Arts et spectacles

  • On reconnaît immédiatement une photographie d'Helmut Newton. Comme s'il avait inventé un monde, le sien, à nul autre pareil, et une écriture photographique singulière, totalement maîtrisée, apollinienne, presque froide.
    Et, de Newton, l'imaginaire collectif a retenu une iconographie triomphante, solaire, faite de femmes en gloire, athlétiques, puissantes et désirantes, d'un érotisme glacé, de piscines californiennes à la David Hockney, de palaces fastueux, de fourrures et de bijoux. Bref, le monde des riches.
    Mais on sait moins le versant obscur, dionysiaque de l'oeuvre : la satire des riches et des puissants, l'élaboration d'un érotisme des ténèbres, où se jouent rituels SM, minerves, prothèses, enserrements du corps, et qui ouvre l'apollinisme apparent des images à la blessure dionysiaque. Jusqu'à la mise en scène des « doubles » à l'inquiétante étrangeté freudienne, des « écorchés », des vrais-faux cadavres, des meurtres. Jusqu'à la cruelle lucidité, enfin, de son regard sur le vieillissement des corps - y compris le sien, qui fut confronté à la maladie.
    Surtout, et d'autant plus qu'il en a très peu parlé et s'est toujours refusé à en faire son fonds de commerce, on ignore que le jeune Helmut est d'abord un Juif berlinois rescapé de l'extermination nazie, dont la vie a sans cesse rejoué la figure mythique du Juif errant et qui trouva dans Paris, sa ville d'élection, le lieu où s'enraciner enfin, après Singapour, l'Australie, Londres et Los Angeles.
    Et c'est précisément à l'aune de cette judéité, jamais revendiquée comme telle mais douloureuse, que l'auteur a voulu réexaminer le corpus newtonien : en témoignent ces corps de femmes puissantes qui s'avèrent la réplique du corps aryen glorifié par le nazisme, le fétichisme des uniformes, du cuir et des casques, la présence obsédante des chiens, ou encore les portraits de Léni Riefensthal, l'égérie du Troisième Reich.
    Mais, de ce désastre « germanique », Newton n'aura jamais fait la plainte amère ou rageuse : il a choisi, tout au contraire, de le magnifier.

  • Au Japon, encore plus étroitement qu'ailleurs, l'esthétique se conjugue au quotidien. De l'espace au corps, de la gastronomie à la mode, de la cérémonie du thé aux jardins, le Japon est le lieu même où se manifeste un art de produire et de vivre parfaitement original. Au travers d'articles écrits par des spécialistes de la culture japonaise, accompagné de dessins de Nicolas de Crécy et ponctué d'un entretien avec l'architecte Tadao Ando, cet ouvrage met en lumière les fondements et les ressorts de l'esthétique japonaise, de la vie de cour aux pratiques contemporaines, de l'artisanat à bien d'autres expressions de raffinement et de luxe.

  • Parmi les nombreux sujets auxquels s'est intéressé Daniel Arasse, il en est un auquel il convient d'accorder une attention particulière, car c'est sans conteste le plus méconnu.
    Il concerne le siècle des lumières à travers des écrits qui à ce jour ne sont plus disponibles ou extrêmement difficiles d'accès. Ces textes sont les suivants :
    « Diderot et Greuze ».
    « Les Salons de Diderot : le philosophe critique d'art ».
    « L'image et son discours, deux descriptions de Diderot ».
    « L'homme des lumières ».
    « Le roi ».
    « Le théâtre de la guillotine ».
    « Les transis », Andrès Serrano.

