Langue française

  • «L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.».
    Jean Anouilh.

  • Vivonne

    Jérôme Leroy

    Alors qu'un typhon dévaste l'Île-de-France, l'éditeur Alexandre Garnier contemple le cataclysme meurtrier depuis son bureau, rue de l'Odéon : une rivière de boue coule sous ses fenêtres, des rats surgissent des égouts. Le passé aussi remonte à la surface. Devant ce spectacle de fin du monde, Garnier se souvient de sa jeunesse et surtout de son ami, le poète Adrien Vivonne, auteur entre autres de Danser dans les ruines en évitant les balles. Garnier a publié ses livres avant que celui-ci ne disparaisse mysté rieusement en 2008, il y a presque vingt ans.
    Qu'est devenu Vivonne ? Partout en Europe, la « balkanisation climatique » sévit et les milices s'affrontent tandis que la multi plication des cyberattaques fait craindre une Grande Panne. Lancé à la poursuite de Vivonne, Garnier essaie de le retrouver avant que tout ne s'effondre. Est-il possible, comme semblent le croire de plus en plus de lecteurs dans le chaos ambiant, que Vivonne ait trouvé un passage vers un monde plus apaisé et que la solution soit au coeur de ses poèmes ?

  • C'est aux alentours de 2015 qu'un phénomène inexpliqué et encore tenu caché s'empare de la société et affole le pouvoir. On l'appelle, faute de mieux, l'Eclipse. Des milliers de personnes, du ministre à l'infirmière, de la mère de famille au grand patron, décident du jour au lendemain de tout abandonner, de lâcher prise, de laisser tomber, de disparaître. Guillaume Trimbert, la cinquantaine fatiguée, écrivain en bout de course, est-il lui aussi sans le savoir candidat à l'Eclipse alors que la France et l'Europe, entre terrorisme et révolte sociale, sombrent dans le chaos ? C'est ce que pense Agnès Delvaux, jeune capitaine des services secrets.
    Mais est-ce seulement pour cette raison qu'elle espionne ainsi Trimbert, jusqu'au coeur de son intimité, en désobéissant à ses propres chefs ? Dix-sept ans plus tard, dans un recoin du Gers où règne une nouvelle civilisation, la Douceur, Agnès observe sa fille Ada et revient sur son histoire avec Trimbert qui a changé sa vie au moment où changeait le monde.

  • En cherchant Parvulesco Nouv.

    Qui était Jean Parvulesco (1929-2010) ? De ce mystérieux écrivain d'origine roumaine, auteur de plus de cinquante livres, on ne sait presque rien. Les cinéphiles se souviennent que, dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard, il est incarné l'espace d'une scène par Jean-Pierre Melville. Chapeau, lunettes noires, il descend d'un avion. Sur le tarmac, il est assailli par les journalistes. À la question de savoir quelle est sa plus grande ambition dans la vie, il répond : « Devenir immortel, et mourir. ».
    Christophe Bourseiller a bien connu Godard, pour lequel il a tourné plusieurs fois quand il était enfant. Des années plus tard, il a rencontré Parvulesco. L'énigme est restée entière. Il a relu son oeuvre fantôme, mené l'enquête sur ce personnage de l'ombre qui fut tour à tour un passager clandestin de la Nouvelle Vague et l'ami intime d'Éric Rohmer, un dandy fascisant et un poète ésotérique. L'inclassable Parvulesco est mort depuis dix ans. Son immortalité commencerait-elle maintenant ?

  • Le Bon Coeur est le roman d'une voix, celle d'une paysanne de dix-sept ans qui retint le royaume de France sur le bord de l'abîme, le sauva et en mourut. Elle changea le cours de l'Histoire en réveillant dans le coeur usé des hommes la force de croire et d'aimer.

    1 autre édition :

  • Jean Dorseuil a quinze ans quand il est envoyé dans un pensionnat militaire, le Prytanée de La Flèche. Il y découvre la camaraderie avec Frémiot, Rival, Tanguy, mais aussi la promiscuité grossière, la comédie des rapports de force, la violence absurde du règlement. Il s'en détourne, s'enferme la nuit dans la bibliothèque, et la devise de Descartes - ancien pensionnaire du Prytanée - devient la sienne : «Je m'avance masqué».

  • L'orangeraie

    Larry Tremblay

    Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi.

    Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à lombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre sempare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé.

    Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent.

    Larry Tremblay frappe encore un grand coup, mais vise cette fois le cur, laissant au lecteur le soin de départager les âmes pures des fourbes, les fanatiques des héros. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert.

