Phebus

  • « J'ai perdu à la loyale, sans avoir recours au moindre stratagème douteux ni à la moindre tricherie. Après le dernier point du second set, une ivresse sans précédent m'a submergé, plus grisante que celle de mes nuits ; j'ai lâché ma raquette, je me suis laissé tomber à genoux, pris la tête entre les mains sans arriver à y croire, puis j'ai embrassé les fissures de ce court bosselé où, en perdant mon dernier match, je venais de gagner un avenir radieux. J'avais les larmes aux yeux quand je me suis relevé pour rejoindre le Nippon décontenancé près du filet. Il a dû attribuer mes pleurs à la déception, à l'humiliation. Mais en même temps que les larmes ruisselaient sur mes joues, j'arborais un sourire éclatant. J'étais aux anges. »En suivant un joueur de tennis prodige, Brice Matthieussent nous offre un roman sur nos pulsions et notre désir de chute.

  • Ribouldingue et Pataquès sont au musée.
    Ils parlent de tout et de rien. Des tableaux qui les entourent. De l'histoire de la France. De leurs aventures passées. L'un était un ancien Pied Nickelé. Il vient d'accéder à la 3D.
    L'autre est atteint d'une étrange fièvre: il est dévoré de comparaisons comme on l'est de poux. Dans le mur, un tunnel mène on-ne-sait-où. Au sol, des carnets sont remplis d'autres histoires. Comme celle d'un café-concert où nos deux héros prennent un verre. Alors que la fête bat son plein, des hommes font interruption, armés de fusil d'assaut.
    Et que peut l'imagination contre les terroristes ?

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