A Vue D'oeil

  • Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité professionnelle, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après une sélection sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

    À travers le portrait du jeune couple et celui, fascinant et mystérieux, de la nounou, notre époque se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture.
    Un suspense envoûtant dès les premières pages.

  • Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Retour en arrière : Hansen est superintendant à L'Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et - plus encore - de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu'il n'est pas occupé à venir en aide aux habitants de L'Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l'emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L'Excelsior, des conflits éclatent. Et l'inévitable se produit.

  • « Maman est morte ce matin et c'est la première fois qu'elle me fait de la peine. » Pendant deux ans, Éric-Emmanuel Schmitt tente d'apprivoiser l'inacceptable : la disparition de la femme qui l'a mis au monde. Ces pages racontent son « devoir de bonheur » : une longue lutte, acharnée et difficile, contre le chagrin. Demeurer inconsolable trahirait sa mère, tant cette femme lumineuse et tendre lui a donné le goût de la vie, la passion des arts, le sens de l'humour, le culte de la joie.
    Ce texte explore le présent d'une détresse tout autant que le passé d'un bonheur, tandis que s'élabore la recomposition d'un homme mûr qui n'est plus « l'enfant de personne ».

  • Qui dira l'histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l'enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu'étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c'est son dernier fils qui raconte ce qu'elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne légende.
    Salina, une héroïne lumineuse, puissante et sauvage, qui prit l'amour pour un dû et la vengeance pour une raison de vivre.

  • Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, Charlotte Salomon, artiste plasticienne et peintre, née en 1917 dans une famille aisée de la communauté juive berlinoise et morte à Auschwitz à l'âge de vingt-six ans. Histoire d'un destin marqué par des tragédies familiales, une passion amoureuse et le nazisme.
    Exilée, elle entreprend la composition d'une oeuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C'est toute ma vie. »

  • Deux soeurs

    David Foenkinos

    Du jour au lendemain, Étienne décide de quitter Mathilde, et l'univers de la jeune femme s'effondre. Comment ne pas sombrer devant ce vide aussi soudain qu'inacceptable ? Quel avenir composer avec le fantôme d'un amour disparu ? Dévastée, Mathilde est recueillie par sa soeur Agathe dans le petit appartement qu'elle occupe avec son mari Frédéric et leur fille Lili. De nouveaux liens se tissent progressivement au sein de ce huis clos familial, où chacun peine de plus en plus à trouver un équilibre. Il suffira d'un rien pour que tout bascule...

  • Un avis de recherche collé sous un abribus va bouleverser la vie de Nathan. Gavril, le vieil homme disparu, a sauvé son enfance de l'ennui et de la solitude auprès d'une mère taciturne en l'entraînant dans les rues de Paris et en l'enchantant de poésie et de fantaisie. Trente ans plus tard, Nathan mène une vie fade et morose que ce soudain rappel à l'enfance et aux silences maternels fait éclater. Lui qui n'a jamais voyagé se rend en Roumanie dont il ignorait que Gavril y avait vécu les drames de la guerre puis les grandes purges de l'après-guerre. Ce voyage vers l'ami saltimbanque rescapé de terribles épreuves mais qui avait su garder une magnifique ardeur à vivre, va l'ouvrir à une pleine liberté.

  • Somptueux roman en forme de requiem pour Antonia, une photographe défunte, qui immortalisait le monde, tragique ou heureux.
    L'office funèbre de la défunte est célébré par un prêtre qui n'est autre que son oncle et parrain. C'est lui qui avait offert à sa filleule son premier appareil photo, l'année de ses quatorze ans, déclenchant sa vocation.
    Avec émotion, il raconte la vie trop brève d'Antonia, ses amours, ses reportages de guerre.
    Un roman intense, lumineux, qui évoque les liens ambigus qu'entretiennent l'image, la photographie, le réel et la mort.

