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Romans & Nouvelles
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Dans un entretien, Charles Reznikoff déclarait : «Je vois une chose. Elle m'émeut. Je la transcris comme je la vois. Je m'abstiens de tout commentaire. Si j'ai bien décrit l'objet, il y aura bien quelqu'un pour en être ému, mais aussi quelqu'un pour dire "Mais, Bon Dieu, qu'est-ce que c'est que ça?" Peut-être les deux ont-ils raison.» Telle est, très précisément, la situation que Le Musicien met en scène. Ils sont deux : Jude Dalsimer, pour qui sa musique est toute sa vie, pour qui tout est matière à écrire de la musique et son ami, le narrateur, que la musique de Jude n'émeut pas du tout. Sur fond d'Amérique en crise, à l'époque de la Grande Dépression (chômage, misère, difficile intégration des immigrés, notamment des Juifs), Le Musicien retrace ? de Hollywood, où il gagne sa vie comme aide-scénariste, à New York où il revient après avoir perdu son emploi ? la vie d'un créateur voué à l'indifférence, l'incompréhension et la solitude.
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Beaux et maudits (The Beautiful and Damned) est le deuxième des quatre romans de Fitzgerald (1896-1940), et sans doute le plus mal connu. Paru en 1921, il y a exactement un siècle, il raconte la déchéance d'un jeune couple, Anthony et Gloria, de la veille de la Grande Guerre au début de la Prohibition. Avec une noirceur radicale, Fitzgerald (qui n'a pas encore vingt-cinq ans) y massacre systématiquement : les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, l'amour, l'amitié, l'intelligence, le romantisme, l'écriture, l'espérance, les ambitions, des plus modestes aux plus nobles, la société américaine, la démocratie, l'armée, l'industrie du cinéma naissant. Aucune échappatoire possible : l'insouciance, l'alcool et la fête sont également disqualifiés. Mais ce pessimisme est un tremplin qui permet à Fitzgerald de faire surgir, sous forme de fragments éphémères, de regrets, de souvenirs impossibles, des instantanés de beauté et de poésie (la Beauté, dit-il plusieurs fois dans le roman, qui n'est poignante que parce qu'elle est condamnée) - et tout particulièrement dans ce qu'il transmet de New York (c'est son grand roman new-yorkais), de ses quartiers, de ses saisons, de sa lumière.
Julie Wolkenstein propose une nouvelle traduction personnelle de ce roman américain à (re)découvrir : il n'existe que deux traductions françaises, l'une ancienne de 1964, l'autre de 2012 uniquement disponible dans La Pléiade.
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Dennis Cooper présente lui-même J'ai fait un voeu, comme son entreprise la plus personnelle et intime : écrire sur George Miles qui lui a inspiré les romans Closer, Frisk, Try, Guide et Period entre 1989 et 2000. Cooper a construit une mythologie littéraire autour de ce personnage. « J'avais, depuis très longtemps, envie d'écrire un roman sur le vrai George Miles... un sujet très difficile pour moi », explique celui que Bret Easton Ellis qualifie de « dernier hors-la-loi de la fiction américaine ». Il s'agit de sortir George Miles, l'ami et amant suicidé dans l'oubli à trente ans, des personnages de fiction qu'il avait inspirés. Georges et Dennis seront les deux personnages principaux du livre. Mais dès le départ tout déraille, George se dédouble, en différentes versions, à plusieurs âges différents, et dans plusieurs situations. Ce roman est une variation de fictions autobiographiques où les personnages, les sentiments se transforment, se déplacent, mutent. La narration devient un labyrinthe à géométrie variable où le désir défait à la fois l'enveloppe des personnages et les intentions du narrateur, multipliant les degrés de fiction : autobiographie, fantastique, comique. Dans quel monde de fiction raconter la perte et le deuil ? Le narrateur tente la réécriture du Coeur est un chasseur solitaire, de Carson McCullers, ou d'un conte de fées, convoque drôlement la figure du Père Noël ou celle d'un serial killer, crée une circulation ininterrompue entre différentes formes, et des passages qui laissent le lecteur hilare, et d'autres où la fragilité du texte devient bouleversante : une plaie à la tête à coup de hache, le pistolet du suicide, les ratés du langage et de l'art conceptuel, les chansons de Nick Drake. Les variations étranges, et l'aspect hautement comique de J'ai fait un voeu, ses éruptions de sang, de sexe et d'émotion évoquent aussi les GIFs, ces images qui tournent en boucle sur internet et que Dennis Cooper manipule pour en faire des romans en ligne inspirés des espaces du jeu vidéo.
