• Les résistants sont « ceux qui ont préféré les raisons de vivre à la vie ». Gilles Perrault nous raconte leur histoire, qu'il connaît bien, et nous explique comment ils ont contribué à la victoire par leurs actions de renseignement et de sabotage qui ont facilité le débarquement en Normandie et retardé l'arrivée des renforts allemands au moment crucial.
    Il nous montre le côté improvisé de ce mouvement à ses débuts, les premières actions menées malgré le peu de moyens et surtout le manque d'armes, l'absence de cloisonnement entre les réseaux, qui sera fatal à beaucoup. Il ne nous cache rien des conflits violents qui opposèrent souvent les résistants, de leur peur permanente d'être arrêtés, de parler sous la torture, voire de devenir un traître. Il nous parle également de la haine des occupés pour l'ennemi, de l'enfant qu'il était à l'époque, redoutant sans cesse l'arrestation de ses parents qui travaillaient pour le SOE , de l'importance de la radio, du Général de Gaulle qui fut d'abord pour les Français une voix, de certaines manifestations pendant l'occupation ou d'initiatives individuelles touchantes, comme la traversée de la Manche en canoë, de nuit, par cinq très jeunes garçons.
    Hormis les personnages incontournables (Jean Moulin, Lucie et Raymond Aubrac...), on rencontrera dans ce livre des personnes moins connues, notamment des femmes telles que Berty Albrecht, Simone Michel-Lévy, Véra Obolensky auxquelles l'auteur rend un bel hommage.
    Malgré la gravité du sujet, ce livre plein d'humanité n'est pas exempt d'humour.

  • Gilles Perrault Le Pull-Over rouge Christian Ranucci, vingt-deux ans, a été guillotiné le 28 juillet 1976 à 4 h 13 dans la cour de la prison des Baumettes. Etait-il coupable ou innocent oe Dans Le Pull-Over rouge, qui apporte une pièce importante au dossier de la peine de mort, on retrouve les remarquables qualités des célèbres ouvrages de Gilles Perrault : L'Orchestre rouge, Le Dossier 51, Les Sanglots longs, La Longue Traque.

  • Pour guider sa petite-fille dans l'exploration du pays judiciaire, terre de contrastes que se disputent une Justice rêvée et la justice vécue par les justiciables, Gilles Perrault dispose d'atouts précieux.

    Très jeune, au début des années 1950, il s'inscrit au Barreau de Paris. Pendant le temps passé sous la robe noire, il ne plaide aucun « grand procès » mais devient l'un des soutiers de l'institution judiciaire à laquelle sont confrontés les justiciables ordinaires. Son départ du barreau ne signifie nullement désintérêt pour la scène judiciaire. En 1978, la publication du Pull-over rouge, ouvrage consacré à l'affaire de Christian Ranucci, jeune homme de 22 ans condamné à mort et exécuté le 28 juillet 1976 à la prison marseillaise des Baumettes, lui fait reprendre le chemin des palais de justice. C'est pour s'assoir, non plus sur le banc de la défense mais sur le banc d'infamie. En ces années-là, il conquiert avec vélocité, entre Marseille et Aix- en Provence, le titre de champion de France de la condamnation pour diffamation de la police (en l'occurrence, la sympathique police marseillaise).

  • L'ouvrage retrace l'histoire de L'Orchestre rouge, réseau de renseignement et d'espionnage le plus efficace de la Seconde Guerre mondiale, implanté au coeur même de l'empire nazi. Dirigé par le juif polonais Leopold Trepper, il a joué un rôle décisif dans la défaite allemande, en dépit de lourdes pertes.

