Sciences humaines & sociales

  • Existe-t-il une voie de salut en dehors des dogmes et des rituels de l'Église chrétienne ? La quête de la vérité est-elle compatible avec la religion chrétienne ? Telles sont les interrogations vitales qui habitent, en 1941, la femme de pensée et d'action que fût Simone Weil à propos de sa vocation chrétienne, et qui font obstacle à sa pleine adhésion à l'Église. Rédigée au coeur de la guerre, adressée au père dominicain Couturier, cette Lettre à un religieux expose les questionnements et les réserves qui accompagnent sa quête spirituelle, sa conversion au christianisme. Or son esprit radical, nourri de philosophie grecque, exige des réponses fermes, une clarté absolue sur les points de contradictions de fond et de forme du christianisme. Simone Weil entreprend ici l'examen de conscience de ses valeurs spirituelles.

  • Les catholiques suscitent parfois un étonnement qui évoque celui des Parisiens du XVIIIe siècle face au Persan de Montesquieu : « Ah ! ah ! monsieur est catholique ? C'est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être catholique ? » Nombre de nos contemporains ne comprennent plus comment ni pourquoi on peut (encore) adhérer à une telle vision du monde.

    Denis Moreau, philosophe catholique, fait ici le choix de s'expliquer sur sa foi, en se plaçant sur le terrain de l'argumentation rationnelle. Cela n'exclut ni la profondeur spirituelle, ni le témoignage, ni l'humour.

    À tous, croyants ou non, ce livre expliquera que lorsque se pose la

  • La Chine de Confucius, celle des « Printemps et Autonomes », contemporaine de la Grèce des Présocratiques, se caractérise par la décadence du pouvoir central et le cynisme politique. C'est dans cette fragmentation, ce bouleversement, que sont ici replacées les principales préoccupations du Maître. Son enseignement est avant tout humaniste, pratique, on peut même dire exclusivement politique. Les Entretiens proposent à la fois un idéal de l'homme et un véritable Art de gouverner, dont l'actualité dans la Chine moderne s'est encore manifestée par la virulence de la récente campagne anti confucianiste. Voici ce texte, fondamental pour la compréhension de la pensée chinoise, dans une traduction nouvelle, accessible au lecteur d'aujourd'hui et accompagnée d'une introduction, de notes, de cartes, et d'une chronologie ; la version originale des Entretiens, donnée en annexe, sera utile à l'étudiant et au spécialiste.

  • Simone Weil (1909-1943) a connu une gloire posthume. Publié en 1947, La Pesanteur et la Grâce, établi à partir des cahiers qu'elle avait laissés avant de s'embarquer pour les États-Unis en 1942, provoqua une surprise générale. Comment une femme si jeune avait-elle pu pénétrer aussi loin dans le mystère de la vie et avoir sur elle les clefs de l'avenir qu'elle faisait reposer en Dieu ? Qui était cette disciple d'Alain, cette activiste de gauche, ouvrière, qui écrivait avec un feu égal à celui qu'on trouve aux Pensées de Pascal ?

    Surtout, qui était cette femme morte par compassion pour ceux qui souffraient un martyre qu'elle avait tenu à accompagner, alors qu'elle luttait dans les rangs de la France libre ? Cette femme était tout sauf une exaltée : c'était l'être de la raison la plus puissante de son temps. La présente anthologie invite à ressaisir les étapes ultimes d'un pèlerinage de l'esprit en quête de la vérité.

  • Travail de libération et d'ouverture, la bibliothérapie consiste à rouvrir les mots à leur sens multiples et éclatés, permettant ainsi à chacun de sortir de tout enfermement, de toute lassitude, pour s'inventer, vivre et renaître à chaque instant.
    Que se passe-t-il quand un livre a rendez-vous avec son lecteur ? Comment « lire » a-t-il une répercussion sur nos états d'âme ? sur notre santé ? Comment le bibliothérapeute, par le livre, son interprétation et le dialogue qu'il provoque, dénoue-t-il les nouds du langage puis les nouds de l'âme, obstacles puissants à la vie et à la force créatrice ?
    En introduisant la notion de mouvement dans le langage, Marc-Alain Ouaknin explore les nombreuses harmoniques de la bibliothérapie et fait découvrir ce qu'il appelle la « force » du livre.

  • Au début de ce siècle, au coeur de l'Afrique, au Mali, la lumière de Dieu a brillé sur un homme : Tierno Bokar, que l'on appelait le Sage de Bandiagara. Cheikh de la confrérie soufi Tidjaniya, Tierno Bokar fut une pure et haute figure non seulement de l'islam en Afrique noire, mais de la spiritualité universelle.
    Sa vie est retracée dans ses lieux et dans son contexte politique et religieux pour situer la parole et l'enseignement du maître, qui font l'objet des deux autres parties de l'ouvrage.