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Sur leurs vastes terres les grands propriétaires des Plaines de l'Australie intérieure ont su préserver une culture à la fois riche et unique, inaccessible. Extrêmement préoccupés par leur habitat et leur histoire ils engagent des artisans, des écrivains, des historiens afin de conserver chaque détail de leur mode de vie ainsi que tout ce qui constitue la nature profonde de leur pays. Un jeune cinéaste arrive dans les Plaines avec l'espoir d'apporter sa propre pierre à l'édification de cette histoire. Engagé par un propriétaire imprévisible et énigmatique, comme il semble qu'ils le soient tous, il constatera, à mesure que son projet de film se défait, et peut-être parce qu'il se défait, qu'il devient un véritable habitant des Plaines. C'est vingt ans après son arrivée qu'il nous raconte ici sa vie dans les Plaines, cet infini territoire du dedans.
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En 1978, Georges Perec publiait ses «Je me souviens», le principe en était le suivant : tenter de retrouver un souvenir presque oublié, banal, commun sinon à tous, du moins à beaucoup. C'est à partir de ce même principe de petits souvenirs arrachés au passé que fonctionne Le Verger. Principe appliqué cette fois à un seul sujet : Georges Perec. «Quelques semaines après la mort de Georges Perec, je repris pour mon compte et à son sujet la formule de son livre, non pas pour lui rendre hommage ni pour puiser dans le passé mais pour faire face, par l'écriture aussi, à l'accablement qui à ce moment-là assaillait beaucoup d'entre nous.»
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Luke pense à moi.
Michael se trouve à un mètre, et drague Luke. A l'autre bout de la ville, Drew dort. Mason le regarde respirer. C'est agréable. Scott vient juste de jouir. Tinselstool est en train de baiser. Pam et Sue sont dans des pièces séparées où la police les cuisine au sujet de Goof. Sniffles est vaguement inconscient. Je suis dans des toilettes en train d'embrasser ce type. Je pense à baiser. Il pense à... Allez savoir.
Tout ça n'aboutira à rien, j'en suis sûr. Vous pouvez presque nous oublier.
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Le héros narrateur de ce nouveau roman de Dennis Cooper est un étrange personnage, amateur de jeunes gens dépressifs et cannibales. Le décor est planté ! Il nous raconte ses exploits, avec des amis qui partagent ses goûts, à l'occasion de l'acquisition qu'il vient de faire d'un château ainsi que d'un de ses jeunes occupants qui ne s'en sortira pas comme ça.
Comme à l'accoutumée avec Dennis Cooper, ce qui est raconté, aussi horrible que cela soit, reste sinon théorique du moins conserve son statut de phantasme. À aucun moment il n'y a de tentation réaliste ou naturaliste. Et dans ce livre, l'architecture, très présente et qui joue un grand rôle, de même qu'une syntaxe très bousculée qu'il a été difficile de traduire, évoque les structures mentales passablement dérangées des personnages. C'est fascinant.
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Ziggy ressent tellement de trucs qu'il est, genre, incapable de penser.
Tic, tic, tic... Rien à foutre du reste.
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Un homme qui vient de traverser une épreuve psychologique difficile (mais dont la nature ne nous est pas révélée) se voit conseiller par son médecin et sa femme de noter au jour le jour les événements de sa vie quotidienne. Bien qu'il ne soit pas porté vers l'écriture, le convalescent se met à tenir un journal. Comment ne rien laisser en dehors du journal sans pour autant cesser de regarder, d'écouter, de sentir, alors que les images, les sons et les sentiments viennent sans arrêt s'infiltrer dans la vie, jusque dans l'activité même de transcription de la vie, si obsessionnelle fût-elle? Peut-on écrire sa vie? Peut-on simplement la transcrire, ou la transcription de la vie ne prend-elle pas bientôt la place de la vie même? Le journaliste est un roman-plongée dans une activité en apparence très commune : qui n'a jamais eu au moins le désir de tenir un journal ou un carnet de bord? Qui n'a jamais voulu laisser au moins une trace écrite d'un événement important, d'une expérience inoubliable? Qui n'a pas enfoui un secret de son passé sous une croix en face d'un nom sur un agenda, sous des initiales dans un carnet d'adresses? Mais Harry Mathews, en nous faisant voyager avec un homme qui ressemble à beaucoup d'autres, un homme sans qualités particulières, un homme qui les vaut tous et que vaut n'importe qui, nous entraîne dans une spirale vertigineuse.
