Sciences humaines & sociales

  • Ils volaient au ras de l'eau et frôlaient les sommets. Leurs appareils tombaient souvent en panne ... dans le Sahara, sur les plages du Brésil, dans les neiges de la Cordillère...
    Il arrivait aussi que leurs ailes se brisent en plein vol ou que le pilote soit arraché de son siège par une bourrasque. Pourtant, ils ne renonçaient pas ; ils repartaient. « Le courrier doit passer » était leur devise.
    Beaucoup sont tombés avec leur avion, mais heureusement, d'autres ont vécu assez longtemps pour raconter leurs incroyables souvenirs. Des « autres » parmi lesquels Joseph Kessel et Antoine de Saint-exupéry, mais aussi de plus humbles témoins dont les récits ne sont pas moins exaltants, jusque dans l'ingénuité avec laquelle ils flirtaient avec la mort.

  • Ils avaient vingt ans, pour la plupart. Ils luttaient contre un adversaire dont ils ne connaissaient pas le visage, car ils voyaient rarement les ennemis qu'on leur désignait.
    Les plus jeunes, frais émoulus de l'école de pilotage, avaient été choisis pour piloter des bombardiers légers d'attaque au sol et larguer bombes, roquettes et obus. Et, comme leurs aînés, combattre en appui de leurs camarades des troupes terrestres. Ils voulaient défendre la terre d'Algérie dont on leur répétait qu'elle faisait partie intégrante de la France et, grâce à eux, le demeurerait.
    Sans toujours en avoir conscience, ces jeunes hommes s'étaient souvent attachés à ce pays et à ses habitants pieds-noirs, aux belles jeunes femmes qu'ils côtoyaient. Quelques-uns y trouvèrent le bonheur pour la vie. D'autres repartirent vers la France avec comme seul bagage leurs désillusions. Tous furent marqués à jamais.

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