• Un panorama de la carrière des deux artistes et de leur univers kitsch et onirique, influencé par le pop art et la culture gay.

  • Critique d'art, collaborateur à Beaux-Arts magazine, Numéro, Les Inrockuptibles...
    Auteur de nombreux textes de catalogues et directeur du centre d'Art contemporain Le Consortium à Dijon, Éric Troncy livre ici (après Le colonel Moutarde...) un florilège des monographies et entretiens consacrés aux artistes de notre époque. Plus que le portrait d'une génération d'artistes, c'est toute une philosophie de l'activité contemporaine qui s'esquisse en filigrane, et dont l'auteur n'épargne jamais le récit des travers et aberrations qui font aussi son identité.

  • Quarante ans déjà : c'est en 1976 que Pierre Commoy, photographe, rencontre Gilles Blanchard, peintre formé aux Beaux-Arts de Paris, et que naît leur oeuvre à quatre mains, à la frontière entre peinture et photographie, où l'intime est indissociable de l'art, sous le nom de Pierre & Gilles.
    Pour cet anniversaire, ils ont choisi le format du livre, qui se déroule comme un album, année après année. Leur style est inimitable : romantique, onirique, influencé par le pop art, la culture gay, la culture de la rue comme aussi par l'art du portrait dans la plus grande tradition de l'histoire de l'art. Les deux « imagénieurs » selon la très jolie formule de l'auteur du texte Éric Troncy, développent dès le début un travail personnel au-delà des commandes pour des pochettes de disques ou des couvertures de magazines. Leur méthode est toujours la même : les oeuvres mettent en scène des intimes, anonymes ou le plus souvent très célèbres, dans un décor en studio conçu ensemble. La photo est faite par Pierre, puis celle-ci passe par l'atelier où Gilles reprend le tirage à la peinture et surtout ajoute le cadre à partir de perles, paillettes et autres fournitures. Les plus grandes stars se bousculent dans leur studio du Pré-Saint-Gervais : Étienne Daho, Lio, Amanda Lear, Nina Hagen, Jean-Paul Gautier, toutes les années Palace défilent dans leurs images habitées, comme le disent les artistes, par « autant de douceur que de violence ». Si Pierre et Gilles piochent dans la grande tradition populaire du chromo et des icônes, c'est pour mieux s'interroger sur le mystère ambigu de la représentation et du portrait. Des larmes en glycérine d'un Stromae-au-bouquet-de-roses, à Zahia en Marie-Antoinette ou Marianne, l'oeuvre de Pierre et Gilles, irriguée d'imaginaires enfantins et collectifs, fait désormais partie de notre paysage iconographique contemporain. L'ouvrage qui contient plus de 350 illustrations, présente de nombreux inédits et un long texte d'Éric Troncy. Un anniversaire, un hommage, une découverte.

  • Catalogue d'une (double) exposition singulière qui, plutôt que d'être centrée sur les images les plus célèbres réalisées par Juergen Teller pour la mode et l'industrie du luxe, souligne la dimension esthétique particulière de son travail photographique en général.
    Juxtaposant les vues d'exposition et les images originales de Teller, l'ouvrage propose une réflexion sur le statut de la photographie contemporaine, sur les dispositifs permettant d'exposer la photographie aujourd'hui, en même temps que sur le support du livre (en l'occurrence, un livre d'artiste plus qu'un catalogue, les prises de vues étant réalisées par Teller lui-même) comme médium capable de rendre compte de l'exposition...

  • Pour sa troisième exposition personnelle à la galerie qui le représente depuis dix ans, George Condo a créé un tout nouveau groupe de peintures s'inspirant de personnages des « cartoons » des années 50 et 60. Cette nouvelle série marque un tournant dans l'oeuvre de George Condo tout en s'inscrivant dans la continuité de ses recherches sur la peinture, entre réalisme et abstraction. Inspiré principalement par les personnages de Tex Avery ou Hanna et Barbera et ceux des Looney Tunes, y compris certains tombés maintenant dans l'oubli, George Condo figure ici les silhouettes originelles de ces personnages comme le point de départ central de sa peinture, prolongeant les traits noirs que dessinent leurs contours pour faire naître une composition abstraite qui va couvrir le reste de la toile.
    L'analyse du critique d'art et commissaire d'exposition Eric Troncy met en lumière les multiples références et sources d'inspiration qui ont guidé l'artiste dans cette nouvelle démarche d'improvisation à partir d'un motif donné, tant dans l'Histoire de l'art que dans la culture contemporaine.

  • Monographie d'envergure dédiée à l'artiste californien, qui a fait de la ville de Los Angeles le sujet principal de son oeuvre. Cette publication, abondamment documentée et illustrée, compose une vue d'ensemble chronologique des projets hétérogènes d'Israel - peintures, flash mobs, marque de lunettes, talk-show, entretiens, web-série, sculptures, film - chacun introduit par un court texte de l'artiste.

    Publié suite à l'exposition d'Alex Israel au Consortium, Dijon, du 4 juillet au 29 septembre 2013.