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Il est allongé nu sur le futon, les poignets liés ensemble, les jambes écartées, les pieds qui dépassent du cadre.
Un drap tordu, comme une tornade maigrichonne. Sur la première photo, ses longs cheveux noirs et raides lui tombent sur le visage, recouvrant tout, à part le bout de son nez, son menton, une pommette, un oeil en partie fermé. Il a dix-sept ans. Son corps est trop contracté pour être mort ou endormi. Autour de son cou, il s'agit apparemment d'un noeud coulant.
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Cigarettes est une affaire de passions. S'y côtoient et s'entrecroisent les jalousies sexuelles, les déboires issus des chocs entre parents et enfants, les rivalités professionnelles, dans le monde des courses et dans celui de l'art, au début des années 60 à New York. Treize personnages, sept femmes et six hommes, animent le récit. Au centre, la mystérieuse Elizabeth qui aime les chevaux, le jeu, les bains de boue et dont le portrait devient le noeud d'intrigues multiples. Chacun des quinze chapitres dévoile un rapport intime ? de famille, d'amitié, d'amour, de sexe et souvent d'argent ? entre deux des personnages qui se déchirent et se réassemblent, impliquant le lecteur dans un jeu d'échecs plein de malentendus et de rebondissements, à la vie, à la maladie, à la mort.
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La vie de chester Steven Wiener écrite par sa femme
Stacy Doris
- P.O.L.
- Fiction
- 12 Février 1998
- 9782867445965
Je voulais offrir un cadeau aux Français, parce que vous avez été si gentils avec nous.
Et je voulais aussi m'amuser le plus possible, parce que j'avais un peu de temps libre. Tout de suite, je me suis rendu compte que le meilleur cadeau de remerciement pour vous et l'occupation la plus amusante pour moi serait un livre sur la vie de mon mari Chester. Ce livre représente la première partie de sa vie ; il raconte ses premières vingt-cinq années, d'avant sa naissance jusqu'aux jours qui précèdent notre rencontre.
Vous verrez comment il fait toute chose d'une manière on ne peut plus adorable et intelligente et exquise et, en un mot, parfaite, et jamais, jamais ennuyeuse. J'espère que ce livre vous plaira. Les cadeaux qui ne plaisent pas sont tristes. S'il se trouve que ce livre vous plaît, c'est parce que Chester est 100% merveilleux.
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Je n'arrive pas à croire que ce soit la tombe de Tommy. La dernière fois que j'ai vu Tommy, c'était un horrible trou juste là, sans comparaison avec aucune autre tombe. Maintenant le même gazon extrêmement doux égalise tout le monde. Je comprends qu'il est là dessous. Mais je suis si défoncé que c'est invraisemblable. Il aimait les mauvais films d'horreur. Il adorait celui dans lequel Christina Ricci surgissait de la tombe pour assassiner ses parents endeuillés. Il le regardait si souvent que Bette a fini par brûler la cassette. Je sais bien qu'il y a des millions d'enfants morts qui n'ont jamais eu l'intention de faire chaque petite chose stupide à laquelle ils pensaient. Je ne suis là que pour dire que j'espère que le mien a compris mon erreur.
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Elle est seule au monde. Littéralement. Ou peut-être folle. Elle ne sait plus quand tout cela a commencé. A la longue, la mémoire se détériore. Cela dit, elle est assise à présent dans sa maison, sur la plage, devant la machine à écrire. Elle croyait s'être débarrassée de tous ses bagages, depuis le temps, mais on dirait qu'il en survit toujours quelques-uns. Là, dans la tête, et à présent ici, sur le papier. Des noms de personnes connues et inconnues, par exemple. Des tableaux. Des films. Des mélodies. Des histoires vraies ou inventées. Des bribes. Qu'est-ce que le monde, quand on est seule au monde ? ou peut-être folle? Le monde est tout ce qui s'écrit.
