Littérature générale

  • Des chauffeurs de taxi, des héroïnes de faits divers, des amoureux traversent ces pages et croisent Colette, Roland Barthes, Patti Smith ou Corto Maltese, sans oublier quelques figures chères de mon enfance... On peut lire ces Chroniques en passant comme un journal de voyage, si l'on croit que chaque matin contient une occasion de départ et une chance d'aventure.

    J'ai écrit les textes ici réunis de 2014 à 2018 pour le journal Sud Ouest. Et à la fin, en me retournant, j'ai senti qu'ils formaient un livre. Le voici.

    C.T.

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  • D'un côté, le sable et de l'autre, la neige. C'est avec ces deux couleurs et ces deux éléments que Chantal Thomas nous offre un bouleversant autoportrait, campé entre les plages de son enfance à Arcachon et au Cap ferret et la ville de Kyoto aujourd'hui, sous la neige d'un 31 décembre, ville mélancolique, ville magique. En passant par les semaines à la campagne, avec Louisette, la fille des fermiers, dans la maison d'enfance de son père, Le Petit Palet, près de Saintes.
    Les lieux, les temps et les dates se chevauchent, mêlant la joie, la liberté, la cocasserie et les jeux de l'enfance à la gravité et le mystère d'un père silencieux, mutique, qui mourra très jeune, à quarante-trois ans.
    Les vagues de l'Océan rythment le récit. La Grande Dune, les excursions au Cap Ferret, le bateau, le petit train, les aiguilles de pin, les huîtres, l'ivresse des mots et du vin, l'amitié, les poupées, le ski, les parties de pêche avec le père, les promenades en bateau deviennent ici des « Mythologies ». Le calme d'un côté, la violence de l'autre. Toute une fresque pour dire la beauté des choses et la puissance de leur silence. Dans l'intimité d'une mémoire, écrite dans une langue faite d'élégance et de grâce pour exprimer des sensations les plus fugitives tout en faisant l'éloge du déplacement. De sable et de neige, ou l'art de vivre dans l'instant.
    Les photos d'Allen Weiss en gros-plan couleurs accompagnent délicatement le voyage, ponctué également de photos d'enfance et d'estampes japonaises.
    CHANTAL

  • East Village blues

    Chantal Thomas

    2017. Chantal Thomas s'envole à nouveau pour New York. Revenue dans l'East Village, autrefois peuplé d'artistes et d'immigrés, elle découvre un quartier qui a perdu son âme. Seuls quelques graffitis témoignent encore de la marginalité des années 1970. Pourtant, elle se souvient : St. Mark's Church et ses poètes, le Chelsea Hotel, les bars, les fêtes, les peurs, les amours passagères... Et fait revivre l'intensité d'une époque où régnaient l'audace et la liberté.

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  • Début des années trente. Une jeune fille enchaîne les longueurs dans le Grand Canal du château de Versailles, sous l'oeil ahuri des jardiniers. Nager, c'est tout ce qui compte pour Jackie. Nager pour fuir les contraintes, pour préserver sa fantaisie. Toute sa vie, elle parcourt des kilomètres pour se baigner. Cet amour pour l'eau, sa fille Chantal en a hérité. Comme sa mère, elle nage pour être libre.

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  • Depuis son enfance, Lisa est fascinée par les cafés : vitrines sur la ville ou repaires secrets. À son arrivée à Bordeaux où elle vient étudier la philosophie, elle peut enfin fréquenter ces lieux complices de son émancipation et de ses errances, témoins de son cheminement... La jeune fille s'en remet au hasard des rencontres et des ivresses pour faire son apprentissage. De la lecture de Beauvoir au bar des Quatre-Soeurs, à l'émotion d'apercevoir celle-ci plus tard à Paris en compagnie de Sartre à La Coupole, ces Cafés de la mémoire dessinent l'itinéraire d'un esprit libre.

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  • Dans Vienne ruinée et humiliée par la victoire de Napoléon, Agathe-Sidonie, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient. De l'année 1789. Du faste de la Cour, bien sûr. Et particulièrement, au lendemain de la prise de la Bastille, des derniers jours à Versailles auprès de cette reine si controversée, qui continue de la fasciner. Agathe-Sidonie s'est enfuie dans la nuit du 16 juillet 1789...

