• Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d'origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l'histoire de sa famille. Évoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d'une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie...
    Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s'interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance.
    Un grand livre de sociologie et de théorie critique.

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  • Paru en octobre 2009, Retour à Reims a rencontré un écho considérable et suscité de très nombreux débats. Didier Eribon entreprend ici d'approfondir le récit et les réflexions qui s'entrecroisaient dans son précédent ouvrage, devenu un classique.

    La société assigne des places. Elle énonce des verdicts, qui s'emparent de nous et marquent nos vies à tout jamais. Elle installe des frontières et hiérarchise les individus et les groupes.

    La tâche de la pensée est de mettre au jour les mécanismes d'infériorisation et les logiques de domination et de reproduction sociales. Didier Eribon nous convie à un véritable renouvellement de l'analyse des classes, des trajectoires, des identités et du rôle central et ambivalent des institutions (notamment le système scolaire, la justice, la politique...).

    Pour lui, seule une démarche qui place au centre de ses préoccupations le problème des déterminismes par lesquels nos vies sont régies peut nous permettre d'ouvrir la voie à une politique de l'émancipation.

  • L'irruption sur la scène publique, culturelle et politique de l'affirmation homosexuelle a entraîné une prolifération de discours sur la définition même de l'homosexualité, et soulevé tout un ensemble de problèmes théoriques, sociologiques, philosophiques : qu'est-ce qu'un homosexuel aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'une identité ? Qu'est-ce qu'une mobilisation politique ?
    Didier Eribon propose ici une série de réflexions qui se déploient selon trois axes.
    D'abord une analyse de l'expérience vécue, dans laquelle il s'efforce de ressaisir comment une place infériorisée est assignée aux homosexuels dans la société, et comment leur subjectivité s'en trouve marquée. Il s'efforce ensuite de restituer quelques étapes cruciales de la constitution de l'identité gay moderne au XIXe siècle, à la fois dans la littérature et dans la culture populaire.
    Il étudie alors comment le procès d'Oscar Wilde mit un terme provisoire à l'émergence de cette prise de parole, et comment il en alimenta par la suite les résurgences (chez Gide et Proust notamment).Enfin, il s'attache à commenter les textes de Michel Foucault sur toutes ces questions en s'interrogeant sur ce que peut être une « culture gay » aujourd'hui.
    Comment les gays peuvent-ils reformuler eux-mêmes leurs propres personnalités, dans un geste toujours recommencé d'écart par rapport aux normes ? Telle est finalement la préoccupation autour de laquelle s'articulent les trois parties de ce livre.

  • Ce recueil réunit une sélection des principaux textes rédigés ou prononcés par Didier Eribon de 2004 à 2015. Trois grands thèmes sont au centre de son oeuvre : la question du sujet, de l'identité et de la production des subjectivités, celle de la politique et de la démocratie, et celle de l'auto-analyse en littérature et en sciences sociales. D'une écriture aussi rigoureuse que passionnée, l'auteur tente dans ces essais d'expliciter et de systématiser le projet situé au fondement de ces investigations : l'élaboration d'une théorie radicalement historique et sociale des subjectivités individuelles et des groupes, de la logique de la domination et de la résistance.
    Comment définir les principes d'une pensée critique ? C'est l'interrogation essentielle que cet ouvrage se propose d'examiner. Mêlant références théoriques et littéraires, mais également expérience personnelle, les présentes analyses renouvellent tout un ensemble de questions actuellement au coeur du débat.

  • A sa parution en 1989, cinq ans après la mort de Foucault, cette biographie fut internationalement saluée comme un événement. Explorant les archives inédites, Didier Eribon y restituait magistralement les mille visages, connus et inconnus, d'un philosophe dont toute l'oeuvre peut se lire comme une insurrection contre la violence des normes et de la normalité. Captant la singularité d'un homme énigmatique et d'une pensée passionnément critique, il la réinscrivait dans ses différentes époques et dans ses multiples dimensions - philosophique, politique, sexuelle... - pour proposer une vaste fresque de la vie intellectuelle française de la deuxième moitié du XXe siècle. Cette nouvelle édition, entièrement remaniée, est largement augmentée de nombreux éléments concernant les relations - positives ou négatives - de Foucault avec Georges Dumézil, Louis Althusser, Jacques Derrida, Pierre Bourdieu, ou encore Simone de Beauvoir... Elle revient également sur les rapports de Foucault à la sexualité ou aux drogues. Qu'est-ce qu'une existence philosophique? Comment un geste théorique s'ancre-t-il dans l'expérience vécue? Telles sont les questions que cet ouvrage entend à nouveau poser, afin de rendre au geste foucaldien et à son héritage leur radicalité.