  • Son règne est bientôt trentenaire et il est l'ami de la france, de ses dirigeants, de ses industriels, de ses élites de droite et de gauche.
    Roi du maroc, hassan ii symbolise pour nombre d'occidentaux le modernisme et le dialogue en terre d'islam. mais ces apparences avenantes dissimulent le jardin secret du monarque, l'ombre des complots et des prisonniers, des tortures et des disparus, de la misère.
    Il règne, maître de tous et de chacun, brisant par la répression, pourrissant par la corruption, truquant par la fraude, courbant par la peur.
    S'il n'a pas inventé le pouvoir absolu, son génie aura été de l'habiller des oripeaux propres à tromper ceux des étrangers qui ne demandent qu'à l'être. sa " démocratie " connaît une moyenne de quatre procès politiques par an, plus de cent depuis l'indépendance, avec, chaque fois, une fournée de militants condamnés à mort ou à des siècles de prison. tortures du derb moulay cherif, morts-vivants de tazmamart, calvaire des enfants oufkir, nuit des disparus sahraouis.
    La peur est l'armature de son système. comme l'enfer, elle a ses cercles. chacun, quelle que soit l'horreur de son sort, peut être assuré qu'un autre a connu pire.
    Depuis la parution retentissante de cet ouvrage, hassan ii a libéré quelques détenus dont il avait nié qu'ils fussent enterrés vivants dans ses geôles, détruit un pénitencier dont il avait démenti l'existence. quelques prisonniers sont sortis, mais le système demeure.

  •    À son avènement en 1774, l'un des premiers actes de Louis XVI est de dissoudre le « Secret », fondé dix-huit ans plus tôt par son grand-père Louis XV. Mais le service disparu, ses agents demeurent, et ils n'entendent pas renoncer à jouer leur partie dans les grands événements du monde. Or l'Amérique bouge. Les Insurgents bravent la tutelle anglaise, et le numéro un du Secret, Charles de Broglie, conçoit le projet de leur venir en aide. C'est cette entreprise clandestine, à la fois raisonnée et folle, méthodique et démesurée, que nous conte ici Gilles Perrault, en historien de premier ordre, en même temps qu'en conteur à grand souffle.
       Entrent en scène Beaumarchais, Dumouriez, le fantasque chevalier d'Éon, et enfin La Fayette, jeune aristocrate sans grand relief à qui Broglie va forger un extraordinaire destin... Autour d'eux, toutes les grandes figures du temps, de Turgot et Vèrgennes à Benjamin Franklin, sans oublier Louis XVI et Marie-Antoinette, peu à peu dépossédés, au milieu de la cour de Versailles, d'un siècle qui leur échappe...

       On ne sait ce qu'il faut admirer le plus dans ce monument, la rigueur de l'historien ou l'enthousiasme de l'écrivain, son art de faire revivre l'Histoire pour le plus grand bonheur du lecteur, soudain familier d'un monde insoupçonné que l'on croirait tombé de la plume d'un Dumas.Jean Contrucci, Le Provençal.

  •   Ces hommes de l'ombre travaillent à installer un Français sur le trône de Pologne, ou à préparer la revanche française contre l'Angleterre. Leurs noms

  • Le derapage

    Gilles Perrault

    Ajouter au panier
    En stock
  • A l'occasion du trentième anniversaire de son accession à la présidence de la République, Valéry Giscard d'Estaing, invité à commenter une vingtaine de photos prises durant son septennat, tombe sur celle de Christian Ranucci. L'ex-Chef de l'Etat et nouvel académicien appuie sur le couperet en 2004 : « En 1976, je n'ai pas gracié Ranucci et je ne le regrette pas. » Au vu des arguments invoqués par cette belle conscience pour se soulager, Gilles Perrault s'est senti bouillir. Il n'a pu retenir ce livre, long cri d'indignation d'un formidable écrivain. Il fait écho à ceux de Robert Badinter sur la peine de mort et, comme eux, fera date.

  • De tout temps le but des doreurs fut d'imiter les orfèvres par des oeuvres plus légères et moins dispendieuses. L'argent et l'étain recouverts d'un vernis jaune furent souvent employés avec plus ou moins de bonheur. Aujourd'hui la dorure retrouve son prestige, les musées et les collectionneurs privés devenant conscients de la valeur irremplaçables d'un cadre en bois doré à la feuille.
    Ce livre est imprégné d'un souci de grande précision technique. Les nombreuses illustrations font que tout lecteur n'ayant aucune connaissance préalable de la dorure ou de la polychromie peut découvrir aisément toute la richesse du métier. L'auteur, Gilles Perrault, diplômé de l'École Boulle, restaurateur de meubles nationaux, a travaillé au Louvre et à Versailles, dans les instituts de restauration de Venise, Rome et Bruxelles.