  • A travers trois célèbres salons : la Chambre bleue de Mme de Rambouillet (XVIIe siècle), le salon de Mme du Deffand (XVIIIe siècle), le château de Coppet de Mme de Staël (XIXe siècle), se tracent trois différentes approches de l'esprit de conversation et des jeux de langage, trois moments dans l'histoire de la femme supérieure (Mme de Staël), c'est-à-dire libre de refuser la tradition et d'affirmer ses talents : les Précieuses optant pour la féerie, Mme du Deffand pour la distance et l'humour, Mme de Staël pour la passion et la littérature comme arme. L'évocation de ces figures féminines, prise dans une réflexion actuelle, est aussi, ou d'abord, un éloge de la conversation - de ses capacités de découvertes, de ses ressources de réconfort et de rires, de son pouvoir de séduction.

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  • En 1721, la France et l'Espagne scellent une alliance par un échange : celui de la très jeune infante d'Espagne contre la fille du Régent Philippe d'Orléans. Les deux enfants sont destinées aux futurs rois de France et d'Espagne, qui ne sont guère plus âgés qu'elles. Forcées de quitter leur pays, leurs familles et leurs suivantes, elles rejoignent difficilement leurs cours respectives. Mais Versailles est très superficielle pour une fillette de quatre ans sans cesse courtisée et Madrid bien trop sévère pour une adolescente en rébellion contre cette cour si puritaine ...

  • " ce livre est à la fois voyage dans l'inconnu du xviiie siècle et approche d'une figure singulière, irréductible à nos concepts modernes d'intelligence ou de désir.
    Giacomo casanova, vénitien, habile charlatan, grand joueur et franc libertin.
    De n'être pas prise dans un mouvement d'identification, ni de rejet, je m'accorde la liberté de me perdre et d'être séduite, de m'arrêter et d'analyser, et surtout de m'étonner. car la beauté baroque, infime, grossière, âpre, souvent violente, parfois même monstrueuse dont sont marqués les mémoires de casanova n'a rien à voir avec un tableau lisse et rassurant.
    Elle ouvre sur des interrogations, des situations qui ont la force du romanesque et l'étrangeté des énigmes. ".

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  • Ursule, jeune fille ambitieuse, fuit sa famille : elle veut devenir actrice. Sur sa route, elle croise le duc de Richelieu, fournisseur attitré du gynécée royal. Rebaptisée Olympe, elle s'installe à Versailles et devient la favorite de Louis XV. Mais on ne porte pas impunément ombrage à la Pompadour ! Dans un testament à sa soeur Apolline, elle raconte son tragique destin, des fastes de la Cour à la répudiation.

  • "Ici les insectes sont remplacés par des enfants.
    Leurs petites silhouettes colorées donnent vie à la palette du bonheur fou. Ils vaquent dans l'ombre pain d'épice des maisons. Ils s'activent sur les places blanches de soleil. Ils se donnent à leurs jeux bruyants et insensés. Ils agitent leurs pieds ronds en une danse de la dévastation, qui pour le moment se satisfait d'elle-même, mais pourrait, au moindre prétexte, déborder sur le reste du monde." Entre Bécassine et Bellmer, entre L'Echo de la Mode et les leçons de grammaire, Chantal Thomas donne vie à une nuée de petites filles qui, sous l'amabilité rassurante de leurs charmes enfantins, satisfont tous leurs caprices.
    Elle nous transmet leur force et leur férocité, leur bizarre génie et cette joie sans raison qui fait danser leurs jambes.

