Histoire

  • La mètis des Grecs - ou intelligence de la ruse - s'exerçait sur des plans très divers mais toujours à des fins pratiques : savoir-faire de l'artisan, habileté du sophiste, prudence du politique ou art du pilote dirigeant son navire. La mètis impliquait ainsi une série d'attitudes mentales combinant le flair, la sagacité, la débrouillardise... Multiple et polymorphe, elle s'appliquait à des réalités mouvantes qui ne se prêtent ni à la mesure précise ni au raisonnement rigoureux.
    Engagée dans le devenir et l'action, cette forme d'intelligence a été, à partir du Ve siècle, refoulée dans l'ombre par les philosophes. Au nom d'une métaphysique de l'être et de l'immuable, le savoir conjectural et la connaissance oblique des habiles et des prudents furent déconsidérés. Reconnaître le champ de la mètis, c'est, pour les auteurs de ce livre, réhabiliter une «catégorie» que les hellénistes modernes ont largement méconnue.

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  • Tandis que l'on débat du contenu des programmes d'histoire à l'école et que la loi fixe ce qui doit être commémoré, Shlomo Sand s'interroge : tout récit historique n'est-il pas idéologiquement marqué ? Peut-il exister une vérité historique moralement neutre et « scientifique » ?
    En brossant le tableau d'une vaste histoire de l'Histoire, de la Mésopotamie à nos jours, il dénonce les méthodes qui ont construit les mythologies nationales modernes, autant que la tendance à faire de l'historien le prêtre de la mémoire collective et le forgeron des identités nationales.
    L'auteur livre aussi un ouvrage personnel, où la polémique se mêle à la confession et au bilan désillusionné d'une longue carrière d'historien, pour aboutir à cette question provocante : « Pourquoi encore étudier l'histoire aujourd'hui ? » Certainement pas par pure dévotion pour la mémoire collective, suggère-t-il, mais pour mieux se libérer d'un passé fabriqué et se tourner résolument vers l'avenir.

  • Une chronologie des empires, depuis l'Antiquité, pour comprendre la composition du monde, les différentes puissances en place et leur histoire

  • Lorsque Che Guevara écrit ce " manuel " à l'usage de la gauche radicale latino-américaine, en 1959-1960, les barbudos ont triomphé à Cuba depuis deux ans d'une armée régulière appuyée par Washington.
    Il y synthétise son expérience de l'insurrection et poursuit plusieurs objectifs : rompre avec le " fatalisme géographique " selon lequel la proximité des Etats-Unis rend impossible toute révolution, combattre le conservatisme et l'opportunisme des vieux partis communistes, redéfinir une stratégie continentale et préparer d'autres victoires révolutionnaires en faisant de la cordillère des Andes la Sierra Maestra de l'Amérique latine.
    Selon el Che, les mouvements révolutionnaires d'Amérique latine doivent s'inspirer de trois principes confirmés par la révolution cubaine : les forces populaires peuvent gagner une guerre conter l'armée du pouvoir et la guérilla est la forme de lutte la plus adaptée pour y parvenir ; il ne faut pas toujours attendre que toutes les conditions soient réunies pour lancer l'insurrection ; dans l'Amérique sous-développée, la lutte armée doit être menée dans les campagnes, où vit la majorité d'une population opprimée et exploitée.
    Ernesto Guevara n'est pas seulement un " guérillero héroïque ". C'est un dirigeant politique et un théoricien de la révolution à la recherche d'un projet de développement alternatif. On perçoit dans ces textes les préoccupations sociales et politiques qui ont été les siennes durant les six années qu'il a passées à Cuba après la crise du pouvoir et la fin de la guerre civile.

  • Cet ouvrage, méconnu, de Roger Caillois, servi par une incroyable érudition, présente un propos original sur la guerre, et fait tomber quelques idées reçues, notamment sur l'humanisme pacifiant, l'égalité et les droits de l'homme.
    La guerre, d'abord limitée, réglée par l'honneurs, et le fait d'une caste guerrière, devient, avec l'apparition de l'État moderne et de la démocratie, le fondement et la préoccupation principale de la vie politique. Pour Caillois, la guerre remplit aussi dans la société mécanisée la même fonction que la fête dans la société primitive : elle exerce la même fascination et « constitue la seule manifestation du sacré que le monde contemporain ait su produire, à la mesure des moyens et des ressources gigantesques dont il dispose ».
    Bellone, écrit au début des années 1950, n'est pas seulement une dénonciation de la « guerre totale » et du nazisme, mais montre la pente qui conduit de la démocratie au totalitarisme.

