Editions B2

  • Très divisée sur la valeur de son oeuvre, la critique littéraire semble pourtant unanime sur la faculté de Michel Houellebecq à dire quelque chose de son époque. Comment interpréter la récurrence des thèmes liés à l'espace et au monde dans son oeuvre ? À quelles topologies les non-lieux de l'architecture et la ville font-ils écho ? Cette nouvelle édition du livre de Clémentin Rachet sur la question de l'espace chez Michel Houellebecq est mise à jour avec des ajouts concernant ses derniers romans, Soumission et Sérotonine.

  • Dans cet ouvrage, les deux écrivains et universitaires Bertrand Tillier et Christian Salmon apportent un regard critique et distancié sur le traitement médiatique de l'incendie survenu à la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019. Christian Salmon est notamment l'auteur en 2007 de Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, tandis que Bertrand Tillier est historien de l'art, spécialisé dans l'histoire de l'image de presse et de la caricature. Tous deux apportent donc un éclairage sur le traitement et l'usage des images dans la presse à des fins politiques et émotionnelles au moment de l'incendie. Ils montrent comment l'immédiateté de l'image aujourd'hui, le fait que le grand public puisse désormais s'en emparer et la produire autant que la presse, en fait un événement médiatique unique, et illustrent leurs propos de couvertures et d'images de presse.

  • Una città in forma di palazzo : dans le dernier tiers du Quattrocento, à Urbino, Mantoue ou Milan, des princes voulurent faire de leur résidence des cités idéales, à l'écart de la ville mais s'imposant à elle, l'ordonnant. Ils suivaient en cela la leçon d'Alberti, qui avait fait de son De re aedificatoria un traité non pas de l'art de bâtir, mais de sa politisation. Car l'architecture humaniste devenait un art de la persuasion. Elle était chargée d'exprimer ce que les mots n'osaient pas encore dire : l'absolutisation du pouvoir princier. Ce petit livre confronte cette folle ambition au déniaisement machiavélien, rappelant que s'il existe un langage architectural, alors celui-ci ménage aussi des non-dits, suscite des incompréhensions, trahit des lapsus.
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  • Quinze ans après leur concert mythique, sans aucun spectateur, dans les ruines de Pompéi (1971), Pink Floyd et ses membres formés en écoles d'architecture décident d'offrir à Venise un concert flottant gratuit devant la Place Saint-Marc, retransmis en world live. Le compositeur Samuel Lorrain ainsi que les chercheuses Sara Marini et Léa-Catherine Szacka reviennent sur cette expérience unique : une grand-messe de la pop culture qui met en tension l'histoire des Walking Cities selon Archigram pour les concerts rocks avec le patrimoine respectable de la Sérénissime.

  • À partir de 1933, de nombreux intellectuels allemands débarquent aux États-Unis. Créateur du Bauhaus (qu'il dirige jusqu'en 1928), Walter Gropius émigre en 1937, rejoint l'année suivante par Mies van der Rohe, lui aussi directeur de l'école jusqu'à sa dissolution (1930-1933). Le premier arrive à la Graduate School of Design à Harvard, le second à l'Armour Institute of Technology de Chicago. Débarqué dans cette ville en 1937, leur ancien professeur László Moholy Nagy y prend, sur proposition de Gropius, la direction du New Bauhaus... qui ferme brièvement l'année suivante ! Face à d'importantes difficultés, l'établissement n'aura alors de cesse, aux lendemains de Pearl Harbor, d'offrir à György Kepes l'opportunité de former des " camoufleurs industriels "...

  • Dans ce troisième et dernier volume consacré au Centre Pompidou, la parole est donnée à trois spécialistes théorisant l'Effet Beaubourg. Louis Pinto livre une fine analyse de cet équipement culturel et sociétal. Alain Guiheux étudie son évolution durant quatre décennies d'industrie et de tourisme culturels. Enfin, Jean-Louis Violeau propose une déconstruction intellectuelle du centre inspirée de Jean Baudrillard.

  • Des BD de Hergé, Objectif Lune et On a marché sur la Lune (1950-1954), au documentaire mythique Opération Lune de William Karel (2001), on pensait quasiment tout savoir sur les fictions et réalités du plus « grand pas » de toute l'histoire de l'humanité. Or l'Odyssée spatiale américaine a capitalisé une abondante culture matérielle sur la Conquête de cette nouvelle Frontière... Dans son essai, l'auteur en dévoile quelques jalons oubliés : non seulement les centres de Cap Canaveral et de Huntsville (qui plus tard épouseront les noms de Kennedy et Johnson), mais aussi le simulateur d'alunissage à Langley, le pavillon américain à l'Expo '67, le propulseur Saturn-V, le module Eagle, le rover lunaire, sans oublier la combinaison spatiale fabriquée par Playtex.