  • Le charme singulier de Maurice Genevoix joue ici, plus puissamment encore que dans aucun de ses livres. D'une enfance sur les bords de la Loire au secrétariat perpétuel de l'Académie française, en passant - surtout - par l'effrayante déchirure de la Grande Guerre, ces pages retracent neuf décennies de fidélité à soi-même. Qu'il évoque une marche au brame dans les forêts de Sologne, le regard des compagnons massacrés dans la boue des Éparges ou les premières terreurs d'un enfant découvrant la mort, Maurice Genevoix témoigne de la même douceur obstinée, de la même «justesse» au sens fort qui nous font complice fraternel de sa mémoire. Il y a dans ces Trente mille jours paisiblement restitués l'illustration - et l'explication - du «mystère Genevoix».

  • Jusqu'ici, n'avaient été publiées, et de manière éparse, que quelques lettres de Jean-Patrick Manchette ; cet épais volume en rassemble plus de deux cents - dont un tiers traduites de l'anglais -, pour l'essentiel inédites. La correspondance couvre ainsi les années 1977-95, du moment où Manchette commence d'archiver méthodiquement ses lettres jusqu'à sa mort.
    Cette période, qui semblait coïncider avec un retrait progressif (plus de roman publié après 1981 et La Position du tireur couché) nous est enfin rendue, grâce à ces lettres, dans tout son bouillonnement. Souvent reclus mais jamais indifférent, l'écrivain cherche et trouve enfin la voie d'un renouvellement créatif ; dans une sorte d'art poétique en fragments, il cause, parfois avec humour et toujours avec énormément de soin, du style, du polar, de la traduction, de l'économie du livre, du cinéma, de l'art et de la marchandise... ; il s'entretient avec de grands auteurs - tels Pierre Siniac, Jean Echenoz, Robin Cook, ou les Américains qu'il aime et parfois traduit, de Donald Westlake à James Ellroy en passant par Ross Thomas - mais se montre aussi attentif et précis lorsqu'il s'agit de répondre à ses lecteurs, alors même qu'il refuse régulièrement (et parfois vertement !) contributions et invitations officielles. Ainsi, la correspondance laisse percevoir les voies singulières par où Manchette communiquait sa « fraternité contenue », en même temps qu'elle fait entendre les échos d'une époque, ses controverses politiques aussi bien que ses déflagrations violentes, des soubresauts du terrorisme aux premières émeutes de banlieue.
    Pour accompagner ces lettres, des notes, sans viser à l'érudition, permettent une rapide contextualisation biographique ou historique. Ou encore suggèrent un lien avec d'autres textes (critiques ou romanesques) de Manchette : activité d'écriture capitale à ses yeux, la Correspondance constitue en définitive un élément essentiel de son oeuvre, par quoi l'écrivain cherche et finit par trouver cette « grande forme » qu'il convoite.

  • Médée

    Jean Anouilh

    "Médée, terrible Médée ! Femme révoltée qui trahit son père, tua son frère pour l'amour de Jason et la conquête de la Toison d'or. Dix ans après, Jason se déprend de Médée et s'apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe. Refusant la fuite et le "bonheur, le pauvre bonheur", Médée va continuer à semer le feu... Je t'ai aimée, Médée. J'ai aimé notre vie forcenée. J'ai aimé le crime et l'aventure avec toi.
    Et nos étreintes, nos sales luttes de chiffonniers, et cette entente de complices que nous retrouvions le soir, sur la paillasse, dans un coin de notre roulotte, après nos coups. J'ai aimé ton monde noir, ton audace, ta révolte, ta connivence avec l'horreur et la mort, ta rage de tout détruire. J'ai cru avec toi qu'il fallait toujours prendre et se battre et que tout était permis", Jean Anouilh.

  • «Silhouettes de mort sous la lune blanche est le premier roman de Kââ mettant en scène son narrateur sans nom, truand dandy, mercenaire sans scrupule et tueur sans pitié. Ce héros négatif apparu au mitan des années 80 est finalement le parfait reflet de l'époque dans laquelle il évolue, à cette différence qu'il n'a pas l'hypocrisie de masquer son cynisme et son hédonisme derrière les apparences de la respectabilité.
    Cette histoire de cavale commence par un hold-up qui tourne mal où le narrateur est obligé d'abattre un de ses jeunes complices qui a tendance à tirer trop facilement dans le tas. Manque de chance, le gamin a deux frères pas commodes... Alors on peut commencer à fuir, à abattre d'autres copains et à s'enfuir avec leurs veuves aux moeurs plus que légères et à la gâchette facile. Autant dire qu'il règne dans ce roman, pour reprendre les mots de l'homme sans nom, "un froid exemplaire".» Jérôme Leroy.

