• Mythe et épopée Nouv.

    Vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C., des cavaliers-migrateurs, venus peut-être du sud de la Russie, submergèrent par vagues successives la majeure partie du continent européen et poussèrent jusqu'aux confins de l'Inde. À ces conquérants, qui parlaient approximativement la même langue, on a attribué par convention le nom d'Indo-Européens. Ils partageaient une vision du monde tripartite - le système des trois fonctions - où s'articulent, selon un ordre hiérarchique : la souveraineté magique et juridique (la première fonction) ; la force physique et principalement guerrière (la deuxième fonction) ; la richesse tranquille et féconde (la troisième fonction). Ainsi ces très lointains ancêtres se fondaient-ils sur une conception de la société qui distingue en les hiérarchisant les prêtres, les guerriers et les éleveurs-agriculteurs.
    Mythe et Épopée est consacré aux usages littéraires et non pas théologiques ou religieux que les principaux peuples indo-européens ont faits de leur commun héritage. Car si la structure des trois fonctions se présente d'abord comme une machine à faire les dieux, elle se révèle aussi être un formidable instrument de fabrication d'histoires. Pas uniquement de mythes, mais de récits profanes, de légendes, d'épopées, de contes où les dieux et les hommes s'en vont par trois.

  • Vers la fin du iiie millénaire av.
    J.-c., des cavaliers-migrateurs, venus peut-être du sud de la russie, submergèrent par vagues successives la majeure partie du continent européen et poussèrent jusqu'aux confins de l'inde. à ces conquérants, qui parlaient approximativement la même langue, on a attribué par convention le nom d'indo-européens. ils partageaient une vision du monde tripartie - le système des trois fonctions - où s'articulent, selon un ordre hiérarchique : la souveraineté magique et juridique (la première fonction) ; la force physique et principalement guerrière (la deuxième fonction) ; la richesse tranquille et féconde (la troisième fonction).
    Ainsi ces très lointains ancêtres se fondaient-ils sur une conception de la société qui distingue en les hiérarchisant les prêtres, les guerriers et les éleveurs-agriculteurs. cet outil mental classificatoire a permis aux indo-européens, puis à leurs héritiers, indiens, iraniens, scythes, grecs, romains, celtes, germains..., de mettre de l'ordre dans l'ensemble de l'univers : il organise les habitants du ciel, sous-tend rituels et sacerdoces, et charpente l'essentiel des phénomènes, productions et discours humains.
    Mythe et épopée est consacré aux usages littéraires et non pas théologiques ou religieux que les principaux peuples indo-européens ont faits de leur commun héritage. car si la structure des trois fonctions se présente d'abord comme une machine à faire les dieux, elle se révèle aussi être un formidable instrument de fabrication d'histoires. pas uniquement de mythes, mais de récits profanes, de légendes, d'épopées, de contes où les dieux et les hommes s'en vont par trois.

  • Ce livre raconte un crime abominable, dont l'écho revient périodiquement dans la littérature de l'Antiquité : l'extermination de toute la population masculine de l'île de Lemnos par des femmes délaissées, outragées.
    C'est ce récit mythique dont Georges Dumézil a entrepris l'étude, en 1924, cherchant à mettre en parallèle les faits légendaires racontés par les poètes et les éléments du rituel lemnien sur lesquels plusieurs auteurs anciens, notamment Philostrate, nous ont laissé des témoignages.
    Cela le conduit à scruter divers points que les interprètes précédents avaient négligés : le rôle central du feu dans cette île dont Héphaïstos et les Cabires sont les protecteurs ; le motif surprenant de la «mauvaise odeur» des femmes victimes du courroux d'Aphrodite ; le travestissement du roi Thoas qui seul sera sauvé.
    Dumézil a écrit là des pages magistrales. En comparant les diverses versions du crime lemnien, en le rapprochant d'autres massacres non moins légendaires, il apporte la preuve que, dans les études mythologiques, seule la comparaison est féconde et permet de sortir des impasses où mène l'exégèse des récits pris isolément.

