• Anabases

    Eric Baudelaire

    Cet ouvrage documente une installation d'Eric Baudelaire retraçant l'épopée politique et personnelle de l'Armée rouge japonaise revisitée comme une anabase, allégorie d'un voyage qui est à la fois une errance vers l'inconnu et un retour vers chez soi.

    « Le présent ouvrage n'est pas à lire mais à arpenter. Ses lignes ne se déroulent pas dans la continuité mais se superposent à l'infini, créant non pas un ensemble de savoirs mais un tissu de présciences. Il ne suit pas un plan logique mais déploie une grille à entrées multiples. Il ne revendique pas de sujet définitif, ni de postulat démonstratif, tout au plus nous offre-t-il à visiter les coulisses d'une pensée en mouvement et à nous imprégner de la matière motrice qui l'anime. Il est à l'image des travaux qu'il expose, des documents qu'il divulgue et des commentaires qu'il génère : ubiquiste. L'Anabase ou le fil rouge toutefois bien réel qui le suture fait autant office d'énigme archéologique que de puissance allégorique. L'auteur principal de cette traversée océanique, Eric Baudelaire, est à la fois un collectionneur de traces et un monteur de lignes d'erre qui s'est entouré d'autres voix méticuleuses (Pierre Zaoui, Homay King, Jean-Pierre Rehm) venant à leur tour parachever ce secret de bibliothèque. Le lecteur pourra ainsi apprécier le déploiement progressif de cette histoire guerrière et politique dont cet ouvrage nous fait remémorer l'aventure intellectuelle et poétique sous-jacente ; celle de ses reprises, ramifications et hybridations : l'histoire de l'Anabase d'après l'Anabase (ou de L'Anabase de Xénophon à celle de Paul Celan en passant par celle d'Alain Badiou), d'un récit antique à sa réappropriation moderne. » Morad Montazami Publié suite aux expositions « L'anabase de May et Fusako Shigenobu, Masao Adachi et 27 années sans images » au la Synagogue de Delme et à Gasworks, Londres, en 2011 et 2012.

    A travers ses photographies, ses vidéos, ses impressions et ses installations, Eric Baudelaire (né en 1973 à Salt-Lake City, Etats-Unis, vit et travaille à Paris) interroge la relation entre image et événement, document et narration. Evoquant les pratiques factogaphiques, ses mises en scène de réalités déformées posent à l'audience la problématique des modes de production et de consommation de l'image. Il utilise également des techniques élémentaires d'assemblage, de sample et de reproduction mécaniques qu'il applique à des documents réels afin d'en extraire des récits fictifs ou de nouveaux vocabulaires formels.

  • Etats imagines

    Eric Baudelaire

    "Etats imaginés" est la chronique d'un non-lieu dans notre géographie politique : l'Abkhazie, espace à la fois imaginé et bien réel, dont l'existence en tant qu'Etat est réfutée.
    Il y a dix ans, l'Abkhazie obtint l'indépendance de la Géorgie par les armes mais aujourd'hui elle n'est toujours pas reconnue. Territoire, pays ou espace mental, l'Abkhazie est imaginée par un peuple qui vit dans l'attente, figée dans une fragile indépendance de fait, mais non de droit. C'est cette sensation de paralysie, de pétrification qui a attiré mon attention dans ce travail d'Eric Baudelaire.
    En le regardant, j'avais l'impression qu'il s'agissait à la fois de quelque chose de réel et d'irréel, d'un monde figé, d'hommes en situation d'attente, d'une ville en construction, à moitié détruite, dans laquelle les personnages déambulent comme sortis d'un conte. Les rues boueuses, les édifices classiques détériorés à côté de vieilles usines aux hautes cheminées, les immeubles de logements monotones, la garé solitaire, le ciel couvert, tout cela représente un paysage à la fois réel et imaginé.
    Ce travail d'Eric Baudelaire traite de la tension qui existe dans le paradoxe de l'Etat non reconnu : le territoire photographié existe, mais sa signification, son statut sont ouverts à l'interprétation.

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