  • Dans ce deuxième volume consacré au Centre Pompidou, l'auteur prolonge le récit de Lorenzo Ciccarelli (vol. 1) à partir de la mise en chantier : modification des avant-projets, appel d'offre des corps d'état et de l'entreprise générale (GTM), fabrication, acheminement et montage de la structure modulaire conçue par Peter Rice (pour Ove Arup) et supervisée par Krupp, puis évolution du programme pendant le chantier jusqu'à l'inauguration et l'ouverture au public.

  • Quarante ans après l'Exposition internationale de Paris en 1937 - qui avait vu le Pavillon soviétique faire face à celui du Reich - en 1967, Leonid Brejnev fait désormais face à Lyndon Johnson à l'Expo Montréal '67. Faisant face au Pavillon américain de Buckminster Fuller, le pavillon soviétique en prend le total contrepied. Conçu par Mikhaïl Posokhine, éminence grise du Kremlin en matière architecturale, la halle prolétarienne et kolkhozienne expose ses évidents miracles techniques et économiques.

  • En 1970, en pleine guerre du Vietnam, Pepsi-Cola fait appel au collectif d'artistes EAT (Experiments in Art and Technology) pour réaliser son pavillon à l'Exposition universelle d'Osaka. Fred Turner, spécialiste de l'histoire des médias et de l'émergence de la cyberculture, raconte comment ingénieurs et artistes ont créé l'une des premières installations immersives monumentales du XXe siècle.

  • Dans ce grand livre souple à la couverture dorée sont rassemblées plus de 2000 photographies des missions Apollo conservées par la NASA, dans un ordre chronologique stricte qui permet au lecteur de reconstituer lui-même l?histoire des premiers pas sur la lune mais aussi celle des autres missions qui entre 1961 et 1975 ont marqué toute une époque. Ces photos noir et blanc mais aussi couleur, prises sur la lune ou dans les navettes spatiales sont un témoignage remarquable de ces missions pour les cinquante ans des premiers pas sur la lune.

  • Longtemps je me suis borné à penser le paysage comme une image. Je le considérais comme un arrêt sur image tout-puissant, émergence épiphanique qui absorbait pour un instant, une fois qu'elle s'était imposée, la réalité toute entière. Or, il suffit de fixer la surface de la toile et de la tourner dans l'esprit, pour découvrir derrière elle des aspects normalement oubliés ou occultés. Il y a, au fond de la représentation, un univers à découvrir, une épaisseur recouverte par la dernière strate, hautement visible, la seule, pourtant, à être vraiment prise en considération. Notre investigation suivra de ce fait un trajet qui mènera des technologies de la représentation à celles liées au point de vue (au positionnement du regardant), pour aboutir à une réflexion sur la construction du regard.

  • Sous sa grandiose nef de verre érigée pour l'Exposition de 1900, le « Grand Palais des Beaux-Arts » (1897) aura vécu au fil des décennies mille-et-une vies jusqu'aux défilés de Karl Lagerfeld et sa prochaine rénovation par LAN (2020-2023). Mais les dessous du Grand Palais cachent d'autres secrets plus enfouis : avant et après Mai 68, son étrange capharnaüm aura accueilli les premiers transfuges de l'académisme des Beaux-Arts. Avec ses deux « unités pédagogiques » d'architecture et bon nombre d'autres évènements, ce microcosme attenant au Triangle d'or se sera fait le réceptacle de tous les paradoxes des cultures, ne cessant d'hésiter entre communication et consommation, création contemporaine et patrimoine...

  • « L'intérêt qui s'est attaché à la régénération des Halles centrales de Paris et les demandes de renseignements de toutes sortes qui nous sont adressées journellement à ce sujet, nous imposent en quelque sorte d'y répondre par la publication d'un ouvrage complet sur cette importante entreprise. » Les éditions B2 publient la Monographie des Halles centrales de Paris construites sous le règne de Napoléon III et sous l'administration de M. le Baron Haussmann, rédigée par Victor Baltard en 1863. L'architecte revient sur ce projet si critiqué à son commencement mais qui va marquer le centre de Paris pour plus d'un siècle.

