• Le roman a pour décor le Paris du xixe siècle, oscillant entre accalmies et luttes pour la liberté. Marqué par la mort prématurée de ses parents, Louis Lefèvre est élevé par sa tante.
    Choyé, le garçon fait pourtant montre d'un caractère farouche et ombrageux. Très jeune, Louis manifeste un don pour la composition et se réfugie dans la musique.
    Séduit par un idéal de justice sociale, Louis se joint aux journées révolutionnaires de 1848 et 1871 et rêve d'y consacrer une majestueuse symphonie.
    Malgré un talent hors pair, Louis rechigne à rendre ses oeuvres publiques. Son trouble mental s'aggrave : quasi aliéné, rongé par la haine de soi, il détruit ses créations.
    Une suite de passions tragiques creuse le gouffre de sa folie :
    Chez lui, l'amour du beau s'accompagne de l'attrait irrésistible de la violence qui le poussera à la transgression...

  • " Piano pour la main gauche " comble une lacune de la bibliographie française : il constitue la première étude de fond en français du répertoire pour piano pour la main gauche. Son approche est historique (contextualisation des oeuvres, de leurs conditions de genèse et de création, de leurs compositeurs et de leurs interprètes), musicologique (présentation des oeuvres et de leurs traits musicaux saillants) et esthétique (réflexion sur la création contrainte, mais aussi sur le rapport entre les oeuvres pour piano " amputé " et les douleurs des deux guerres mondiales - cause de la plupart des handicaps des pianistes concernés).
    Outre le concerto fameux de Ravel et son interprète non moins fameux Paul Wittgenstein, il permet de (re)découvrir un répertoire vaste et méconnu - et notamment une compositrice oubliée par l'Histoire et totalement absente de la littérature musicologique, Angélique Thibault.

  • Exil et musique

    Etienne Barilier

    • Fayard
    • 17 Janvier 2018

    La musique dans l'exil, et la musique de l'exil. Comment l'éloignement contraint de leur terre d'origine a-t-il affecté les oeuvres des musiciens qui ont vécu cette épreuve ? C'est à cette question qu'Etienne Barilier tente de répondre dans cet ouvrage, en scrutant les oeuvres qui expriment, voire thématisent l'exil. Selon le contexte historique (insurrection polonaise, révolution russe, stalinisme, nazisme...) ou l'" issue " de leur exil, il évoque ceux pour qui cela n'a pas eu apparemment grande conséquence sur la puissance créatrice (Stravinsky, Schönberg, Milhaud) et ceux chez qui il tarit peu ou prou la veine créatrice (Rachmaninov, Bartók) ; le retour peut être plus ou moins catastrophique (Prokofiev ou, dans des circonstances tout autres, Korngold).
    Un exil intérieur peut être contraignant jusqu'à la mort (Chostakovitch, Weinberg, Feinberg); il a été aussi prélude à l'assassinat en camp d'extermination, et suscitant des oeuvres de résistance (Ullmann, Schulhoff). Zemlinsky, Hindemith, Kurt Weill et bien d'autres illustreront ici comment le plus immatériel des arts, la musique, peut incarner le déchirement, la séparation et la permanence d'une identité.
    De cette fracture intime que le XXe siècle a lestée de sa douleur propre, Etienne Barilier développe des enjeux de civilisation qui, bien au-delà de la musique, touchent durablement notre époque.

  • Il était temps que la vie et l'oeuvre d'un des plus grands ethnologues du vingtième siècle, Suisse de naissance et nomade par vocation, soient honorées par un ouvrage d'ensemble. L'Île de Pâques, Le Vaudou haïtien, les Incas : ces oeuvres majeures ont fait date et gardent toute leur valeur aujourd'hui. De haute qualité scientifique, elles témoignent d'une sympathie profonde pour les civilisations qu'elles font revivre. Car aux yeux de Métraux, l'ethnologie est une science humaine, au sens le plus fort et le plus plein du terme.

  • Mozart, casanova

    Etienne Barilier

    Etienne Borilier est l'auteur de nombreux romans et essais dont le plus célèbre est un roman historique, Le Dixième Ciel.
    Les deux nouvelles de ce petit volume mettent en scène Mozart enfant et Casanova déclinant. Comment se comporte un génie de dix ans, avant, pendant et après un concert, par exemple celui de Lausanne, en 1766? Nous le saurons à la lecture de la lettre retrouvée d'un témoin privilégié. Et Casanova, qui a séjourné dans cette même cité peu d'années avant Mozart, qu'y a-t-il fait de singulier dont ses Mémoires ne parlent guère? Nous le découvrirons en suivant à la trace, un soir de fête, un homme d'aujourd'hui qui lui ressemble trait pour trait.