  • De son premier ouvrage de mythologie comparée indo-européenne (" Le Festin d'immortalité ") à l'ultime recueil d'esquisses (" Le Roman des jumeaux "), auquel il travaillait encore à la veille de sa mort, survenue le 11 octobre 1986, Georges Dumézil a manifesté un intérêt constant pour la religion des anciens Scandinaves.
    A côté de monographies célèbres comme " Mythes et dieux des Germains ", " Loki, La Saga de Hadingus (Du mythe au roman) " et " Les Dieux des Germains ", le grand historien des religions rédigea toute une série d'études sur nombre de thèmes mythiques et de figures divines de la Scandinavie ancienne. Elles concernaient en particulier le personnage féminin de Gullveig, qui fut comparé à la figure de Tarpeia dans la Rome archaïque, mais aussi des dieux tels que Baldr, Heimdall et Vidar, qui jouèrent un rôle de premier plan dans le drame eschatologique des anciens Scandinaves (le Ragnarok), ou encore plusieurs épisodes mythologiques ou légendaires connus tant de la littérature norroise (en particulier " l'Histoire des rois de Norvège " et " l'Edda " de Snorri Sturluson) que des " Gesta Danorum " de Saxo Grammaticus et des récits folkloriques recueillis à l'époque moderne.
    Comparable pour le domaine nordique aux volumes " Idées romaines et Fêtes romaines d'été et d'automne " publiés dans la même collection, " Mythes et dieux de la Scandinavie ancienne " rassemble une vingtaine de ces études qui étaient jusqu'alors disséminées dans des revues savantes ou insérées dans des recueils d'hommages ou d'esquisses. Le plan strictement chronologique qui a été adopté permet de suivre le cheminement des recherches de Georges Dumézil, chaque étude étant précédée d'une notice bibliographique qui situe le sujet traité dans l'ensemble de l'oeuvre.
    Après avoir évoqué les liens qui unissaient Georges Dumézil à l'Europe du Nord, en particulier à la Suède, où il séjourna à de nombreuses reprises à partir de 1931, François-Xavier Dillmann, directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, souligne dans sa préface l'ampleur et la diversité de la contribution de Georges Dumézil à l'étude de la mythologie scandinave.

  • Vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C., des cavaliers-migrateurs, venus peut-être du sud de la Russie, submergèrent par vagues successives la majeure partie du continent européen et poussèrent jusqu'aux confins de l'Inde. À ces conquérants, qui parlaient approximativement la même langue, on a attribué par convention le nom d'Indo-Européens. Ils partageaient une vision du monde tripartite - le système des trois fonctions - où s'articulent, selon un ordre hiérarchique : la souveraineté magique et juridique (la première fonction) ; la force physique et principalement guerrière (la deuxième fonction) ; la richesse tranquille et féconde (la troisième fonction). Ainsi ces très lointains ancêtres se fondaient-ils sur une conception de la société qui distingue en les hiérarchisant les prêtres, les guerriers et les éleveurs-agriculteurs.
    Mythe et Épopée est consacré aux usages littéraires et non pas théologiques ou religieux que les principaux peuples indo-européens ont faits de leur commun héritage. Car si la structure des trois fonctions se présente d'abord comme une machine à faire les dieux, elle se révèle aussi être un formidable instrument de fabrication d'histoires. Pas uniquement de mythes, mais de récits profanes, de légendes, d'épopées, de contes où les dieux et les hommes s'en vont par trois.

  • À sa mort, Georges Dumézil laissait inachevé le quatrième et dernier volume des Esquisses, qui constituaient sa dernière gerbe d'ouvrages.
    Ouvrant le troisième recueil par un regard sur les prolongements auxquels avaient donné lieu les deux premiers volumes et dressant un encourageant bilan des recherches que «ce genre littéraire» d'un type nouveau avait suscitées de la part d'autres «écoliers», le grand comparatiste concluait à l'utilité d'une pareille entreprise qui consiste à consigner, le plus clairement possible, l'énoncé d'un problème avec ce qui paraît être le ou les principaux moyens de solution. «Je souhaite donc continuer», écrivait-il, «et je publierai sans doute encore une série de projets qui ne seront, si je ne puis mieux faire, que des "croquis", des "lettres", voire des "billets" de mythologie.» Le 11 octobre 1986, la mort est venue interrompre la mise en oeuvre de cet ultime programme.
    Nul n'était mieux qualifié que Joël H. Grisward, son élève et son disciple, pour mettre au point ces vingt-cinq ultimes Esquisses. Comme autant d'épaves retrouvées, ces fragments d'un discours mythologique sont livrés ici dans leur strict état d'achèvement et d'inachèvement : la plupart se donnent pour ainsi dire ouverts - ici une phrase suspendue, là des indications marginales. Autant d'appels à des compléments de recherches, qui donnent peut-être son vrai sens à cette vie de déchiffreur et de savant.