  • Dans un village et un temps reculé, un monstre croque la joue et l'épaule d'un bébé laissé quelques instants seul par sa mère, puis repart tranquillement vers la forêt. Il est bientôt rattrapé par une horde d'hommes décidés à le tuer, mais dans le monde des hommes, la justice, comme la mort, se rendent au tribunal. Même si le monstre en question est un cochon qui n'a ni conscience ni parole pour se défendre. Peut-on se faire entendre sans mots ?
    Les gendarmes l'embarquent donc et le jettent en prison, avant son grand procès.
    Dans un texte court et puissant, Oscar Coop-Phane nous raconte le procès d'un cochon, à l'image de ceux qu'on intentait aux animaux jusqu'à la fin du xviiie siècle, une pratique aussi étrange que méconnue de nos jours. Divisé en quatre parties, le texte retrace d'abord Le Crime, puis Le Procès, écrit comme une pièce de théâtre dans laquelle interviennent tour à tour les avocats des deux parties, la famille de la victime, les témoins et experts consultés, le public et les jurés, et le cochon, comme il peut, comme vous verrez, avant que le Président ne rende sa sentence : la pendaison. Viennent ensuite L'Attente, où chacun se prépare à la mort du porc ; Jean, le bourreau, Louis, le tout jeune officier chargé de mener l'accusé, le père Paul, en route pour confesser la bête, la famille éplorée, et le cochon que Le Supplice viendra libérer. D'une langue tranchante et pénétrante, Oscar Coop-Phane nous ramène des siècles en arrière pour fouiller les sentiments humains, la peur, la colère, la cruauté et la soif de vengeance, mais aussi l'empathie ou la peine. Un texte allégorique où chacun reconnaîtra dans l'animal le porc qu'il voudra.

  • « Terrain Lourd est un roman noir, mais c'est aussi un blues lancinant, celui des chagrins d'amour et des chagrins d'époque. On est au début des années 80 ou à la fin des années 70. On ne parle pas encore de TGV mais de turbotrain. Un reporter sportif assiste à Caen à un match de foot de deuxième division entre Caen et Thionville. Il s'appelle Vertaire. Assez logiquement, avec un nom comme ça, Vertaire souffre. Vertaire a 32 ans et est affligé d'une mélancolie tenace, une mélancolie lorraine bien obligée de jouer à l'extérieur.
    Un autre, qui ressemble à Michel Piccoli dans ses rôles de patron, a pris à Vertaire la femme qu'il aimait. Alors Vertaire veut tuer l'autre. En même temps, Vertaire hésite. Pas par peur, par lassitude.
    Vertaire a une arme avec lui, un 22 long rifle, «un calibre pourtant pas dramatique», dans son sac en skaï. Vertaire se regarde, regarde le monde. Il voit bien que les années 80 ne seront pas faites pour les Vertaire. Tout va un peu trop vite, sauf les trains.
    Les dernières utopies se noient dans les eaux glacées du calcul égoïste et de la côte d'Émeraude. C'est pour ça que Vertaire a toujours un peu froid bien qu'on soit seulement fin septembre.
    Le lecteur ne sera pas étonné que Pierre Marcelle et Hervé Prudon aient écrit jadis un livre ensemble (Le Bourdon, 1981). Il y a chez eux une même qualité de tristesse, une même écriture désabusée des désastres intimes. Avec ce qu'il faut d'autodérision pour qu'on s'attache à des personnages qu'on a envie d'inviter à boire une bière dans le dernier bar encore ouvert de la sous-préfecture.
    À cette différence que dans Terrain Lourd, c'est du côté de Goodis que se promène Pierre Marcelle, un Goodis qui aurait troqué Philadelphie pour Saint-Malo... ».
    Jérôme Leroy.