  • Les gens d'ici

    Gilles Perrault

    • Ramsay
    • 12 Mars 2003
  • Le cabinet des depêches du Château de Versailles était au coeur des secrets les mieux préservés du royaume. Louis XV, qui, à l'opposé de son bisaïeul Louis XIV, préférait l'ombre au soleil, voulut très vite, loin des pièces d'apparat, un recoin, presque une cachette, pour travailler en paix. Un lieu si secret que peu de gens, même à la cour, en connaissaient l'existence. C'est là, dans ce refuge, que passèrent sous son règne les documents sur lesquels nul autre oeil que le sien ne devait se poser.
    Lettre secrète à la czarine Elisabeth, précieux traité de Versailles apporté par le mystérieux chevalier d'Eon, mais aussi lettres d'amour aux nombreuses favorites ou dépêches interceptées par le Cabinet noir grâce auquel, au nom de la raison d'Etat, Louis XV, friand d'histoires d'alcôves, n'était jamais à court...
    Enfin, cette retraite paisible devint stratégique lors de la création du Secret du roi, réseau d'agents oeuvrant dans la clandestinité absolue. L'Affaier du prince de Conti et de la couronne de Pologne exigeait la plus grande discrétion...
    Pour nous raconter l'histoire de cette pièce mystérieuse, Gilles Perrault a choisi de parler à sa place en nous racontant, à la première personne, tout ce qu'elle a entendu... Récit haletant, au rythme des coursiers royaux et des porteurs de dépêches, ce court récit historique extrêmement documenté se lit comme un roman d'aventure à la Dumas...

  •  En 1943, Gilles Perrault a douze ans. Son père et sa mère font partie d'un réseau de Résistance, à Paris. Un choix périlleux effectué sans phrases, comme une évidence.
      Et le jeune garçon regarde, écoute, s'enthousiasme ou tremble. Il y a Alexandre, l'agent anglais hébergé chez lui et qui mourra à Mauthausen. Il y a ce danseur travesti, devenu un spécialiste des transmissions radio et amoureux d'un officier allemand. Il y a l'aventure de sa mère qui, avec un courage inouï, réussira à soustraire son mari aux griffes de la Gestapo...
      Pour la première fois l'auteur du Secret du roi s'exprime sous la forme autobiographique, dans cet hommage pudique rendu aux siens, qui est aussi un témoignage de premier ordre sur la Résistance « ordinaire » .

      A la fois drôle et déchirant, ce récit a la saveur rare de l'émotion retenue alliée à la rigueur de l'enquête.Annie Coppermann, Les Echos.  Le mélange d'émotion et de simplicité place Les Jardins de l'Observatoire à mille pieds au-dessus des clichés dont nous abreuvent scénaristes et romanciers. Didier Sénécal, Lire.

  • Go !

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 30 Octobre 2002

    J'avais l'air d'un con.
    Partant pour l'armée, partant pour la guerre, je voyageais léger. Un sac de sport bleu pétrole, la couleur à la mode cette année-là. Non point l'un de ces fourre-tout obèses que les sportifs trimballent aujourd'hui, mais le petit sac d'époque, quarante centimètres de profondeur et vingt de diamètre (je le possède toujours), qui se fermait par un lacet passant dans des oeillets en métal. J'y avais entassé un chandail, mon rasoir électrique, une brosse à dents, du papier à lettres, des photos et sans doute quelques bricoles dont j'ai perdu le souvenir.
    Après Les Jardins de l'Observatoire, où il racontait son enfance dans Paris occupé et les aventures de ses parents résistants, Gilles Perrault évoque ici ses vingt ans et la guerre d'Algérie.

