• Régulièrement élu personnalité préférée des Français, Jean-Jacques Goldman est bien plus qu'un auteur-compositeurinterprète incontournable de la chanson française. N'est-il pas un peu « de la famille » pour chacun d'entre nous ? Avec 9 albums studio à son actif et 156 titres écrits ou composés pour d'autres (Johnny Hallyday, Céline Dion, Florent Pagny, Patrick Fiori, Patricia Kaas, Marc Lavoine...), et surtout pour des causes humanitaires (principalement Les Restos du coeur), le chanteur à la discrétion et à la simplicité légendaires a insufflé pendant près de 35 ans sa sensibilité, ses révoltes et sa vision du monde dans l'imaginaire collectif. Depuis ses débuts à la chorale gospel de Montrouge puis au sein du groupe Taï Phong jusqu'à ses dernières contributions pour les Enfoirés, c'est cette formidable épopée Goldman, électrique et foisonnante, que retrace en détail et disque par disque Daniel Pantchenko, à l'aide des témoignages de l'artiste et de son entourage professionnel.

  • Née à Lyon en 1934, Anne-Marie Beugras, future Anne Sylvestre, passe son enfance dans la banlieue lyonnaise. En 1944, la famille se réfugie chez un oncle à Suresnes. Adjoint de Doriot, le leader du PPF, parti collaborationniste, Albert Beugras, le père d´Anne, s´enfuit en Allemagne. Arrêté, il échappera à la peine capitale mais passera plus de huit ans en prison. En 1974, sous le nom de Marie Chaix, la soeur d´Anne racontera son histoire dans Les lauriers du Lac de Constance. Anne Sylvestre se lance dans la chanson en novembre 1957 au cabaret La Colombe. De 1961 à 1967, elle enregistre six albums, récolte plusieurs Prix, passe à l´Olympia avec Gilbert Bécaud, à Bobino avec Jean-Claude Pascal et Félix Leclerc. La qualité de ses textes lui vaut d´être comparée à Brassens. Parallèlement, elle commence très vite à écrire des chansons pour enfants, domaine dans lequel elle fait figure de véritable pionnière avec ses fameuses Fabulettes. Dès 1973, Anne Sylvestre est également l´une des premières à autoproduire ses disques et ses spectacles. Cette indépendance lui permet d´écrire des chansons engagées, en particulier sur le thème de l'émancipation des femmes. Elle s´est ainsi attaché un public fidèle qui la suit depuis longtemps. En février 2013, à 78 ans, elle sera à nouveau à l´affiche d´une grande salle parisienne pour la sortie de son 22e album... Après s'être toujours opposée à toute biographie, la chanteuse a finalement accepté d´y participer et d´aborder pour la première fois de façon directe certains aspects de sa vie privée qui constituent autant de clés pour mieux apprécier ses chansons.

  • Charles Aznavour

    Daniel Pantchenko

    • Fayard
    • 31 Octobre 2018

    « Apprivoiser le destin », pour Charles Aznavour, c'était devenir chanteur envers et contre tout.Encouragé par ses parents, modestes immigrés arméniens, il débute sur les planches d'un théâtre à neuf ans, et devant les caméras à douze. C'est pourtant la chanson qui devient très vite l'affaire de sa vie.Après huit ans de duo avec Pierre Roche, il est reconnu de tous comme auteur-compositeur. Mais pas comme interprète, ce qu'il désire tout aussi passionnément. Seuls un professionnalisme sans faille et une volonté de fer lui permettront d'imposer son physique et sa voix hors normes. Ses premiers tubes des années 60 (Je m'voyais déjà, La Bohème, Emmenez-moi ) sont inoubliables.Trente ans plus tard, en 1998, après une carrière éclatante, il est élu par un sondage du magazine américain Time « artiste de variété du siècle », devant Elvis Presley et Bob Dylan !Daniel Pantchenko a suivi le parcours de Charles Aznavour pendant de très nombreuses années. C'est tout naturellement qu'il a pu amener le chanteur à se confier dans le cadre de cette biographie (amorcée par Marc Robine, disparu en 2003) dont la minutie et la richesse des témoignages ont fait une référence incontournable dès sa première parution en 2006, et qui est présentée ici dans une version revue et corrigée.Journaliste spécialisé dans la chanson française, Daniel Pantchenko est l'auteur chez Fayard des biographies tout aussi remarquées de Jean Ferrat, Anne Sylvestre et Serge Reggiani.

  • Le 1er février 1986, Léo Ferré inaugure à Paris, à deux pas de la place de la République, le TLP-Déjazet, baptisé « Théâtre Libertaire de Paris » par ses amis « anars » : ils l'ont remis en état et en assurent désormais la programmation. Cette arène rouge et noir à l'italienne, et à l'acoustique exceptionnelle, est un théâtre à part : elle constitue le dernier vestige du célèbre Boulevard du Crime que Jacques Prévert, Marcel Carné et le décorateur Alexandre Trauner ont immortalisé dans Les Enfants du Paradis.
    Daniel Pantchenko raconte la suite avec passion : une aventure qui a duré sept ans et qu'il a suivie de près, concert après concert. Un moment rare dans l'histoire du spectacle. Une séquence sans équivalent dans la trajectoire de Léo Ferré.
    Si Bernard Lavilliers a, le premier, repéré cette salle, c'est Léo Ferré qui, entre 1986 et 1992, en a été l'âme et la tête d'affiche. Grâce à lui, grâce à ses longs passages et à sa présence amicale, le TLP-Déjazet est alors devenu un « music-hall » incontournable, au même titre que l'Olympia.
    Là, dans la foulée de Ferré, nombre d'artistes ont trouvé la scène dont ils rêvaient : Georges Moustaki, Cora Vaucaire, Leny Escudero, Gilles Vigneault, etc.
    Léo Ferré sur le Boulevard du Crime est le récit d'une triple histoire d'amour : amour d'un artiste pour un lieu scénique, amour d'une « belle équipe » théâtrale pour un poète-musicien hors-normes, amour du public pour une étoile nommée Ferré.
     