  • Architecte dessinateur solitaire, Lequeu (1757-1826) invente à ses heures de repos une collection variée d'architectures étranges ; une ville rêvée diffuse dans un territoire fabuleux. Rejeté par ses contemporains, mais certain de faire oeuvre, il étend à l'intime ses investigations graphiques, de l'autoportrait à l'exploration du corps féminin, traçant à sa façon un tableau unique de son époque. Il était temps, après plus d'un siècle d'oubli et plusieurs décennies d'interprétations hasardeuses, d'inscrire enfin cet artiste hors pair dans l'histoire de l'art de la période de la Révolution, comme le propose ce petit guide, qui passe au crible les travaux anciens et actuels et revisite en profondeur une production qui reste encore à découvrir. Laurent Baridon, Jean-Philippe Garric et Martial Guédron sont les commissaires scientifiques de l'exposition « Jean-Jacques Lequeu, bâtisseur de fantasmes », présentée au Petit Palais du 11 décembre 2018 au 29 mars 2019, avec le soutien de la Bibliothèque nationale de France.

  • Si le XXIe siècle semble encore très dépendant du pétrole, l'«  huile de roche  » est pourtant d'un usage très ancien. Sumériens et Indiens d'Amérique la connaissaient, et Dieu lui-même aurait conseillé à Noé de s'en servir pour son Arche. Souvent au mépris du droit, de la paix et de la démocratie, le dernier siècle a quant à lui prouvé notre addiction à l'égard d'un carburant inégalé. Or face aux nouveaux impératifs écologiques, l'impossibilité d'un mix énergétique idéal nous oblige à repenser les rouages politique, économique, industriel et fiscal en amont et en aval de son extraction. S'ouvrant sur une étude du cas saoudien, premier producteur mondial dans une région très instable, c'est à une passionnante socio-anthropologie que se prête ici Alain Gras.

  • Comment faire vieillir les villes intelligentes ? Telle est la question philosophique soulevée par Antoine Picon. Car il semblerait que la smart city est encore le résultat des opérations humaines et matérielles qui la traversent. Mais confrontés aussi bien à une nécessité d'efficacité écologique et énergétique qu'à une surveillance automatique permanente, les systèmes d'exploitation des villes mondiales parviendront-ils à surmonter l'inquiétante entropie de notre époque ?

  • Nous sommes le 23 juillet 2014, à Gaza, dans la maison du beau-père de l'auteur palestinien Atef Abou Saef où vivent désormais 14 personnes de la famille dans seulement 2 pièces. Une explosion terrifiante se fait soudain entendre. Personne ne peut s'habituer à la peur que la prochaine frappe plus près encore. «  La pooooooorte  !  » crie Jaffa, la fille de 19 mois d'Abou Saef. En effet, personne n'a su lui expliquer l'horrible réalité du bruit terrorisant des explosions. Dans son essai, Léopold Lambert relate les politiques israéliennes du «  Bulldozer  »  : en référence au surnom du général Ariel Sharon -  ministre pendant 12 ans entre 1981 et 1999 et Premier ministre entre 2001 et 2006  -, ainsi qu'à la version militarisée du Caterpillar D9 en appliquant la doctrine.

  • Le film Glass House, héritier des contreplongées spiralées du Monument à la IIIe Internationale de Tatline et contemporain de la créativité filmique d'Octobre aurait dû mettre en abyme l'Architecture et le Cinéma. Fils de l'architecte Mikhaïl Eisenstein, Sergueï Eisenstein (1898-1948) réinvente la transparence de l' espace cinématographique . Mais comme constructiviste et homme de théâtre, il entendait également scénariser la dystopie capitaliste par le biais d'une transformation sociale inspirée par les tours de verre de Mies van der Rohe et Frank Lloyd Wright.

  • Qui furent les centaines de milliers de zeks qui construisirent Norilsk, ville la plus froide et septentrionale du monde, mais aussi site minier le plus pollué de Russie ? Cet ouvrage propose d'éclairer le parcours étonnant et méconnu de Kévork Kotchar et Mikael Mazmanian, deux de ses architectes, issus du courant constructiviste soviétique et victimes de la répression stalinienne. Leur mission : urbaniser le permafrost du camp Noril'lag où ils furent déportés à la fin des années 1930, afin de répondre aux défis posés par la construction d'une ville coupée du monde - à laquelle aucune route ne conduit encore aujourd'hui.

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