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  • « Les textes de ce recueil suivent approximativement un ordre chronologique. Ils sont du côté de la critique avec ce que cette activité suppose de frôlement avec la fiction. Toutefois mon but ici est d'analyser des oeuvres, de les comprendre et me comprendre à travers elles. Celles-ci, de Casanova et Sade à Beaumarchais et Laclos, de Tiepolo à Mozart, ne cessent de tendre - c'est pour moi ce qui les réunit - à développer une philosophie du plaisir, une intelligence du désir, un génie du moment.
    Pas de femme parmi ces écrivains libertins dont la lecture m'accompagne ? C'est tout simplement qu'il n'en existait pas. Il était fort malvenu à cette époque pour une femme de s'afficher comme femme encore plus comme auteur. C'est pourquoi ces textes peuvent aussi se lire selon la ligne d'une trajectoire : celle qui de Mme de Tencin en passant par Mme Roland brise le silence et aboutit à Mme de Staël : la première femme à oser se proclamer auteur et assumer des prises de position intellectuelles et politiques. » Ces Variations sur l'esprit du XVIIIe siècle sont des variations sur un esprit rebelle et vagabond, fantaisiste, attaché à la jouissance singulière, au refus de tout comportement de groupe. Un esprit révolutionnaire ? Libertin et libertaire plutôt, comme va le révéler la rencontre avec les événements de 1789 et surtout avec la Terreur.

  • Thomas Bernhard est l'auteur d'une oeuvre romanesque mondialement connue et de pièces de
    théâtre inscrites au répertoire international. L'intransigeance de son propos, la radicalité de son
    regard sur l'Autriche, son pays (quoi qu'il soit né en Hollande) en ont fait un des plus grands
    écrivains du XXe siècle, qui a toutefois déclenché de très vives polémiques, à Vienne notamment,
    suscitées par son implacable éclairage du passé nazi tel qu'il a continué à ses yeux d'imbiber la
    bourgeoisie et la petite bourgeoisie autrichiennes dans les décennies qui ont suivies la guerre.
    Sarcastique sur le monde de la culture, il est une grande figure intellectuelle, à la fois courageux et
    solitaire.
    C'est cette oeuvre que Chantal Thomas analyse dans le détail ; c'est aussi cette vie qu'elle restitue,
    dans une forme de complicité et presque d'empathie.
    La réédition de ce livre a fait l'objet d'une mise à jour du texte et d'un sensible renouvellement de
    l'iconographie.

  • Le palais de la reine

    Chantal Thomas


    en pleine canicule, patrick, les bras chargés d'une cagette de cactus, franchit le seuil du café oú sert raymonde.
    tout comme le linoléum, il fond. obsédée par l'idée de se marier, raymonde saute sur ce jeune homme, un brin débile, qui vit toujours sous la coupe impérieuse de sa mère. entre l'énergie que met cette jeune femme à souffrir, même après sept ans de mariage, et la monstruosité épanouie de la mère se crée un ensemble parfait. fantaisie, malice et fantastique pimentent la tragicomédie du trio.

  • Ces pages sont nées d'une conversation avec Claude Plettner qui dura plus d'un an, au hasard des cafés. Elle fut menée comme on part dans l'inconnu par des chemins aléatoires, provisoires, alternant le risque de se perdre et l'euphorie de déboucher sur un paysage grand ouvert. Emergent seulement de ce long échange quelques éclats, précieux fragments d'un incessant va-et-vient entre parlé et écrit.
    Le bonheur de cette promenade sans carte tient à l'imagination vive, à la sensibilité et à la belle érudition de Chantal Thomas jamais coupée de ses univers les plus personnels. Se dessine ici une topographie intime susceptible de parler à beaucoup, au fil de tours et détours par l'enfance, la plage, la lecture, le théâtre, l'école, la peur, la neige, Roland Barthes, les mystiques, les cafés, les villes où l'on passe et celles où l'un habite...

  • Marie-Antoinette avait plusieurs lectrices, mais elle n'aimait pas la lecture.
    Amoureuse des livres, habitée par leurs voix, la Lectrice-adjointe devient confidente malgré elle de la passion naissante de Marie-Antoinette pour madame de Polignac, de son besoin d'indépendance, et de son désir de se libérer enfin de l'emprise, terrible de l'impératrice Marie-Thérèse, sa mère. Cette pièce a fait l'objet d'une commande de France Culture (2001) et de lectures-spectacles à la Comédie Française.