  • Mythes incas

    Gary Urton

    Nous ne connaissons les mythes incas que par des documents postérieurs à la conquête, collationnés et rapportés par les conquérants et les chroniqueurs espagnols. Gary Urton passe en revue ces sources littéraires qui fondent notre connaissance de cette antique civilisation. A travers ces "relations", il examine les données de base de la culture et de la société incas, les récis dramatiques qui concernent ces peuples et le monde qui les environne. A partir de textes publiés et de documents inédits, ainsi que d'informations provenant des sources archéologiques, il présente au lecteur un ensemble de récits mythiques typiques tels que la création du monde, la fondation de l'empire ou encore les exploits de certains monarques d'exception. D'autres traditions mythiques provenant de la côte du Nord du Pérou gardent d'étonnants vestiges de légendes sur les origines de l'Etat. Enfin, il décrit des mythes et des croyances religieuses autochtones postérieures à la conquête ; elles donnent un aperçu sur les attentes messianiques des populations andines.

  • Ce livre reprend trois grands textes de Teilhard de Chardin : La Messe sur le Monde, Le Christ dans la Matière et La Puissance spirituelle de la Matière, ainsi que des « Pensées choisies » dans l'ensemble de son oeuvre.

    La Messe sur le Monde fut inspirée au père Teilhard par l'impossibilité où il se trouva, au cours d'une expédition scientifique, de célébrer la messe. Il y montre dans toute sa splendeur le caractère universel et cosmique du christianisme.

    Le Christ dans la Matière réunit trois contes mystiques où « un ami » lui révèle les expériences par lesquelles « l'univers puissant et mystique a pris pour lui la figure du Christ ».

    La Puissance spirituelle de la Matière, méditation sous forme de fiction, nous dit que la matière n'est pas spirituelle, mais spiritualisable, et que son évolution dépend de notre liberté.

  • De la vie de cette grande figure du Moyen Âge que fut Maïmonide (1138-1204), on connaît peu de choses, notamment qu'elle fut marquée par la perte d'êtres chers et la fuite des persécutions commises contre les juifs, de l'Andalousie à l'Égypte, où il est mort. Mais on sait bien que ce siècle fut marqué par l'exil, la perte d'autonomie politique pour ses coreligionnaires, plongeant ceux-ci, et plus particulièrement les savants, dans ce que Maïmonide diagnostiqua comme une perplexité. Dans ce contexte en effet, le savoir de la tradition s'est perdu. A cela s'ajoutait que les incessantes disputes des écoles rabbiniques privaient les communautés juives d'un guide légitime d'interprétation des textes sacrés. Comment retrouver la sagesse juive quand son enseignement a été oublié - et qu'on en a un vif besoin ? Comment concilier le Talmud avec les idées philosophiques développées alors - en d'autres termes, comment concilier foi et raison ? Telles furent les questions de Moïse Maïmonide, traitées particulièrement dans deux oeuvres majeures, le Mishné Torah et le célèbre Guide des Perplexes (ou des égarés), autour desquelles s'organise ce passionnant essai. Restaurant la science de la Loi, inventant une langue commune à la philosophie et à la religion pour leur permettre de dialoguer, Maïmonide entreprit de pacifier le rapport au savoir plutôt que d'apporter une réponse définitive à des problèmes métaphysiques. C'est en cela qu'il résonne encore aujourd'hui.

  • Les protagonistes des mythes romains ne sont pas les dieux mais les romains eux-mêmes.
    Des auteurs tels que tite-live, virgile et ovide racontent ces mythes comme s'il s'agissait de l'histoire réelle de la naissance et des premiers temps de rome. les récits associés aux noms d'enée, de romulus et remus et des "sept rois " affirment sans relâche que la ville et son peuple ont été distingués par les dieux pour devenir, conformément à un destin fixé pour eux, les maîtres de la terre entière.
    Certains mythes donnaient aussi en exemple des comportements inspirés par la vertu et le souci de l'intérêt public. d'autres enfin servaient à redorer le blason des grandes familles de rome et à montrer combien elles étaient dignes d'exercer le pouvoir. avec ironie, l'auteur relate quelques-unes de ces histoires légendaires qui ont, à ses yeux, les couleurs de la propagande.

  • Le bonheur ? « [.] discerner l'Immense qui se fait et qui nous attire au coeur et au terme de nos activités infimes ; le discerner et y adhérer : tel est, au bout du compte, le grand secret du bonheur. » L'Amour ? « [.] la plus universelle, la plus formidable et la plus mystérieuse des énergies cosmiques ».
    Dans les deux textes courts réunis ici, Teilhard de Chardin médite tant sur la nature du bonheur et de l'Amour que sur les moyens de les vivre et de les accomplir. Les connaisseurs y trouveront aussi comment le penseur les intègrent dans sa vision universelle.