  • Essai sur l'oeuvre de l'écrivain Jean Genet. Ce dernier, tout au long de ses livres, analyse ce que signifie être un minoritaire. Il inventorie les mille et une manières qu'a imaginé l'ordre social pour imprimer la honte dans le coeur des gens qui ne sont pas comme les autres, et invite paradoxalement les déviants à revendiquer ce sentiment.

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  • écrits sur la psychanalyse

    Didier Eribon

    • Fayard
    • 27 Février 2019

    Tout au long de son oeuvre, depuis Réflexions sur la question gay, en 1999, jusqu'à Principes d'une pensée critique, en 2016, mais déjà dans l'ouvrage biographique qu'il a consacré à Michel Foucault en 1989, Didier Eribon s'est attaché à élaborer une théorie historique, sociale et politique de la subjectivité : il s'agit de comprendre comment les individus et les groupes sont produits comme des sujets assujettis par de multiples formes de domination, ce qu'il appelle les " verdicts sociaux " , et comment ils peuvent résister aux pouvoirs et travailler à la transformation sociale.
    Une telle démarche ne saurait se développer en se tenant simplement à l'écart de la doctrine psychanalytique. Elle doit entrer en conflit avec celle-ci, et mettre en question non seulement ses velléités normatives et ses tentations autoritaires, qui sont inscrites dans sa logique même, mais aussi son architecture notionnelle et sa conception du psychisme et de l'inconscient. C'est à cet effort pour " échapper à la psychanalyse " que sont consacrés les essais rassemblés dans ce volume.
    Didier Eribon est philosophe et sociologue. Il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Réflexions sur la question gay (Fayard, 1999, et Champs-Flammarion, 2012), Une morale du minoritaire (Fayard, 2001, et Champs-Flammarion, 2015), Retour à Reims (Fayard, 2009, et Champs-Flammarion, 2010), La Société comme verdict (Fayard, 2013, et Champs-Flammarion, 2014), Principes d'une pensée critique (Fayard, 2016, et Pluriel, 2019).

  • Dans À la recherche du temps perdu, Proust développe une théorie de l'homosexualité, largement inspirée de la psychiatrie de l'époque. Or, non seulement elle ne s'applique pas à certains personnages dont on apprend qu'ils sont « homosexuels », mais Charlus lui-même ne cesse de tenir des propos qui la contredisent. La théorie est ainsi déconstruite au fur et à mesure qu'elle est construite. Il en va de même chez Genet, où l'on voit toutes les théorisations démenties par les pratiques réelles. Pourtant, cette instabilité générale de la théorie reste prise dans les cadres fixés par les normes et les notions obsessionnellement rappelées du « masculin » et du « féminin ».
    Il s'agit dès lors de comprendre comment les pratiques « subversives » et les discours « hérétiques » peuvent à la fois constituer d'importants « contre-discours » et « contre-conduites », tout en laissant intact le système du genre et de la sexualité, et donc en participant à sa perpétuation. Comment penser dès lors la transformation sociale et politique, si ce n'est en portant le regard sur la reproduction de la structure qui s'opère à travers l'opposition toujours rejouée entre normes et contre-normes ? Et en insistant sur ce qui permet d'échapper à cette logique pour rouvrir la temporalité historique que tendent à fermer les « verdicts sexuels » qui façonnent les individus malgré eux ?

  • Returning to Reims is a breathtaking account of one man's return to the town where he grew up after an absence of thirty years. It is a frank, fearlessly personal story of family, memory, identity and time lost. But it is also a sociologist's view of what itmeans to grow up working class and then leave that class; of inequality and shifting political allegiances in an increasingly divided nation. A phenomenon in France and a huge bestseller in Germany, Didier Eribon has written the defining memoir of our times.

  • Au printemps de l'année 2004, un important magazine gay et lesbien demande à Didier Eribon de s'exprimer dans ses colonnes sur l'actualité politique, littéraire et intellectuelle... L'auteur du désormais classique Réflexions sur la question gay accepte et, pendant trois années, mois après mois, il va confronter ses analyses à ce qui se passe dans le champ social et théorique, en France et à l'étranger. Si bien que le recueil de ces chroniques compose un étonnant essai de philosophie radicale adossé aux politiques minoritaires.