  • En 1982, dans les 25 essais qui composent Apollon sonore, l'auteur a commencé de publier en forme d'Esquisses des projets d'études de mythologie qu'il n'envisage plus de mener à leur terme, se bornant à définir les problèmes et à donner les principaux éléments de solution. Le présent recueil présente une seconde série d'Esquisses (26-50).
    Les premières concernent l'Inde et, après Alexandre, les rapports de l'Inde avec l'Occident grec. Pour la première fois, d'importantes traditions bouddhiques apportent leur contribution à l'étude comparée des religions indo-européennes.
    Une dizaine d'Esquisses continue l'exploration de la religion des Scythes et des traditions qui survivent chez leurs derniers descendants, les Ossètes du Caucase. Sur tous ces points encore, la véracité des témoins grecs, et d'abord d'Hérodote, d'une part, l'étonnante fidélité de la mémoire populaire d'autre part, se laissent vérifier.
    Par un échantillonnage sur la plupart des domaines de l'ensemble indo-européen, un dernier groupe d'Esquisses montre le type des questions nouvelles ou anciennes que l'étude comparative permet d'aborder avec précision : à Rome, l'univers tel que le divisaient les augures, puis la fonction d'une divinité évanescente, Hora, parèdre de Quirinus ; chez les héros de l'Iliade, l'opposition de la «fougue» utile et de la mauvaise «rage» ; la byline russe sur les trois derniers voyages du grand héros Il'ja de Mourom et l'interprétation d'une idole quadricéphale de Galicie, etc.

  • Dans un hymne védique, la Voix analyse son action sur les trois niveaux fonctionnels de la société : elle permet la communication permanente grâce à laquelle les hommes mangent et vivent harmonieusement ; elle fait retentir l'arc et produit le tumulte du combat ; elle assure les rapports réciproques des hommes et des dieux, le culte et l'inspiration. Cette analyse se retrouve dans les modes d'action qu'un hymne homérique attribue à Apollon délien, et aussi dans la décoration d'un célèbre vase scythique. Il s'agit donc probablement d'une très ancienne application de la théorie des trois fonctions. Comment les Grecs ont-ils été amenés à l'attribuer à Apollon ? Qui était Apollon ?
    Rares sont les traces de la théorie trifonctionnelle dans les poèmes homériques. Quatre nouvelles applications en sont proposées. Les aèdes en ont trouvé deux dans la tradition. Deux autres ont été composées par l'auteur même de l'Odyssée.
    L'histoire des premiers siècles de Rome a été constituée d'éléments très divers. Cinq épisodes sont présentés où, quels qu'aient été les événements réels, l'imitation ou l'influence de scènes de l'Iliade leur ont donné forme et sens.
    Cinq contributions sont apportées à un dossier qui retient l'attention des savants depuis un quart de siècle : quels sont les rapports de la théorie médiévale des trois Ordres avec l'idéologie indo-européenne des trois fonctions ?

  • Vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C., des cavaliers-migrateurs, venus peut-etre du sud de la Russie, submergcrent par vagues successives la majeure partie du continent européen et pousscrent jusqu'aux confins de l'Inde. ´R ces conquérants, qui parlaient approximativement la meme langue, on a attribué par convention le nom d'Indo-Européens. Ils partageaient une vision du monde tripartite - le systcme des trois fonctions - ou s'articulent, selon un ordre hiérarchique : la souveraineté magique et juridique (la premicre fonction) ; la force physique et principalement guerricre (la deuxicme fonction) ; la richesse tranquille et féconde (la troisicme fonction). Ainsi ces trcs lointains ancetres se fondaient-ils sur une conception de la société qui distingue en les hiérarchisant les pretres, les guerriers et les éleveurs-agriculteurs.
    Mythe et Épopée est consacré aux usages littéraires et non pas théologiques ou religieux que les principaux peuples indo-européens ont faits de leur commun héritage. Car si la structure des trois fonctions se présente d'abord comme une machine ´r faire les dieux, elle se révcle aussi etre un formidable instrument de fabrication d'histoires. Pas uniquement de mythes, mais de récits profanes, de légendes, d'épopées, de contes ou les dieux et les hommes s'en vont par trois.

  • Depuis trente ans, Georges Dumézil observe la plus ancienne pensée des Romains sous un éclairage doublement nouveau. D'une part beaucoup de concepts, de types divins, de cultes sont le prolongement de représentations et de pratiques déj´r indo-européennes, conservées aussi chez d'autres peuples de la famille. D'autre part, les créations, propres ´r Rome, loin de relever d'une mentalité balbutiante, se situent ´r un honorable niveau de réflexion. La démonstration d'ensemble a été donnée en 1966 pour les faits proprement religieux, dans La Religion romaine archadque et pour la pseudo-histoire des origines, en 1968, dans Mythe et Épopée, I. Elle doit etre étendue ´r quantité de points de droit, d'institutions, de traditions, bref ´r beaucoup d'Tidéest, et dans la religion meme, plusieurs divinités doivent etre étudiées de plus prcs. C'est la maticre des trois groupes d'articles, en grande partie récrits, qui forment ce recueil.