    Textes réunis par Catherine Bédard-Arasse. Réunis et présentés par Danièle Cohn.
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  • Artiste, designer et architecte, Patrick Naggar depuis plus de trente ans nous fait voyager entre passé et présent. Voyages tant historiques que philosophiques au cours desquels, il révèle la signification à la fois intrinsèque et poétique des objets. Car, chacune de ses créations doit être nourrie de sens. Son oeuvre crée ainsi un dialogue des plus allusifs entre art et science, références historiques, artistiques et mythologiques. La curiosité de Patrick Naggar pour les civilisations antiques s'explique par sa volonté d'enrichir la (sa) mémoire, tout en révélant les richesses du passé, modérant le passage du temps, et in finedans le but d'y inscrire sa trace propre. Volonté qui irrigue les différentes formes d'art du créateur : peinture, design, architecture d'intérieur etc...
    /> Cette première monographie consacrée à Patrick Naggar découvre ses créations : mobilier, lampes, miroirs, fauteuils, chaises ou encore cabinets, peintures et autres intérieurs, qui toutes nous révèlent en un parfait syncrétisme artistique et culturel, la fascination de l'artiste pour la mémoire, de même que ses inspirations les plus intimes.
    La beauté, l'originalité, l'innovation de ses créations résident aussi dans la qualité des matériaux employés, ainsi que dans les pratiques d'un savoir-faire ancestral. Auxquelles s'ajoute l'harmonie des formes et des lignes, définissant ainsi un art de la complétude.
    Artiste cultivé s'il en est, Patrick Naggar séduit par la simplicité de son propos, la clarté de sa démarche artistique, de son approche très personnelle des divers champs d'investigation qui traversent son oeuvre, telles la cosmogonie, la nature ou les sciences, faisant surgir des univers inattendus oscillant entre fiction et réalité.

  • Le peintre d'icônes Domenikos Theotokopoulos, né en Crète en l'an 1541, émigre à Venise et à Rome durant la décennie 1567-1576, puis s'établit à Tolède où il va vivre la seconde moitié de son existence et y décéder en 1614. De par sa trajectoire, celui qui est désormais connu sous l'appellation hybride d'El Greco (espagnole par l'article et italienne par le surnom) synthétise, à sa manière novatrice, l'esthétique du christianisme méditerranéen - la peinture byzantine, le maniérisme italien, la Contre-Réforme du siècle d'or espagnol. Lettré, passionné d'architecture et de beaux-arts, de philosophie et de théologie, ce contemporain de Shakespeare et de Cervantès a encore la « vraie foi ». Ami de prélats humanistes, spiritualiste avant l'heure, hanté par le cauchemar des guerres de religions, il sublime ses errances et ses doutes en unissant le corps, la sensation, l'émotion et l'esprit au sein de ses oeuvres singulières, qu'il veut non seulement « efficaces » mais « véridiques ». Ayant sombré dans l'oubli pendant plus de deux siècles, El Greco sera redécouvert vers la fin du XIXe siècle avant d'être considéré comme l'un des peintres précurseurs de notre modernité. Son message expressif de vie et de survie - à la fois charnel et mystique - demeure d'actualité.

  • A la fin du XIXe siècle, le descendant de l'illustre lignée du Comte de Toulouse, choisit délibérément la marge. L'artiste réside sur la Butte Montmartre, alors le repaire anarchisant de la première avant-garde parisienne. Outre les bohèmes en tous genres, s'y côtoient, au cirque, dans les cabarets et les cafés-concerts interlopes, au Chat Noir, au Moulin Rouge, peintres, écrivains, musiciens, chanteuses et danseuses dont nombre d'entre eux - et surtout nombre d'entre elles - devinrent légendaires.
    Caustique, volontiers bouffon, auto-dérisoire, affligé d'une disgrâce qui le rend sinon impotent du moins handicapé, Henri de Toulouse-Lautrec est fasciné par l'audace gestuelle et la liberté de moeurs de celles qui se livrent corps et âme à la scène.
    Ses oeuvres phares, où se conjuguent le dessin et la peinture, consacrent les noces transgressives de l'art populaire, (les caricatures, les illustrations pour la presse, les estampes, les affiches), et l'art pictural le plus novateur.
    L'auteur relate, de sa naissance à sa mort, la biographie intérieure - quelquefois à la 1èrepersonne du singulier - et extérieure de HTL qui symbolise « le peintre du Paris de la nuit et des petites femmes de Pigalle ».
    Décédé à 37 ans, suite à l'excès de l'alcool, il s'affirme comme l'un des précurseurs révolutionnaires de la peinture moderne.