  • «Alors que la postérité d'Antoine Blondin est souvent trop réduite à des clichés - les Hussards, le brillant chroniqueur sportif, son goût des jeux de mots et des calembours, les frasques de comptoir et les dérives éthyliques de légende immortalisées notamment par l'adaptation d'Un singe en hiver par Henri Verneuil et Michel Audiard -, il faut revenir aux textes. Derrière la mythologie du chantre du Tour de France et des exploits rugbystiques des frères Boniface, sous le folklore de l'ivrogne bagarreur, il y a un merveilleux styliste qui dans ses meilleurs moments est l'un des purs écrivains de langue française. Reprenons ainsi Monsieur Jadis dont certaines pages semblent avoir été écrites pour être lues à voix haute, comme pour une dictée ou une prière.» Extrait de la préface de Christian Authier Dans un fier sursaut de jeunesse, un quinquagénaire se laisse prendre dans une rafle de routine, sous le climat contemporain de Saint-Germain-des-Prés. Conduit dans l'un des rares postes de police qu'il ne connaisse pas encore, on l'y retient pour une vérification d'identité.
    À la lumière de cette opération à double sens, qu'il mène pour son propre compte sur le plan de la mémoire, il voit surgir, sous le nom de Monsieur Jadis, le jeune homme qu'il a été, dans d'autres nuits, en d'autres temps, dans d'autres commissariats de police.
    «Ma vie est un roman», entend-on dire couramment. Le narrateur prend cette assertion au pied de la lettre. L'image d'une silhouette légère sur la crête des rencontres, des amitiés, des amours, pourra-t-elle satisfaire le farouche jeune homme dont il s'est fait une joie de partager un instant la cellule, ou bien devra-t-il constater qu'il a voulu se mêler à qui ne le regardait pas?

  • «À trente-quatre ans, j'ai éprouvé de nouveau l'empoignade d'une lecture d'enfance. Elle a duré deux nuits. Je relisais, bouleversé, Ceux de 14. [...] M'apprêtant à écrire sur les paysages du Barrois et de la Woëvre, j'avais pensé recevoir d'une nouvelle lecture de Genevoix la bénéfique influence. Sa réputation de paysagiste était solide et l'on disait qu'il n'était pas seulement le meilleur peintre de la Loire, mais aussi de la nature meusienne. Je pense maintenant que la cause était plus profonde.»

    1 autre édition :

  • « Lorsque Claude Monet, quelques mois avant sa dis- parition, confirma à l'État le don des Nymphéas, pour qu'ils soient installés à l'Orangerie selon ses indica- tions, il y mit une ultime condition : l'achat un tableau peint soixante ans auparavant, Femmes au jardin, pour qu'il soit exposé au Louvre. À cette exigence et au choix de ce tableau, il ne donna aucun motif. Deux remords de Claude Monet raconte l'histoire d'amour et de mort qui, du flanc méditerranéen des Cévennes au bord de la Manche, de Londres aux Pays-Bas, de l'Île-de-France à la Normandie, entre le siège de Paris en 1870 et la tragédie de la Grande Guerre, hanta le peintre jusqu'au bout. » Michel Bernard.

    1 autre édition :

  • Le bon sens

    Bernard Michel

    Novembre 1449, dix-huit ans après la condamnation pour hérésie de Jeanne d'Arc, Charles VII chasse les Anglais de Rouen. La fin de la guerre de Cent Ans est proche : il faut achever la reconquête du territoire, panser les plaies des provinces dévastées et réconcilier les partis engagés dans la guerre civile. Promettant le pardon et l'oubli, le roi ordonne pourtant une enquête sur le procès de 1431. Malgré la résistance d'une partie de l'Église et de l'Université, quelques hommes opiniâtres, rusant avec la raison d'État, vont rechercher preuves et témoins pour rétablir la vérité, le droit et l'honneur de la jeune fille.
    Après Le Bon Coeur, Michel Bernard relate l'histoire d'une poignée d'hommes en quête de justice. Bouleversés par la parole qu'ils découvrent dans les actes du procès, ils conduiront Charles VII à rendre à Jeanne un peu de ce qu'elle lui a donné. Chez cet homme insaisissable qui fut un grand roi, ils feront jouer au bon moment le bon ressort. Il a le visage d'Agnès Sorel, la beauté morte fixée par Jean Fouquet.

  • Cela fait déjà vingt ans qu'est parue la première édition de cette anthologie. Une génération. Le Général, lui, s'éloigne un peu plus chaque jour dans l'Histoire: cent trente ans qu'il est né, cinquante ans qu'il est mort, quatre-vingts ans qu'il a prononcé, de Londres, son fameux Appel du 18 juin, sursaut patriotique et acte fondateur de la geste gaullienne. De Gaulle, finalement, ce sont les écrivains qui en ont parlé le mieux.
    On trouvera dans cette anthologie revue et corrigée quelques textes nouveaux, comme des chroniques historiques signées Alain Peyrefitte ou Max Gallo, un extrait d'un Dictionnaire amoureux par Denis Tillinac, gaulliste populaire et sentimental, l'un des derniers grognards du Général, ou encore l'épilogue, conté par Georges-Marc Benamou, d'un épisode rocambolesque et mystérieux des derniers temps du règne.

  • Cours professé à l'Institut d'études politiques de Bordeaux.