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Lee est renvoyée de l'internat, elle a quinze ans mais il n'est pas question qu'elle retourne chez ses parents : son père abuse d'elle.
Cavalière douée, elle fuit vers le circuit des concours hippiques retrouver Tory, une autre cavalière vers qui elle se sent attirée. Elle devient son amante et son équipière dans une écurie que dirigent Cari et Linda, un frère et une soeur connus pour leurs méthodes brutales et la manière qu'ils ont de droguer chevaux et cavaliers. Ayant compris son trouble et sa fragilité, Linda à son tour force Lee, qui le désire et le redoute à la fois et se réfugie dans une consommation de plus en plus folle de morphine.
Si cela ne l'empêche apparemment pas de gagner la plupart des compétitions, elle disparaît peu à peu en elle-même, là où elle n'est plus que renoncement.
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«Je suis un voyageur de commerce, un barde itinérant, un reporter en quête d'une happy end. Je suis la voix du récit.» Lequel récit concerne trois hommes, quatre femmes, de la drogue et un cadavre. Ce qui est une façon de le résumer. Une autre, moins spectaculaire, serait de dire qu'il touche au problème du Corps et de l'Ame ou du corps-et-âme, ou du corps contre l'âme. Quand on prend le mot corps ainsi et qu'on en fait un problème philosophique, on se retrouve avec une autre sorte de cadavre sur les bras. Comment l'éviter? Un des trois héros est professeur de philosophie, sa femme s'est convertie au soufisme ? la tension provoquée par cette divergence de voies sera révélée ? sa maîtresse est aussi son assistante à l'Université. Le professeur de philosophie abordant «la dichotomie du Corps et de l'Ame» et le détective de la brigade des stupéfiants annonçant «Nous ramenons le corps» trouvent le moyen de se rencontrer quelque part. Le policier veut résoudre l'énigme du crime, le philosophe veut percer le mystère de la vie et de la mort. Tous deux parlent pour nous. Voilà le corps, coincé entre le rocher et le tronc du Manuka, les yeux au ciel, contourné et submergé par l'eau fraîche et claire du ruisseau. Le policier veut savoir comment c'est arrivé et qui est responsable. Le professeur demande comment cette chose qui était telle est devenue non telle, comment est-elle devenue cette masse silencieuse, biodégradable, en route vers le néant?
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Quand vous vivez dans une île aussi minuscule que Guernesey, il est difficile d'imaginer qu'un secret puisse rester secret.
Mais cela se peut, en fait, et cela existe. L'héroïne de cette histoire, Catherine Rozier, quinze ans, en est la preuve vivante : elle est la gardienne du plus terrible d'entre tous, celui de la mort de son amie Nicolette, tombée une nuit du haut des falaises de Clarence Batterie. Catherine veut prendre sur elle la responsabilité de cette mort mais l'histoire qu'elle décide de raconter pour expliquer les faits n'est pas seulement la sienne.
D'autres personnes, sur cette île, ont à voir avec d'autres morts violentes et, au fur et à mesure qu'elle avance dans son récit, Catherine découvre d'étranges coïncidences. Des décades plus tôt, quelqu'un d'autre s'est tenu au même endroit, du haut des mêmes falaises. Et Charlie Rozier, l'oncle de Catherine, alors que les Allemands occupaient l'île et qu'il avait le même âge que Catherine aujourd'hui, Charlie lui aussi a été trahi par celui qu'il pensait à tort être son meilleur ami.
Cette plongée dans la sombre profondeur des secrets familiaux et dans ceux d'une petite communauté coupée du monde le temps de la Deuxième Guerre Mondiale, accompagne a quarante de distance la découverte par deux adolescents que la vérité est plus compliquée qu'il n'y paraît.
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Pour moi, c'était l'année des dentistes.
J'en ai eu une quinzaine entre février et juin, y compris mon père, qui est dentiste, et l'adorable Marie-Pascale Hersant, 11, place de la Nation, qui reçoit malheureusement uniquement à Paris. Néanmoins, pendant tout ce temps, j'ai habité, aux côtés de l'homme parfait, un loft miracle d'immobilier dans le jadis malfamé, actuellement en train de devenir touristique, quartier, de Times Square, au centre pile de la ville de Manhattan.
