Entreprise, économie & droit

  • C'est d'un rêve éveillé que ce livre impertinent voudrait nous faire sortir.
    Tout se passe, en effet, comme si le libéralisme, avec son efficacité mais aussi avec ses souffrances, ses inégalités aggravées et ses régressions sociales, avait définitivement gagné la partie. On voudrait nous faire croire qu'il ne s'agit pas d'une idéologie mais d'une " vérité ". Ou d'une " science "... La pensée libérale renoue, en somme - mais à front renversé -, avec le dogmatisme manipulateur ou les vulgates quasi religieuses de jadis.
    En réalité, l'économie n'est pas - n'a jamais été - une science. Elle se fonde sur des postulats de nature idéologique qu'il est toujours nécessaire de soumettre à l'examen critique. Les choix économiques sont toujours des choix politiques. Ainsi la théorie néoclassique qui nourrit la pensée libérale aujourd'hui triomphante n'est-elle qu'une option parmi d'autres. Une option que les profiteurs de l'ordre établi voudraient soustraire au jugement des citoyens.
    L'objet de cet ouvrage, volontairement pédagogique, est de formuler en termes clairs ces alternatives fondamentales pour replacer enfin l'économie au coeur du débat démocratique.

  • Pour Jean-Paul Fitoussi, le véritable débat économique, en Europe, est largement empêché, gâché par l'affrontement de deux dogmatismes également criticables : celui du marché, et celui de l'antilibéralisme obsessionnel d'une partie de la gauche. Pour Fitoussi, au lieu d'opposer l'un à l'autre, il s'agit de montrer à quel point ils sont liés par une consubstantielle complémentarité. C'est au nom des logiques fondatrices de la démocratie «un homme égale une voix» qu'il faut combattre l'hégémonie trop entière des logiques du marché «un euro ou un dollard égale une voix».
    Sur l'Europe et l'euro, dont il fut dès l'origine un farouche partisan, Jean-Paul Fitoussi s'alarme de voir prévaloir depuis des années une sorte de consentement tacite au chômage de masse, une rigidité budgétaire et monétaire dévastatrice, une «vulgate» à la fois désespérante et inefficace.
    De telles réflexions, à la fois provocantes, iconoclastes et réalistes, permettent de dépasser les oppositions binaires et caricaturales. En un mot, il ne s'agit pas de prôner une chimérique démocratie contre le marché, ce qu'il faut soutenir et promouvoir, c'est la démocratie avec le marché.
    Dans ces pages, qui sont la transcription de plusieurs libres conversations avec Jean-Claude Guillebaud, c'est à une réflexion sur cette difficile mais plus que jamais nécéssaire cohabitation que Jean-Paul Fitoussi nous invite. On comprendra en les lisant, et en lisant entre les lignes, qu'il y est d'abord et fondamentalement question de liberté de penser.Depuis de très longues années, l'audience de Jean-Paul Fitoussi dépasse de loin le cadre de l'Hexagone, et même celui de l'économie politique à proprement parler. Économiste reconnu et apprécié sur le plan international, président du très indépendant Office français de la conjoncture économique, il s'est fait connaître d'un large public, en 1995, en publiant Le Débat interdit aux éditions Arléa.

  • Et si le chômage était voulu ? Si ce fléau persistant arrangeait finalement beaucoup de monde ? Selon les auteurs de ce livre, le chômage nous coûte à tous, chaque année, plus de mille milliards de francs.
    Une telle aberration pourra-t-elle se perpétuer sans déboucher sur d'inimaginables désastres ? Sûrement pas ! Au fil des années, la situation sociale est devenue absurde. Ce réquisitoire apporte des explications inhabituelles et dénonce les responsabilités. Nous devons avoir le courage de tout changer : le travail, l'économie, la politique et, donc, notre conception de la démocratie. Tel est le propos de ce livre dérangeant, qui montre de façon concrète que l'emploi pour tous n'est pas plus difficile à organiser que l'école pour tous.
    /> Un changement total de logique, qui a la dimension d'un choix de civilisation.

