• Cet ensemble de vues de New York, rassemblées et commentées par Gabrielle Townsend - déjà auteur d'un "John Singer Sargent" et d'un "Winslow Homer" chez le même éditeur - , relate l'irrépressible métamorphose d'une ville passant de la traditionnelle horizontalité urbanistique à une stricte verticalité, soutenue en cela par les progrès fulgurants d'une technologie importée par les architectes et les constructeurs venus de la vieille Europe. La Liberté éclairant le monde ou statue de la Liberté, conçue par le français Auguste Bartholdi avec la collaboration de l'architecte Eugène Viollet-le-Duc et de l'ingénieur Gustave Eiffel, inaugurée en 1886, en demeure un des premiers et un des plus flagrants exemples. Il faudra soixante ans à la Ville de New York pour se dresser et s'élever vers une architecture dont le gratte-ciel sera la norme, au service essentiel du « commerce et de la concurrence ». Dix ans plus tard, Ferdinand Bardamu, personnage central du Voyage au bout la nuit de Louis-Ferdinand Céline, aura cette formule lapidaire : « New York, c'est une ville debout ».

  • (...) Ces réflexions, qui comparent la vie au cottage à une sorte de paradis sur terre, montrent quelle vision idéalisée du bonheur campagnard était enracinée dans l'imagination des auteurs et artistes du XIXème siècle. Ce livre illustre leur vision : des logements pittoresques entourés de jardins luxuriants aux couleurs vives, habités par des paysans dignes et de charmants enfants, tous représentés dans l'éclat doré d'un éternel soleil. Le fait que la réalité quotidienne, pour la plupart des paysans ordinaires, n'eût rien d'idyllique n'a nui en rien à cette fable romantique que nous avons encore aujourd'hui plaisir à considérer, reflet peut-être d'une disposition à considérer la « campagne » comme un univers autre où règnent l'innocence et l'harmonie. Le terme cottage s'emploie de nos jours par extension pour évoquer un petit logement rural. Mais on l'utilisait autrefois plus spécifiquement pour décrire la demeure de travailleurs sans terre : ouvriers agricoles, artisans ou employés de l'industrie rurale. Peu de cottages antérieurs à 1700 ont survécu ; la plupart datent du XVIIIème et du XIXème siècle. Sont présents dans cet ouvrage les artistes suivants : Arthur Claude Strachan, David Woodlock, Edward Killingworth Johnson, Ernest Arthur Rowe, Haynes King, Helen Allingham, Henry John Yeend King, James W. Usher, Kate Barnard, Myles Birket Foster. Au fil du livre, quelques extraits de poèmes, romans de grands écrivains tels que : Robert Louis Stevenson, W.H. Davies, D.H. Lawrence, Dorothy Wordsworth, William Wordsworth, John Clare, Flora Thompson, Oscar Wilde, Charles Dickens, George Eliot.

  • Winslow Homer reçut de nombreux honneurs au cours de sa vie, telle la médaille d'or de l'Institut Carnegie dont le directeur des beaux-arts, John W. Beatty, qui rendit visite à Homer à Prout's Neck en 1903, écrivit ensuite : «À l'époque, sa réputation parmi les peintres du monde était à son apogée. Dans les ateliers d'Amérique, le nom d'aucun peintre d'art moderne ne jouissait d'une reconnaissance supérieure ni n'était prononcé avec une estime plus profonde et plus sincère.» Il fut en particulier reconnu comme le «maître américain de l'aquarelle», à la fois pour sa virtuosité technique et pour son inclination envers un procédé artistique difficile, qui eurent pour effet d'enrichir la perception d'autres artistes quant au champ des possibilités propre à l'aquarelle. Depuis, son exemple a influencé des générations d'artistes et a contribué au respect de l'aquarelle comme forme d'art indépendante. Lui-même l'avait prédit : «Vous verrez, à l'avenir je vivrai de mes aquarelles.»

  • Au XIXème siècle, l'aquarelle n'était pas considérée comme un art à part entière, mais plutôt comme la technique préférée des amateurs, en particulier des dames de la bonne société, ou, pour les artistes de profession, comme des ébauches préparatrices en vue de tableaux achevés dans leur atelier. Il y avait des exceptions tout à fait notoires, en particulier au sein de l'école des aquarellistes anglais, dont J.M.W. Turner était l'un des plus éminents représentants. Mais, à la fin du siècle, Sargent devint l'un des premiers peintres dont les aquarelles furent appréciées pour leurs valeurs intrinsèques. À partir de 1910, il commença à les exposer, dans des expositions spécialisées d'abord, à Londres, à la Royal Watercolour Society entre autres, puis aux États-Unis. (...) Homer, seul aquarelliste pouvant rivaliser avec Sargent, était très prisé pour ses valeurs américaines rustiques au détriment du style de Sargent considéré jusque-là comme trop mou et raffiné, ce que l'on imputait à ses influences européennes. Mais la puissance, la nouveauté et la vigueur de son art eurent le pouvoir de confondre toute critique et firent de lui un artiste de stature égale sinon plus grande.

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