  • Georges dumézil a toujours déclaré qu'un savant doit s'effacer derrière son oeuvre.
    D'où son refus constant d'écrire ses mémoires ou de se livrer à la confidence autobiographique. il a pourtant accepté de se raconter, de faire le récit de sa carrière universitaire, de sa vie intellectuelle et donc de sa vie tout court. salué depuis de nombreuses années comme l'auteur d'une des oeuvres les plus puissantes dans le domaine des sciences humaines, il donne ici de nouveaux éclairages sur son travail et sur les conditions dans lesquelles il s'est développé et imposé.
    Ce faisant, il offre à l'historien un témoignage capital sur la vie des idées en france au vingtième siècle. il n'hésite pas à parler aussi de ses amis - de pierre gaxotte à michel foucault -, de ses goûts littéraires et philosophiques, de ses tentations politiques de jeunesse et de son détachement d'aujourd'hui. mais surtout, il donne à un large public de non-spécialistes une voie d'accès à son oeuvre, dont il fait comprendre la portée et les enjeux.

  • Après avoir abordé la religion romaine par la théologie, l'auteur a souhaité l'observer en action, gouvernant la vie des Romains à travers les fêtes publiques fixes inégalement distribuées sur les quatre saisons.
    Si les fêtes d'été et d'automne passent ici les premières, c'est qu'il fallait aller au plus urgent. Tout n'est certes pas clair dans la partie du férial qui s'étend de décembre à juin, du moins est-elle éclairée par l'érudit et élégant répertoire de rites et de légendes que sont les Fastes d'Ovide. Mais Ovide n'a pu achever son oeuvre. Pour cette raison et pour quelques autres, beaucoup de fêtes de la «belle saison» sont aujourd'hui encore de petits mystères : que sont les doubles Lucaria, les Neptunalia, les Furrinalia qui se pressent dans la seconde quinzaine de juillet ? Et, dans les mois qui suivent, que sont les Volturnalia, les Meditrinalia ? Des moyens d'explication, jusqu'à présent négligés, permettent de proposer partout des réponses plausibles. Après ces fêtes qui toutes concernent le bon usage, alimentaire ou autre, de la nature, la fin du temps des activités martiales appelle des rites propres, notamment le «Cheval d'Octobre» au milieu de ce mois, qui ne peuvent être pleinement compris que par référence au passé indo-européen des Romains et aux autres vestiges de rituels royaux dont l'Inde védique fournit de proches variantes. L'absence complète de fêtes dans les deux mois - septembre, novembre - où se sont développés, autour des Ides, de grands jeux en l'honneur de Jupiter, pose un problème qui ne paraît pas insoluble.

  • «C'est en 1938 qu'a commencé la série d'études qui a reconstitué de grands fragments de l'idéologie, de la théologie et de la mythologie communes aux Indo-Européens avant leurs migrations. Les dix premières années ont été consacrées à l'exploration sommaire de deux ensembles : la conception des trois fonctions hiérarchisées de souveraineté sacrée, de force, de fécondité ; la conception des deux aspects complémentaires, magique et juridique, de la souveraineté. Divers travaux [...], livres épuisés aujourd'hui, ont mis en forme les premières observations. Mais les recherches ultérieures, fondées sur ces esquisses, ont permis par contrecoup de les préciser, de les corriger, de les compléter, de les coordonner.
    Il était donc nécessaire de reprendre ces principa theologica en tenant compte de près de trente ans de progrès et aussi de discussions à peu près ininterrompues qui les ont imposées à l'attention des "philologies séparées". L'exposé a été concentré sur les questions fondamentales et limité aux quatre principaux témoins qui ont servi, par comparaison, à atteindre une réalité préhistorique, indo-européenne, à savoir l'Inde védique, l'Iran, Rome, la Scandinavie : les prolongements qu'ont ensuite fournis les Grecs et les Celtes ont été laissés de côté. On s'est appliqué partout à faire saillir les ressorts, à dégager les moments des argumentations.» Georges Dumézil.

  • Troisième volume des Esquisses. Les premiers chants de l'Iliade et le conflit des trois déesses; le roman de Crésus ; Celtes et Italiques; la triade précapitoline; romans scythiques; l'idéologie des Perses... Et quelques prises de position vis-à-vis d'auteurs contemporains.

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