  • Ce recueil de nouvelles -genre dans lequel Gilles Perrault excelle- mêle les thèmes qui ont toujours habité son oeuvre : la guerre, la violence, la politique, entretissés à ceux de la nostalgie, de l'amitié, de l'érotisme.Décors où la vie est de passage, l'amour en état d'escale : un couple et leur enfant font dans la forêt canadienne un périple en camping-car qui se transforme en cauchemar ; un train bondé pendant la guerre, propice à une rencontre silencieuse et torride ; un déporté dénoncé aux Allemands par sa femme ; le petit personnel hôtelier chargé de récupérer les riches clients fin saouls de leurs nuits parisiennes ; des retrouvailles entre un ancien agent du KGB en fauteuil roulant et l'ex-agent de la DST qui avait mission de le démasquer...Retenue mais vigoureuse, ne dédaignant ni l'humour ni le suspense, l'écriture de Gilles Perrault s'adapte à merveille aux situations et aux personnages qu'il campe.Gilles Perrault, dont l'oeuvre se trouve rassemblée pour l'essentiel aux Editions Fayard, a publié entre autres Le Secret du Roi (3 vol.), Les Jardins de l'Observatoire, Le Pull-Over rouge, Le Dossier 51, L'Orchestre rouge, Le Garçon aux yeux gris, Check-Point Charlie.

  • La première partie de ce livre constitue un historique complet de l'évolution des techniques et des formes de la préhistoire à nos jours. La seconde partie est consacrée aux techniques préparatoires que sont le dessin, le modelage et le moulage. Dans la troisième partie, l'auteur présente des réalisations de sculpteurs aux techniques diverses.

  • La longue traque

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 6 Mai 1998

    Le 23 juillet 1945, deux mois après la capitulation de l'allemagne hitlérienne, on repêche dans la seine le cadavre d'un noyé. il s'agit de roland farjon, trente-cinq ans, rejeton d'une puissante famille de boulogne-sur-mer (la firme bagnol et farjon), apparenté par sa femme au général de gaulle. les lettres trouvées sur la berge ne semblent laisser aucun doute: c'est un suicide.

    Pourquoi farjon, doué pour le bonheur et promis à un avenir doré, se serait-il suicidé? pour échapper à un procès déshonorant. entré tôt dans la résistance au sein de l'organisation civile et militaire (ocm), responsable de l'essentielle région a qui regroupe plusieurs départements du nord de la france, il est arrêté le 23 octobre 1943, puis s'évade le 10 juin 1944. on lui reproche de s'être mis entre-temps au service de l'ennemi et d'avoir livré des centaines de ses camarades, dont beaucoup ont été fusillés.

    Mais est-ce bien le corps de roland farjon qu'on a repêché dans la seine? des personnalités dignes de foi affirment l'avoir croisé des années après sa mort prétendue. en région a, l'incrédulité est générale. on aurait escamoté le traître, puissamment protégé par ses alliances familiales...

    Farjon avait-il réellement trahi? la vague d'arrestations qui décapita l'ocm dans les premiers mois de 1944 n'aurait-elle pas plutôt son origine en région b, autour de bordeaux où le policier ss friedrich dohse, jouant avec une habileté supérieure de l'anticommunisme de certains, réussit à diviser la résistance, et même à faire recevoir par le général de gaulle, alors à alger, deux émissaires porteurs de propositions approuvées par sa hiérarchie?

    Si le sujet n'en était grave et douloureux, on pourrait qualifier cette enquête de parfaitement rocambolesque. c'est le cas de dire que la réalité dépasse la fiction. mais, au-delà du destin personnel de roland farjon, ce livre révèle un épisode dramatique, bien éloigné des images pieuses, de l'histoire de la résistance.

  • Le 7 mai 1993, le gouvernement espagnol décerna la Croix d'honneur de l'ordre de San Raimundo de Penafort à deux magistrates françaises pour leur ardeur à réprimer militants et combattants basques engagés dans la lutte pour l'indépendance de leur pays. C'est l'occasion pour Gilles Perrault, à l'heure du parachèvement de l'Union européenne, de s'interroger sur l'évolution de communautés nationales - Ecosse, Wallonie, Pays basque, Catalogne, Corse... - qui auraient sans doute autant le droit au statut d'Etat que le petit et prospère Luxembourg... C'est aussi l'occasion, pour l'auteur du Secret du Roi, de méditer sur l'avenir de la nation française.

