Sciences humaines & sociales

  • La Haine du livre est bien sûr, avant toute chose, une provocation. Pour quiconque connaît l'oeuvre de Steiner, son amour du livre est incontestable. Néanmoins une question le taraude : Pourquoi l'Occident, malgré la culture, a-t-il produit la barbarie ? George Steiner relate dans un premier temps l'histoire du livre, son évolution technique (tablette d'argile, papyrus ou papier), son importance dans le destin de l'Occident : la Bible en est évidemment la référence centrale, aussi bien que les grands fondamentaux philosophiques, d'Aristote à la philosophie contemporaine ; enfin, la littérature et l'Âge d'or du livre. George Steiner s'intéresse ensuite à ceux qui ont voulu la fin du livre, au nom de la supériorité de la transmission orale, des charmes d'une innocence rousseauiste ou de l'utopie révolutionnaire. Enfin, il aborde les nouvelles menaces : la censure, les nouvelles technologies, la révolution électronique qui creuse davantage encore le fossé entre littérature du savoir et littérature du pouvoir.
    La réponse de Michel Crépu met en lumière cette relation de désir au livre, d'amour du sens inépuisable, et l'éventualité d'une fin, la peur, voire la haine. Il en résulte une expérience très paradoxale de la vulnérabilité du livre : ce qu'on éprouve, c'est la puissance de cette fragilité. C'est l'expérience même de la lecture qui est en jeu.

  • Ce livre est un tableau de circonstances, comme on le dit d'un changement d'époque. L'action se déroule vers 2017-2018 en France, contrée connue pour aimer les livres et la politique. Cette fois, le pays est servi. Tandis que s'écroulent les grandes familles idéologiques nées au XIXe siècle, le socialisme, le libéralisme, on voit surgit un nouveau monde, mêlé de start up et de légumes bio. Personne ne sait comment s'appelle ce monde. C'est la nouvelle scène où brille l'astre Macron peut-être pour mille ans. En trois petits mois, une page énorme a été tournée, renvoyant au néant d'anciennes célébrités qui ne le sont plus. Le nom de François Fillon a été au centre de ce bouleversement. Donné vainqueur à l'Élysée, il a quitté la scène dans l'habit du vaincu. On a dit qu'il avait été « empêché ». Par qui ? Par quoi ? Un adversaire, sûrement, mais du dedans ou du dehors ? Que nous dit cette minuscule tragédie ? La réponse à ces questions réveille toute une histoire remplie de portraits, d'épisodes, d'anecdotes qui disent le vrai de notre temps. Et quoi de plus amusant que le vrai ? A l'école du Bloc-Notes de François Mauriac où la littérature et la politique s'alimentent à l'envi, loin des catéchismes militants, Un empêchement se veut surtout un bon moment de conversation.

  • La Revue des Deux Mondes publie en mars des documents, pour la plupart inédits, de Pierre Drieu la Rochelle . Outre une missive à Jean Paulhan, un poème et des avants-textes à la nouvelle « La comédie de Charleroi », le lecteur découvre ving

  • L´Afrique est devenue un continent d´avenir, entend-on ici ou là. Elle affiche un appétit sans limite pour les téléphones portables et les nouveaux riches ont adopté tous les tics des classes moyennes mondialisées. De « pré carré » de l´ancienne Europe coloniale, l'Afrique devrait devenir en 2030 membre à part entière de la nouvelle triade (Chine-Inde-Afrique) en lieu et place des États-Unis-Europe-Japon. Les pays émergents - dont la Chine - y trouvent les potentialités naturelles rares et un marché pour les biens de consommation. Après quatre décennies de description larmoyante d´une Afrique qui agonise, voici venue l´heure du miracle subsaharien ou du moins de son décollage. Retournement réel, statistiques trafiquées ou effet du nouveau regard « ajusté » des Européens ? C´est ce que la Revue des Deux Mondes a cherché à savoir dans ce numéro.


    En ouverture du dossier, Georges Courade et Robert H. Beates dressent un large panorama économique, démographique, géopolitique et sociétal, mettant en évidence les mouvements contradictoires à l´oeuvre sur le continent. L´Afrique subsaharienne se cherche un modèle politique entre communisme et capitalisme, explique de façon originale Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Katherine Marshall se penche sur la délicate question religieuse : cette force dynamique complexe reste difficile à appréhender par les décideurs politiques africains et les autorités nationales. Lucy Mushita et Albertine Tshibilondi Ngoyi explorent quant à elles la condition féminine : la première regarde l´évolution entre la femme d´hier et d´aujourd´hui, la seconde s´exprime sur le couple numérique/beau sexe. Anne-Sophie Bordry et Anne Bouverot s´interrogent plus largement sur les usages d´Internet, son pouvoir et son influence. Enfin Jean-Louis Triaud revient sur les fameux manuscrits de Tombouctou, objet de tous les fantasmes mais aussi de toutes les menaces.
    Également au sommaire, le second volet d´un bel entretien avec Roger Grenier. Le « doyen des éditions Gallimard » nous fait revivre son expérience d´éditeur à partir des années soixante.

    La Revue des Deux Mondes a réalisé ce numéro avec la collaboration de l'institut Aspen France.

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