    Artiste, chef d'entreprise, rédacteur pour Purple Fashion, Alex Israël (né en 1982) vit et travaille à Los Angeles.
    « L'oeuvre d'Alex Israel est le portrait d'une ville, le portrait de Los Angeles. Ce n'est ni un portrait nostalgique, ni critique, ni sociologique, ce n'est même pas à proprement parler une déclaration d'amour, bien qu'évidemment tout cela soit quand même un peu au programme. Ce qui la distingue cependant, c'est l'endroit exact de ce portrait, on dirait même le lieu et l'heure, car c'est le portrait de Los Angeles maintenant - voilà pour l'heure. Pour le lieu, disons que c'est un portrait tracé depuis l'endroit même où se tient son auteur, un jeune homme de trente ans qui s'épanouit sans culpabilité dans la réalité économique, culturelle et technologique de son époque et de cette ville, justement.
    Le dégradé appliqué aux larges toiles par un peintre décorateur de la Warner Bros se situe entre le coucher de soleil et l'écran de veille « spectrum », à l'endroit exact de la géographie de cette oeuvre, elle-même là où se rencontrent éventuellement les clichés du cinéma Hollywoodien et l'énergie du monde connecté. Moins, d'ailleurs, que des couchers de soleil des films hollywoodiens s'agit-il de ceux des programmes télévisées renvoyant spécifiquement à Los Angeles qu'Alex connaît parfaitement, de Melrose Place à The O.C., sans distinctions véritable entre ce qui ressort de la série télévisée et ce qui émarge à la catégorie aujourd'hui particulièrement déconstruite de la Reality TV (...).
    Alex Israel est de ceux qui, d'une compréhension parfaite du système et de sa connaissance intégrale, ont fait une arme pour investir (et non pas dévaster ou tristement exploiter) le système contemporain de l'industrie de l'art, ménageant l'impression destructrice et son contraire, bref, inventant pour eux-mêmes une démarche aussi gracieuse que possible dans un paysage aux anfractuosités identifiées. Comme Tino Sehgal, Israel - et ce n'est pas un trait commun à ceux de sa génération - est bien au-delà du cynisme, bien au delà de l'opportunisme. Il s'agit encore pour lui d'inventer des choses malgré ce qu'il sait (ce que nous savons) de l'art, de donner à cette ambition les moyens qu'elle mérite sans se tromper sur cette idée même de moyens. L'époque fourbit à l'envi des chapelets d'oeuvres qui se présentent avant tout comme critiques : elles sont fondées sur le désamour. Celle d'Israel, à l'inverse, est portée par l'amour qu'il voue à cette ville, Los Angeles, à la culture qu'elle incarne, à la manière dont l'époque s'y cristallise. C'est un retournement très «pop» des valeurs, et il y a en effet chez lui une fascination plus que Warholienne pour les choses et les gens. Il célèbre les couleurs du ciel de Los Angeles comme l'autre célébrait la soupe en boites, échange Liz Taylor contre Vidal Sassoon ou Bret Easton Ellis. Mais c'est le même procédé de célébration joyeuse, d'admiration avouée, de fanatisme revendiqué. » Eric Troncy

  • Après le design et les arts décoratifs, ce nouveau livre de la collection Les Cahiers s'ouvre à l'univers de la mode.
    Sucess is a job in Paris - Démarche présente le travail de création de Pierre Hardy autour d'une forme emblématique : l'escarpin bout ouvert. Esquisses, dessins inédits et photos originales nous invitent à découvrir l'univers de Pierre Hardy et les coulisses de son travail. Le texte original est signé Eric Troncy, critique d'art. L'édition comporte une série limitée à 350 exemplaires accompagnée d'une sérigraphie originale de Pierre Hardy (42 x 30 cm), tiré sur papier Onion skin 30 g, signé et numéroté.

  • Monographie de référence.
    Situées en marge de la narration, les peintures de Farah Atassi mêlent motifs textiles et mosaïques bariolées, faisant autant référence au modernisme qu'aux arts populaires. Selon les mots de l'artiste, ce sont des « peintures figuratives qui représentent l'abstraction ».
    Explicitant sa démarche avec trois essais inédits et un entretien, cette publication s'appuie sur les principales expositions de Farah Atassi entre 2015 et 2020 dans des institutions ou dans des galeries : au Consortium Museum, à la galerie Xippas, à la galerie François Ghebaly, à la galerie Almine Rech, et au musée des Beaux-Arts de Cambrai où l'occasion lui fut donnée de se confronter à des peintures de maîtres modernes et contemporains. Ces expositions sont présentées ici dans un ordre rétro-chronologique, comme une invitation à un bref voyage dans le temps.

    « Les tableaux sont dans le prolongement direct de ce que j'expérimente depuis deux ans. Il s'agit d'explorer les sujets classiques de la peinture (des natures mortes, le nu féminin, le thème de la musique, l'atelier). Je commence toujours par définir un espace, construit avec un toit, une ligne d'horizon et une première marche qui installe un espace scénique - autant dire le lieu de la représentation. Ce sont des scènes de théâtre et des décors, sur et dans lesquels j'inscris ensuite les figures ou les compositions, qui se déploient le long d'une grille tracée par les lignes de fuite. Il s'agit ensuite de faire « rimer » les figures et le fond. [...] Je cherche un niveau d'artificialité qui permette beaucoup de liberté. Je fais une peinture figurative avec un langage de peintre abstrait : la base de mon travail ce sont des formes géométriques. D'un point de vue strictement formel ; le Cubisme est une source revendiquée. Je ne suis évidemment pas la seule à avoir de l'admiration pour Picasso : ses modèles - femmes ou maitresses - étaient aussi traversés par le désir qu'il posait sur elles. Pour ma part, j'essaie de peindre ces modèles comme des objets, en évacuant la dimension libidinale. J'essaie de faire que ces figures soient incarnées, mais sans pathos. Pour autant c'est une matière qui vibre, assume ses repentirs, son empâtement parfois. C'est la matière picturale qui conduit l'émotion. » Farah Atassi

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