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RYOJI NAKAMURA
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Un adolescent fête ses dix-sept ans dans l'indifférence de sa famille, en pleine décomposition. Complexé, mal dans sa peau, incompris de ses parents, il est terriblement frustré. Obnubilé par ses pulsions sexuelles, il s'est replié sur lui-même et toise ses camarades d'un regard méprisant. Il constitue une proie idéale pour les militants d'extrême droite qui recrutent des jeunes pour donner la claque lors des meetings du partie de l'Action Impériale... Inspirée de faits réels, cette nouvelle du grand maître de la littérature japonaise contemporaine (prix Nobel de littérature 1994) nous plonge dans le mal-être du Japon des années soixante.
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Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants
Kenzaburô Oe
- Gallimard
- L'imaginaire
- 9 Février 2012
- 9782070136902
Pendant la Seconde Guerre mondiale, des enfants d'une maison de correction fuient les bombardements et se réfugient dans un village de montagne. Leur éducateur les place sous l'autorité d'un maire convaincu qu'un mauvais enfant doit être supprimé «dès le bourgeon». Le jeune narrateur et son petit frère font partie de ce groupe de délinquants bientôt à la merci des villageois haineux, qui les contraignent à enterrer des animaux victimes d'une épidémie. Quand trois personnes meurent, contaminées, les villageois, pris de panique, abandonnent le village en y enfermant les enfants, qui prennent possession des maisons désertées et esquissent même les règles d'une vie en société. Temps suspendu, unique dans cette histoire de bruit et de fureur, où s'expriment les douceurs de la fraternité et les joies d'un premier amour.Cette impressionnante fable sociale écrite en 1958 appartient à la grande veine de Kenzaburô Oé. Densité, richesse d'analyse, foisonnement de l'imagination, violence, émotion : toutes les qualités du Prix Nobel se trouvent réunies.
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Un peintre tokyoïte décide de s'isoler dans une station thermale désertée en quête de tranquillité. Contraint par la pluie de trouver refuge dans une maison de thé, il fait la connaissance de la propriétaire des lieux. Cette femme d'un certain âge aime parler. C'est ainsi que le peintre découvre l'histoire de Nami, qui vit dans la pension où il compte séjourner. Mariée de force, elle a fini par quitter son époux pour retourner auprès de son père, dans la petite auberge familiale. La légende raconte qu'elle a perdu la tête. C'est le début d'une quête sans fin pour le peintre. Lorsqu'il rencontre enfin Nami, il n'a plus qu'une seule idée : rendre hommage à sa beauté à travers son art.
La délicate musique de Sôseki sonde les mystères de l'âme humaine dans ce texte plein de grâce.
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Mille ans de littérature japonaise
Collectif
- Éditions Picquier
- Picquier Poche
- 28 Octobre 2005
- 9782877308182
Cette anthologie, proposée ici dans une version nouvelle, offre un panorama cohérent de l'immense variété des genres littéraires déployés durant un millénaire au Japon : du théâtre le plus sanglant à la sensibilité raffinée des dames de cour, des contes les plus cocasses aux méditations les plus graves, des anecdotes licencieuses aux tourments éthérés d'un milieu clos, du roman le plus long au poème le plus court.
Les oeuvres majeures sont ici présentées dans une traduction entièrement originale et homogène : journaux poétiques, le dernier épisode du Roman de Genji, la célèbre anthologie des Cent Poèmes, des contes du Moyen Age, des écrits bouddhistes, une autobiographie féminine, une pièce de nô et sa source, un roman érotique, une pièce de kabuki, un traité du haiku selon Bashô. Des contes folkloriques et un essai d'esthétique complètent cette approche de l'esprit classique au Japon.
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Extraordinaire interprète de l'opéra de Puccini Madame Butterfly, la cantatrice Tamaki Miura donne ce soir un dernier récital bouleversant. Parmi les spectateurs, Kiyohara se remémore un autre récital, vingt ans plus tôt, à la Scala, auquel il assista avec la jeune Hanako. Dans ces deux nouvelles sobres et émouvantes, le grand romancier japonais explore différentes facettes de l'amour et de ses tourments.