  • « À la fin de décembre 1999 une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
    Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien. »

  • Banni de la communauté juive à 23 ans pour hérésie, Baruch Spinoza consacre les vingt ans qui lui restent à vivre à la philosophie et édifie une oeuvre révolutionnaire. En plein XVIIe siècle, il est à la fois précurseur des Lumières et de nos démocraties modernes, pionnier d'une lecture historique et critique de la Bible, fondateur de la psychologie des profondeurs, initiateur de la philologie de la sociologie et de l'éthologie. Mais il est surtout l'inventeur d'une philosophie fondée sur le désir et la joie qui bouleverse notre conception de Dieu, de la morale et du bonheur. Spinoza est non seulement très en avance sur son temps, mais aussi sur le nôtre.
    C'est ce que Frédéric Lenoir appelle le miracle Spinoza.
    Une lecture qui donne une force et une énergie incroyables.

  • Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées.
    « Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : "inconnu". Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les "terroristes", interrogé. Puis ce sera l'engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l'en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille. Dans ce pays de vents et de landes, on ne parle pas du malheur. Des années après, j'irai, moi, à la recherche de cet homme qui fut mon grand-père. Comme à sa rencontre. Et ce que je ne trouverai pas, de la bouche des derniers témoins ou dans les registres des archives, je l'inventerai. Pour qu'il revive. » J.-L. C.

  • « C'est le prince du En Même Temps, cette stratégie qui, quoi qu'on pense, n'est pas moderne : c'était déjà la devise du XVIIIe siècle. Musicien, courtisan, financier, promoteur immobilier, industriel, espion, armateur, auteur d'oeuvres tantôt géniales, tantôt très oubliables, éditeur de Voltaire, il devient révolutionnaire malgré lui. Trop gourmand pour ne pas TOUT vivre à la fois. Et trop joyeux de toutes ces aventures pour en ressentir de la fatigue. Comme l'écrivait Fernando Pessoa, n'être qu'un est une prison. » E. O.

  • Antoine Duris est professeur aux Beaux-Arts de Lyon. Du jour au lendemain, il décide de tout quitter pour devenir gardien de salle au musée d'Orsay. Personne ne connaît les raisons de cette reconversion ni le traumatisme qu'il vient d'éprouver. Pour survivre, cet homme n'a trouvé qu'un remède, se tourner vers la beauté. Derrière son secret, on comprendra qu'il y a un autre destin, celui d'une jeune femme, Camille, hantée par un drame.

  • Dans le bureau du juge d'instruction, Martial Kermeur se lance dans le récit des événements qui l'ont amené à commettre le meurtre d'Antoine Lazenec, un promoteur immobilier ?ambeur qui l'avait convaincu d'investir sa prime de licenciement, l'intégralité de sa fortune, dans l'achat d'un appartement avec vue sur mer. Sa dignité, ses espoirs, l'avenir de son fils ont été engloutis avec son argent dans ce projet qui n'en finissait plus de ne pas voir le jour. Dans une atmosphère à la Simenon, il est question de destin, de paternité, de divorce, de choix de vie, d'humanité, mais aussi de justice. Une fin surprenante pour un roman magistral. Un grand plaisir de lecture.

  • Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu'ils aillent rendre visite à leur mère le temps d'un dimanche. Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désoeuvrée. Jusqu'à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser une riche héritière. Pour la première - et dernière - fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie.
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    Un roman fulgurant, d'une éclatante beauté.

  • Félix, 12 ans, est désespéré. Sa mère, la merveilleuse Fatou, qui tient à Belleville un petit bistrot chaleureux et coloré, est tombée dans une dépression sans remède. Elle qui incarnait le bonheur n'est plus qu'une ombre. Où est passée son âme vagabonde ? Se cache-t-elle en Afrique, près de son village natal ? Pour la sauver, Félix entreprend un voyage qui le conduira aux sources invisibles du monde.
    Dans l'esprit de Oscar et la dame rose et de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Éric-Emmanuel Schmitt interroge les mystères de l'animisme, la puissance des croyances et des rites issus d'une pensée spirituelle profondément poétique. Il offre aussi le chant d'amour d'un garçon pour sa mère.

  • Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l'allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l'étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d'une seconde à peine.
    Ça raconte un amour fou, un amour fulgurant, un amour dévorant.

  • - Madame Pylinska, quel est le secret de Chopin ?
    - Il y a des secrets qu'il ne faut pas percer mais fréquenter : leur compagnie vous rend meilleur.