  • Lorsqu'alfred dreyfus, le 5 janvier 1895, fut dégradé sur la place publique, plusieurs écrivains assistaient à la scène.
    Certains, comme maurice barrès et léon daudet, virent en dreyfus le traître parfait. d'autres, cependant, pressentirent son innocence. pourquoioe pourquoi zola, proust, martin du gard, anatole france, charles péguy devinrent-ils des dreyfusards ? et comment le furent-ils dans leur oeuvre littéraire ? car ils ne se sont pas seulement engagés en tant qu'"intellectuels" qui défendent une cause. ils ont pris l'affaire en charge dans leur oeuvre de romanciers ou de penseurs.
    Un écrivain, ils l'ont prouvé, n'est pas seulement un styliste ou un fabricant de fictions divertissantes ; il peut aussi être un diseur de réalité, un chercheur de vérité. pourquoioe commentoe le présent essai tente d'approcher cette énigme.

  • Les quatre lettres du nom de Bach, dans la notation musicale allemande, sont aussi quatre notes, si bémol, la, do, si naturel.
    Bach lui-même a introduit ces quatre notes dans son Art de la Fugue. Et sur cette étrange mélodie, presque tous les grands noms de la musique ont écrit à leur tour, de Beethoven à Boulez ou Zimmermann, en passant par Schumann ou Liszt. Ce livre raconte l'aventure de B-A-C-H, où se joue, en réduction, toute l'histoire de la création musicale dans la modernité.

  • Deux conférences qui ont pour point commun la question de l'éducation. " Etienne Barilier me paraît aujourd'hui donner l'exemple d'une attitude intellectuelle fondée sur une éthique de la parole, faite de rigueur dans la pensée, de responsabilité dans l'engagement, de confiance dans le dialogue. " (C.R.) Postface de Claude Reichler

  • Piano chinois

    Etienne Barilier

    • Zoe
    • 5 Mai 2011

    Au cours d'un festival d'été, dans le sud de la France, une jeune pianiste chinoise joue Scarlatti, Brahms et Chopin. Subjugué, un critique musical salue en elle la plus grande pianiste d'aujourd'hui. Un autre critique, ironique et distant, dénonce chez la même pianiste un jeu sans âme, fait d'artifice et d'imitation. Les deux journalistes se disputent à grand renfort de blogs et de courriels. Ils se connaissent de longue date, et leur querelle esthétique se double d'un conflit plus intime. Choc des egos plutôt que de civilisations ? Si l'on peut parfois le soupçonner dans leurs échanges de plus en plus vifs, il faut surtout voir dans ce livre une réflexion sur la musique occidentale et la possibilité ou non qu'elle soit interprétée de façon magistrale par des musiciens d'une autre culture.

  • Le dixieme ciel

    Etienne Barilier

    • Zoe
    • 20 Juin 2001

    Pic de la Mirandole n'est pas seulement un fascinant penseur de la Renaissance italienne.
    C'est un aventurier qui tue pour enlever la femme aimée. C'est un témoin de la liberté, qui connaîtra la censure, la prison, la mort violente. Le Dixième Ciel fait revivre ce personnage mythique et, autour de lui, le XVe siècle florentin, une époque riche et troublée où notre propre temps peut se reconnaître. " Voyeur privilégié, le lecteur est admis dans l'intimité de l'un des esprits universels de la Renaissance...
    Au fil du livre, toutes les grandes questions qui agitaient les esprits éclairés de l'époque sont évoquées et débattues passionnément : qui d'Aristote ou de Platon a raison, la philosophie peut-elle se concilier avec la théologie, quelles sont les limites de la dignité de l'homme et de son libre arbitre, quelle part de vérité contiennent les autres religions que le christianisme, peut-on remonter du multiple à l'unité divine ? ...Un livre impeccable d'érudition, brillant d'intelligence, saturé de culture.
    " Bruno de Cessole, Le Figaro

  • Un Véronèse

    Etienne Barilier

    • Zoe
    • 19 Août 2010

    Dans un hôtel du Lido, près de Venise, le narrateur (orphelin) échoué là avec son grand-père qu'il appelle Père, tombe follement amoureux. Un amour éperdu et double. Pour Anne, pensionnaire dans son hôtel, et pour Anna, hôte d'un palace proche. L'une de son âge, l'autre pourrait être sa mère. Ce décor n'est pas loin d'un film de Claude Chabrol.
    Anne l'attire par ses regards sournois, ses vols effectués quasiment sous ses yeux, sa souplesse et les rapports hargneux qu'elle entretient avec ses parents. Anna par sa beauté et la manière somptueuse de suggérer une vie de souffrance. Anna est entretenue par un homme fortuné.
    Dans ce roman aux développements psychologiquement haletants de bout en bout, l'auteur mêle habilement la présence du tableau de Véronèse, Jeune homme entre le Vice et la Vertu, que le narrateur découvre à Venise. Cette oeuvre révèle le présent, Véronèse permet la distance fine et critique de l'art pour comprendre ce double amour bouleversant et intrigant.