  • Après ses Réflexions sur la question gay, salué comme un ouvrage de première importance par la critique internationale, Didier Eribon rassemble ici une série de textes brefs parus dans les journaux ou prononcés dans des colloques. Vingt fragments d'un discours politique et intellectuel qui s'efforce de résister à l'idéologie dominante, aux pouvoirs de la norme et de la normalité.

  • La littérature et les différents domaines de la réflexion théorique ont souvent été des champs de bataille où les dissidents de l'ordre sexuel ont cherché à faire entendre leurs voix. Ce sont quelques-uns des moments de ce grand affrontement que Didier Eribon entend restituer ici, à travers des lectures de Gide et de Jouhandeau, de Foucault et de Dumézil notamment. Mais il décrit également comment les pensées novatrices ou hérétiques peuvent rester engluées dans les valeurs dominantes (comme chez Gide) et même, parfois, cohabiter chez un même auteur avec un discours réactionnaire voire raciste (comme chez Jouhandeau). C'est de cette complexité qu'il s'agit de rendre compte dans ce livre.

    Ces discours « hérétiques » doivent bien sûr affronter la résistance acharnée des tenants de l'orthodoxie sociale et des défenseurs de l'ordre sexuel, toujours prompts à les renvoyer à la « folie » ou à la « perversion », à les accuser de « mettre en péril les fondements de la civilisation », comme on le voit, de manière quasi caricaturale, chez des idéologues comme Lacan et Mounier, et chez leurs héritiers. Il faut alors donner toute sa force à l'affirmation de Barthes selon laquelle « dans ce qu'il écrit, chacun défend sa sexualité ».

    Ce livre se veut un plaidoyer en faveur de la pensée critique, de l'« hérésie », une incitation à élargir l'espace de la liberté et des modes de vie possibles face à tous les conformismes, à toutes les pensées rétrogrades et répressives, qu'elles s'avancent sous le masque de la morale, celui de la Raison ou celui de la Science.


  • Invite, en se fondant sur la relecture de«Fragments d'un discours amoureux»de Roland Barthes et de«La volonté de savoir»de Michel Foucault, à prendre du recul par rapport à la psychanalyse pour pouvoir repenser l'amour, l'amitié, le plaisir, etc.


  • Les trois textes qui composent cet ouvrage portent sur des questions qui ont trait au genre et à la sexualité, mais aussi, par voie de conséquence, aux rapports complexes qu'entretiennent la subversion et la norme.
    S'ils prennent pour point de départ les mobilisations qui se sont développées pour exiger la reconnaissance juridique des couples de même sexe et des familles homoparentales, ils tentent de réfléchir, de manière plus générale. sur la dissidence et sur les politiques minoritaires, notamment lorsqu'elles en viennent, inévitablement à s'adresser au droit et à lutter pour sa transformation... Pour être effective, la subversion ne saurait être que située, partielle et toujours à recommencer.
    Subvertir est un verbe transitif : on subvertit quelque chose à un moment donné. ou on ne subvertit rien du tout.

  • Georges Dumézil, le célèbre historien des religions décédé en 1986, aurait-il eu de la sympathie pour le nazisme dans les années trente et son livre, Mythes et Dieux des Germains, publié en 1939, porte-t-il la marque d'une telle inclination politique ? On raconte même, pour conforter le soupçon, que ce livre aurait « mystérieusement disparu » des bibliothèques après la guerre. Didier Eribon a voulu en avoir le coeur net. Il a mené une véritable enquête policière, exhumant des archives qui n'avaient jamais été consultées, interrogeant les témoins de l'époque, afin de reconstituer la biographie politique du grand savant. C'est ainsi qu'il évoque l'engagement de Dumézil dans l'Action française au cours des années 20, mais aussi son adhésion à une loge maçonnique dans les années 30, et sa révocation de l'enseignement par le régime de Vichy en 1941.
    Bien plus, il révèle, preuves à l'appui, que Dumézil écrivait, sous pseudonyme, des chroniques de politique étrangère qui traduisent, dès avant guerre, son horreur du nazisme et du « racisme aryen ». Au-delà de cet itinéraire, Didier Eribon reconstitue ici la vie de toute une communauté de savants, s'aidant des correspondances inédites de Marcel Mauss, Emile Benveniste, Sylvain Lévi, Antoine Meillet... Car, pour interpréter l'oeuvre de Dumézil, il faut la resituer dans le milieu intellectuel qui l'a vue prendre corps, et non faire abusivement fond sur ses opinions politiques. Et il convient alors de s'interroger : pourquoi notre époque veut-elle lire de la politique partout, même là où les contemporains n'ont pas eu l'idée d'en voir ?