  • L'erreur

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 18 Août 2008

    2 juillet 1969, 8 h du matin : en arrivant à son bureau de la Centrale du S.D.E.C.E., Eugène Rousseau, fonctionnaire depuis 1945 du service de renseignement français, est convoqué d'urgence chez le colonel Lillois, chef de la Sécurité. On l'accuse d'avoir, treize ans plus tôt, alors qu'il occupait le poste de secrétaire de l'attaché militaire adjoint à l'ambassade de France en Yougoslavie, trahi son pays en livrant aux Yougoslaves des documents confidentiels. Rousseau croit à un malen-tendu. Les interrogatoires se succèdent. 20 avril 1970 : Rousseau comparaît devant la Cour de Sûreté de l'État. Il est condamné à quinze ans de prison. Condamner un homme de soixante deux ans à quinze ans de détention, c'est grave, c'est tuer en lui la vie. Mais il est bon que justice soit faite. Or, Eugène Rousseau n'est pas coupable. Alors c'est le scandale, et c'est ce scandale que dénonce Gilles Perrault.

    Gilles Perrault, vous le connaissez. Ancien avocat, ancien journaliste, écrivain. Qui mieux que lui s'entend à démêler les fils d'une affaire, si enchevêtrés soient-ils ? Rappelez-vous : Le Secret du jour J, L'Orchestre rouge, Le Dossier 51 ; la minutie de l'enquête, la rigueur du raisonnement, cette extraordinaire faculté de comprendre de l'intérieur, de démonter et remonter le mécanisme d'une affaire, d'une situation. Nul mieux que lui ne pouvait jeter sur la vie d'Eugène Rousseau ce projecteur implacable, comme est implacable sa conclusion : il y a erreur judiciaire. Vous l'avez compris : cet ouvrage est un appel à la justice, un cri de protestation, qu'aucun homme digne de ce nom n'a le droit d'ignorer. A travers l'affaire Rousseau, ce sont toutes les innocentes victimes passées, présentes et à venir, de l'appareil judiciaire, qui demandent réparation.

  • Trente ans durant, de par la volonté de louis xv et sous la direction du prince de conti, puis du comte de broglie, un service secret _ le secret du roi _ fonctionne à l'insu des ministres et de la cour. son objectifoe asseoir conti sur le trône de pologne, seul trône électif en europe. dans un deuxième temps, après le désastreux traité de paris qui conclut la guerre de sept ans, il s'agit d'organiser la revanche contre l'angleterre, notamment en préparant un débarquement sur la côte anglaise.

    Si l'on s'intéresse à l'histoire, et aux affaires secrètes, comment ne pas se passionner pour ce réseau clandestin dont quelques agents s'appellent vergennes, d'eon, breteuil, autour duquel gravitent un beau-marchais ou un dumouriez, et qui aura pour adversaires acharnés la marquise de pompadour et choiseuloe techniquement, le secret du roi fait entrer la france dans l'ère du renseignement moderne: réseau nombreux, strictement cloisonné, à vocation européenne, poursuivant des objectifs à long terme. nous sommes loin des missions ponctuelles confiées, par exemple, à l'excellent agent que fut voltaire. aussi bien les péripéties qui scandent l'histoire du secret sont-elles de même sorte que celles qui ébranlent nos services contemporains: lutte toujours recommencée entre chiffreurs et casseurs de codes adverses, morts suspectes, défections imprévisibles, retournement d'agent, avec, pour les chefs du secret, la hantise permanente _ hélas, trop souvent justifiée... _ d'être " lâchés " par l'autorité suprême, en l'occurrence louis xv.

    Il n'était pas aisé d'écrire une histoire imbriquée à ce point dans la grande histoire: comment raconter l'action souterraine du comte de broglie et de ses agents sans évoquer la politique française officielle, qu'ils avaient le plus souvent mission de neutraliser, voire de contrecarreroe en revanche, la chronique mouvementée du secret est plus facile à reconstituer que celle de n'importe quel autre service passé ou présent, car tout était écrit (ordres de louis xv, directives de de broglie, rapports des agents), et les archives, à quelques déficits près, nous sont parvenues intactes.

    Voués de leur vivant à l'obscurité, les hommes des services en sont rarement tirés par la postérité. on a tenté de faire revivre ici les figures de quelques personnages remarquables par le courage, l'intelligence et le dévouement, qui tentèrent, en s'y brisant le plus souvent, de modifier le cours de l'histoire.

empty