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Les sept nouvelles de Mishima rassemblées ici ont été publiées entre 1946 et 1965. Tout ouvrant une large période de la création littéraire de l'auteur, elles présentent cependant une étonnante unité autour du thème de l'amour.Si la description de l'éveil d'un jeune garçon à la beauté de la nature et à l'amour dans un paysage magique de bord de mer nous frappe par son romantisme exalté - «Une histoire sur un promontoire» est écrite alors que l'auteur n'a pas encore vingt ans -, nous retrouvons dans «Une matinée d'amour pur» - récit d'un couple vieillissant qui cherche à entretenir son amour par des jeux érotiques pervers - le cynisme parfois très noir et l'interrogation sur la sexualité qui caractérisent toute l'oeuvre de Mishima. Ces deux nouvelles encadrent cinq autres textes où ces mêmes thèmes apparaissent dans des récits toujours très maîtrisés.Le présent recueil donne donc un éclairage original de l'oeuvre de Mishima et constitue un complément indispensable pour tout lecteur français qui s'intéresse au grand romancier japonais.
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Dans une usine de Tokyo, quatre femmes, - Masako, Yoshie, Kuniko et Yayoi -, effectuent le
service de nuit sur une chaîne particulièrement rapide, leur tâche consistant à remplir des paniersrepas
qui seront ensuite vendus dans différents quartiers de la ville. Si elles ont toutes des passés
et des vies relativement différents, elles ont aussi un point commun : qu'ils jouent au casino,
boivent, les trompent, les battent ou les abandonnent, leurs maris les traitent comme des objets
sans grand intérêt dès lors qu'elles ne sont plus de la première jeunesse ou beauté. Les existences
qu'elles mènent ne sont que répétition quotidienne du même malheur d'être femme dans un pays
où ce sont les hommes qui dirigent. Ajoutez à cela la misère et les carcans idéologiques d'une
société par certains côtés encore féodale, et vous aurez une idée du calvaire que doivent endurer
celles qui, en plus, tirent le diable par la queue et doivent assurer la subsistance et le bonheur de
leurs enfants.
C'est dans ce contexte de violences sociales décrit par le menu que n'en pouvant plus d'être
humiliée, battue et traitée comme une esclave, l'une d'entre elles, Yayoi, finit par étrangler son
mari, Kenji.
Pendant ce temps-là, le propriétaire d'une maison de jeu, Mitsuyoshi Satake s'occupe de faire la
fortune d'une de ses entraîneuses, la belle shanghaïenne, An-na, et pour ce faire, empêche les
clients trop entreprenants de l'importuner. Tombée amoureuse de lui, An-na ne comprend pas qu'il
ne veuille pas la toucher. Aussi bien ignore-t-elle la punition d'une extrême cruauté qu'il a infligée
à une femme qui s'était imaginée de piquer des entremetteuses à son patron du temps où il servait
de nervi à ce dernier.
Ainsi est lancée avec une maestria proprement stupéfiante la dynamique qui verra ces cinq
personnages s'affronter dans une lutte mortelle pour la liberté, l'amour, le pouvoir et l'argent.
D'une extrême violence, ce thriller est d'une facture à laquelle il est difficile de résister tant elle sait
entraîner le lecteur dans un mélange d'espoir et d'horreur qui n'en finit pas de mettre à nu sa
fascination pour le mal et l'idée de la rédemption.
L'écriture est d'une sobriété remarquable.
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Tsuda doit subir une opération bénigne, ce qui l'oblige à être éloigné quelques jours de sa femme, Nobuko. De cet événement anodin découle un véritable drame. Mais comme toujours chez Sôseki, la tragédie commence dans le silence : un geste ou un regard, le froissement d'une étoffe. Puis l'orage gronde, transformant les cieux qu'on croyait cléments. L'amour n'est plus alors, entre Tsuda et Nobuko, qu'un souvenir douloureux. Chronique d'un naufrage conjugal, Clair-obscur est le dernier roman de Sôseki.
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La richesse des analyses psychologiques, la finesse de l'observation quotidienne, la subtilité de la construction font de ce roman, probablement l'un des plus remarquables de Tsushima et l'un des plus frappants qui aient été publiés au Japon depuis Sôseki. En dehors de toute mode japonaise, Tsushima affirme sa singularité à l'intérieur de son propre pays et sa parenté avec les grands écrivains de l'introspection. A partir de la mort de sa mère (en réalité une longue agonie qui va accompagner toute la narration), l'auteur reconstitue sa vie, en « inventant » un personnage qui est son double, celui de Ritsuko Takasé, dont elle va raconter l'enfance, puis les études, les amitiés, les voyages, l'entrée dans le monde adulte et l'incapacité d'établir des relations sexuelles stables. Et rapidement la narration s'oriente vers l'histoire familiale de Fumiko, une camarade de classe, et plus particulièrement vers celle de Kiyoko, la soeur adoptive de Fumiko, en réalité une « tante » (la fille de la soeur cadette de sa grand-mère). Fumiko est la petite-fille d'une famille d'aubergiste et elle n'a pas de père. Sa mère vit avec un homme, Yamagata, qui va servir de beau-père et deviendra l'unique figure paternelle du roman. Kiyoko part pour les Etats-Unis quand Fumiko est encore enfant et aura deux filles, Mina et Emma, de deux pères différents, élevée l'une au Japon, l'autre à Paris. Lorsque le livre est écrit, ces deux filles sont adultes et Kiyoko elle-même va tomber malade. Si bien que l'agonie de la mère de la narratrice est comme redoublée par celle de Kiyoko. Le livre tout entier est construit sur cet effet de miroir entre deux agonies de deux femmes qui appartiennent à deux générations différentes et avec lesquelles la narratrice a surtout des rapports très différents. Que peut la littérature face au deuiloe Comment raconter la mort, la maladie, le sentiment filial, le regard d'une fille sur sa mère, d'une mère sur sa fille.