  • Les premiers mots de l'Ecclésiaste sont célèbres : «Vanité des vanités, tout est vanité. » Ils ont fait de l'auteur le modèle universel du sceptique, qui doute de tout et ne croit plus en rien. Au contraire, Jacques Ellul pense que nous avons affaire à un « croyant », ou à la sagesse d'un homme de foi. De fait, à le regarder de près, le livre regorge d'affirmations contradictoires. Il dit et répète que « la sagesse est du vent », et pourtant il met au-dessus de tout la sagesse. Le héros est souvent sceptique, mais il lui arrive aussi d'être croyant.

    Qui est le vrai « Ecclésiaste » ? Les deux sont vrais, et l'ensemble de la méditation de l'auteur tourne autour de cette contradiction, qui n'est finalement que celle de la vie elle-même. c'est également le prétexte pour élaborer un petit traité de sagesse biblique, unique dans la littérature.

  • Réunissant de brèves pensées et réflexions puisées dans la correspondance, les articles ou les ouvrages marquants de Teilhard de Chardin, ce volume inspiré et lumineux est la meilleure entrée dans l'oeuvre du jésuite et paléontologue. On y trouve en effet les grands thèmes chers à l'auteur : la spiritualité de la matière évoluant vers une complexité de plus en plus grande ; les rapports entre des éléments en apparence contradictoires, telles la foi et la science ; sa vision cosmique de toute chose.
    « Le Dieu transcendant personnel et l'Univers en évolution ne formant plus deux centres antagonistes d'attraction, mais entrant en conjonction hiérarchisée pour soulever la masse humaine dans une marée unique. » T. d. Ch.

  • Couples fracassés, divorces, séparations : les histoires d'amour finissent mal en général. En quelques décennies, une ritournelle amusée des années 1980 est devenu une loi de la conjugalité ordinaire.

    Denis Moreau, philosophe, marié, amateur éclairé de rock'n'roll et lecteur intime de l'Évangile, se demande comment préserver nos amours des forces de destruction qui les menacent. Tour à tour tragique, corrosif et tendre, il analyse le mariage non comme un devoir ou une institution dépassée, mais dans ce qu'il considère être son sens et sa valeur : une réponse convaincante à la question « comment réussir sa vie ? ».

    On connaissait les romans et les lettres d'amour. Voici un essai d'amour, écrit avec la conviction qu'il peut y avoir de grandes et belles choses dans nos histoires d'amour conjugal, en général.

  • « Plus je scrute la question fondamentale de l'avenir de la Terre, plus je crois apercevoir que le principe générateur de son unification n'est finalement à chercher, ni dans la seule contemplation d'une même Vérité, ni dans le seul désir suscité par Quelque chose, mais dans l'attrait commun exercé par un même Quelqu'un, D'une part, en effet, capable d'opérer dans sa plénitude la synthèse de l'Esprit (en quoi consiste la seule définition possible du Progrès), il ne reste au bout du compte, tout bien pesé, que la rencontre, centre à centre, des unités humaines, telle que peut la réaliser un amour mutuel commun. Et d'autre part, entre éléments humains, innombrables par nature, il n'y a qu'une manière possible de s'aimer : c'est de se savoir surcentrés tous ensemble sur un même «ultra-centre» commun, en qui ils ne puissent parvenir chacun à l'extrême d'eux-mêmes qu'en se réunissant. »

  • La postérité de Dante s'explique par la dimension universelle que revêtent son expérience personnelle, ses espoirs ou ses doutes, livrant une interrogation intemporelle sur le statut même du sujet humain. Dans ce voyage métaphysique qu'est la Divine Comédie, le poète décrit la métamorphose de l'individu du sensible au spirituel, la naissance d'un sujet authentique, capable à la fois d'accepter sa condition mortelle et d'accéder à ce que Dante nomme, au Paradis, le trasumanar. Ce néologisme par lequel il traduit une expérience de dépassement du soi et de l'humain est sans doute la clef de lecture à partir de laquelle son oeuvre prend sens : déceptions amoureuses, condamnations ou exil, elle manifeste le long chemin parcouru par cet « esprit pèlerin », de l'humain vers le surhumain. Une métamorphose de soi qui est aussi une métamorphose de l'amour sous toutes ses formes.

  • La mystique rhénane d'Albert le Grand à Maître Eckhart La mystique rhénane est le fruit d'une théologie spécifique inaugurée par l'enseignement d'Albert le Grand à Cologne dans les années 1250. Grâce à lui, l'école dominicaine allemande, dont on commence à peine à mesurer l'importance, a bénéficié de larges apports grecs et arabes, que les dissociations modernes entre "scolastique", "mystique" et "philosophie" ont, le plus souvent, occultés. Le but de ce livre est de redécouvrir les catégories médiévales et de donner dans cet esprit une première vue d'ensemble des hommes, des doctrines et des concepts qui ont fait de la théologie rhénane un moment fondateur dans l'histoire de la philosophie.