  • En publiant il y a cinq ans une biographie de Michel Foucault, Didier Eribon avait voulu retracer l'itinéraire d'un homme et de son oeuvre, mais aussi et surtout inscrire l'histoire de cet homme et de sa pensée dans l'histoire plus large de la vie intellectuelle française des années d'après-guerre. Cette biographie fait aujourd'hui référence. Mais son succès même, en France et à l'étranger (16 traductions), a provoqué de nombreuses discussions.Ce nouveau livre répond aux critiques et s'interroge: qu'est-ce qu'écrire la biographie d'un philosophe? à quelles conditions peut-on faire l'histoire d'une oeuvre, d'une trajectoire intellectuelle? quel rôle attribuer à l'expérience personnelle dans le travail d'un philosophe qui présentait ses livres comme des fragments d'autobiographie? quelle place à l'homosexualité dans une oeuvre qui s'achève sur une histoire de la sexualité? C'est la première partie. Mais il convenait aussi de mettre en évidence qu'on ne peut comprendre un itinéraire sans le replacer dans une perspective réellement historique, autrement dit sans inscrire le parcours individuel et théorique de Foucault dans le jeu de ses rapports _ multiples et parfois contradictoires, faits de rencontres, d'affinité, d'opposition _ avec des hommes et des travaux qui lui sont contemporains . D'où la série de chapitres, qui constituent le corps du livre, au coeur desquels se trouvent Georges Dumézil, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Georges Canguilhem, Roland Barthes, Jacques Lacan, Claude Lévi-Strauss, Louis Althusser, etc. Au bout du compte, à travers cette construction en miroirs, cet ouvrage dessine la carte des principales régions de notre paysage intellectuel.Outre la première biographie de Michel Foucault (Flammarion, 1989), Didier Eribon a publié plusieurs livres, dont deux volumes d'entretiens (avec Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss) et Faut-il brûler Dumézil? (Flammarion, 1992).

  • Quelles cordes sensibles Didier Eribon a-t-il fait vibrer en publiant en octobre 2009 son "essai d'auto-analyse" intitulé Retour à Reims ? Difficile à dire ! Une chose est sûre : ce livre à la fois personnel et théorique a rencontré un succès et un écho considérables aussi bien en France qu'à l'échelle internationale.
    Discuté tout au long d'un colloque en Grande-Bretagne, cet ouvrage a suscité quantité de commentaires et de questions. Didier Eribon y a répondu lors de rencontres, débats, conférences, séminaires, et aussi dans plusieurs entretiens parus en journaux et revues. Ce sont deux de ces entretiens qu'il reproduit ici. Il s'y explique sur les enjeux intellectuels et politiques de Retour à Reims : les classes et les identités, le vote des milieux populaires, le rôle du système scolaire dans la reproduction sociale, etc.
    Il y réinscrit également sa démarche dans l'ensemble de son oeuvre, en tissant les liens avec ses textes désormais classiques que sont Réflexions sur la question gay, Une morale du minoritaire, Echapper à la psychanalyse... Avec pour toile de fond l'analyse de la "honte" comme affect qui travaille tout le corps social et les relations interpersonnelles.

  • Essai sur jean genet qui analyse le traitement du theme de la marginalite sociale dans l'oeuvre de l'ecrivain.
    Philosophe et historien des idées, didier eribon est l'auteur d'une célèbre biographie de michel foucault (flammarion, 1989, dix-sept traductions) et de michel foucault et ses contemporains (fayard, 1994). il est critique de philosophie et de sciences humaines au nouvel observateur, et codirige, avec françoise gaspard, le séminaire « sociologie des homosexualités » de l'ecole des hautes études en sciences sociales. ses réflexions sur la question gay, publiées au printemps 1999, ont été saluées par la critique internationale comme une contribution théorique de toute première importance et sont en cours de traduction dans plusieurs pays.

  • Didier Éribon, avec quelques autres intellectuels, est à l'origine du « Manifeste pour l'égalité des droits », dont le retentissement a conduit à l'union béglaise, dont il présente ici la chronique au jour le jour. Prétexte, bien entendu, à des réflexions historiques, théoriques et politiques sur notre époque.

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