    En couverture : Jean-Louis-Ernest Meissonier, Allégorie du Siège de Paris, huile sur toile, 1870, Paris, Musée d'Orsay. © RMN (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski.

  • Voici, réunis pour l'édition de poche et augmentés de deux nouvelles figures, les portraits croisés des grands personnages de la gauche française, qui avaient séduit les lecteurs, de Voltaire et Rousseau à Sartre et Camus, de Robespierre et Danton à Mendès France et Mitterrand, en passant par Louise Michel et Simone Weil.
    Ce volume reprend en outre la totalité des textes sélectionnés par Jacques Julliard et Grégoire Franconie, qui illustrent le propos, de la déclaration des droits de 1789, le programme de Belleville de Gambetta de 1869, l'expérience de la condition ouvrière par Simone Weil, le discours de Robert Badinter sur l'abolition de la peine de mort en 1981, etc.
    C'est ici la chronique à plusieurs voix d'une gauche immuable et changeante, traversée par la zizanie, parfois la guerre civile, accompagnée d'une incoercible aspiration à l'unité.


    © Sylvain Grandadam / Getty Images Ce volume regroupe les « portraits croisés » initialement inclus dans Les Gauches françaises, 1762-2012 : Histoire, politique et imaginaire, de Jacques Julliard (© Flammarion, 2012) et la sélection de textes l'accompagnant, parue simultanément sous le titre La Gauche par les textes, 1762-2012, de Jacques Julliard et Grégoire Franconie (© Flammarion, 2012).
    © Flammarion, 2014, pour la présente édition en coll. « Champs »

  • C'est un haut plateau volcanique aux versants escarpés, écrasé sous un soleil de plomb l'été, enfoui sous la neige l'hiver, et de tout temps abandonné des hommes. Véritable château d'eau dans une région semi-aride, le Golan fut le théâtre de la plus grande bataille de blindés depuis 1943, et les combats pour sa possession faillirent déclencher un conflit planétaire. Israël ou la Syrie, celui de ces deux pays qui le contrôle menace l'autre mortellement, et le sort d'un troisième Etat, le Liban, lui est intimement lié.
    A peine 30 000 habitants peuplent ce minuscule territoire biblique de 1 000 km2 (moins vaste que le département du Val-d'Oise), mais, à eux seuls, ils pèsent sur tous les gouvernements israéliens, influencent le cours du processus de paix, et désorientent la diplomatie de la surpuissante Amérique.
    Le Golan n'est pas seulement un massif stratégique majeur au coeur du Moyen-Orient, il incarne jusqu'à la quintessence de la géopolitique.

  • Analyse les événements du 11 septembre 2001 dans une perspective géopolitique : quel est le sens de la campagne de l'Afghanistan ? Quel bilan géostratégique peut-on en tirer ? Un état des lieux du "choc des valeurs" et un plaidoyer pour la nation laïque face à ce nouveau fléau totalitaire qu'incarne l'islamisme radical et intégriste.

  • Raconte l'histoire des forêts dans l'imaginaire occidental, de l'épopée de Gilgamesh à la poésie contemporaine d'Andrea Zargotto, et étudie le rapport de l'homme à son habitat et à la nature.

  • La mètis des grecs - ou intelligence de la ruse - s'exerçait sur des plans très divers mais toujours à des fins pratiques : savoir-faire de l'artisan, habileté du sophiste, prudence du politique ou art du pilote dirigeant son navire.
    La mètis impliquait ainsi une série d'attitudes mentales combinant le flair, la sagacité, la débrouillardise. multiple et polymorphe, elle s'appliquait à des réalités mouvantes qui ne se prêtent ni à la mesure précise ni au raisonnement rigoureux. engagé dans le devenir et l'action, cette forme d'intelligence a été, à partir du ve siècle, refoulée dans l'ombre des philosophes. au nom d'une métaphysique de l'être et de l'immuable, le savoir conjectural et la connaissance oblique des habiles et des prudents furent rejetés du côté du non-savoir.
    Reconnaître le champ de la mètis, ses marques en " creux " aux différents niveaux de pratique et de pensée de la société grecque - de la chasse à la médecine, de la pêche à la rhétorique - c'est, pour les auteurs de ce livre, réhabiliter une " catégorie " que les hellénistes modernes ont largement méconnue.

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