Rocher

  • Premier livre de dany laferrière, satire féroce des stéréotypes et des clichés racistes, comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer se présente comme la joyeuse description d'une vie de bohème, version black.
    Deux jeunes noirs oisifs partagent un appartement dans un quartier pauvre de montréal.
    L'un d'entre eux, le narrateur, projette d'écrire un roman et, pour s occuper, connaît diverses aventures féminines en dissertant sur la trilogie blanc-blanche-nègre. car c'est un juste retour des choses, après avoir souffert de l'esclavage, que de séduire toutes ces jeunes donzelles innocentes ou curieuses. quant à son compère, bouba, il dort, dort, dort. et philosophe en lisant et relisant le coran, sur des airs de jazz.
    Cachez vos filles, blanches mères, les nègres sont en ville !

  • Pays sans chapeau est l'histoire d'un retour.
    Après vingt années passées à montréal et miami, l'auteur rentre chez lui, à port-au-prince, haïti. le pays, en apparence, est le même. l'odeur du café est la même, la pauvreté aussi, crue et violente, jusqu'aux amis qui sont restés fidèles à leur jeunesse.
    Mais au fil des jours, des silences de ses proches, des mots chuchotés par la rue, c'est à une enquête sur les morts que se livre l'auteur, zombis haïtiens et fantômes installés dans le quotidien de chaleur et de bruit de la ville.

    Un recensement en haïti, tu parles. les gens disent n'importe quoi. " combien d'enfants avez-vous madame ? seize. - oú sont-ils ? - tous les neuf sont à l'école. - et les autres ? - quels autres ? - les autres sept enfants. - mais, monsieur, ils sont morts. - madame, on ne compte pas les morts. - et pourquoi ? ce sont mes enfants. pour moi il sont vivants à jamais. " un livre infiniment touchant, qui oscille entre l'émotion du retour au pays et la magie des dieux cachés.

  • Au coeur de ce récit, il y a l'enfance. Celle d'un petit garçon passant ses vacances chez Da, sa grand-mère, et accompagné de la chaleureuse vigilance de ses tantes. Un peu de fièvre, et le voici privé de jeux avec ses camarades. Alors il reste sur la terrasse de bois, à côté de Da qui se balance dans le rocking-chair, avec toujours une tasse de café à portée de la main pour les passants et les voisins. Le long des lattes de bois, l'enfant regarde les fourmis, les gouttes de pluie marquant le sol, regarde et écoute les adultes s'occuper et parler, respire les odeurs de la vie. Chronique des sensations enfantines, L'Odeur du café est un livre envoûtant, le récit d'un voyage au temps si fragile et si merveilleux de l'enfance.

  • Le Charme des après-midi sans fin, sans doute le livre de Dany Laferrière le plus autobiographique, nous conte une jeunesse haïtienne en une succession de brefs tableaux sur le cours des jours à Petit-Goâve. Manifeste d'amour adressé par l'auteur à Da, la grand-mère qui l'a élevé, mais aussi, sur fond de crise politique haïtienne, roman initiatique de l'adolescence, ce livre nous émeut par sa tendresse et sa justesse. "Les mères passent leur temps à venir voir si leur fille n'est pas dans les parages du port. Comme toujours, les mères n'ont aucune idée de la façon dont cela se passe. Car si un type veut embrasser une fille, tu peux être sur qu'il ne restera pas sur le port avec elle. Mais les mères n'ont aucune idée de la réalité." Par l'auteur de Pays sans chapeau et de Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer.

  • Orgueil et prejuge

    Jane Austen

    Un très grand roman d'amour.
    Un chef-d'oeuvre. Orgueil et préjugé est un classique universel. Ce roman comique, d'une féroce cruauté, raconte l'histoire d'un " beau " mariage dans l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle. Celui d'Elisabeth Bennet, l'une des plus spirituelles et délicieuses héroïnes de l'histoire de la littérature, qui malgré son caractère indépendant, ses aspirations très en avance sur son époque, sa forte personnalité et son désir d'émancipation, a bien du mal à forcer le destin pour voir clair en elle-même et trouver enfin la voie de l'amour et du mariage auxquels elle aspire.
    Dans ce roman au féminisme prémonitoire, Jane Austen recrée avec une précision diabolique et un humour ravageur la vie de ces provinciaux anglais aisés au milieu desquels elle évoluait et qu'elle connaissait si bien. Un roman dont l'héroïne vous laisse un souvenir enchanteur après sa lecture. Benjamin Disraeli ne se vantait-il pas de l'avoir lu dix-sept fois ?

