanctuaire de Delphes.

  • On a longtemps considéré que l'interdiction de la consultation oraculaire marquait la fin de la cité de Delphes, sans se soucier outre mesure de la période qui suivit jusqu'à l'abandon définitif du site vers la troisième décennie du viie siècle. Toutefois, les vestiges architecturaux datant de cette époque, ainsi que le mobilier archéologique mis au jour, contredisent cette opinion largement répandue et prouvent l'existence d'une ville qui, sans être de l'importance d'une métropole, s'est étendue autour, mais aussi à l'intérieur de l'ancien sanctuaire. Cette ville a importé et surtout produit une céramique de bonne qualité. Les installations découvertes pendant des fouilles systématiques de l'École française d'Athènes, pour partie en collaboration avec la Xe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques, montrent une industrie de taille moyenne, produisant une gamme très étendue de céramiques d'usage domestique ou artisanal. Malgré les difficultés politiques et économiques attestées ou simplement supposées pour la période qui va de la seconde moitié du vie au début du viie s. en Grèce, cet artisanat resta ouvert sur les tendances de l'époque et maintint un rapport continuel avec les autres industries locales de la Grèce Centrale et du péloponnèse.


    It has long been considered that the closing of the oracle marks the end of the town of Delphi, without due regard for the subsequent period which extends to the definitive abandon of the site towards the third decade of the seventh century. Nonetheless, architectural remains from this period, as well as the artefacts that have come to light, contradict this widespread opinion and prove the existence of a town, which, while not as important as a metropolis, spread out around, but also into the ancient sanctuary area. This town imported and, in particular, produced good quality pottery. The installations uncovered during the systematic excavations by the École française d'Athènes, in part a collaboration with the Xth Ephorate of Prehistorical and Classical Archaeology, document a medium-sized industry, producing a very extensive range of pottery for domestic or artisanal use. In spite of the political and economic difficulties, either attested or simply supposed for the period from the second half of the sixth to the beginning of the seventh century in Greece, this craft remained open to the tendencies of the time and maintained a continuous contact with the other local industries of Central Greece and the Peloponnese.

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