  • Le vrai robinson

    Etienne Barilier

    • Zoe
    • 27 Novembre 2003

    Un homme fait naufrage et se retrouve sur une île déserte. Pas vraiment seul puisque ce nouveau Robinson vit à l'heure de la télé-réalité et qu'une équipe de tournage suit ses exploits. Il est donc le héros d'une future émission. Pour corser le scénario, il y a sur l'île une Virginie dont Robinson fait sa compagne. Et afin de pimenter encore l'aventure, de nouveaux personnages entrent en scène, dont Vendredi, un médecin naturopathe et membre d'une communauté d'illuminés. Le Vrai Robinson est d'abord un roman d'aventures, où l'on va d'un coup de théâtre à une situation étrange ou à une surprise. C'est aussi une satire de notre ère informatique et médiatique, où il est question d'illusions, de manipulations et de mensonges.

  • "Sur fond de guerre mondiale et de révolution russe, ce roman s'inscrit dans un moment très précis de l'Histoire et de l'histoire de l'art, auxquelles il se veut fidèle. Ce n'en est pas moins une fiction, qui prend la forme du journal de John William Godward, peintre anglais néo-classique qui ne jure que par la beauté grecque.
    Apprenant la présence de Picasso à Rome, il l'épie, rêve d'arrêter sa main sacrilège, et qui sait, de le convertir à ce qu'il considère comme la beauté éternelle. Horrifié par une modernité qu'il ressent comme inhumaine et destructrice, Godward aurait dit : « Dans ce monde, il n'y a pas place à la fois pour Picasso et pour moi ». L'idée d'une rencontre le fascine et l'effraie. Histoire d'un duel.
    "

  • En 1884, Khartoum est assiégée par le Mahdi, qui veut rétablir l'Islam dans sa pureté. La ville est défendue par le général anglais Gordon, étrange militaire attiré par le mysticisme, aimé des Khartoumois pauvres qu'il veut protéger. Fondé sur un épisode historique réel, ce roman nous raconte comment Gordon, tente de résister. Mais aussi la vie qui se poursuit dans cette ville isolée. Voici Pascal Darrel, ancien communard attiré par la mahdisme ; le comte de Veyssieux, un esclavagiste prêt à toutes les trahisons; soeur Matilda, seule à la mission autrichienne ; ou encore l'archéologue Karl-Richard Lepuschütz, fasciné par la civilisation de Méroé... Tous leurs destins seront aspirés par l'imminence de l'assaut, puis par l'assaut lui-même...

  • La fête des lumières

    Etienne Barilier

    • Zoe
    • 19 Septembre 2008

    A dix-huit ans, nous étions tout bouclés, terminés, emballés, prêts à l'expédition dans le temps, prêts pour le pensum répétitif des années.
    Nous n'avons fait dès lors que tirer la conséquence de nous-mêmes, ou la traîner plutôt, comme l'escargot traîne sa bave. la fête des lumières est un récit tendu entre deux moments, et deux générations : 1968 et 2001. l'histoire se passe à lausanne, à paris et au japon, au coeur d'un groupe d'amis qui, à dix-huit ans, assistent de loin aux événements de mai - et d'août - 1968. deux d'entre eux sont amoureux de la même camarade, sophie, héroïne évanescente mais inquiétante, habitée par ses lointaines origines japonaises.
    Quarante ans plus tard, ils se retrouvent tous, lors d'une fête oú ils se jaugent, observent leurs amours et leurs enfants, leurs idées d'hier et d'aujourd'hui. engagés à droite ou à gauche, jouisseurs ou cyniques, idéalistes ou réalistes, passionnés ou calculateurs, ont-ils changé ? un drame, qui frappe la jeune génération, vient leur révéler durement que le monde, lui, s'est transformé.

  • Les attentats du 11 septembre 2001, et leurs répliques en Asie et en Europe, nous ont jetés dans l'angoisse et le désarroi. Le nouveau désordre mondial est d'abord dans nos têtes. Y aurait-il, malgré toutes nos dénégations, un vrai « choc des civilisations » ? Et si oui, quelles civilisations ? L'Occident contre l'islam, l'Europe contre l'Amérique ?
    Dans cette confusion, nous voudrions sauver notre spécificité européenne, mais au nom de quoi le faisons-nous ? A lire les journaux et les livres parus depuis trois ans, souvent signés de plumes prestigieuses, on peut craindre que ce soit au nom d'une sagesse impuissante, d'un pacifisme hargneux, et d'une autocritique aussi complaisante que suicidaire.
    Pourtant, l'Europe n'est pas tout à fait indigne de vivre. L'idéal de civilisation qu'elle a si souvent trahi n'est pas mort pour autant. Il faut ressaisir cet idéal, remonter à sa source, le réaffirmer dans toute sa claire exigence. A ce prix, nous resterons civilisés.
      ETIENNE BARILIER, essayiste et romancier, est notamment l'auteur de Contre le nouvel obscurantisme (Prix européen de l'essai).

  • La chute dans le bien

    Etienne Barilier

    • Zoe
    • 1 Novembre 2006

    Et si, au lieu de vouloir être bons, nous essayions d'être nous-mêmes ? Et si, face aux grandeurs des autres civilisations, nous songions à notre grandeur propre, qui n'est pas de chercher la perfection, mais de nous vouloir perfectibles, et de chercher le bien sans jamais quitter des yeux la beauté ni la vérité ?

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