  • Didier Grumbach sait de quoi il parle : il est né, a grandi et s'est affirmé dans le cercle qu'il ouvre ici pour nous. Il ne s'est cependant pas contenté de convoquer ses souvenirs. Depuis des années, il accumule les archives, rencontre les témoins, franchit les portes qui d'habitude restent closes. Et il nous propose enfin une histoire de la mode au XXe siècle conçue à la manière d'une saga, d'une affaire de famille, avec ses pères nobles, ses fils prodigues, ses enthousiasmes, ses passions, ses haines, ses coups de génie, ses échecs. Les aventures individuelles - nos « héros » s'appellent Dior, Saint Laurent, Kenzo, Sonia Rykiel, Prada ou Hermès - s'ordonnent selon une chronologie et une logique qui, jusqu'alors, n'avaient pas été établies.
    De la haute couture à l'explosion du prêt-à-porter, des confectionneurs, des stylistes et des créateurs, nous voyons tout à la fois évoluer les techniques, varier un marché, mûrir un art et changer une culture. Nous découvrons aussi comment les Français sont sortis de Paris pour aller à la rencontre de New York, de Tokyo et de Pékin.
    Ce livre est indispensable au connaisseur qui y trouvera mille références jamais rassemblées. Il est aussi l'outil d'initiation de l'amateur désireux de visiter les coulisses du plus séduisant des théâtres.

  • Marcher créer

    Thierry Davila


    ce livre part d'un constat: une partie de l'art actuel accorde au déplacement un rôle majeur dans l'invention des oeuvres.
    en ce sens elle ne fait que participer de l'histoire générale de l'art dans laquelle la figure de l'homme qui marche est essentielle. la façon cependant dont cette question est aujourd'hui traitée par les artistes est suffisamment singulière pour mériter une analyse à part entière. c'est ce à quoi s'applique cet ouvrage qui n'est pas un panorama de la fonction plastique du nomadisme mais un choix opéré à partir de recherches contemporaines (essentiellement gabriel orozco, francis atys, le laboratoire stalker) exemplaires de cette question dont il met en évidence les règles et les mécanismes d'action.
    apparaît alors un univers oú le déplacement est non seulement le moyen d'une translation spatiale mais également un fait psychique, un outil de fiction ou encore l'autre nom de la production. cette cinéplastique qui fait de la ville son théâtre d'opérations, ces déplacements aux multiples résonances tracent le visage d'un monde oú le réel est un processus. c'est le côté " chinois " de ces artistes et de leurs oeuvres.


  • Djo-Bourgeois

    Anne Bony

    Georges Bourgeois (1898-1937), dit Djo-Bourgeois est un architecte dont la trajectoire « moderne » est fulgurante. Sorti de l'école spéciale d'Architecture en 1922, il présente très tôt ses projets personnels d'architecture et d'architecture intérieure dans les grands salons de Paris : Salon d'Automne et Salon des Artistes Décorateurs.
    D'emblée son travail révèle une étonnante exigence spatiale, pensée à partir d'une minutieuse rationalité, d'une grande modernité. Son programme s'inscrit dans les pas des maîtres du Bauhaus et du mouvement De Stijl. Son talent est très vite reconnu par l'architecte Robert Mallet-Stevens qui lui propose l'aménagement de la Villa des Noailles à Hyères (1925).
    Précurseur, à l'instar de René Herbst et Louis Sognot, il côtoie les fondateurs de l'UAM (Union des Artistes Modernes), fondée en 1929. Il résiste cependant à la scission avec la société des Artistes Décorateurs. Moins dogmatique tout en étant fondamentalement moderne et innovant, il produit un mobilier en métal, verre, ciment et bois. Ses intérieurs minimalistes lui sont inspirés par une volonté graphique affirmée, portée par des compositions de volumes fonctionnels et polyvalents.
    Il réalise de nombreux intérieurs pour des clients privés tout en se consacrant à l'architecture commerciale et à la création de meubles et de décors de théâtre.
    Hélas, la trajectoire de cet artiste sur doué, s'interrompt brutalement à la veille de de l'exposition internationale des arts et des techniques de Paris en 1937.
    Ce livre est le premier qui lui est consacré, à l'aide de nombreux documents photographiques, textuels et de dessins, qui ont été conservé à ce jour.