  • Terre d'ébène

    Albert Londres

    En 1927, Albert Londres embarque pour un périple de quatre mois dans les colo-nies françaises d'Afrique. Il a déjà écrit quelques articles sur les « petits blancs »de Dakar, mais s'engage cette fois dans une enquête d'envergure sur les pratiques des colons usagers de « moteur à bana-nes ». Il en rapporte un récit virulent, caustique, dont le lecteur sort tour à tour réjoui et atterré, dénonçant les milliers de morts survenues au nom de l'exploitationdes forêts et de la mise en valeur du territoire.Par la violence de ses dénonciations, Terre d'ébène suscitera furieuses polémiques et démentis violents. « Notre métier n'est pasde faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie », écrit Albert Londres.

  • Rien ne destinait la petite ville de Travnik, résidence du vizir turc de la province occupée de Bosnie, à entrer dans l'histoire.
    Un coin de terre oublié où cohabitent, tant bien que mal, musulmans, catholiques, juifs et orthodoxes. A la faveur de l'épopée napoléonienne, un diplomate français, Jean Daville y est envoyé comme consul. Voici le récit de son séjour - de 1806 à 1814 - l'occasion pour Andric d'offrir un somptueux tableau de sa terre d'origine au moment où, pour la première fois, elle s'ouvre à l'Occident. Au carrefour du roman historique, du récit intimiste et de la description ethnographique, ce livre est aussi une réflexion sur les méfaits de l'intolérance et des rivalités entre communautés.
    La Chronique de Travnik est considéré comme l'un des romans majeurs des littératures slaves contemporaines.

  • Dans la maison du père

    Yanick Lahens

    L'histoire suit la destinée d'alice bienaimé, qui grandit dans les années quarante dans une famille de la grande bourgeoisie d'haïti.
    Une atmosphère séduisante et chaleureuse nimbe au début les personnages. mais très vite, l'histoire, ses rumeurs, ses petitesses et sa fureur, les rattrapent. alice parvient à supporter les contraintes de son éducation de jeune fille de bonne famille parce que son oncle et sa tante lui apprennent la culture populaire. et puis surviennent les péripéties des journées révolutionnaires de 1945-1946 qui changeront à jamais sa vision du monde.
    Heureusement, alice danse et ce n'est pas anodin. pratiquer la danse en haïti tient de la lutte de classe.


  • dans la première partie, enlevé !, le jeune david balfour se retrouve orphelin et manque de se faire assassiner par son oncle, propriétaire du domaine de shaws, en écosse.
    séquestré par les pirates, balfour rencontre alan breck qui transporte des fonds à des chefs écossais exilés en france. breck, orgueilleux fuyard qui se prétend " fils de roi ", aide david à s'évader. au terme de l'aventure, david découvre enfin la vérité. il est le véritable propriétaire du domaine de shaws. avec l'aide de son ami, il démasque son oncle et prend possession de ses terres. dans catriona, écrit quelques années plus tard, balfour tente d'obtenir la réhabilitation de breck le proscrit : notre héros parcourt à nouveau la lande, de fuites éperdues en rendez-vous secrets.
    quête inspirée par l'amitié et la fidélité, david balfour était le roman préféré de stevenson.

  • La poupée sanglante

    Gaston Leroux

    Au moment où Leroux compose La poupée sanglante (1923), la France est encore sous le choc du procès d'Henri Landru, qui sert de déclic à la genèse du roman. Mais se contenter d'un héros devenu tueur en série par simple cupidité aurait été indigne de l'imagination de Leroux. Il a donc fait du relieur Masson l'instrument d »un grand dessein qui le dépasse : le mystère de la vie et de la mort. Leroux dépoussière les vieux mythes de Dracula et Frankenstein, les débarrasse de leurs artifices gothiques et les modernise grâce à un habillage scientifique. Benedict Masson ne proclame-t-il pas : « De nos jours le vampirisme ne peut être que scientifique. »

  • Après une existence bien réglée et plutôt solitaire, Félix Raminet, professeur de Droit, tout juste retraité, vient d'obtenir brillamment son permis de conduire. Follement épris de liberté, il saute dans sa voiture neuve et quitte Paris pour Saint-Malo. Le Destin l'attend sur une aire d'autoroute : Jane, une jeune Américaine, généreuse, libre de corps et d'esprit, va changer irrémédiablement le cours de sa vie.