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« Yuri avait de jolis cils. Même le coin de ses yeux était entouré de rides charmantes. Il faut préciser qu'elle avait vingt ans de plus que moi et son visage devait bien en porter les marques. Mais quand elle riait, ses rides étaient vraiment adorables. » Sur un ton léger et ironique, désabusé et mélancolique, un jeune homme se souvient d'une liaison amoureuse récente, qui probablement va bouleverser tout son avenir. Séduit par son professeur de dessin, femme mûre et mariée, qui se veut libre, il tombe amoureux d'elle, quand elle décide de faire son portrait, et se trouve rapidement pris au piège de la passion. Dans une situation, à la fois sentimentale et perverse, sincère et stratégique, il ne peut s'épanouir et le lecteur voit immédiatement se profiler la rupture.
Ce bref roman, qui évoque Aimez-vous Brahms.., a le charme et la grâce de Sagan, dans un environnement japonais. Emotion, humour, passion, cynisme s'entremêlent dans un récit limpide et poétique. Nao-Cola Yamazaki écrit, dans un style moderne, une sorte de classique de l'histoire d'amour : un jeune homme et une initiatrice plus âgée. Sans pathos, sans moralisme, avec nostalgie et esprit caustique, elle a su émouvoir tout un jeune lectorat, dans son pays.
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ÿþDahlia apparaît, en premier lieu, comme l'histoire d'une famille installée dans la banlieue d'une capitale. Elle peut être japonaise, française ou tout autre chose. Le quartier où elle habite a été autrefois destiné à la bourgeoisie mais peu à peu occupé par des immigrés.On fait d'abord la connaissance du grand-père. Il s'apprête à aller se promener comme tous les jours et croise trois amis à lui, qui lui proposent de les joindre au bridge. Il accepte l'invitation, mais doit rentrer chez lui pour demander l'autorisation à sa femme. Or, une fois chez lui, il se souvient d'être allé se recueillir sur les tombes des ses amis. C'étaient donc des visions. Puis il se tourne vers sa femme. Et il se rend compte qu'elle non plus, elle n'est plus de ce monde. Depuis qu'elle a confié à une infirmière la tâche de s'occuper de son beau-père sa belle-fille a pris l'habitude de se promener avec son chien. Dans un parc, elle engage la conversation avec un jeune homme au teint basané. Il se nomme Dahlia. Il lui propose de venir dans son appartement et elle le suit. Dahlia se révèle brutal et sans pitié. Il ordonne la femme de se déshabiller dans le seul but de l'humilier et de mettre en évidence la laideur de son corps.Un jour, Dahlia exige qu'elle l'invite à dîner en présence de sa famille.Contre toute attente, son mari, ses fils et sa fille éprouvent de la sympathie pour Dahlia. Le mari prend un verre en tête-à-tête dans salon avec Dahlia et lui propose de rester dormir. La fille demande à la mère de l'engager comme tuteur...L'auteur considère ce livre comme un de ses plus importants. Il rassemble ici de façon symbolique des thèmes qui lui sont chers : la désagrégation du tissu social et familial, l'hermaphroditisme et la visite des fantômes.
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Les Bouvard et Pécuchet japonais, par l'un des premiers maîtres de l'absurde. "Le 210e jour" condense la quintessence de l'art de Soseki : une friandise douce-amère, truffée de dialogues farfelus, aussi comiques que graves. Dans cette conversation à bâtons rompus, pleine d'humour et de rebondissements inattendus, l'auteur dessine en filigrane la frontière fragile entre la dérision et l'angoisse, révélant l'inquiétude tapie derrière la légèreté.