  • Le Caravage

    Roberto Longhi

    « Selon une opinion communément admise, la meilleure façon de retracer le destin d'un artiste serait de disposer dans une belle évidence les jugements successifs que la critique lui a consacrés.

    Cependant, s'il est un cas caractéristique pour souligner qu'avec l'histoire de la critique officielle (j'entends, autorisée à s'exprimer par des publications), on ne retrouve presque jamais le sens du destin tangible d'un homme de l'art - et encore moins de sa valeur effective -, c'est particulièrement celui du Caravage.

    Si l'on prête attention à la critique que nous appellerons « apparente », celle-ci, durant plus de deux siècles, jugea certes que le Caravage possédait un grand talent - on ne le nie pas - mais était apparu pour détruire la peinture. Imaginez donc qu'il prétendait nous présenter le monde tel qu'il est, et sans l'embellir ! Attitude déraisonnable ! Mais c'était tout ce que l'on pouvait attendre d'un homme qui se montra un mauvais sujet dans la société : garnement, querelleur, ferrailleur, tant et si bien qu'il finit très mal. Très célèbre cependant, ajoutait-on, les dents serrées, et soutenu on ne sait comment par la faveur de la fortune et même par les exclamations de triomphe des gens du peuple qui s'entassaient pour contempler sa Vierge de Lorette avec ses pèlerins déguenillés aux pieds crasseux.

    Devant cette rengaine, on en vient d'emblée à se demander pour quelles raisons ces critiques officiels manifestaient un tel empressement à dire 1a vérité sur le Caravage. En définitive, des écrivains à lire entre les lignes - dans le meilleur des cas -, tout en poursuivant la quête de cette autre critique qui ne fut jamais écrite pour l'impérieuse raison qu'en ces temps de censure de la Contre-Réforme, elle n'aurait pas obtenu l'imprimatur. Je ne doute pas qu'il en ait été de même d'une autre, encore meilleure, formulée oralement ; c'est-à-dire, avant tout, celle exprimée chaque jour de la bouche du peintre et qui, non imprimée, nous a été rapportée au moins une fois, par la plume du greffier dans les actes du procès de 1603 ou, à mi-voix et les lèvres pincées, dans les antichambres de cardinaux sceptiques et connaisseurs tels que Del Monte ou Scipione Borghese, et jusqu'à celle, hurlée et braillée à l'auberge, dans les tablées d'artistes, de marchands, de dilettantes ou dans les ateliers de la via Margutta, où s'inventaient ce nouveau vocabulaire de l'art qui passera ensuite dans la critique ingrate. »

  • Parmi les nombreux sujets auxquels s'est intéressé Daniel Arasse, il en est un auquel il convient d'accorder une importance particulière car c'est sans conteste celui qui, dans la peinture italienne de la Renaissance, a le plus profondément et le plus durablement retenu son attention. Cet objet d'étude privilégié est le corps humain, non en lui-même, mais en tant qu'il exerce une séduction sur le spectateur. Qu'il relève du registre religieux ou profane, qu'il soit de sexe masculin ou féminin, qu'il apparaisse nu ou vêtu. Daniel Arasse s'y est intéressé durant toute sa carrière. Il l'a abordé sous de multiples aspects : corps ressuscité du Christ, vers lequel un élan d'amour emporte Marie-Madeleine ; corps supplicié de saint Sébastien, qui protège de la peste parce qu'il survit à la sagittation ; corps de Vénus couchée dans un paysage ou sur un lit ; corps d'une jeune femme portraiturée à demi nue (la célèbre Fornarina de Raphaël) ou vêtue (la Donna velata, du même artiste).