  • « Je n'ai pas été un enfant malheureux, ni privé, ni battu, ni abusé. Mais très jeune, j'ai compris que quelque chose n'allait pas, très tôt j'ai voulu partir, et d'ailleurs très tôt je suis parti.
    Mon père, mon beau-père sont morts, ma mère est folle. Ils ne liront pas ce livre, et je me sens le droit de l'écrire enfin. Cette étrange famille, j'espère la raconter sans colère, la décrire sans me plaindre, je voudrais même en faire rire, sans regrets. Les enfants n'ont parfois que le choix de la fuite, et doivent souvent à leur évasion, au risque de la fragilité, d'aimer encore plus fort la vie. » Beaucoup d'émotions, des rires et des larmes, à la lecture de ce récit à la fois acide, sensible, drôle et fort.

  • ör

    Audur Ava Olafsdóttir

    « Je n'ai pas touché la chair nue d'une femme - pas délibérément en tout cas -, je n'en ai pas tenu une seule entre mes bras depuis huit ans et cinq mois, c'est-à-dire depuis que Guðrún et moi avons cessé de coucher ensemble, et il n'y a aucune femme dans ma vie, en dehors de ma mère, mon ex-femme et ma fille - les trois Guðrún. Ce ne sont pourtant pas les corps qui manquent dans ce monde et ils ont assurément le pouvoir de m'émouvoir de temps à autre en me rappelant que je suis un homme. » Sans plus de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie, Jónas Ebeneser se met en route pour un voyage sans retour à destination d'un pays ravagé, avec sa caisse à outils pour tout bagage et sa perceuse en bandoulière.
    Roman poétique et profond, drôle, délicat, d'un homme qui s'en va, en quête de réparation.

  • Trois cadavres de jeunes noirs échouent sur la plage d'une île paisible de l'Archipel du Chien ; une petite île de pêcheurs et d'agriculteurs peuplée d'une poignée d'individus qui se connaissent tous. Révéler la présence de ces malheureux migrants risquerait de compromettre un projet d'hôtel thermal censé raviver l'économie. Le Maire et le Docteur décident d'escamoter les corps. Il y a ceux qui acceptent de se taire et ceux qui s'insurgent. Ceux qui ont une conscience, et ceux qui en ont peu, voire pas du tout... Pendant ce temps, une odeur, à peine perceptible d'abord, puis de plus en plus prégnante, envahit l'île...
    Une fable sur la nature humaine. Implacable.

  • Lassé de la vie urbaine, Lucas, trente ans, rend régulièrement visite à Émilien, son arrière-grand-père, qui s'est retiré près du hameau où il a grandi. Un jour, il décide de restaurer la maison de famille qui résonne encore de l'histoire des siens. Pour mieux s'en imprégner, il demande à Émilien d'écrire le récit de sa vie. Né dans ce hameau du Limousin en 1915, celui-ci a assisté à la désertification des campagnes qui tentaient de basculer dans la modernité.
    Un roman sensible et plein d'espoir qui évoque la transmission entre des générations que tout semble séparer mais qui ont en commun l'essentiel : le vrai sens de la mémoire et de la vie.

  • Un soir de juin, Gloria file récupérer ses deux filles à la sortie de l'école, et les embarque sans préavis dans sa voiture, direction la vieille maison alsacienne perdue dans la forêt, où, enfant, elle passait ses vacances. Pourquoi quitte-t-elle en urgence les rives de la Méditerranée ? Quelle menace fuit-elle ? Le récit en distillera peu à peu les raisons. Ce roman, tendu à l'extrême, met en scène un fascinant personnage de mère dont l'inquiétude face au monde se mue en un implacable sang-froid pour l'affronter. Jusqu'où peut-on protéger ses enfants ?

  • Sucre noir

    Miguel Bonnefoy

    Dans un village des Caraïbes, la légende d'un trésor disparu vient bouleverser l'existence de la famille Otero. La recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, déchaîne les passions et les convoitises. Les explorateurs se succèdent et croisent le chemin de Serena Otero, l'héritière de la plantation de cannes à sucre, qui rêve à d'autres horizons.
    Ce roman envoûtant et sensuel, dans lequel les péripéties s'enchaînent tambour battant, raconte le destin d'hommes et de femmes guidés par la quête de l'amour et contrariés par les caprices de la fortune.

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