  • Points - souvenirs de la maree basse ((reedition)) Nouv.

  • 1810. Vienne est une ville ruinée et humiliée par le passage et la victoire de Napoléon. Agathe, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient des derniers jours de la reine à Versailles après la prise de la Bastille, et particulièrement de ce jour où la famille royale s'est enfuie. Avec une écriture fébrile et minutieuse, elle restitue le faste de la Cour, savamment orchestré par cette reine si controversée.

  • Nous sommes à Vienne , en 1810, dans une ville humiliée et ruinée par la victoire de Napoléon. Une femme, Agathe-Sidonie Laborde, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient de Versailles et, plus précisément (parce que c'est pour elle une hantise), des 14, 15 et 16 juillet 1789, jours d'effondrement durant lesquels, Louis XVI ayant cédé sur tout, les intimes de la famille royale et une grande partie de la Cour se dispersent. Agathe elle-même s'est enfuie alors, dans la nuit du 16, avec la famille Polignac. On assiste ici au basculement d'un monde, à la disparition d'un mode de vie, d'un rituel. On rêve de ce que put être Versailles aux jours anciens.

  • Enfants, nous avons souvent de la nourriture, des repas, une approche très différentes de celle que nous développerons plus tard.
    Manger, alors, s'évalue par rapport à jouer. ce texte propose, dans le désordre, une suite d'entrées intitulées : semoule, choux-fleur, salsifis, seiche, lait, colin, glace au citron... ces aliments participent d'un jeu entre deux petites filles qui n'aiment que les nourritures blanches. a travers ces fragments, à travers les émotions et les anecdotes qui leur sont liées, se racontent aussi, ou d'abord, l'histoire d'une amitié, son caractère aussi secret qu'exclusif, et sa terminaison soudaine, décidée, ailleurs, très loin, dans le monde des grandes personnes.

  • Guerre " sans nom ", la guerre d'Algérie ne fut pourtant pas, malgré la surdité ambiante, une guerre sans mots.
    Depuis plus d'un demi-siècle, l'innommable et la honte ont soulevé des voix, dans la génération des pères comme dans celle des fils et des filles, ce livre se propose d'en révéler l'abondance et la diversité, comme de retracer les multiples chemins par lesquels cette guerre avec insistance nous concerne. Écrire et publier la guerre d'Algérie. De l'urgence aux résurgences. Le titre dit la volonté d'embrasser tout à la fois le temps, du second XXe siècle au XXIe siècle, et les mémoires, celle des appelés comme celle des harkis, celle des combattants de l'indépendance, algériens ou français, celles encore de leurs enfants.
    Le volume se compose de deux parties, l'une contemporaine de la guerre et l'autre postérieure. La première s'ouvre sur l'engagement des éditeurs - Maspero, Le Seuil, Julliard - et sur l'invention de collections où s'expérimente une écriture de l'histoire immédiate. Rarement les éditeurs auront joué un tel rôle, dans la naissance et la promotion, d'une nouvelle littérature : au Nouveau Roman promu par Jérôme Lindon succède et peut-être s'oppose la nouvelle esthétique, imaginée par Maspero et bientôt incarnée par Perec.
    Dans l'urgence, durant la guerre elle-même, nombre d'intellectuels et d'écrivains interviennent par la presse et dans le livre. Chacune des études proposées ici examine la manière dont se noue ou se renoue le lien entre poétique et politique : les uns, tel Mauriac, inventent, d'autres, tel Sénac, cherchent à se réapproprier un héritage de la guerre précédente. Bien des questions (celle de la langue de nouveau confrontée à l'horreur, celle de la honte et du silence des pères) lient une guerre et une littérature à l'autre.
    On les retrouve dans la seconde partie de l'ouvrage, consacrée aux résurgences de la guerre d'Algérie dans la littérature " d'après ", spécialement celle des années 80 à nos jours. Une guerre hante l'autre, sans que cela autorise à parler, au singulier, d'une littérature de la guerre d'Algérie. Chercheurs et écrivains tentent de définir ces littératures d'une guerre qui fut au moins deux fois civile.

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