    Ce recueil est donc avant tout l'occasion de voir réunis certains textes fondamentaux de ce grand historien de l'art qui, aujourd'hui, sont extrêmement difficiles d'accès - voire introuvables. Sont ainsi présentés une dizaine d'écrits qui portent sur deux des plus grands foyers culturels de l'Italie de la Renaissance - Venise et Rome -, et abordent à des titres divers cinq personnalités artistiques de première importance : Antonello de Messine, Giovanni Bellini, Raphaël, Parmigianino, Titien.

  • Jean-Michel Frank

    Léopold Diego Sanchez

    Ce livre est un témoignage de rigueur et d'intemporalité qui font aujourd'hui songer, que plus qu'un décorateur Jean-Michel Frank est un précurseur, qui à partir d'un meuble, fut un architecte et au delà, un novateur.

  • Si nous possédons tous un appareil photo, ne serait-ce que sur notre téléphone, nous connaissons rarement l'histoire passionnante de la technologie qu'il met en oeuvre, qui a débuté il y a près de cinq siècles.
    Au XVIe siècle, le Napolitain Gian Battista Della Porta a suscité la terreur et été accusé de sorcellerie, après avoir montré en public le fonctionnement de sa camera obscura... qui connaîtra un franc succès dans les siècles qui suivront.
    Au XIXe siècle, Hippolyte Bayard, puis Fox Talbot, mettent au point un procédé identique au futur daguerréotype, mais Louis Daguerre les devance pour faire reconnaître son invention et ils n'arriveront pas à inverser le cours de l'histoire...
    Les premiers pas du cinéma, nous les devons à la rencontre d'Antoine Lumière avec l'Américain Thomas Edison et son kinétoscope, à Paris.
    Lumière mesure le succès du procédé d'Edison auprès du public parisien et envisage de l'améliorer, en compagnie de ses fils. C'est à la suite de projections au sous-sol du Grand Café, boulevard des Capucines, que le cinéma voit le jour et occasionne son triomphe...
    Dans ce livre, Jean-Luc Vézinet retrace l'histoire de ces technologies de façon exhaustive, mêlant faits historiques et anecdotes amusantes.
    Schémas explicatifs et images de qualité illustrent le récit, le rendant très attractif et accessible à un large public.

  • Figure majeure quoique totalement singulière de l'art américain, Cy Twombly est ce peintre qui a choisi le dessaisissement et l'exil en terre marocaine puis italienne, contre la prédominance de l'expressionnisme à la Pollock, mais aussi et surtout contre la critique et la culture américaines.
    Féru de littérature gréco-latine, de poésie et de mythes, Twombly est un artiste raffiné et hédoniste, dont l'oeuvre est traversée par de multiples références à Platon, Virgile et Ovide, mais aussi à ces mythes fondateurs que sont Orphée, Narcisse, Léda et le cygne, la naissance de Vénus, mais encore à la poésie romantique de Keats et à celle de Rilke.
    Des toiles blanches aux sombres « tourbillons », des « gribouillis » à l'expansion chromatique des dernières peintures, sans oublier la sculpture et la photographie qui accompagnent son parcours, Twombly a incarné une oeuvre à la fois épurée et sensuelle, placée sous le double signe grec et nietzschéen d'Apollon et de Dionysos.
    L'érotisme irrigue un corpus qui chante l'existence et la chair , depuis les trois « Fuck » adressés rageusement à la critique américaine et les représentations phalliques qui scandent toiles et dessins jusqu'à l'épanouissement poignant des roses - les ultimes peintures.