    Pendant quelque trente années, Jacques Ellul a proposé aux étudiants de l'Institut politique de Bordeaux un cours sur la Pensée marxiste rendu disponible au public en 2003 aux Éditions de La Table Ronde. Ce cours était dispensé en alternance avec un autre, les Successeurs de Marx, qui fait l'objet du présent ouvrage. Ellul y montre que les fractures dans l'héritage de Marx ont révélé des contradictions ou des évolutions déjà présentes dans l'oeuvre de ce dernier, accentuées par le caractère de plus en plus douteux de certaines de ses prédictions. Avec un talent didactique confirmé, Ellul nous présente ici les différentes écoles, leur porte-parole et les fondements théoriques de leurs désaccords.
    Mais la publication de ce cours est aussi l'occasion d'approfondir un peu plus les liens complexes qu'entretenait Ellul avec le marxisme. À propos du marxisme tchèque des années soixante qui allait déboucher sur le Printemps de Prague de 1968, il déclarait ainsi à ses étudiants : «J'ai repris un certain espoir à l'égard du socialisme en général lorsque j'ai rencontré la pensée des Tchécoslovaques [...] : une réponse marxiste aux problèmes d'une société technicienne.» Cette sympathie envers ces thèses, largement développées ici, montre à quel point le marxisme a influencé les recherches d'Ellul et aide à leur compréhension.

  • « Rien ne me paraît plus nécessaire aujourd'hui que de découvrir ou redécouvrir nos paysages et nos villages en prenant le temps de le faire. Savoir retrouver les sai- sons, les aubes et les crépuscules, l'amitié des animaux et même des insectes, le regard d'un inconnu qui vous reconnaît sur le seuil de son rêve. La marche seule per- met cela. Cheminer, musarder, s'arrêter où l'on veut, écouter, attendre, observer. Alors, chaque jour est diffé- rent du précédent, comme l'est chaque visage, chaque chemin.
    Ce livre n'est pas un guide pédestre de la France, mais une invitation au vrai voyage, le journal d'un errant heureux, des Vosges jusqu'aux Corbières, au coeur d'un temps retrouvé. Car marcher, c'est aussi rencontrer d'autres personnes et réapprendre une autre façon de vivre. C'est découvrir notre histoire sur le grand portu- lan des chemins. Je ne souhaite rien d'autre, par ce livre, que de redonner le goût des herbes et des sentiers, le besoin de musarder dans l'imprévu, pour retrouver nos racines perdues dans le grand message des horizons. » J. L.

  • Ce volume contient :
    L'Alouette.
    Becket ou L'honneur de Dieu.
    La foire d'empoigne.

  • Un détective privé dont les affaires ne marcheraient pas très fort : c'est ainsi que Frédéric Berthet présente le héros de Daimler s'en va. Un héros, ce Raphaël Daimler, dit Raph ? Plu- tôt un anti-héros. Il tombe amoureux, se fait larguer, consulte Uri Geller qui se propose de tordre une fourchette, puis un psy qui lui vole les photos de l'aimée. Perdant pied, Raph s'ima- gine en chien de garde, rêve qu'il est poursuivi par un oeuf au plat géant, se prend pour l'abbé Faria du Comte de Monte- Cristo. Puis Daimler s'en va. Apparaît son ami Bonneval, lec- teur du Chasseur français qui reçoit des nouvelles de Raph :
    Une longue lettre cocasse et posthume. Daimler s'en est allé pour considérer le monde, notre monde, d'un peu plus haut.

  • François Bizot, membre de l'Ecole française d'Extrême-Orient, est fait prisonnier au Cambodge par les Khmers rouges, en 1971.
    Enchaîné, il passe trois mois dans un camp de maquisards. Chaque jour, il est interrogé par l'un des plus grands bourreaux du vingtième siècle, futur responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts, aujourd'hui jugé pour crimes contre l'humanité : Douch. Au moment de la chute de Phnom Penh, en 1975, François Bizot est désigné par les Khmers rouges comme l'interprète du Comité de sécurité militaire de la ville chargé des étrangers auprès des autorités françaises.
    Il est le témoin privilégié d'une des grandes tragédies dont certains intellectuels français ont été les complices. Pour la première fois, François Bizot raconte sa détention, décrit une révolution méconnue, démonte les mécanismes de l'épouvante et fait tomber le masque du bourreau monstre. Grâce à une écriture splendide et à un retour tragique sur son passé, l'auteur nous fait pénétrer au coeur du pays khmer, tout en nous dévoilant les terribles contradictions qui - dans les forêts du Cambodge comme ailleurs - habitent l'homme depuis toujours.

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