J'ai voulu, donc, profiter du fait que le monde passe vraiment devant ma fenêtre pour vous le raconter.
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À cause d'une étonnante série de quiproquos et malentendus, il était largement admis, au début des années soixante-dix, que Harry Mathews était un agent de la CIA.
Même ses amis furent saisis d'un doute que ne cessaient de renforcer les véhémentes dénégations de l'intéressé. De plus en plus frustré par sa propre incapacité à rétablir la vérité, Harry Mathews finit par se résigner à tenir le rôle qu'on lui attribuait mais, pour voir, pour s'amuser, par dandysme, il décida de le jouer à fond et en rajouta donc dans l'équivoque. Ma vie dans la CIA raconte la vie en France du prétendu espion Mathews, en 1973, année particulièrement agitée puisqu'elle connut la fin de la guerre au Vietnam, le Watergate, le putsch de Pinochet au Chili.
Dans un tel contexte Harry Mathews va se trouver à son insu mêlé à un jeu dangereux, si dangereux que certaines agences décident qu'il serait tout à fait opportun de l'éliminer. Harry Mathews a fait de ces événements bizarres et ambigus un thriller où la frontière entre le réel et la fiction est implacablement brouillée.
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Harry Mathews a écrit dans le plus pur style oulipien ces soixante-trois plaisirs singuliers érotiques, poétiques et malicieux.
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Cuisine de pays est un recueil de treize nouvelles, où les techniques ludiques de l'Oulipo jouent un grand rôle. L'humour et la gravité s'y disputent la prééminence. On y apprendra non seulement la recette de la succulente (?) farce double, mais encore les raisons de la supériorité généralement admise des violonistes russes, ou encore les étonnants procédés de traduction du Pagolak. On ressentira aussi, à la lecture de ces textes qui vont de l'érudition joueuse au désespoir tranquille, un très réel vertige.
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Le Pan-Nam (Indochine) et la Floride (Amérique) semblent n'avoir rien à partager. Peut-on même envisager un dialogue entre deux cultures à ce point divergentes? C'est pourtant cet impossible-là que vont tenter la belle Twang Panattapam et le tristement excentrique Zachary McCaltex. L'argent et l'amour leur fourniront toute une grammaire de mobiles qui leur permettra peut-être de se communiquer l'un l'autre sinon leur identité du moins leur désir d'échange. Mais leur seule volonté de rapprochement suffira-t-elle à combler le gouffre qui les sépare ou bien leur efforts conjugués n'auront-ils d'autre résultat, comme dirait Twang, que de «sepparé la plat net en d'eux»?
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Les verts champs de moutarde de l'Afghanistan
Harry Mathews
- P.O.L.
- Fiction
- 5 Mars 1998
- 9782867446085
Cette histoire rocambolesque a pour fil conducteur la recherche obsessionnelle d'ossements que mène un bourreau assoiffé de vengeance.
Sa quête le mène des steppes sibériennes à l'Italie, de l'Afghanistan à la Savoie, des Indes à Tanger et de Venise à Sfax et lui fera rencontrer, entre autres, un cavalier hydropique, un marchand de vin de moutarde, des nageurs en grand deuil, des fourmis sacrées, un recenseur de rats, un comte qui est plutôt un laissé pour compte, des trafiquants de sirop, une rhabilleuse, une effeuilleuse, un marais peu bavard, et les cheveux de Cyd Charisse.
On découvre dans ce livre un nombre relativement important de dentistes et autres médecins du passé et du présent, divers artistes, plusieurs peuplades aux moeurs stupéfiantes, et des péripéties époustouflantes qui tissent des labyrinthes réels et imaginaires où le lecteur fasciné se perdra pour son plus grand plaisir.
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Paul et John sont jumeaux et vivent dans la même ville, sur une île du bout du monde. Si l'un est affable et charmeur, l'autre est plutôt sec et renfrogné. On ne les voit jamais ensemble et, apparemment, ils ne partagent rien. Pourtant, ils aiment les mêmes gens et les mêmes choses. «À coup sûr, il y a quelque chose de bizarre derrière la relation des jumeaux mais je suis incapable d'imaginer de quoi il s'agit». L'ultime roman de Harry Mathews nous entraîne sur les routes faussement droites d'un monde très actuel.