  • Artiste plasticien suisse - 1902-1985 - créateur de mobilier et d'objets, Diego Giacometti, collabore durant de longues années avec son frère le sculpteur Alberto Giacometti. En 1929, au Salon des Indépendants, il rencontre avec son Alberto, Jean-Michel Frank qui les invite à concevoir des objets pour sa boutique, luminaires, vases et petit mobilier qu'ils réalisent ensembles. Il en sera de même pour Elsa Schiaparelli.
    A partir des années 60, l'essentiel de ses créations est réalisé pour des clients privés, Hubert de Givenchy, Aimée Maeght, Pierre Matisse... Au début des années 80, lors de l'installation du musée Picasso à Paris, à l'Hôtel Salé, Il reçoit une commande de l'Etat pour la conception d'un ensemble de meubles et de luminaires, réalisés dans ses matériaux de prédilection, le bronze et le plâtre. Il est assisté par Philippe Anthonioz.
    D'une exceptionnelle poésie, l'univers de même que le style de Diego Giacometti est aisément reconnaissable : le bronze est souvent à patine verte, le plâtre laissé à l'état naturel, les lignes sont fortes et nerveuses, travaillées en motifs végétaux, avec des décors à figures d'animaux.
    Sans prétendre à l'exhaustif, ce livre, présente néanmoins une part très importante de l'oeuvre de Diego Giacometti. Célébré comme étant l'un des meilleurs spécialistes de l'artiste, Daniel Marchesseau, en fait l'exégèse et s'attarde sur le travail de l'un des créateurs de meubles les plus singuliers du XXeme siècle, internationalement reconnue.

  • Si La Photographie plasticienne. Un art paradoxal se proposait d'examiner les conditions de possibilité de " l'entrée en art " de la photographie, autour des années soixante-dix, et constituait le medium photographique comme l'un des plus puissants opérateurs de déconstruction du modernisme, Photographie plasticienne, l'extrême contemporain se donne pour enjeu l'examen attentif des différents pôles photographiques, souvent contradictoires, de ce qui serait " l'après post-modernisme ", emblématisé par les années quatre-vingt-dix : les tropes du banal et de l'intime, la photographie érudite ; l'esthétique de l'idiotie, le sérieux de l'objectivisme issu de l'école de Düsseldorf ; les fictions prométhéennes du post-human, le renouveau de plus en plus affirmé d'une photographie documentaire qui ne doit plus rien à un photojournalisme frappé d'obsolescence, mais peut a contrario se comprendre en écho aux stratégies iconiques du retrait ". Dans un champ photographique éclaté, qu'il serait illusoire de vouloir unifier au détriment des différences et des fractures, l'auteure a conjointement mis en exergue les questionnements propres à l'extrême contemporain : soit l'impossibilité du paysage et la crise de l'urbanité, l'émergence de " non-lieux " et la tentative pour inventer des lieux où vivre, d'une part ; l'inquiétude du sujet vis-à-vis de lui-même, d'autre part, comme si le portrait, loin d'être une évidence, achoppait sur une identité toujours plus précaire, qui fut déjà soumise à l'implacable déconstruction structuraliste du sujet. Au terme du parcours, c'est à une lecture subjective - et revendiquée comme telle - des oeuvres que le lecteur sera convié : constituer l'admiration comme passion joyeuse, active, nietzschéenne enfin.

  • Ce livre présente un large panorama de l'ensemble de la création internationale dans les années 60.
    Après la longue période de reconstruction qui a succédé à la guerre se fait jour un nouveau style de vie, influencé par l'" american way of life " des années 50. la jeune génération - les enfants du " baby-boom " - avec sa soif de vivre met sens dessus dessous les valeurs établies. en collaboration avec les designers, les industriels introduisent alors sur le marché une esthétique liée à une nouvelle conception de l'espace.
    La vie en communauté, la musique et les mouvements de libération favorisent la liberté d'expression. un autre rapport aux objets s'installe, sensuel, dynamique. inspiré par la conquête spatiale, il exprime aussi le souhait de créer un monde autre. cette époque voit toutefois l'émergence concomitante d'un mouvement moderne international issu du rationalisme d'avant-guerre. période de contrastes, marquée par une syntaxe formelle inédite liée à l'apparition de nouveaux matériaux et comportements, et à une remise en question de l'objet - anti-design, poésie, rejet de la société de consommation, prémisses d'une révolution.