  • Charles Aznavour à contre-courant ; ses chansons qui firent et feront des vagues Nouv.

    Si Charles Aznavour a réussi à toucher un immense public, il l'a fait sans jamais s'interdire de se lancer, dès ses débuts, sur des pistes hors norme, « osées » : le sexe avec Après l'amour (1955), le suicide avec Mourir d'aimer (1971), l'homosexualité avec Comme ils disent (1972)...
    Et au fil du temps, il a abordé de plus en plus souvent tous ces « faits de société » (ce sont ses propres mots) : la vie urbaine, la guerre, l'écologie, le handicap, le viol, l'alcoolisme, la drogue, l'idolâtrie...
    Au cours de deux rencontres avec l'auteur, Charles Aznavour est revenu sur ses chansons trop méconnues pour mieux les éclairer. Et pour évoquer d'autres titres, de semblable inspiration, écrits par d'autres artistes.

  • Jean Ferrat

    Daniel Pantchenko

    • Fayard
    • 29 Septembre 2010

    La mort de Jean Ferrat, le 13 mars 2010, a bouleversé la France. L'émotion populaire a salué l'artiste et l'homme. Cette biographie, qui aura nécessité plus de deux ans de travail, montre la cohérence profonde d'une carrière, d'une oeuvre et d'une vie, en s'attachant à donner la parole à celui qui restera, après Brassens, Brel et Ferré, l'un des derniers « grands » de la chanson française et son défenseur inlassable. En contrepoint, différentes personnalités ont apporté leurs témoignages, souvent inédits.Richement documenté, conjuguant l'Histoire de notre pays et l'histoire d'un homme, cet ouvrage raconte comment le petit Jean Tenenbaum, marqué par la mort de son père en déportation, deviendra Jean Ferrat, mélodiste hors pair, chanteur à la superbe voix grave, ambassadeur populaire de la poésie d'Aragon (Que serais-je sans toi, Aimer à perdre la raison). Son écriture y est mise en perspective, entre espoir et combat viscéral contre toutes les oppressions, au fil du parcours de cet amoureux de la vie, « romantique et rebelle » constamment censuré (Nuit et brouillard, Potemkine, Ma France...), qui n'aura jamais cédé un pouce de son intégrité à qui que ce soit (Camarade, Le Bilan) et qui repose aujourd'hui à Antraigues, sa commune adoptive d'Ardèche. C'est là qu'il écrivit LaMontagne, chanson emblématique d'un être droit, authentique, sincère, d'un humaniste farouche qui nous a quittés à 79 ans mais restera à jamais dans la mémoire collective.Spécialiste de la chanson française, longtemps titulaire de la rubrique « chanson » à L'Humanité et l'un des principaux journalistes de la défunte revue Chorus, Daniel Pantchenko a rencontré et interviewé Jean Ferrat à de nombreuses reprises. En 2006, il a publié dans cette même collection (en collaboration avec Marc Robine), Charles Aznavour ou Le Destin apprivoisé, biographie considérée comme une référence.

  • Disparu le 22 juillet 2004, Serge Reggiani a marqué différentes générations et le simple énoncé de son nom suscite une réaction quasi unanime : « J'adore ! ». À la veille de Mai 1968, à 45 ans, le partenaire de Simone Signoret dans Casque d'or crée l'événement sur la scène de Bobino. À travers les titres phares de son deuxième album (Le Petit Garçon, Les Loups sont entrés dans Paris, Ma liberté, Sarah...) il se révèle un interprète exceptionnel de la chanson.

    Né en Italie, arrivé en France à l'âge de 8 ans, il a débuté au théâtre, avant d'aborder le cinéma et d'y tourner plus de 75 films. Devenu un comédien qui chante grâce à Barbara et à des amis auteurs et compositeurs nommés Georges Moustaki, Jean-Loup Dabadie ou Michel Legrand, il s'est constitué l'un des plus beaux répertoires du genre, conjuguant nostalgie, humour et engagement citoyen d'une voix identifiable entre mille.

    Forte de quelque trente-cinq témoignages inédits de personnalités et de proches, cette biographie très fouillée de Serge Reggiani (que l'auteur a interviewé à plusieurs reprises) est centrée sur sa carrière de chanteur, mais elle aborde évidemment l'ensemble de son parcours d'artiste et d'homme. En particulier, elle montre comment de festivals en Olympias et autres Palais des Congrès, Serge Reggiani aura bouleversé jusqu'au bout le public francophone.

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