  • Issus d'une très ancienne tradition, les mythes mayas ont survécu dans les inscriptions et l'art préhispanique alors que la mythologie des Aztèques, peuple dont l'expansion impériale avait commencé près de deux siècles avant la conquête espagnole, est connue surtout grâce à des documents coloniaux du XVIe siècle. Le déchiffrement de l'écriture hiéroglyphique maya et l'interprétation des codex ont jeté une lumière nouvelle sur l'ensemble de la mythologie méso-américaine. Au fait de ces apports, l'auteur rapporte les récits majeurs aztèques et mayas, qui parlent de la création et du déluge, des origines de la vie et de la défaite des dieux de la mort. Et il montre en quoi la conception mythique de l'État élaborée par les Aztèques fournit comme une justification cosmique à leur fulgurante expansion politique.

  • Mythes nordiques

    R. I. Page

    La Scandinavie païenne nous a légué des mythes captivants et parfois horrifiques, qui mettent en scène dieux et déesses, héroïnes et héros, monstres et géants. Odin et Thor, Sigurd, Gudrun et Brynhild comptent ainsi parmi les plus célèbres de ces figures dont les aventures ont été fixées par écrit après que les populations nordiques se furent converties au christianisme. L'auteur raconte ces légendes avec finesse et humour, tout en montrant à quel point les traditions sont en ce domaine complexes et contradictoires. Le tableau qu'il brosse est d'autant plus passionnant que cette « matière scandinave », en permettant de découvrir comment les anciens habitants de l'Europe du Nord se représentaient la création de l'humanité, le destin, la fin du monde, donne accès à tout un univers mental.

  • Principal représentant du confucianisme philosophique en Chine, Zhu Xi (1130-1200) a réalisé la synthèse de plus de dix-sept siècles de tradition lettrée, s'inscrivant dans un courant connu en Occident sous le terme néoconfucianisme. Né sous la dynastie Song (960-1279), période de renouveau dans tous les domaines après un millénaire marqué par le bouddhisme et le détachement du monde, Zhu Xi remet au premier plan les préoccupations éthiques et morales propres au confucianisme où perfectionnement individuel, éducation et engagement au service de l'État sont étroitement liés. Il élabore un système philosophique centré autour de la notion de « Principe » ou « raison des choses », qu'il associe aux énergies matérielles. Il est considéré comme le plus important penseur confucéen après Confucius. Son influence a été considérable et s'est exercée également en Corée et au Japon.

  • Mythes de la mésopotamie.

    Un riche héritage de création littéraire, au vaste souffle épique, nous fut révélé lorsque, au xixe siècle, des érudits réussirent à déchiffrer les mystérieux symboles de l'écriture cunéiforme inscrits sur des tablettes d'argile, il y a plus de cinq mille ans, par les mésopotamiens de la haute antiquité. des thèmes étonnamment familiers apparurent alors, forçant le monde victorien à réviser ses croyances en la bible comme source unique de vérité.
    Ainsi, l'epopée de gilgamesh, la saga d'un homme parti à la recherche de la vie éternelle, comprend des scènes d'un déluge antérieur à l'histoire de noé et de son arche. une autre version de l'origine de l'humanité est décrite dans l'epopée de la création mésopotamienne, tandis que la légende d'etana préfigure le mythe de la mésopotamie fondent à leur manière notre tradition littéraire occidentale. ce sont aussi, tout simplement, des histoires fascinantes.

  • Ce livre retrace la vie et l'oeuvre de Gandhi, mais au-delà, il décrit une personnalité spirituelle hors du commun. " On écrira la vie de Gandhi et on le discutera, lui, ses théories et ses activités. Mais pour quelques-uns d'entre nous, il restera quelque chose au-delà de toute théorie, un visage radieux et bien-aimé qui ennoblissait nos vies mesquines, leur donnait un sens et dont la mort nous a laissés dans un sentiment de vide et de solitude... Il restera le pèlerin en quête de la Vérité, calme, paisible, résolu et impavide. " (Nehru). Mais à cet humble chercheur de Vérité, rien de ce qu'il avait réalisé, pensé, entrevu ne semblait définitif. " Tout ce que j'ai fait, c'est de tenter des expériences... aussi vastes que possible. Je me suis parfois trompé et je me suis instruit par mes erreurs. La vie et ses problèmes sont devenus pour moi autant d'occasions de pratiquer la vérité et la non-violence... M'efforçant sans trêve de leur être fidèle, je progresse à chaque instant. J'en vois de nouvelles implications. Je les vois chaque jour dans une lumière nouvelle. "

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