  • Inaugurées par l'exposition des arts et techniques en 1937, à paris, les années 40 marquent une période de transition.
    La querelle des anciens et des modernes est dépassée, il faut combiner l'art et la fonction, et avant de s'investir dans la reconstruction après-guerre, les ensembliers décorateurs investissent le champ de la création. après les périodes cubiste et art déco, les années 30 et leur engagement moderne, les années 40 offrent un inventif retour au décor empreint de styles néo-classiques, de style louis xvi, retour au rustique, au style rocaille.
    Cette époque porte en elle toutes les contradictions d'une société en état de choc qui ne sait si l'avenir est dans le passé ou le futur. de grands noms marquent ainsi une haute tradition d'ébénisterie. en france : adnet, arbus, dominique, kohlmann, jallot, leleu, produisent de somptueux ensembles, richement réalisés. les créateurs américains poursuivent outre-atlantique un travail équivalent, th robsjorn gibbing, george nelson et tant d'autres.
    Une abondante iconographie composée d'images d'archives et de photographies contemporaines en couleur apporte un éclairage nouveau sur cette période transitoire, aussi bien en europe qu'aux etats-unis.

  • Quel est l'avenir des musées, et en particulier des musées d'art moderne? Menacés par la crise économique, par l'envolée du marché de l'art, par la transformation des pratiques culturelles, les musées doivent aussi affronter les défis de la mondialisation et une concurrence grandissante. Derrière la bonne santé de la fréquentation, se cachent des réalités plus inquiétantes : le fonctionnement des musées est en crise, leur identité aussi. Une bonne occasion de repenser ce modèle et de l'adapter aux perspectives futures ?

    Toutes ces questions sont au coeur de cet ouvrage. Catherine Grenier s'inspire de sa pratique reconnue du métier de conservateur et d'une enquête réalisée auprès d'acteurs principaux du monde de l'art, pour offrir une analyse précise de la situation et dégager des perspectives. Sa réflexion s'attache au modèle français du musée, basé sur une conception humaniste ancrée dans la pensée des Lumières, qu'elle confronte aux réalités du contexte international et de la période de mutation culturelle qui s'amorce. Elle propose un modèle actualisé, le " musée polymorphe ", qui revitalise la dimension initiale du projet muséographique révolutionnaire et l'adapte aux temps futurs. Ce musée de nouvelle génération, qui intègre de nouvelles fonctions de diffusion des savoirs, se positionne de manière différente, plus active, dans la société et dans le monde. Il transcende la séparation traditionnelle entre musée d'art et musée de civilisation, pour refonder une conception unifiée du " musée public " aux implications à la fois artistiques, culturelles, sociales et politiques.

  • La collection de bijoux de créateurs contemporains appartenant à Solange Thierry-de-Saint Rapt, compte parmi les plus importantes d'Europe , si ce n'est la plus importante par sa qualité et sa diversité. Elle accueille à travers bagues, colliers, broches, bracelets... les créations les plus exigeantes et créatives, d'un fleuron d'artistes d'aujourd'hui, faisant appel à une étonnante variété de matériaux et de formes. Nous ne citerons, ici, que quelques noms, tant la liste est longue ; autour de 180 créateurs : Alma Almorean, Jacques An Lanh, Christiane Billet, Jean Boggio, Taher Chemirik, Valérie Egée, Henri Gorgat, Sophie de Kinkeln, Claude Wesel, Hervé van der Straten... S'il existe des ouvrages sur les bijoux d'artistes plasticiens, de couturiers, de designer... Celui-ci est le premier, à s'intéresser aux créateurs de bijoux de notre temps et qui plus est avec une telle richesse et exigence.

  • Le voyage du Winnipeg retrace l'histoire du bateau affrété par Pablo Neruda, qui transporta 2 400 réfugiés espagnols fuyant le Franquisme, en 1939, au départ de Bordeaux, à destination de Valparaiso (Chili).
    C'est un livre basé sur une enquête minutieuse, réalisée au Chili, en France et en Espagne.
    L'histoire est écrite à partir des témoignages collectés directement auprès de survivants qui avaient à l'époque de la traversée, entre 5 et 13 ans. Le témoignage précieux de Jean Rivoual, ancien membre de l'équipage du Winnipeg, complète ces sources d'information.
    Proposé sous la forme d'un album illustré d'aquarelles originales de Madeleine Tirtiaux et de quelques documents d'archive, ce livre est conçu de manière à séduire un large public, « de 11 à 77 ans ».

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