  • Pourquoi la France veut-elle créer des fonds de pension ? Pourquoi des organismes publics, comme le commissariat général au Plan et le Conseil d'analyse économique, ont-ils succombé à ce délire, qui laisse présager une véritable faillite intellectuelle et politique ? La création de fonds de pension calqués sur le modèle américain, dont ce livre dévoile, pour la première fois en France, les mécanismes pervers, s'inscrit dans une étape nouvelle de la " libéralisation " financière.
    L'auteur dénonce ici sans faux-fuyants la "révolution blanche", orchestrée par les milieux ultralibéraux et leurs nombreux relais. Dangereux, inefficaces, inutiles, les fonds de pension doivent être refusés ; tout comme doit être rejetée la notion de " vieillissement " de la population, qui fait de l'avenir une menace, alors que l'allongement de l'espérance de vie offre de nouveaux défis à l'aventure humaine.

  • Notre foi dans ce siecle

    Michel Albert

    • Arlea
    • 4 Janvier 2002

    Les auteurs de ce livre ont voulu parler d'une même voix.
    Appartenant à la même génération, unis par l'amitié, ils le sont aussi par la foi. Une foi chrétienne, qui éclaire leur vie, et sur laquelle ils s'expliquent sans détour. Mais leur foi commune dans l'avenir, leur confiance dans le siècle qui commence, habitent également ces pages. Mondialisation sans régulation, inégalités croissantes, technosciences imprudentes, crise du politique, certes les défis auxquels nos sociétés sont confrontées paraissent redoutables.
    Rien ne justifie pourtant que les citoyens et leurs élus cèdent au découragement ou au pessimisme. Face aux périls du moment, au contraire, il s'agit de conjuguer la lucidité et la détermination, le réalisme et l'espérance.
    Passant en revue les principaux dangers et désarrois de ce début de siècle, ils voudraient réhabiliter ici - très concrètement - le concept d'utopie. A condition que cette dernière soit atteignable et prenne valeur d'engagement.
    On trouvera donc dans ce livre un certain nombre d' " utopies à réalisation vérifiable ". Au nom d'une même foi dans ce siècle.

  • La France a besoin d'un régime parlementaire, où une Assemblée élue au suffrage universel légifère et contrôle l'action du gouvernement.
    Mais il importe, conjointement, que le gouvernement bénéficie d'une longévité suffisante pour déterminer sa politique en fonction d'intérêts nationaux à moyen et long termes, et dispose d'une autorité qui lui permette d'agir efficacement. Après avoir analysé les différents systèmes en vigueur dans les démocraties (le régime présidentiel, le régime d'assemblée - qui fut celui de la France sous les IIIe et IVe Républiques -, le régime parlementaire à l'anglaise, le régime parlementaire à l'allemande, etc.), Jean-Marcel Jeanneney, ancien ministre du général de Gaulle, estime, compte tenu du tempérament des Français, de la multiplicité des partis politiques et du nombre relativement restreint de leurs adhérents, qu'il convient de conserver la Constitution de 1958, en l'amendant sur certains points.
    A partir de ses propres expériences, et en bon observateur des pratiques actuelles de cohabitation - qu'il déplore -, Jean-Marcel Jeanneney imagine les divers scénarios envisageables, et propose les ajustements susceptibles de tailler pour la France une Constitution à sa mesure.

  • Qu'est-ce qu'une garde à vue ? quels sont les pouvoirs de la police, du juge d'instruction ? le gardé à vue peut-il être mis dans son plus simple appareil ? a-t-on le droit de le priver de nourriture ? a-t-il le droit de se reposer, de correspondre avec ses proches, de marchander ses réponses ? quand est-il officiellement mis en examen ? risque-t-il alors la prison ? comment peut-il se défendre ? etc.
    C'est à toutes ces questions, et à beaucoup d'autres, que répond le petit manuel qui, comme le souligne eric halphen dans sa préface, " s'adresse à tout le monde, banquier ou petit entrepreneur, homme politique ou chômeur, trafiquant de stupéfiants ou marginal stupéfait ; à l'innocent comme au coupable ".

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