  • Sur les traces d'Aziz al-Ghazâlî, maître calligraphe de Mogador et auteur d'un traité amoureux aujourd'hui perdu, un homme va consacrer sa vie au désir, faisant renaître la mystérieuse caste des Somnambules.
    Neuf chapitres scandés par les neuf songes du traité d'Aziz tracent un véritable blason du corps féminin. Vertigineux et poétique.


  • " les années ont plu sur cette photo et mon frère est maintenant sur le point de mourir.
    mon frère non pas dans les gènes que la folle a répandus, mais mon frère dans la douleur. ce qui pourrait lui arriver de meilleur, ce serait qu'il meure. ce qui pourrait m'arriver de meilleur, à moi, ce serait qu'il vive. " l'auteur raconte son dernier retour à medellin oú il s'est rendu avec l'espoir, sinon de guérir, du moins d'aider son frère dario, atteint du sida. au-delà de la
    violence et des règlements de compte, ce roman dévoile les douceurs d'âme de ce grand pourfendeur de puissants qu'est fernando vallejo (il s'attaque cette fois au pape), pour ne rien dire de l'amour évangélique que lui inspirent les bêtes innocentes.

    un mélange explosif dominé par le rire voltairien, mais qui, à la dernière page, laisse la gorge nouée.

  • Grand Hôtel, Cabourg. Jean tombe par hasard sur Garance, un amour de jeunesse. Est-ce vraiment le hasard ? Ils partent sur les traces du passé. Dans les années 70, pendant les vacances, Yvonne, la mère de Garance, mannequin et écrivain, recevait dans sa villa des artistes et des intellectuels. Avant l'heure de l'apéritif, elle faisait du bronzage intégral dans les dunes. Jean trouvait qu'elle ressemblait à Candice Bergen. Il admirait aussi ses amis. Avec eux, rien n'était banal. Tous étaient amoureux d'Yvonne, mais cela ne le choquait pas puisqu'il l'était aussi. Il n'imaginait pas à quels désastres tout cela mènerait.

  • A Mogador, port marocain, la jeune Fatma garde les yeux rivés sur la ligne d'horizon, d'où ses parents ne sont jamais revenus.
    Immobile à sa fenêtre, passant de la jetée au hammam comme dans un rêve, Fatma languit dans une mystérieuse mélancolie que rien ne saurait troubler, et dont personne ne sait le secret. Mais portés par les vents qui accompagnent ses pas, ses désirs vont faire briller d'autres regards, et s'immiscer dans toute la ville, se mêlant aux rumeurs des femmes et aux légendes colportées par les anciens...

  • " C'était l'heure où à Mogador les amants se réveillent.
    Ils portent encore leurs rêves pris au filet le long de leurs jambes, sous les paupières, dans les moindres creux de leurs corps. Ils dorment, d'un baiser à l'autre. La mer rugit au soleil et les réveille. C'était l'heure où à Mogador toutes les voix de la mer, du port, des rues, des places, des hammams, des chambres closes, des cimetières et du vent se nouent et content des histoires. " La rencontre d'une femme mystérieuse et d'un homme à qui elle lance un défi : elle fera l'amour avec lui lorsqu'il lui décrira les jardins de la ville.
    Seulement, il n'y a pas de jardins à Mogador. La Peau de la terre est le troisième volet d'une tétralogie dionysiaque placée sous le signe des quatre éléments, avec une unité de lieu, Mogador.

  • Un ring : le territoire des états-unis.
    Deux boxeurs face à face, l'écrivain dany laferrière, d'un côté, la société américaine de l'autre. boxe ! l'écrivain donne des coups : au racisme, aux clichés, à la pacotille hollywoodienne. et il encaisse, célébrant le dynamisme du pays, sa foi inépuisable en sa propre puissance, son génie créatif. un exercice d'admiration entre américains, dans ce pays où être, c'est vouloir être quelqu'un.

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